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oshy_04112013_Imperi_GatTout fait envie en tenant dans la main le premier album de nos compatriotes d’IMPERIAL GATES. Et je dois cela alors que je n’ai pas encore écouté une seule note de ce The Sound of Human Fate. Né à l’été 2011, ce nouveau projet évolue dans le genre rock progressif instrumental. Et là malheureusement je pense avoir déjà perdu la moitié d’entre vous qui voit déjà le rock prog comme un objet bizarre alors en instrumental en plus cela peut sembler beaucoup. Et pourtant vous ne savez pas ce que vous ratez.

La pochette et les visuels sont très réussis mais surtout l’écoute du disque confirme la très bonne première impression. Nos amis ce sont que trois mais il font déjà preuve d’une belle maturité et surtout d’un vrai talent. Les différentes compositions passent comme une lettre à la poste et s’enchaînent avec grâce et naturel. On peut regretter la durée franchement réduite de cet album. A peine trente-quatre minutes de nos jours cela fait un peu chiche. Par contre cela évite l’écueil de l’album instrumental interminable et lassant. Chaque composition présente une nouvelle ambiance et se développe entre trois et quatre minutes. Dans ces conditions, l’auditeur n’a pas le temps de s’ennuyer et peut apprécier le talent des membres d’IMPERIAL GATES. Seddik, Aurel et Moh ne réinvente pas la roue mais font bien les choses. La production est très propre avec un son limpide et bondissant.

La dimension visuelle de la musique proposée est assez évidente, tout incite au voyage dans The Sound of Human Fate. Forme et fond forme un tout cohérent et nous pousse à nous abandonner à ces mélodies parfois tortueuses mais toujours inspirées. Comme l’écrit le groupe lui-même, l’auditeur/voyageur passe du cinématique « Morning Universe », à l’épique « Beneath the Sand » pour finir avec le paisible « Nocturnal Prayer ». Nous ne sommes parfois pas loin des fulgurances instrumentales d’un DREAM THEATER même si IMPERIAL GATES favorise la mélodie, le feeling à la simple démonstration technique. Mais nous vous trompez pas, nous n’avons pas affaire à des manchots et ils font tous preuve d’une belle maîtrise de leur instrument. Mention spéciale aussi également aux contributeurs extérieurs comme le claviériste qui a donné un coup de main au groupe.

IMPERIAL GATES est donc une nouvelle très bonne surprise venue de l’hexagone. Ce The Sound of Human Fate a bien des qualités et très peu de défaut. On sent bien que les trois musiciens se sont fait plaisir. Pour le prochain opus il faudra veiller à proposer une ou deux compositions de plus et pourquoi pas introduire un peu de chant pour toucher un plus vaste public. Au prix de neuf dollars, The Sound of Human Fate est un petit plaisir qui ne risqué pas de vous ruiner.

Oshyrya (7,5/10)

 

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Brennus Music / 2013

Tracklist (33:36 mn) 01. Morning Universe 02. Beneath the Sand 03. Emergent Behavior 04. My Destiny 05. Awake in Space 06. Lightfull Journey 07. Forgotten Legacy 08. Nocturnal Prayer

Sahg – Delusions of Grandeur

oshy_04112013_SahLes norvégiens de SAHG bénéficient d’une très flatteuse réputation à l’aune de la sortie de leur nouvel album, Delusions of Grandeur. Avec un décennie d’existence, trois albums sous le bras et plusieurs tournées en Europe ou en Amérique du Nord, les scandinaves semblent prêts à franchir un nouveau cap via ce disque très ambitieux. Il faut bien dire que les membres du groupe possèdent chacun un CV impressionnant. Citons simplement le guitariste Thomas Tofthagen qui fait également la joie d’AUDREY HORNE.

Après I, II et III, SAHG a décidé de rompre avec la numérotation pour son nouvel album Delusions of Grandeur. Disque concept, l’auditeur est entrainé dès les premières secondes de « Slip Off The Edge Of The Universe » dans un voyage de quarante-sept minutes dans l’univers des norvégiens. À la fois très moderne et ancré dans la tradition des grands anciens, le hard-rock/stoner proposé sait être séduisant et rassurant. Ils ne cachent pas l’influence des BLACK SABBATH et LED ZEPPELIN mais la musique de ces groupes a été digérée pour en faire quelque chose de neuf. ÀA l’image de MASTODON ou OPETH, SAHG a su se construire une identité propre sans s’imposer de limites. Delusions of Grandeur montre un grand au sommet de son art, variant intelligemment les atmosphères et les rythmes. Tout commence par le cinématique « Slip Off The Edge Of The Universe», pour se poursuivre par l’enlevé « Firechild » et finalement se terminer par le cosmique « Sleeper’s Gate To The Galaxy ». Dans chacune de ces trois dimensions SAHG impressionne par sa maîtrise et sa maturité.

