Author Archive

Collapse – The Fall

oshy_03112013_CollapsLa lassitude est un épée de Damoclès qui pend au-dessus de chacun des chroniqueurs de ce site. Ecouter semaine après semaine la même chose à quelques nuances près a de quoi blaser les plus enthousiastes d’entre nous. Heureusement parfois une très bonne surprise se présente et nous rappelle pourquoi nous aimons cette musique et passer du temps à écouter le maximum de sorties. COLLAPSE fait partie de ces joyaux inattendus et cerise sur la gâteau cette (excellente) surprise est bien de chez nous.

COLLAPSE est un groupe de rock de Grenoble qui a pris vie en janvier 2011 quand ses trois membres, officiant ensemble depuis plus de 10 ans dans plusieurs formations, mettent leur talent et leur envie en commun. Six mois seront nécessaires pour composer près d’une quinzaine de morceaux, et définir l’identité du projet. Un premier album éponyme émerge ainsi en novembre 2011. Après une quarantaine de dates, afin de se rappeler au bon souvenir du public et clore le premier chapitre, ils proposent en février de cette année B-Sides qui regroupe deux morceaux en version maquette. Une nouvelle ère s’ouvre désormais avec la sortie récente du deuxième opus, The Fall.

Dans leur biographie, les grenoblois parlent modestement de rock. Ils ont raison même si cette définition est forcément assez vague. Les influences assumées sont-elles plus intéressantes. COLLAPSE cite aisément PORCUPINE TREE, ARCHIVE ou encore MOGWAI. Ces groupes ont tous en commun une approche subtile et intellectuelle de la musique, l’art magnifié de proposer de belles et fragiles ambiances. A l’écoute de The Fall l’auditeur s’immerge progressivement dans un univers complexe d’émotions, à la fois douces et violentes. Il faut ressentir cette musique et elle a pris pour moi une forme inédite, une sorte de bande originale de ma vie. THE COLLAPSE n’impose rien, propose des pistes et des sentiments à même de parler, de rentrer en résonance avec tout un chacun. Cela peut paraitre bien compliqué et cela coule pourtant de source. Les compositions ne contiennent que peu ou pas de chant mais cela ne les empêche pas de fourmiller de détails et de sonorités diverses.

La base rock traditionnelle (guitare / basse/ batterie) se voit magnifier par de subtiles touches, via piano, cordes, sons électro ou encore grâce à quelques phrases prononcées ici et là. Le propos général est assez sombre, glaçant parfois mais The Fall en viendrait presque à devenir hypnotique (la basse sur « Your Grace Is Out of Time »), on écoute et on se laisse son esprit vagabonder sans même s’en rendre compte. Rock progressif, rock alternatif, toutes ces étiquettes vont à un moment correspondre à l’approche choisie par les grenoblois. COLLAPSE s’avère être proche d’un MUSE (« Bringing Out the Dead ») et surtout d’un ARCHIVE plus foncièrement rock, sombre et mélancolique que les britanniques. Il faut comprendre cela comme un sacré compliment vu le respect que j’accorde à la bande de Darius Keeler et Danny Griffiths. Pour vous en persuadez, précipitez-vous sur la page BandCamp ci-dessous pour tout écouter gratuitement et acquérir The Fall en version électronique au prix que vous voudrez ou sous la forme d’un Digipack pour simplement huit euros. Une révélation !

Oshyrya (8,5/10)

 

FaceBook Officiel

BandCamp Officiel

 

Autoproduction / 2013

Tracklist (51:59 mn) 01. Your Grace Is Out of Time 02. Jesco´s Ghosts 03. Bringing Out the Dead 04. Shiver for Eternity 05. Tearn 06. Inner Chaos (Born, Burn and Fall) 07. Last Chance to Live 08. The Dream Is Over 09. I Hope You're in Peace Now

oshy_03112013_StormhavOn connaissait la ville rose pour sa douceur de vivre et son industrie aéronautique. Il faudra désormais envisager Toulouse comme un vivier prometteur de groupes métal de qualité. Nouvelle preuve de cette évolution avec aujourd’hui STORMHAVEN. Formé en 2010, nos compatriotes proposent un Death Progressif influencé par des groupes tels que OPETH, NEVERMORE, DEATH, SYMPHONY X ou encore DIMMU BORGIR. Composé de quatre musiciens (Zaza à la batterie, Jo à la basse, Saï au clavier et au chant, Zack à la guitare et au chant) surprend agréablement en proposant un premier EP de six titres, Mystical Journey.

