Le jeu des chaises musicales au sein de l’entité EDEN’S CURSE et les line-up continuent à varier album après album. Cette fois-ci, c’est carrément le EDEN qui vient de se barrer avec le départ de Michael Eden, fondateur et chanteur du groupe. Reste donc Paul Logue, bassiste, comme dernier gardien de l’orthodoxie et seul capitaine du navire désormais. Alessandro Del Vecchio a lui aussi disparu des rangs de l’époque Trinity. Les deux nouveaux joueurs pour ce quatrième album, Symphony Of Sin, ne nomment donc Nikola Mijic, chanteur serbe de son état, et Steve Williams (ex-DRAGONFORCE et ex-POWERQUEST) aux claviers.
L’album débute sur les chapeaux de roues avec le très ambitieux « Symphony Of Sin ». Nos amis ont mis les petits plats dans les grands avec une composition très épique, en présence d’un orchestre, avec moult riffs bien sentis de Thorsten Koehne et une mélodie forte et accrocheuse. D’entrée Mijic impressionne par sa conviction et l’énergie qu’il insuffle à son chant. A mon plus grand plaisir également, Williams n’est pas là pour faire de la figuration et les claviers sont bien présents tout au long de la chanson. Cette apéritif donne franchement soif. « Break the Silence » et son groove continue dans la même veine entre Hard Rock et métal très mélodique et accessible. EDEN’S CURSE a su aller à l’essentiel et proposer un cocktail rafraichissant et gouteux. Les refrains sont souvent mouche, les nombreux chœurs donne une consistance supplémentaire à ces chansons. Très rythmées, presque dansantes pour certaines, Symphony Of Sin possède de quoi offrir de vrais bons moments aux curieux. Mijic confirme tout le bien que l’on pensait de lui après avoir écroutés les premières chansons, son timbre de voix parfois assez proche d’un Steve Perry (ex-JOURNEY) s’adapte parfaitement à l’évolution engagée par EDEN’S CURSE depuis Trinity. Le son du groupe s’est progressivement adouci et ils ont donné priorité au feeling et au groove par rapport au côté lourds et agressif du power métal des débuts. Ici EDEN’S CURSE offre treize chansons de Hard-Rock/Métal FM vraiment bien foutues.
Avec un son aux petits oignons encore une fois mitonné par Dennis Ward (PINK CREAM 69 & UNISONIC) et un line-up apparemment très solide et inspiré, EDEN’S CURSE frappe un grand coup alors que nous les étions pas vraiment. Rassurant de constater que nous pouvons encore être étonnés de nos jours.
Oshyrya (08/10)
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AFM Records / 2013
Tracklist (67:11 mn) 01. Symphony Of Sin 02. Break The Silence 03. Evil & Divine 04. Unbreakable 05. Fallen From Grace 06. Losing My Faith 07. Rock Bottom 08. Great Unknown 09. Turn The Page 10. Sign Of The Cross 11. Wings To Fly 12. Devil In Disguise 13. Where Is The Love?
Notre guitar-hero belge préféré, Dushan Petrossi, est déjà de retour avec un nouvel album de son projet IRON MASK moins de deux ans après le précédent, le très bon Black As Death (chronique ici). La majorité des acteurs restent les mêmes avec surtout Mark Boals (ex-Yngwie Malmsteen) toujours derrière le micro. Nous noterons quand même par contre la disparition de Mats Olausson et des ses claviers du paysage. Saluons d’entrée la très belle pochette, très WoW dans l’esprit de ce nouveau disque. Comme pour le précédent album, le dessin est l’œuvre de l’hyper-talentueux Genzoman et c’est un bonheur à chaque fois renouvelé.
On en va pas se mentir, la veine néo-classique est bien toujours présente. C’est l’une des marques de fabrique de Petrossi et nous l’aimons aussi pour cela. Alors que son maître Malmsteen repousse sans cesse la limite du médiocre, le flamboyant guitariste d’outre-quiévrain a toujours sur maintenir de bons standards sur les albums de ses multiples projets. Ce Fifth Son Of Winterdoom ne déroge pas à la règle et offre aux fans son lot de titre bien speed, inspirés à souhait. La première chanson « Back Into the Mystery » surprend agréablement par sa sobriété et il faudra attendre plis de trois minutes trente pour avoir le déluge de notes attendues. Cette composition sonne presque légère et joyeuse, loin d’un Black As Death très agressif et sombre. Les fans se retrouveront en terrain connu dès « Like A Lion In A Cage » et son approche très « Malmsteen ». La veine néo-classique revient en force et les fans de la six cordes vont adorer. Pas étonnant que ce titre dans les pas du maitre suédois soit disponible en streaming pour faire saliver les fans.