L’auditeur reste ne terrain connu avec ces sonorités venues tout droit des années 70 entre stoner, heavy rock et doom (« Walls Of Delusion »). La production aux petits oignons de Delusions of Grandeur apporte la touche finale à ce disque riche et inspiré. Les norvégiens ont enregistré en condition live aux Solslottet Studios aka Castle Of The Sun sous la houlette d’Iver Sandøy (ENSLAVED, KRAKOW). Cette approche a été choisie afin de donner une vibe particulière, organique à la musique. Le pari est réussi.

Jouir d’une excellente réputation est un gros avantage pour un groupe mais encore faut-il savoir en être digne. Avec Delusions of Grandeur, les norvégiens de SAHG enfoncent le clou et se rappellent aux bons souvenirs des fans de heavy rock intelligent et accrocheur. Tentez le voyage, vous ne serez pas déçu.

Oshyrya (08/10)

 

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Indie Recordings / 2013

Tracklist (46:57 mn) : 01. Slip Off The Edge Of The Universe 02. Blizzardborne 03. Firechild 04. Walls Of Delusion 05. Ether 06. Then Wakens The Beast 07. Odium Delirium 08. Sleeper's Gate To The Galaxy

Crossfaith – Apocalyze

oshy_04112013_CrossfaitCROSSFAITH s’annonce être comme la nouvelle sensation électro métal en provenance directe de l’archipel nippon. Ils enchainent les gros concerts sold-out dans leur pays et commencent à sérieusement essaimer pas seulement en Asie mais également en Amérique du Nord. Ils ne comptent pas s’arrêter en si bon chemin et partir à la conquête de l’Europe. Fondé à Ōsaka en 2006, CROSSFAITH possède déjà une solide expérience avec deux album à son actif, The Artificial Theory for the Dramatic Beauty en 2009 et The Dream, The Space en 2011. Après un petit amuse-bouche sous la forme d’un EP (Zion) en 2012 les voici de retour avec un troisième opus titré Apocalyze.

A l’image de leur compatriotes de BLOOD STAIN CHILD, CROSSFAITH mélange allégrement différents styles musicaux pour proposer un son frais et attractif. Vous trouverez au sein d’Apocalyze des touches indus, metalcore et death mélodique le tout saupoudré de larges pincées électro. Le but est de proposer les compositions les plus enthousiasmantes possibles, rendre-dedans et super catchy. Les mélodies sont soignées, les refrains finement ciselés pour faire immédiatement mouche. Les différents musiciens ne s’économisent pas pour mener leur projet le pied en permanence sur l’accélérateur. Sans temps mort, la section rythmique mène les débats à la vitesse de l’éclair et Kenta Koie hurle avec conviction derrière son micro. Le guitariste Kazuki Takemura n’est pas là pour amuser la galerie et enchaine les riffs techniques, tranchants. Les japonais évoquent parfois un LINKIN PARK sous stimulant ou un SKRILLEX en plus bourrin. Le premier single « We Are The Future » est franchement très efficace à défaut d’être très original. Les programmations et les boucles électro sont intelligemment intégrées à la base métal et apporte un pulse d’énergie supplémentaire.

A travers onze nouvelles chansons, très calibrées entre trois et quatre minutes, CROSSFAITH prend l’auditeur à la gorge pour ne plus le lâcher jusqu’à la fin. Fondamentalement métal, presque brutal, les chansons s’enchainent avec naturel et il y a vraiment de quoi prendre son pied… jusqu’à ce que l’indigestion ne guette. CROSSFAITH ne tient malheureusement pas la distance et le risque de lassitude est grand un fois la moitié de l’album écoutée. Les compositions finissent par se ressembler mais si les japonais ont fait des efforts pour varier les rythmes et les thèmes mélodiques. Sans être inintéressantes, les cinq dernières chansons ont de quoi laisser de marbre tant elles peinent à se distinguer des six premières. Dommage.

CROSSFAITH fait preuve de belles qualités et propose un troisième album respectable. L’enthousiasme des débuts finit par s’émousser plus l’écoute du disque progresse mais il ne faudrait que cette dernière impression mitigée ne vienne effacer les bonnes disposition distillée par les premières chansons. Les japonais ont fait le boulot mais il reste encore bien du chemin à parcourir pour atteindre les sommets.

Oshyrya (06/10)

 

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Sony Music Entertainement / 2013

Tracklist (43:13 mn) 01. Prelude 02. We Are The Future 03. Hounds Of The Apocalypse 04. Eclipse 05. The Evolution 06. Scarlett 07. Gala Hala (Burn Down The Floor) 08. Countdown To Hell 09. Deathwish 10. Counting Stars 11. Burning White 12. Only The Wise Can Control Our Eyes