Vous ne le savez sans doute pas et pourtant vous connaissez forcément une ou deux chansons de STARSHIP. Si je vous dis « We built this City » cela vous dit quelque chose non ? Oui c’est ça le tube AOR/Melodic Rock de 1985 sur l’album Knee Deep in the Hoopla. Le grand public connait quelques chansons et c’est tout. Par contre les fans doivent être courageux et d’armer de patience tant les aventures du groupe sont rocambolesque. Le destin de de ce groupe est intimement mêlé à celui de JEFFERSON AIRPLANE et on ne compte plus les line-up, split et procès. Il existe donc actuellement deux entités STARSHIP featuring Mickey Thomas et JEFFERSON STARSHIP mené par Paul Kantner. Comprenne qui voudra.
Après 24 ans d’absence, voici donc le nouvel album de STARSHIP, Loveless Fascination depuis Love Among the Cannibals publié en 1989. Pour mener a bien cette renaissance, Mickey Thomas a fait appel au bassiste de FOREIGNER, Jeff Pilson. Grâce à l’aide de ce dernier, le chanteur américain peut faire revivre (en parallèle du JEFFERSON STARSHIP de Kantner si vous suivez bien) ce groupe mythique des années 80 à travers dix nouvelles chansons originales. Pilson est le compositeur principal de ce disque et a apporté une touche un peu plus agressive au son de STARSHIP. Je vous rassure, cela reste quand même très très très accessible et ne risque pas de trop effrayer la ménagère. Les grands envolées à la guitares sont bien là, souvent adoucies de nappes de claviers destinées à renforcer la dimension mélodique. mélodiques. Mickey Thomas a déjà très largement fait ses preuves et tentent d’emmener ces chansons à un niveau supérieur en injectant dans son chant un maximum de feeling et de conviction. Il en fait souvent un peu trop mais cela fait finalement partie du jeu. Les refrains sont finement ciselés pour faire mouche et emporter l’adhésion du public. Dans l’ensemble le pari est réussi même si Loveless Fascination est un peu trop prévisible à mon goût. Toutes les ficelles du métier ont été ici utilisées pour rendre l’album lisse et accessible.
Avec sa pochette très colorée, à la manière d’un Roger Dean travaillant pour YES, Loveless Fascination a tout pour plaire. Malgré des compositions un peu trop convenue, STARSHIP réussit son comeback et fera plaisir aux rares fans nostalgiques. Ce n’est déjà pas si mal.
Oshyrya (6,5/10)
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Loud & Proud Records / 2013
Tracklist (46:52 mn) 01. It’s Not The Same As Love 02. How Do You Sleep 03. Loveless Fascination 04. What Did I Ever Do 05. Technicolor Black And White 06. Where Did We Go Wrong 07. Nothing Can Keep Me From You 08. How Will I Get By 09. You Never Know 10. You Deny Me
PROTEST THE HERO est un groupe canadien de métal progressif/mathcore mélodique, originaire de Whitby dans l'Ontario. Peu connu des non-spécialistes, ils existent quand même depuis 1999 et compte déjà un beau tableau de chasse avec trois albums studios (Kezia, Fortress et Scurrilous), un album live et quatre EP. Fâchés contre les labels ils innovent pour ce quatrième disque en le finançant entièrement via IndieGogo. Et cela fonctionne du feu de Dieu car l’objectif de la campagne, fixé à 125 000 $, est atteint en 30h. Après plusieurs mois de travail voilà le résultat sous la forme de ce Volition avec sa drôle de pochette. Il faut bien dire que les canadiens ont toujours su proposer des images bien bizarres toujours super colorées et pour le moins énigmatiques.
