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Kirk – Masquerade

oshy_16032014_KirLes helvétes de KIRK reviennent sur le devant de la scène après onze ans de silence discographique. Autant dire une éternité dans le monde actuel et tout un chacun pouvait légitimement penser que le projet était mort et enterré. L’aventure KIRK a débuté dans la deuxième moitié des années 90 sous l’impulsion du chanteur Thomi Rauch et du guitariste Sammy Lasagni. Pour mener à bien leur ambition, ils s’entourent de musiciens expérimentés en la personne de Daniel Pfister (basse), Bruno Berger (claviers) et Vito Cecere (batterie). Ainsi armé, KIRK enregistre et publie un premier album, The Final Dance, en 2003 chez Point Music. Les suisses enchainent ainsi les concerts et se font connaître progressivement en Europe et au Japon. Tout s’arrête finalement rapidement avec le départ du batteur Vito Cecere qui quitte ses camarades à cause de soucis de santé. Les autres membres multiplient alors les projets parallèles (GODIVA, DECENT DISASTER) et décident de mettre KIRK en sommeil jusqu’à ce qu’une nouvelle opportunité se présente à eux. Après une décennie de silence, les voici de retour avec un deuxième album, Masquerade.

Philipp Eichenberger de LEGENDA AUREA complète le line-up du groupe a la batterie. Nourri de l’expérience accumulée ces dernières années, KIRK est devenu un solide groupe de hard rock mélodique. Les mélodies sont finement ciselées pour obtenir un résultat d’ensemble plutôt convaincant. Les refrains font mouches et KIRK enrichit finement sa musique de nappes de claviers ici et là, de chœurs quand cela s’avère nécessaire… La guitare sait se mettre au service de la musique et indique la voie à suivre sans écraser les autres instruments. Une chanson comme « Masquerade » reste résolument rock mais les touches fresques progressives sont légions. Il est ardu de résister à cette chanson qui touche facilement le centre de la cible. La production est au niveau et permet aux diverses compositions de développer leur plein potentiel. Remercions pour cela Dennis Ward qui officie ici derrière les manettes. Il était déjà présent aux côtés des Suisses sur The Final Dance.

KIRK fait ici presque un sans-faute et propose un Masquerade solide à défaut d’être archi enthousiasmant. Le savoir est évident et Thomi Rauch au micro abat un sacré boulot. Si vous aimez un rock mélodique et finalement très accessible, vous trouverez ici sans doute de quoi prendre du plaisir. Après un premier album confidentiel et dix ans de silence, KIRK réussi son comeback discographique.

Oshyrya (07/10)

 

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Mausoleum Records / 2014

Tracklist (56:08 mn) 01. Devil’s Claw 02. Supersonic Speed 03. Masquerade 04. Eternity 05. Fight Or Die Music 06. Nothing Else But Lies 07. Time 08. Tragedy 09. Face In The Crowd 10. The End Of The Universe 11. Fallen Angel

Bigelf – Into the Maelstrom

oshy_16032014_BigelCela fait presque trois mois que nous n’avions pas vu sortir un album auquel a participé Mike Portnoy (ex-DREAM THEATER) et nous connaissions à nous inquiéter pour le talentueux batteur. Heureusement nous craintes disparaissent avec l’arrivée du nouvel album de BIGELF. Il faut bien dire que le groupe semblait bien mal embarqué ces dernières années alors que leur quatrième album, Cheat the Gallows sorti en 2010 en avait impressionné plus d’un. Oui mais voilà, encore faut-il pouvoir intelligemment gérer le succès et la pression qui l’accompagne. Damon Fox s’est rapidement retrouvé presque tout seul (avec Snowhill toujours à bord) alors que son groupe se disloquait petit à petit. Il lui aura fallu du temps pour rassembler ses forces et sa créativité et entamer l’écriture d’Into the Maelstrom. Avec le soutien de Portnoy, Luis Maldonado et Duffy Snowhill, voici BIGELF prêt à revenir dans la lumière.

Et malgré tous ces bouleversements, la recette n’a pas fondamentalement changé. Si vous avez apprécié l’approche résolument vintage de Cheat the Gallows vous ne serez pas longtemps dépaysé avec Into the Maelstrom. Dès les premières secondes de « Incredible Time Machine », l’auditeur plonge dans un univers un peu barré, très typé sixties et seventies, parfois pas très éloigné de l’esprit du Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band des BEATLES. Monstrueuse référence vous en conviendrez mais il est difficile de ne pas y penser ici et là. Ajoutez à cette base, une touche de science-fiction (« Hypersleep ») via l’orgue Hammond et vous aurez une petite idée dans quoi vous vous embarquez. Pour cette partie-là, le AYREON du The Dream Sequencer vient à l’esprit.

