Alors que les Angevins de WANK FOR PEACE parcourent toute l’Europe en ce moment même pour se faire connaître et défendre leur musique, voilà qu’arrive leur nouvel opus, Fail Forward, à la rédaction. Par nécessité mais également par philosophie, nos compatriotes sont de gros adeptes du DIY et mènent leur navire tant bien que mal, contre vents et marées. Et leur discographie s’épaissit progressivement depuis 2008 puisqu’ils peuvent fièrement compter à leur tableaux de chasse des démos, quelques EPs, des splits vinyles 7" et un premier album, What will remain ?, paru en septembre 2011. Mais surtout grande fierté pour les WANK FOR PEACE, ils ont déjà accumulés pour de trois cents concerts pour diffuser au maximum, à toutes les bonnes volontés, leur Punk Hardcore mélodique. Et tout cela surtout dans la bonne humeur, il suffit de voir la pochette de Fail Forward ou les multiples photos publiées sur les réseaux sociaux pour s’en convaincre.
Musicalement parlant, il n’y a pas mensonge sur la marchandise, les chansons proposées se veulent être directes et bourrées d’énergie. Nos amis ne se ménagent pas et donnent tout pendant trente-cinq minutes une fois la touche play enfoncée. Ils n’ont que l’ambition de vous faire bouger et sauter partout à travers ces compositions calibrées et sans fioritures inutiles. Quelques riffs sauront ici et là vous faire tendre une oreille intéressée même si, encore une fois, l’expérience vaut plus pour la dose d’adrénaline déployée en concert que par un éblouissement technique ou créatif. Les Angevins sont finalement restés assez sages, dans les clous, en sécurité, sans chercher à innover ni surprendre l’auditeur.
Reconnaissons que la magie fonctionne, difficile de ne pas secouer la tête et taper du pied, même si à la longue une certaine lassitude émerge malgré la durée totale réduite de Fail Forward. WANK FOR PEACE doit se voir sur scène et ce disque reste une belle carte de visite qui démontre bien de quoi est capable le groupe. Sur un plan strictement musical, j’ai quand même eu un peu de mal à m’enthousiasmer.
Oshyrya (05/10)
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Struggle Town – No Reason – Shield – Hectic Society / 2014
Tracklist (35:09 mn) 01. Friends First 02. Heavy Shoulders 03. Five Steps to Nothing 04. Was That What You Expected Kid? 05. What If This Was Political? 06. Choices/Feedback 07. Twelve Cheese Sticks 08. You Are The Weak Spot 09. Interlude 10. Mea Culpa 11. The Sleepless 12. How High Can You Fall? 13. We're Not Done Yet, Sorry
La catharsis (en grec κάθαρσις) signifie purification. La catharsis est l'épuration des passions par le moyen de la représentation dramaturgique. Le médium idéal reste le théâtre mais la musique est également un bon moyen de se libérer de ses plus viles émotions afin de garantir une vie en commun à peu près pacifique. On devine que les brésiliens ont bien des raisons de s’enflammer face à l’une des sociétés les plus inégalitaires du monde. SLASHER laisse parler son cœur et cette expression prend la forme d’un thrash metal moderne très agressif.
Né en 2008 à Itapira, São Paulo, le groupe a su se construire année après année une réputation flatteuse au sein de l’underground brésilien. Katharsis s’avère être leur deuxième opus après Pay For The Dead publié en 2011. Afin de mener à bien ce nouveau chapitre de leur histoire, les brésiliens ont choisi de mettre tous les atouts de leur côté : l’album a été produit par Tue Madsen au légendaire Antfarm Studio à Aarhus au Danemark. Mais pour que la mayonnaise prenne, faut-il encore que les compositions soient au niveau.
