SHAMAN’S HARVEST est un groupe de rock américain originaire de Jefferson City dans le Missouri. Le bassiste Matt Fisher et le chanteur Nathan Hunt avaient alors débuté une collaboration artistique avec le guitariste Josh Hamler et ces trois-là restent depuis 1996 le noyau dur et l’âme du groupe. Et ils ne se sont pas tournés les pouces depuis avec déjà quatre album à leur actif et un cinquième qui arrive ces jours-ci, Smokin’ Hearts & Broken Guns.
J’ai d’abord cru à la lecture du titre des chansons à un disque hommage à Michael Jackson. En effet, l’album ouvre sur « Dangerous » et l’auditeur trouvera un peu plus tard une reprise de « Dirty Diana ». Après écoute, « Dangerous » n’a rien à voir avec le king of pop, ce n’est qu’une coïncidence. Smokin’ Hearts & Broken Guns commence sur les chapeaux de roues avec donc ce « Dangerous » lourd, puissant et assez typique du son rock américain tel que l’on peut l’imaginer. Ajoutez à cela un chant très mélodique et de beaux refrains magnifiés par la voix chaude de Nathan Hunt et les minutes qui viennent s’annoncent sous les meilleurs auspices. C’est peut-être l’effet de mon imagination mais le timbre de voix de Hunt me rappelle vraiment Chad Kroeger (NICKELBACK). Pas mal comme référence. Conscient des impératifs du music business outre-Atlantique, SHAMAN’S HARVEST fournit ici ce que réclames les radios US, des chansons courtes, calibrées autour des quatre minutes, immédiatement accessible avec des refrains forts et immédiatement mémorisables. Et on se plaint ensuite que tous ces groupes finissent pas se ressembler… Mais il s’agit là d’une obligation pour le groupe s’il veut survivre dans son pays. Son salut a peu de chance de venir de l’Europe donc il doit avant tout satisfaire son marché domestique.
Smokin’ Hearts & Broken Guns est un disque efficace, trop propre à mon goût, sans relief ni véritable étincelle. L’auditeur risque de rapidement s’ennuyer à l’écoute de ces compositions rock clichées et déjà tellement entendues. Encore une fois on peut regretter la démarche mais la comprendre pour des impératifs commerciaux. L’idée d’un album constitué uniquement de reprise à la sauce rock de tubes de Michael Jackson n’était finalement peut-être pas une si mauvaise idée…
Oshyrya (05/10)
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Mascot Records / 2014
Tracklist (49:11 mn) 01. Dangerous 02. Here It Comes 03. Ten Million Voices 04. Blood In The Water 05. The End of Me 06. Country As Fuck 07. Hero 08. Dirty Diana 09. In The End 10. In Chains 11. Silent Voice 12. Dragonfly (Extended Unplugged Version)
En regardant de plus près la carrière des américains de NOTHING MORE ont peu se dire qu’ils touchent enfin au but avec ce nouvel album éponyme, le sixième, et le premier à sortir sur le (gros) label Eleven Seven Music. Les cinq précédents avaient été autoproduits par le groupe et avaient beaucoup moins fait parler d’eux, sortant dans un quasi-anonymat. Comme quoi, la persévérance a fini par payer. Mais les texans doivent désormais gérer une grosse pression car leur label n’hésite pas à déclarer « qu’à chaque nouvelle décennie, un groupe parvient à renverser la table ou niveau de leur son et de paroles et à sortir des sentiers battus. Pour les fans de rock, ce moment est arrivé à NOTHING MORE ». Rien que ça ! Alors bullshit marketing ou véritable découverte ?
Nous n’allons faire durer plus longtemps le suspens en confirmant que Eleven Seven Music prend ses désirs pour la réalité. Les chansons proposées sur cet album ne manquent pas de qualité et d’attrait mais elles sont loin de révolutionner le genre. NOTHING MORE est gentiment resté dans les clous avec son heavy rock/métal très accessible et accrocheur, une musique calibrée pour plaire à un large public, un album façonner pour rencontrer le succès outre-Atlantique. Le premier single « This Is the Time (Ballast) » s’avère franchement efficace avec une mélodie qui rentre rapidement dans la tête, une grosse rythmique et quelques touches d’agressivité au niveau du chant comme clin d’œil à scène metalcore. Les plus chagrins diront que NOTHING MORE bouffe à tous les râteliers histoire de maximiser ses chances de rencontrer le public. Nous n’irons pas jusque-là, une belle liste de groupes opportunistes ont déjà fait bien pire. Et puis les américains ne tombent pas du ciel, ils ont déjà derrière eux un solide bagage et ont su avancer malgré l’adversité et les galères. Il est temps pour eux de récolter les fruits de leur travail et tant mieux si une fée (un disons plutôt un requin, Eleven Seven ne fera pas de sentiment si les chiffres de vente ne sont pas bons) se penche enfin sur leur berceau.