Il serait réducteur de ne pas mentionner aussi les touches presque stoner rock avec des guitares bien grasses au son assez sale. Incroyable mais vrai, mais à l’écoute d’Into the Maelstrom, on oublie la présence de Mike Portnoy qui a su intelligemment se fondre dans le collectif et mettre son jeu au service du groupe. Pas de démonstration techniques outrageuses ici ni de plans typiques de sa période DREAM THEATER. L’auditeur comprend que Portnoy est vraiment venu donner un coup de main à un groupe qu’il apprécie et que cela ne débouchera sur rien de plus. On notera la clin d’œil de Fox à son encontre avec la chanson « Theater Of Dreams ».

Avec Into the Maelstrom, Damon Fox a réussi à recapture l’esprit du chapelier fou de Cheat the Gallows et continue son voyage vintage et décalé. Les claviers sont un petit peu moins présent au profit des guitares mais ce son vintage colle à la peau de BIGELF. Dans la droite lignée de son prédécesseur, ce nouvel album explore des rivages à la fois sombres et psychédéliques. Certains aimeront d’autres détesteront mais l’identité caractéristique du groupe a été préservée. Voilà l’essentiel car le pari était loin d’être gagné voici encore trois ou quatre ans de cela.

Oshyrya (7,5/10)

 

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InsideOut Music / 2014

Tracklist (62:16 mn) : 01. Incredible Time Machine 02. Hypersleep 03. Already Gone 04. Alien Frequency 05. The Professor & The Madman 06. Mr. Harry McQuhae 07. Vertigod 08. Control Freak 09. High 10. Edge Of Oblivion 11. Theater Of Dreams 12. ITM

Skyliner – Outsiders

oshy_16032014_SkylinSans vouloir être d’entrée désagréable avec SKYLINER, aussi bien le fond que la forme semble un peu poussiéreux et daté au premier abord. Le logo du groupe, la pochette et la longue introduction nous ramène vingt ans en arrière, au début de la scène power métal prog. Je vous rassure, la suite s’annonce prometteuse et surtout plus un chouia plus moderne malgré un ancrage traditionnel évident. Et finalement cette philosophie adoptée par les américains pour un premier album n’est pas scandaleuse. Certains voudront tout bouleverser dès le début alors que d’autres préfèreront s’installer et prouver ce dont ils sont capables avant d’essayer d’innover.

Les choses sérieuses commencent avec un « Symphony In Black » rapide et tranchant. Encore une fois n’attendez pas ici de révolution mais une mise en pratique appliquée de la recette du bon power métal tradition européenne. Les riffs sont soignés, la mélodie et le refrain se veulent accrocheurs. La section rythmique se donne à fond, basse et batterie impose une course effrénée. SKYLINER n’a pas voulu se cantonner à un seul style à n’hésite pas à complexifier ses chansons leur donnant ainsi une petite touche progressive. Enfin n’imaginez pas des tombereaux de claviers partout, cela reste très power métal et la guitare se taille la part du lion. Les compositions sont dans l’ensemble assez longues, parsemées de nombreux breaks. Malgré leur jeune âge, nos trois compères assurent et font déjà preuve d’une belle maturité. Jake Becker au chant et à la guitare tient bien son groupe et s’avère être un chanteur de qualité. Il sait varier son chant et insuffler la puissance nécessaire.

Les chansons s’enchainent sans temps mot ni grosses faiblesses. Vous ne trouverez pas sur Outsiders de qui vous relever la nuit mais un disque de power métal made in USA solide et bien foutu. J’ai parfois pensé à PRIMAL FEAR voir RAGE à l’écoute de SKYLINER. Pour un jeune groupe, ces références sont assez gratifiantes. Et puis les américains surprennent un peu en concluant cet album avec un titre fleuve de plus de vingt-une minutes. Exercice casse gueule au possible il faut avoir de la bouteille pour mener à bien un tel projet. Le visage le plus progressif de SKYLINER réapparait alors plus clairement même si le naturel power reprend vite les rênes de l’aventure. Quelques longueurs auraient pu être évitées et finalement l’impression de patchwork émerge petit à petit. L’auditeur trouvera ici presque trois chansons entremêlées. L’impression s’avère un peu mitigée.

Limb Music continue d’essayer de dénicher de nouveaux talents et de les faire émerger dans la lumière. SKYLINER semble être une bonne pioche et laisse percevoir bien des promesses. Le potentiel est là.

Oshyrya (6,5/10)

 

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Limb Music / 2014

Tracklist (75:52 mn) 01. Signals 02. Symphony In Black 03. Undying Wings 04. Forever Young 05. Aria Of The Waters 06. The Human Residue 07. Dawn Of The Dead 08. The Alchemist 09. Worlds Of Conflict