Et de ce côté-là, les premières écoutes de Katharsis confirment que les membres de SLASHER savent ce qu’ils font et parviennent à distiller un thrash tranchant à souhait et qui, malgré les influences évidentes héritées des années 80, sonnent tout à fait vif et moderne. Les chansons s’enchainent sans temps mort et rien n’arrête le rouleau-compresseur une fois qu’il est lancé. Les brésiliens enchainent les salves et cherchent à ne laisser aucun survivant parmi les ruines fumantes. Mention spéciale à Paulo 'Skeeter' Martins qui assure une belle prestation derrière le micro avec un chant bien bourrin mais tout à fait en phase avec la violence ambiante. Cette agressivité n’est pas stérile, intelligemment mise en forme par une technique sans faille. Les guitares mènent le bal toujours tranchantes mais également parfois assez subtiles à travers quelques soli pas piqués des hannetons.
Saluons ici le travail bien fait de musiciens travailleurs et talentueux. SLASHER n’a pas réinventé la roue mais a su proposer un album solide et besogneux. Amateurs de thrash, ces quarante minutes de musique sauront vous parler et serviront de bel exutoire après une journée/semaine/mois/année de galère. Défoulez-vous sur SLASHER, ils ne demandent que ça !
Oshyrya (07/10)
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Autoproduction / 2014
Tracklist (40:14 mn) 01. Katharsis 02. Disposable God 03. Overcome 04. Final Day 05. Face The Facts 06. Jamais me entregar 07. Hostile 08. Suffocated (MOSH cover) 09. All Covered In Blood
Contre vents et marées, malgré l’adversité du quotidien, les grecs de MEDEN AGAN poursuivent l’aventure et ouvrent un nouveau chapitre avec un troisième album sous le bras, Lacrima Dei. Diman Koutsogiannopoulos a fait sienne la maxime de Jean de la Fontaine, le roseau plie mais ne rompt pas, et su géré toutes les embûches qui se sont dressées devant lui depuis la sortie du très convaincant Erevos Aenaon (chronique ici). La Soprano Iliana Tsakiraki a quitté le navire et a été avantageusement remplacée par Maya Kampaki qui évolue vocalement parlant dans le même registre et possède elle aussi de belles qualité de chanteuse. Après un bref hiatus, Panos Paplomatas est également de retour derrière la batterie.
On ne change pas une recette gagnante et Lacrima reprend les mêmes (très bons ingrédients) d’Erevos Aenaon. MEDEN AGAN fait preuve d’un vrai talent pour pondre des mélodies et des refrains supers accrocheurs. Vous n’êtes pas près d’arrêter de siffloter « Embrace The Sorrow » ou « Lacrima Dei ». Les guitares s’en donnent à cœur joie bien épaulées par des claviers omniprésents et une solide section rythmique qui imposent de très solides fondations. Ajoutez à cela une prestation franchement bluffante de Maya Kampaki dans un registre lyrique et ce disque prouve qu’il possède bien des atouts.
Lacrima Dei possède un petit côté suranné speed métal du début des années 2000 qui est loin de me déplaire. Au petit jeu des comparaisons, évidemment on pense à NIGHTWISH ou à l’école néerlandaise à travers le chant lyrique féminin mais MEDEN AGAN apporte une touche supplémentaire, comme un croisement entre la vitesse d’un STRATOVARIUS et le côté grandiloquent et sombre d’un THERION. Belles références, n’est-ce pas ? Le lien avec la Finlande est bien présent puisque Lacrima Dei a été masterisé aux Finnvox Studios par Mika Jussila et bénéficie donc d’un son solide, à la fois clair et puissant.
Les hellènes progressent album après album et après avoir travaillé en autoproduction, les voici signés au sein d’un label grec No Regrets Records. Vous auriez tort de passé à côté de ce disque si vous aimez le genre car MEDEN AGAN suit de près les ténors du genre cités ci-dessus aux côtés des espagnols de DIABULUS IN MUSICA. Espérons que, grâce à cette belle carte de visite, les grecs puissent passer la vitesse supérieure et multiplier les concerts en Europe pour se faire connaître plus largement. Ils le méritent (boutique ici).
Oshyrya (08/10)
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No Regrets Records / 2014
Tracklist (44:51 mn) 01. Divine Wrath 02. Lacrima Dei 03. Embrace The Sorrow 04. Portal Of Fear 05. Everlasting Pain 06. Web Of Shadows 07. Nuntii Belli 08. Loss 09. Devoid Of Sanity 10. Commemorate The Fallen