Il ne fait jeter le bébé avec l’eau du bain. Les amateurs de cette scène américaine très calibrée et formatée trouveront leur compte avec cet album sérieux et appliqué. Ce n’est pas parce que l’on connait le truc utilisé que l’on ne peut pas apprécier un tour de prestidigitation bien exécuté. L’essentiel est de ne pas voir les fils.
Oshyrya (06/10)
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Eleven Seven Music / 2014
Tracklist (62:11 mn) 01. Ocean Floor 02. This Is the Time (Ballast) 03. Christ Copyright 04. Mr. MTV 05. First Punch 06. Gyre 07. The Matthew Effect 08. I’ll Be OK 09. Here’s to the Heartache 10. If I Were 11. Friendly Fire 12. Sex & Lies 13. Jenny 14. God Went North 15. Pyre
EQUILIBRIUM est un groupe allemand de folk métal à tendance black épique, formé en 2001. Cela parait commun à notre époque avec les ARKONA, FINNTROLL et ELUVEITIE mais ce n’était pas un choix facile au début du vingt et unième siècle. Les teutons ont dû faire face à bien des écueils avec de nombreux changements de line-up. Le dernier coup de théâtre est encore récent puisque deux membres fondateurs, Sandra Völkl et Andreas Völkl annoncent fin mars 2014 leur départ de la formation pour se consacrer à d’autres projets. Ne reste donc que René Berthiaume comme gardien du temple.
La recette n’a pas beaucoup varié depuis les débuts, ce mélange entre une musique folk rapide et souvent très accrocheuse, presque dansante et un chant extrême typé black. La marque de fabrique des allemands est ce côté larger-than-life, ce côté très grandiloquent et épique qui donne des airs majestueux à leur musique. Et puis ce contraste entre la musique et le chant, la douceur et le côté parfois kitsch des claviers opposés à la violence des lignes vocales fait le charme d’EQUILIBRIUM. Ne cherchez pas midi à quatorze heures, vous taperez du pied et bougerez votre popotin à l’écoute des « Was Lange Währt » ou encore « Waldschrein » c’est imparable. Pour faire une comparaison, nous ne sommes parfois pas loin d’un Trollhammaren » d’un FINNTROLL de la meilleure époque. La paire basse/batterie s’en donne à cœur joie à travers ces rythmiques supersoniques bien complétées par les claviers et les guitares qui donnent chair à l’ensemble. Ce côté festif est très agréable, nous sommes loin des clichés bourrins et guerriers parfois associés à cette scène. Tout n’est bien sûr pas parfait avec des longueurs ici et là et quelques chansons un peu moins abouties que les autres. Dommage que l’impulsion explosive, jouissive des débuts du disque finisse par s’estomper à mi-chemin.
Erdentempel a eu la grande vertu de me donner beaucoup plus d’émotions et de plaisir que le récent Origins des suisses d’ELUVEITIE (chronique ici). Cette légèreté et cette bonne humeur affichée passe comme une lettre à la Poste malgré le chant extrême qui pourra en rebuter certains. Mais il faut passer outre ce petit écueil pour prendre son pied avec la musique d’EQUILIBRIUM.
Oshyrya (08/10)
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Nuclear Blast / 2014
Tracklist (67:36 mn) 01. Ankunft (Instr.) 02. Was Lange Währt 03. Waldschrein 04. Karawane 05. Uns’rer Flöten Klang 06. Freiflug 07. Heavy Chill 08. Wirsthaus Gaudi 09. Stein Meiner Ahnen 10. Wellengang 11. Apokalypse 12. The Unknown Episode 13. Aufbruch (Bonustrack)