Avec le recul, j’avais été peut-être un peu sévère avec le précédent opus de WORDS OF FAREWELL, Immersion (chronique ici). Des chansons comme « Sorae » continue à joyeusement squatter mon autoradio trois ans plus tard. Il faut bien dire qu’à l’époque, la sortie incessante de groupe singeant le style made in Göteborg popularisé par IN FLAMES ou SOILWORK avait de quoi en écœuré plus d’un. Pas sûr que cette mode se soit depuis tarie mais bon, je garde l’esprit ouvert et plutôt bien intentionné vis-à-vis des allemands.
La recette n’a pas vraiment changé et donc les références aux groupes citées ci-dessous reste d’actualité. Mais il faut quand même rendre grâce aux évolutions proposées par le groupe. La base Death Métal Mélodique reste bien présente mais WORDS OF FAREWELL a su enrichir son son en intégrant dans sa musique des éléments atmosphériques, presque gothiques ainsi qu’un niveau technique encore accru. Il semble que les concerts donnés en première partie de références comme DARK TRANQUILLITY et SCAR SYMMETRY ont fait progresser le groupe à tous les niveaux. Des brûlots comme « Continuum Shift » ou « Telltale Notion » ont de quoi ravir les plus blasés d’entre nous. Avec parfois des soli que ne renierait pas des guitaristes techniques comme Michael Romeo (SYMPHONY X), les teutons surprennent agréablement. La dimension progressive de leur musique a été conservée tout en développant encore la maestria des guitares en lead et en rythmique.. Les claviers ne aussi de la fête et enrichissent intelligemment le son de The Black Wild Yonder. Le propos reste couillu à travers le chant d’Alexander Otto mais les interventions de Leo Wichmann derrière ses claviers sont décisives pour apporter le petit plus salvateur.
Malgré le départ l’année dernière de deux de ses membres, In 2013, l’intégration de Tristan Wegner et Konstantin Voßhoff à la batterie et à la basse n’ont pas freiné les ardeur et la créativité de WORDS OF FAREWELL. The Black Wild Yonder confirme être un album solide et parfois même enthousiasmant. Il contient en tout cas son lot de pépites. Comme pour Immersion, le disque a été mis en boite aux Metallurgy Studios et affiche une très belle production sonore, largement au niveau des standards actuels.
Peut-être un peu vite étiqueté « suiveurs », WORDS OF FAREWELL a su mettre à profit ces dernières années pour développer son caractère et un son plus personnel. La progression avec le précédent opus est impressionnante et The Black Wild Yonder a le potentiel pour offrir de nombreux de bons moments. Du tout bon…
Oshyrya (08/10)
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AFM Records / 2014
Tracklist (54:50 mn) 01. Continuum Shift 02. Telltale Notion 03. In Kingdoms Of Rain 04. Damaged Beyond Repair 05. Beauty In Passing 06. Outer Rim 07. Temporary Loss Of Reason 08. Antibiosis 09. Luminary Ghost 10. Riven
Sans que je puisse vraiment l’expliquer, même si je n’ai pas écouté une seule note de cet album, je n’ai absolument pas envie d’écouter THE STRIGAS. Est-ce le nom bizarre du groupe, la pochette aux relents gothiques ou ce beau soleil dehors qui me nargue ? Mystère et boule de gomme comme on disait dans les années 80. Bref, pour vous chers lecteurs, je consent à se sacrifice et je m’en vais écouter la musique des italiens pendant ma balade matinale dans les rue germanopratines. Formé à l’été 2010 dans le sud de la péninsule italienne, THE STRIGAS propose rapidement un premier EP autoproduit pour se faire connaître. Deux chansons de l’album apparaissent alors déjà. Grâce à cette carte de visite, il signent avec Southern Brigade Records et multiplient les dates de concerts aux côtés d’EKTOMORF, ADIMIRON ou encore DRAGONHAMMER. Forts de ces expériences, les transalpins enregistrent enfin un premier album, A Poisoned Kiss To Reality, que voici en ce début 2014 dans les bacs.
De retour de mon parcours santé, mes réticences se sont en partie envolées. THE STRIGAS est un groupe jeune mais qui tient la route et fait déjà preuve d’une belle maturité artistique. Dans une veine rock / métal gothique et atmosphérique, ils développent un son se voulant agressif tout en conservant à chaque fois une part mélodique. Les riffs sont tranchants mais restent en permanence contrebalancées par les claviers et les diverses orchestrations. Le chant de Fabio Ficarella a la lourde tâche d’insuffler un supplément d’âmes à ces chansons et le bougre s’en sort plutôt bien. Il manque parfois de puissance et on peut se demander si une touche de chant extrême n’aurait pas été un plus. Les chansons proposées s’avèrent finalement assez gentilles mais ne manquent pas d’attraits. « Until You Surrender » ou « Sorrow Queen » tiennent bien la route et se laissent apprécier avec douceur. A Poisoned Kiss To Reality a été enregistré, mixé et masterisé aux Golem Dungeon Studios par Giuseppe Dentamaro. THE STRIGAS ont pu compter sur la présence en tant qu’invité de Botys, claviériste du groupe GODYVA, sur une chanson. Il reste ici et là quelques défauts de jeunesse sur ce disque. Quelques maladresses et longueurs aurait pu être évitées et une certaine lassitude finit par s’installer la moitié du disque passée. THE STRIGAS est encore une groupe jeune qui saura corriger ces petits défauts.