Et encore parler ici de EP peut sembler réducteur puisque que nos amis offrent pas moins de quarante-huit minutes de musique originale. Franchement, ils ne se moquent pas de nous. La première écoute de ce disque impressionne forcément. Loin de facilité le travail de l’auditeur, les compositions complexes élaborées par STORMHAVEN nécessitent une écoute attentive et recueillie. Mais cet effort sera bien vite récompensé quand tout la talent et la maestria des quatre toulousains explosera aux oreilles de tous. Ils n’ont pas choisi la facilité en choisissant un genre musical extrêmement technique et casse-gueule. Les influences citées plus haut sont loin d’être des manchots.

Mais STORMHAVEN a courageusement relevé le défi et s’en sort plutôt bien. Les ambiances sont variées, entre mélodies, riffs agressifs et d’ambiances sombres, presque gothiques. Les claviers sont très présents, ils se mêlent avec grâce et talent avec une guitare tranchante à souhait en rythmique ou en lead. Cerise sur le gâteau, le chant hurlé, parfois clair également, apporte une touche épicée bien agréable. Soulignons la production soignée de Mystical Journey. Le son est clair et développe une belle énergie. STORMHAVEN est un groupe encore jeune et il conserve bien sûr encore une belle marge de progression. Sur la longueur, Mystical Journey souffre de quelques longueurs et les compositions finissent un peu par se ressembler. Les influences sont également encore un peu trop présente et les toulousains devront continuer à travailler pour affirmer leur identité et un caractère original.

Grâce à cet EP, STORMHAVEN fait la preuve éclatante d’un gros potentiel et d’un réel talent pour composer des brûlots Death Progressif/Symphonique. Ne vous arrêtez pas à cette chronique et faites-vous votre propre opinion via la page Facebook du groupe (lien ci-dessous). Vous pourrez écouter et télécharger gratuitement Mystical Journey. Elle est pas belle la vie ?

Oshyrya (7,5/10)

 

FaceBook Officiel

 

Autoproduction / 2013

Tracklist (47:57 mn) 01. Hailstorm 02. Departure 03. The Other Side 04. Peace of Mind 05. Death 06. Mystical Journey

oshy_itw_Paperb_freu_00

01. Peux-tu présenter à nos lecteurs PAPERBACK FREUD ?

Nous sommes cinq gars heureux en provenant de Stockholm et nous jouons du rock n’roll, c’est tout. Moi et le chanteur nous faisons ensemble de la musique depuis assez longtemps. Puis nous avons progressivement rencontré les autres membres sur la route. Il y a 10 ans de cela, cette constellation a commencé à prendre forme. Nous avons bien sûr vu quelques membres changer au cours de ces années mais le cœur du groupe et surtout sa démarche n’a pas changé depuis le premier jour.

 

02. Pourquoi avoir choisi ce nom de groupe énigmatique ?

Oui on nous pose souvent la question et je me demande si finalement nous n’aurions pas dû nous creuser plus la tête et choisir un meilleur nom. Je ne sais pas (rires). Nous voulions vraiment à l’époque de la création du groupe un nom qui sorte de l’ordinaire et que change des clichés habituel. Et cette expression (approximativement en français « un Freud de livre de poche », donc pas très sérieux). Cette expression décrit quelqu’un qui fait semblant de t’analyser mais qui en réalité n’a aucune idée de ce qu’il fait. C’est de la connerie. Le sous-texte pour nous vous dire que si vous nous écoutez, ne nous prenez pas trop au sérieux, il ne s’agit que de rock n’roll et nous sommes nous aussi des « Freuds de comptoirs ».

 

03. Que peux-tu nous dire des sessions d'enregistrement de Hard Rock City ?

Pour nos disques nous avons mis en œuvre la même méthode, travailler en condition live en studio. Pour la section rythmique et la batterie nous enregistrons dans les conditions du direct et ensuite bien sûr nous retravaillons les différentes parties. Tu peux faire des erreurs et donc tu veux refaire telle ou telle prise, ajoutez les soli puis le chant… C’est la façon la plus simple d’enregistrer. L’inspiration vient parfois de jams entre nous ou un des membres va venir avec une idée et nous allons construire à partir de cette base de départ, tout est possible. Cela part souvent d’un riff bien sûr. Pour ce disque, seul « The Wild Ones » est une œuvre individuelle de l’un de nous pour le reste l’effort est collectif.