Fifth Son Of Winterdoom est un album assez touffu et long, plus d’une heure de musique au compteur. Petrossi n’a pas choisi la facilité en proposant des chansons fleuves dont un titre éponyme de plus de dix minutes. Cœur de l’album cette composition ambitieuse se veut être le symbole de tout ce que IRON MASK sait faire. Construite comme une musique de film avec des sons d’ambiance, l’auditeur se voit immerger encore plus en avant dans l’histoire. Le côté folk, dansant encore une fois est très agréable et le temps passe à toute vitesse. La prestation des différents musiciens est irréprochables et Boals assure avec honneur. Il réussit à mettre beaucoup de conviction, bien joué !
Vous l’aurez compris IRON MASK livre la marchandise espérée par ses fans, le tout avec un vrai talent. Le cru 2013 est très bon et Petrossi parvient même à nous surprendre par sa sobriété tout en restant fidèle à sa veine néo-classique. Il faut des gardiens du temple et IRON MASK fait partie de cette catégorie.
Oshyrya (08/10)
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AFM Records / 2013
Tracklist (66:12 mn) 01. Back Into Mystery 02. Like A Lion In A Cage 03. Only One Commandment 04. Seven Samurai 05. Fifth Son Of Winterdoom 06. Angel Eyes, Demon Soul 07. Rock Religion 08. Father Farewell 09. Eagle Of Fire 10. Reconquista 1492 11. Run To Me 12. The Picture Of Dorian Grey
Ce n’est pas la première et cela m’a déjà cause bien des déceptions mais CHAOS VENTURE semble être un projet de rêve sur le papier. Les amateurs de synthétiseurs me comprendront, les autres passeront leur chemin. Tout es né du projet du claviériste italien Christian Casani. Il a souhaité créé un groupe totalement orienté synthétiseurs, dans une veine rock prog psychédélique. Pour rendre cela plus intéressant il a souhaité s’entourer de deux autres claviéristes italiens comme lui : Andrea de Paoli (LABYRINTH, SHADOWS OF STEEL) et Alberto Rizzo Schettino. CHAOS VENTURE était né.
Pour vous donner une meilleure idée de ce qu’est ce drôle d’objet musical, les transalpins parlent eux-mêmes de « Space Alien Metal project ». Ils proposent un voyage dans l’espace à travers une musique bourrée d’émotions, souvent très atmosphériques et planantes. Difificle de ne pas penser à certains travaux de PINK FLOYD ou encore d’AYREON époque Universal Migrator. 1.0 n’est cependant pas un projet ambiant composé uniquement de claviers. CHAOS VENTURE a voulu un véritable groupe et deux guitaristes, un batteur et un bassiste (Andrea "Tower" Torricini de VISION DIVINE) officient également sur ce disque pour lui donner un caractère résolument métal prog. Les influences sont très nombreuses et les trois claviéristes ne sont fixés aucune limite stylistique. Vous trouverez des touches Ambient, Electronica, Hard Rock, Rock Fusion et Métal selon les différentes compositions. Très largement instrumental, 1.0 laisse apparaitre ici et là quelques voix et lignes de chant pour accompagner l’auditeur dans son voyage dans la galaxie.
Ce projet rassemble déjà un bon nombre de talents de la scène métal transalpine mais CHAOS VENTURE a voulu aller encore plus loin et ils n’ont pas hésité à faire appel à la crème de la scène métal prog : des invités aussi prestigieux que Kevin Moore (OSI, ex-DREAM THEATER), Mark Zonder (FATES WARNING, WARLORD) et Richard Barbieri (PORCUPINE TREE) ont mis la main à la pâte pour 1.0. Enregistré principalement au Fuseroom Studio d’Alberto Rizzo Schettino, ce disque répond à nos espoirs en offrant une musique subtile, délicate à souhait. L’auditeur est vraiment pris par la main et se laisse bercer par les vents cosmiques. Vous ne trouverez pas ici de grandes envolées lyriques, l’approche est feutrée mais très efficace. Si vous êtes amateurs aux influences cités ci-dessus vous serez sans aucun doute charmé par cet album de CHAOS VENTURE. Cette belle réussite a même été remarquée par la NASA grâce à la chanson consacrée à l’alunissage de 1969. La musique des italiens pourra servir de bande-son de futurs documentaires et films produits par l’agence spatiale américaine. Une belle consécration pour CHAOS VENTURE.
Oshyrya (7,5/10)
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Underground Symphony / 2013
Tracklist (63:49 mn) 01. Out 02. Pulsar 03. Relativity 04. Plato Act 05. Electric Symphony K 725 (Landing On The Moon) 06. Abduction 07. Sons Of Nibiru (Abduction Part II) 08. Chaos Venture 09. Space Commander 10. Monster HD 11. Nube di Oort