Si on parle de métal made in Denmark, quelques groupes écrasent tous les autres pour le meilleur et pour le pire : MERCYFUL FATE, HATESPHERE et VOLBEAT. CE petit pays à au moins l’avantage de couvrir quasiment l’ensemble de spectre, de PRETTY MAIDS à ILLDISPOSED. Dans la famille, Death métal mélodique à la suédoise, je voudrais MERCENARY. Ce groupe continue dans un relatif anonymat une belle carrière. Né en 1991, voici le septième album des danois: Through Our Darkest Days chez NoiseArt Records. Signalons aussi que le line-up du groupe est très instable et qu’il ne reste que Jakob Mølbjerg comme capitaine du navire originel.
MERCENARY en avait étonné plus d’un en 2008 avec Architect of Lies, un disque très fort et inspiré. L’influence des IN FLAMES et SOILWORK est bien sûr toujours présente avec des touches power métal et thrash joyeusement saupoudrées ici et là sur ce death mélodique. Le plat se veut à la fois accessible et épicé. Les mélodies restent simples et efficaces et le chant alterne entre le clair et le (un peu) hurlé. Les danois ne s’embarrassent pas de fioritures et vont directement à l’essentiel à travers ces neuf compositions tournant chacune autour des 5-6 minutes. Quelques nappes de claviers viennent donner un peu plus de consistances aux lignes mélodiques développées mais rien de vraiment rédhibitoires pour les métalleux pur et dur. Finalement le gros défaut de cet album est de manquer de quelques chansons qui ressortent du lot. Le niveau est honorable, on sent le savoir-faire des danois mais les « killers songs » qui permettent d’amener un album à un autre niveau sont désespérément portées disparues.
La performance de 2008 n’a pas pu être rééditée et c’est vraiment dommage. Je suis resté sur ma faim à l’écoute de Through Our Darkest Days. L’offre est tellement pléthorique qu’être bon et appliqué ne suffit plus. MERCENARY risque d’en faire l’amère expérience.
Oshyrya (06/10)
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NoiseArt Records / 2013
Tracklist (48:12 mn) 01. A New Dawn 02. Welcome The Sickness 03. Through Our Darkest Days 04. Dreamstate Machine 05. A Moment Of Clarity 06. Beyond This Night 07. Starving Eyes 08. Generation Hate 09. Forever The Unknown
En bon fan de rock/métal progressif j’ai bien les chansons complexes, super longues, avec moult changements d’ambiances, moult breaks et un tombereau de soli plus techniques les uns que les autres (DREAM THEATER si tu nous lis…). Mais parfois ses bas instincts remontent à la surface et l’homme civilisé disparait. Il faut une musique simple, directe et puissance pour réguler efficacement un haut niveau de testostérone. Sur mon ordonnance aujourd’hui, voici le nouvel album des américains de FIVE FINGER DEATH PUNCH. Formé en 2005 par le guitariste d'origine hongroise Zoltán Báthory, le groupe propose un heavy métal rouleau-compresseur, pêchu et dans l’ensemble assez jouissif. Ils n’ont jamais fait dans la dentelle ou le subtil et c’est bien pour cela qu’ils sont apprécies.
Ce disque commence en fanfare avec le hit « Lift Me Up ». Cette chanson hyper catchy possède une belle énergie, une craie décharge d’adrénaline qui fait un bien fou. Cerise sur le gâteau, la présence de Rob Halford himself pour donner un coup de main à Ivan L. Moody. C’est simple, basique même mais effrayant d’efficacité. « Watch You Bleed » continue sur la même lancée et permet même d’apprécier la palette vocale du chanteur américain. Autre titre phare, « Wrong Side of Heaven » qui démontre que FIVE FINGER DEATH PUNCH sait faire bien des choses comme proposer des titres plus doux qui nécessitent d’insuffler beaucoup d’émotions. Dans ce cas-là on est plus proche d’un NICKELBACK mais que voulez-vous, ils savent comment fonctionne le marché US. Il faut donner aux radios des singles potentiels. Chanson un peu facile sans doute mais cela n’enlève rien à son efficacité. Pour le reste, les compositions sont plus passe-partout et laissent moins de traces. Hors Rob Halford, on peut rester sur sa faim concernant l’apport des différents guests. On passera rapidement sur l’intervention d’un rappeur, clichesque au possible. Maria Brink (IN THIS MOMENT) fait le buzz pour son physique pas pour sa musique et cela s’entend. Même Max Cavalera fait le minimum mais il faut bien dire qua sa chanson est assez quelconque.