Je n’attendais sincèrement rien de ce disque et la surprise est plutôt bonne. Les italiens ont sérieusement travaillé et peuvent être fier du boulot accompli. Je continue de m’interroger sur le choix du nom et de la pochette de ce disque mais il ne s’agit là finalement que de détails. Et en regardant de plus près, d’autres arguments pousse à s’intéresser à ce groupe. Comme nous ne sommes que d’affreux machos, la plastique avantageuse de la bassiste Liboria Tesoro n’est par exemple pas faite pour nous déplaire.
Oshyrya (06/10)
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Southern Brigade / 2014
Tracklist (42:18 mn) 01. Alone 02. Until You Surrender 03. Sorrow Queen 04. Falling Down 05. Dream Again 06. The Box 07. Wrong 08. Sweet Bitterness 09. No Tomorrow 10. Sometimes 11. Waiting for Glory 12. Fade Away
Ce nouvel album des suédois est le dernier exemple (et assurément pas le dernier) de la reformation d’un groupe après un hiatus de plus d’une décennie. S’agit-il ici d’un projet sincère ou la tentative un peu stérile de retrouver une (petite) gloire passée ? Nous jugerons sur le long terme l’intérêt financier de cette idée pour l’instant attardons-nous sur l’intérêt artistique de ce Refueled.
Rappelons vous vous et moi que SKINTRADE a connu son heure de gloire au début des années 90 en bénéficiant d’une belle popularité en Scandinavie, Hollande, Belgique et en Allemagne. Ils ont joué dans les plus grands festivals rock de l’époque aux côtés de grandes pointures comme MOTORHEAD. L’émission métal de MTV, Headbangers Ball, n’a pas non plus été insensible aux charmes des Suédois avec la diffusion régulière de tubes comme « Sick as a Dog » ou « One by One. » Après un premier album éponyme en 1993 l’aventure s’arrête brutalement en au milieu des années 90 après la sortie du deuxième opus, Roach Powder. Depuis, nous avions pu avoir quelques nouvelles du chanteur Matti Alfonzetti à travers sa carrière solo. Les prémices de ce retour étaient dévoilées en 2012 avec la sortie d’un Best of, Past and Present, contenant quatre nouvelles chansons composées par le SKINTRADE nouveau. Les suédois enfonce le clou un sortant un nouveau disque, dix-neuf ans après Roach Powder.
Il ne reste que trois rescapés de l’aventure précédente, exit George Bravo. Dans un style hard-rock tranchant et couillu, SKINTRADE retrouve ses bonnes habitudes du passé. A travers douze nouvelles chansons bien calibrées, sans guimauve ni fioritures excessives, les suédois se rappellent à notre bon souvenir. Ils ont su moderniser leur son tout en conservant ces touches un peu vintage comme ses chœurs sur les refrains. N’attendez pas ici une maestria particulière mais des chansons assez simples mais taillées pour faire mouche sur scène et être rapidement mémorisées par les fans. Le savoir-faire est indéniable et il faudrait vraiment être difficile pour trouver beaucoup à redire sur ces chansons. Elles tiennent la route même si un petit supplément d’âme ou un grain de folie auraient pu créer un attrait supplémentaire. Mais il est humain de vouloir jouer la sécurité après une si longue absence discographique. Il faut d’abord rassurer et se reconstituer un public avant de penser à véritablement innover. Refueled enchaine les titres solides à même de plaire à une portion du public hard-rock / métal. La production est au niveau, sans faute de goût. Cet album a été enregistré en l’espace d’un an et demi dans le studio du groupe sous la houlette d’Oscar Ammer (SOCIAL PRENTENDER, THE MOVING, HUMAN DESOLATION). CE derneir s’est aussi chargé du mixage au sein de son propre Echobox Audio Production studio. Le travail é été bien fait pour un résultat satisfaisant.
Pour conclure, ce retour de SKINTRADE est loin d’être ridicule et démontre si nécessaire le savoir-faire de ses membres. Nous aurions pu en attendre plus après une si longue absence mais la prudence affichée reste finalement logique. Nous attendrons par contre les suédois au tournant pour la suite, si suite il y a.
Oshyrya (6,5/10)
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AOR Heaven – Germusica / 2014
Tracklist (48:46 mn) 01. Monster 02. Liar 03. Pay In Blood 04. Hardcore MF Heartattack 05. Close My Eyes 06. Getting Away With Murder 07. Mountain 08. Been To The Bottom 09. Worse Than Wasted 10. Dying In Your Arms, 11. Wild One 12. Look Me In The Eye