Musicalement parlant, PROTEST THE HERO confirme l’évolution de son style amorcé il y a déjà bien longtemps de cela. Le style du groupe a évolué du post-hardcore au métal progressif, en gardant toujours des touches de metalcore et de mathcore mélodique. Les chansons proposées se veulent donc assez mélodiques avec cependant un haut niveau technique et des approches assez peu orthodoxes. Nos amis n’hésitent pas à faire varier les structures, les ambiances et les tempi au sein d’une même chanson. Séduisante pour certains cette approche donne surtout un effet décousu et un peu fourre-tout à un « Clarity » par exemple. Le chant est principalement clair avec quelques touches hurlées ici et là. Loin d’être facilement accessible, le style de PROTEST THE HERO fourmille d’idée et risque d’en désarçonner plus d’un. Le premier contact avec Volition est assez inamical, les canadiens mènent les débats à deux cents à l’heure et ils n’appuient que très rarement sur le frein. Cette tornade musicale et technique m’a laissé un goût amer et il m’a fallu du temps et de nombreuses écoutes pour commencer à apprivoiser les chansons de Volition. On croirait écouter un CHILDREN OF BODOM sous acide tendance prog avec des harmonies de guitares complexes et constamment en évolution. Comme comparaison, nous pourrions aussi THE MARS VOLTA en plus speed cependant.
Il y a de quoi sortir d’une écoute de Volition complétement épuisé physiquement et surtout mentalement. Le mal de crâne n’est pas loin. Devant une telle maestria (« Tilting Against Windmills ») et un tel maelström de sonorités et de riffs je crains l’indigestion carabinée. C’est impressionnant au niveau technique mais très périlleux à supporter pendant les cinquante-quatre minutes de cet EP. Malgré bien des qualités, j’ai lâché l’affaire avant la fin et j’ai dû y revenir à dose homéopathiques. Aucune chanson ne ralenti un le rythme et ne l'auditeur n'a pas le temps de souffler ne serait-ce que cinq minutes. C’est le gros défaut de Volition qui fini par amener tout le monde à saturation. On dirait que malgré leur expérience, PROTEST THE HERO ne parvient pas à canaliser son énergie et sa créativité et balance à la figure de ses fans onze nouvelles compositions gavées de notes et jouées à la vitesse de la lumière. Le potentiel est énorme mais cette musique est dure à encaisser à moins d’être hyperactif. Elle est peut-être là la clé pour déverrouiller l’énigme PROTEST THE HERO…
Oshyrya (5,5/10)
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Autoproduction – Razor & Tie / 2013
Tracklist (54:12 mn) 01. Clarity 02. Drumhead Trial 03. Tilting Against Windmills 04. Without Prejudice 05. Yellow Teeth 06. Plato’s Tripartite 07. A Life Embossed 08. Mist 09. Underbite 10. Animal Bones 11. Skies
En guise d’amuse-bouche en attendant le nouvel album qui doit bientôt arriver, les parisiens de HIGHSCHOOL MOTHERFUCKERS (quel nom…) proposent un EP sobrement appelé Jesus. Alors EP c’est vite dit car vous n’aurez ici que deux chansons pour un peu plus de six minutes de musique. C’est un peu léger je trouve pour un EP, il s‘agit vraiment d’un apéritif très léger. Ces nouvelles compositions se retrouveront en bonne place sur le LP à venir donc l’intérêt de ce disque reste en suspens à le long terme. Disons qu’il s’agit d’une carte de visite après plus de deux ans d’absence. Et puis ne boudons pas notre plaisir, le label le vend au prix que vous voulez, c’est vous qui décidez !
Bref, l’essentiel reste la musique et là les parisiens font feu de tout bois. Les deux nouvelles chansons données en pâture aux fans sont explosives et bourrées d’énergie. Les petits-neveux de Picsou, Stuffy, Davy, Dusty et Pamy ne s’économisent pas et jouent le pied à fond sur l’accélérateur. Si vous aimez les chansons endiablées, mélange entre sleaze rock et punk, donnant l’envie de sauter dans tous les sens et foutre le bordel partout où vous passez, la musique des parisiens est faite pour vous. Ces deux chansons se ressemblent beaucoup mais on s’inquiétera de ça une fois l’album complet entre les mains. Pour l’instant l’impression est assez positive, pourvu que cela dure !
Oshyrya (06/10)
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Shotgun Generation Records / 2013
Tracklist (06:48 mn) 01. Jesus (Hates Me) 02. Another Hangover in Hungary