Alors très bon album ? Oui et non. Les réalités du music business ont bien été intégrés par les américains et ils fournissent ce que le système veut. De très bonnes choses côtoient du pré-ingurgités pour ado en mal de révolte. D’humeur optimiste aujourd’hui, je préfère voir le verre à moitié plein.
Oshyrya (06/10)
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Eleven Seven Music / 2013
Tracklist (52:02 mn) 01. Lift Me Up (feat. Rob Halford) 02. Watch You Bleed 03. You 04. Wrong Side of Heaven 05. Burn MF 06. I.M.Sin 07. Anywhere But Here (feat. Maria Brink) 08. Dot Your Eyes 09. M.I.N.E (End This Way) 10. Mama Said Knock You Out (feat. Tech N9ne) 11. Diary of a Deadman 12. I.M.Sin (feat. Max Cavalera) 13. Anywhere But Here (Duet with Maria Brink) 14. Dot Your Eyes (feat. Jamey Jasta)
KARNIVOOL est un groupe de rock progressif/metal progressif australien formé en 1997 à Perth en Australie-Occidentale. Positivement remarqués après Themata, leur premier album, nos amis ont vraiment explosé avec Sound Awake qui les a fait connaître un peu partout. Ce succès a été le déclencheur d’une série de tournées en Australie, en Europe, en Amérique du Nord et même en Inde. Après plusieurs années aux quatre coins du monde et plusieurs mois en studio, les voici avec leur troisième album, Asymmetry.
A l’image d’un MUSE, il faut s’attendre à tout de la part des australiens qui n’hésitent jamais à expérimenter, les chemins de traverse ne les effraient pas. Prenant le contre-pied de Sound Awake, KARNIVOOL veut proposer autre chose et proposer au public une nouvelle expérience. La plongée au sein d’Asymmetry s’apparente à un voyage étrange, à la fois séduisant et aventureux. Un rock bien burnée se mêlent avec des sonorités électroniques, les rythmes et les ambiances s’enchainent rapidement laissant parfois l’auditeur à bout de souffle. Le chant très expressif d’Ian Kenny sert de fil conducteur dans ce maelstrom d’émotions, attendez-vous à être secoué. En général, KARNIVOOL a durcit le ton et des chansons comme « The Refusal » apporte son lot de touches nu/alternative métal. Ce n’est pas nouveau mais un palier supplémentaire a été franchi. Il faut attendre « Eidolons » pour retrouver un groupe apaisé, dans la veine d’un « All You Know » extrait du précédent opus. Moins accessible que Sound Awake, Asymmetry ne se laisse pas facilement apprivoiser et nécessite des effort et de la persévérance à l’auditeur pour en découvrir toute la moelle. Pas sûr que tous accepterons ce défi.
A la fois sombre et lumineux, Asymmetry donne corps aux aspirations des musiciens australiens. Ils continuent à évoluer et à progresser dans leur quête musicale. Le chemin est semé d’embûches mais la récompense en vaut la peine. Le public adhère puisque cet album a atteint les sommets des charts de leur pays. Bénis sera la jour où cela pourra arriver chez nous…
Oshyrya (08/10)
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Columbia Group / 2013
Tracklist (67:07 mn) 01. Aum 02. Nachash 03. A M WAR 04. We Are 05. The Refusal 06. Aeons 07. Asymmetry 08. Eidolon 09. Sky Machine 10. Amusia 11. The Last Few 12. Float 13. Alpha Omega 14. Om