Pour l’enregistrement, il nous a fallu environ deux mois mais cela se passe chez nous dans notre propre studio à Stockholm. Cela ne peut pas être fait d’un coup, à temps plein, car il faut aussi faire tourner le studio en le proposant à d’autres groupes. Donc nous nous adaptons et nous l’utilisons quand il n’est pas loué. Nous avons pris de l’ordre de quatre mois pour la mixage et le mastering. Cela nous a pris huit mois en tout. Tu as tendance à devenir paresseux et à prendre ton temps quand tu enregistres dans ton propre studio et donc il faut faire attention à cela pour garder une certaine fraicheur. Le fait de travailler quand le studio n’est pas loué par d’autres nous obligent à quand même aller vite.

 

04. Plusieurs mois après la sortie, pouvez-vous écouter ce nouvel album avec plaisir ou n’entendez-vous que les défauts ?

C’est une bonne question. Tu écoutes encore et encore ta musique pendant les phase d’enregistrement et bien sûr ensuite tu arrêtes pour ne pas saturer pendant peut-être un mois ou deux. Ensuite tu peux te replonger dedans avec plaisir sans te soucier des imperfections ou de ce que tu aurais pu faire différemment. Mais pour être honnête avec toi, si j’ai envie d’écouter de la musique, j’écoute souvent autre chose que notre musique pour me libérer et m’aérer la tête. Nous sommes très heureux de ce disque.

oshy_itw_Paperb_freu_01

05. De ton point de vue, quelles sont les évolutions entre All in a Day’s Work & Hard Rock City ?

Je vois des différences et des évolutions. C’est dur à dire mais nous changeons et nous suivons à chaque fois une tendance un peu différente. Nos deux premiers albums étaient beaucoup plus rapides, agressif… Les choses sont plus réfléchies sur ce nouveau disque. Là l’esprit parle plus que les tripes. Et nous sommes désormais plus influencé par le rock sudiste qu’auparavant. Nous aimions déjà ce genre musical avant mais nous étions un peu effrayé d’ajouter ce nouvel élément à notre musique. Pour Hard Rock City nous avons sauté le pas. Nous sommes les mêmes musiciens qu’à nos débuts, nous aimons toujours joué un rock rapide et endiablé mais il s’agit là d’une évolution naturelle et d’un besoin de ne pas se répéter. Nous voulions faire un album plus gros. Le premier album était plutôt typé concert dans un garage, le second typé club et pour celui-là nous voyons plus loin vers un musique typée stade. Le quatrième sera pour notre domination mondiale.

 

06. Que peux-tu nous dire de la pochette, comment travailler vous avec l’artiste ?

Nous faisons tout nous-même. Pour le second album nous avons pensé à la pochette d’ABBA, Arrival, où l’ensemble du groupe est dans un hélicoptère. Et donc nous avons loué un hélicoptère pour faire le même type de cliché avec PAPERBACK FREUD mais cela n’a pas bien fonctionné. Nous avons donc utilisé une autre photo de la session où l’on voit l’hélicoptère voler au-dessus de nous. Pour Hard Rock City nous voulions poursuivre l’idée de mouvement, de voyage et le plus important pour moi se trouve au niveau des couleurs, très chaudes, de cette image. Un petit feeling des années 70.

 

07. De quelle ville s’agit-il ? Detroit peut-être ?

Et bien je vais te surprendre mais je ne sais pas. Detroit c’est une bonne idée mais sincèrement je n’en ai aucune idée. Quelque part en Amérique du Nord à priori.

 

08. Est-ce important pour vous de proposer aux fans des éditions limitées de vos albums, une édition vinyle par exemple pour celui-là ?

Oui bien sûr. Pour les deux premier disque ce n’était pas le cas, ils n’existent pas en vinyle par exemple. Pour ce troisième disque il était très important pour nous de la faire car nous avons tous dans le groupe grandit avec des disques vinyles, avant l’avènement du cd. Pas sûr que ce soit à nouveau le cas pour le prochain mais il fallait que nous le fassions au moins une fois. Le son est particulier et souvent meilleur que le cd. Et il y a des différences. Il existe deux mastering pour Hard Rock City, un spécifique pour le cd et un spécifique pour le vinyle. Et on trouve également un titre bonus sur le vinyle. Et je ne sais pas si tout a déjà été vendu, j’espère que c’est le cas (rires) !

 

09. Peux-tu nous en dire plus sur les concerts que vous avez donné en première partie d’UFO lors de leur tournée suédoise ? Est-ce votre meilleur souvenir ?

Les concerts avec UFO étaient géniaux mais notre meilleur souvenir reste sans aucun doute notre tournée en Russie il y a cinq de cela environ. Je ne sais pas ce que les spectateurs ont pu en penser mais pour nous ce fut les meilleurs moments de notre vie. Nous avons donné cinq concerts, Moscou bien sûr mais aussi dans des villes dont nous n’avions jamais entendu parlées. L’un de ces shows a eu lieu pas très loin de Tchernobyl d’ailleurs. Le chauffeur de notre bus avait fait une plaisanterie. On voyant passer un chat sur le bord de la route il nous a dit : « vous voyez, voici un chien de Tchernobyl » mais bien sûr ce n’était qu’un simple chat.

Les gens ont été très sympas, les villes ont l’air parfois en ruine, comme après un bombardement. Et donc les gens étaient super heureux de nous voir et qu’il se passe quelque chose dans leur ville. La vodka aussi était super et j’ai le souvenir d’un très bon match de football joué avec des russes. Nous avons chanté nos hymnes respectifs et nous les suédois avons gagné.

oshy_itw_Paperb_freu_02

10. Quelles sont vos principales influences ?

Il faut prendre les bases d’AC/DC, ajouter un peu de MOTORHEAD, d’AEROSMITH, de MOTLEY CRÜE, de GUNS N’ROSES et je peux continuer ainsi longtemps mais je pense que les gens comprenne notre démarche. Nous aimons cela et je ne peux pas dire pourquoi.

 

11. Quels sont vos projets pour les mois à venir ?

Nous n’avons pour l’instant encore rien de signé mais nous travaillons avec notre éditeur pour voir ce qui l’est possible de faire. Nous aimerions bien faire une petite tournée. Nous avons déjà joué trois ou quatre en France, nous espérons revenir. Bien sûr nous espérons participer à des festivals en été…

 

12. Que penses-tu en général de la scène rock suédoise ?

Les temps sont difficiles un peu partout. Nous avons quelques grands noms comme les HELLACOPTERS mais c’est l’arbre qui cache la forêt. Ce n’est pas simple pour nous et pour les groupes un peu plus dans l’ombre. Chacun joue pour lui et la compétition est féroce même si nous sommes amis.

 

13. Peux-tu confirmer ou infirmer un cliché que nous avons en France sur la Suède ? Vu de France, nous avons parfois l’impression qu’il suffit d’arrêter n’importe quel suédois dans la rue à Stockholm ou Malmö pour trouver un type qui joue de la guitare comme Malmsteen ou des claviers comme Jens Johansson…

Oui je confirme qu’il s’agit bien là d’un cliché. Cette idée est assez loin de la réalité. Beaucoup vient du système scolaire suédois. Tu apprends à jouer d’un instrument à l’école. CE n’est plus le cas aujourd’hui mais à notre époque, à l’âge de sept ans, si tu veux jouer de laz guitare, tu apprends gratuitement à jouer de la guitare. On te fournit un instrument, le gouvernement paye pour un professeur, tu vas à l’école de musique… Cela explique le bon nombre de musiciens parmi les suédois.

 

Et enfin "Le Quizz De Métal Chroniques" pour terminer cette interview:

1. Quelle est ta chanson préférée (tous artistes, époques…) ?

Cela change tous les jours bien sûr. Je ne sais pas c’est trop dur d’en choisir une. Je peux te dire ce que je considère comme étant le meilleur solo de guitare dans une chanson : les EAGLES avec la fin du titre « Hotel California ». Mais ce n’est pas la meilleure chanson jamais écrite.

 

2. Premier album acheté ?

Seventh Son of a Seventh Son d’IRON MAIDEN

 

3. Dernier album acheté ?

Back in Black d’AC/DC, je l’avais perdu…

 

4. Quel son ou bruit aimes-tu ?

Tout ce qui est en rapport avec la mer

 

5. Quel son ou bruit détestes-tu ?

Tout ce qui sonne métallique, les perceuses, les machines…

 

Tous nos remerciements à Roger WESSIER (Replica Promotion)

oshy_05102013_Paperb_Freu

Chronique de l'album ici

Site internet