Il est toujours amusant de lire les documents promos fournis par les labels avec leurs albums promos. En plus d’être une précieuse source d’information, ils présentent la réalité sous un jour parfois assez éloigné de la réalité, sous entendant certaines choses ou posant un voile pudique sur les éléments négatifs. Marcus Jidell est donc le (et je cite) « guitar master » d’EVERGREY. Cool j’ai bien aimé ce groupe pendant sa période faste au début des années 2000. Si le guitariste ayant contribué à des chansons aussi fortes que « The Masterplan ». Cool sauf que Jidell n’a rejoint les suédois qu’après la débâcle de 2010 quand 3/5 du groupe s'est barré. N’est pas Henrik Danhage qui veut et Jidell doit encore faire ses preuves.
Première chose à souligner, cet album est vraiment court. Si c’était du Grind ok mais à peine 34 minutes pour un album instrumental cela fait franchement chiche. « Arctica » ouvre les débats et la première impression est bonne. Pictures From A Time Traveller ne ressemble pas à la majorité des disques de ce genre ou la guitare bouffe toute la place au détriment des autres instruments. Cela se transforme souvent en démonstration technique qu’en véritable chanson appréciables par de simples auditeurs. Là il ne manque que le chant pour en faire une chanson standard. Ces premières notes me rappellent un peu les titres instrumentaux dont Lucassen parsèment ses albums d’AYREON. Les claviers ont aussi très présents aux côtés de la guitare. L’écoute des autres chansons confirment cette approche résolument progressive et Jidell n’hésite pas à varier ses rythmes et ses atmosphères d’une chanson sur l’autre. La musique proposée se veut également très « visuelle », elle doit évoquer des paysages, le vent glacial des régions polaires par exemple… Le niveau technique est bien entendu assez élevé. Jidell s’est lui-même chargé de la majorité des instruments : guitares, basse, piano, claviers, percussions. Mais il a également invité quelques guests avec lui sur cette aventure. Citons Hannes Van Dahl et Johan Niemann, ses camarades d’EVERGREY ou encore Andre Andersen de ROYAL HUNT.
Construit comme un album normal, les titres proposés tiennent la route par eux-mêmes et certains mériteraient d’être retravaillés avec l’ajout de chant. Cet album passe très vite et pas seulement à cause de sa durée réduite. L’auditeur a du quoi prendre du plaisir à l’écoute de ces compositions variées et inspirées. Du beau travail mais beaucoup trop court.
Oshyrya (7,5/10)
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Lion Music / 2013
Tracklist (33:58 mn) 01. Arctica 02. Huldra (Ruler of the Forest) 03. Tesla World System 04. Rei Zan 05. El-Amarna (Ruins of Akhetaton) 06. Space Dog 07. Wedding Song
DEADLOCK est un groupe de death metal mélodique (un de plus) originaire Schwarzenfeld (Bavière) de l’autre côté du Rhin. The Arsonist est leur sixième album et il sort chez Napalm Records. Depuis 2011 et la parution du précédent opus, Bizarro World, les allemands ont connu bien des bouleversements. Le chanteur historique et membre fondateur Johannes Prem décide de quitter ses petits camarades. Nouveau coup dur au début de cette année avec le départ d’un des guitaristes. Désormais au fond du trou, DEADLOCK reprend du poil de la bête et reconstitue ses forces. Le bassiste abandonne son instrument pour s’occuper des growls. Ils recrutent également Ferdinand Rewicki pour la basse et la guitare rythmique. Ce dernier avait déjà côtoyé le groupe en assurant le travail de chauffeur, tour manager et responsable merchandising.
Certains d’entre vous doivent connaître DEADLOCK pour les shows qu’ils ont assuré en première partie des italiens de LACUNA COIL en 2010. Les deux groupes ont d’ailleurs plusieurs éléments en commun comme la présence de deux chanteurs, homme et femme, et une volonté de rendre leur musique plus accessible. Sans aller aussi loin de Scabbia & co qui ont formaté autant que possible pour plaire au marché US, les allemands ont DEADLOCK ont aussi mis de l’eau dans leur vin. Ils jouent à fond la carte de la belle et la bête, la voix claire féminine faisant le contrepoids aux méchants growls masculins. Les refrains se veulent catchy et presque pop. Un peu comme si Avril Lavigne rencontrait SOILWORK. On retrouve ici et là quelques touche typée métalcore mais cela reste très léger. Des sonorités électroniques servent aussi souvent d’introduction mais cela reste négligeable. Finalement on se retrouve avec un album bizarre, le cul entre deux chaises. La touche extrême et la touche mélodique presque pop se marient se façon assez étrange et la mayonnaise peine franchement à prendre. « Darkness Divine » est un bel exemple, la musique est assez rentre-dedans, le ton est franchement bourrin et puis déboule tout d’un coup un refrain en voix claire féminine. Pas désagréable mais cela ne sonne pas très naturel, cela ressemble plus à un patchwork un peu artificiel d’idées et d’influences.
DEADLOCK a fait un pari mais ils ont dans l’ensemble manqué la cible. Les deux meilleurs chansons de The Arsonist sont de loin « My Pain » et la reprise de BRONSKI BEAT « Small Town Boy ». Ce n’est jamais bon signe quand seuls deux titres surnagent dont la reprise pas très ardue d’un hit des années 80.
Oshyrya (5,5/10)
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Napalm Records / 2013
Tracklist (40:56 mn) 01. The Great Pretender 02. I'm Gone 03. Dead City Sleepers 04. The Arsonist 05. Darkness Divine 06. As We Come Undone 07. Hurt 08. The Final Storm 09. Small Town Boy (Bronski Beat-Cover) 10. My Pain
Quasiment sans cesse confronté à des nouveautés pagan/folk dans la veine viking, il est rafraichissant de se plonger dans un autre univers culturel à l’occasion. Grâce en soit rendue à ORPHANED LAND qui nous propose un voyage dans l’Orient mystérieux. Les israéliens jouissent désormais d’une belle réputation sur la scène métal avec la sortie ces dernières années d’albums inspirés. Né en 1991 dans un style death métal, ORPHANED LAND a petit à petit évolué vers quelques choses de plus accessible. Dès le troisième album, Mabool (2004), la musique se fait moins violente que les précédents avec de longs moments calmes. L’imbrication entre les éléments métal et les instruments et mélodies traditionnelles devient de plus en plus étroite. Voici le cinquième album, All Is One, doté d’une pochette hautement symbolique, remplie d’espoir pour le Moyen Orient. Pour finir, signalons aussi un changement de personnel, Chen Balbus s'est joint au groupe pour remplacer Matti Svatitzki.
A l’image d’un « Sapari » irrésistible sur The Never Ending Way Of ORwarriOR ce nouvel album s’ouvre sur un tube métal en puissance, une chanson puissante et super accrocheuse, « All Is One ». Tous les ingrédients savoureux sont là : une super mélodie, la touche orientale, les chœurs, en résumé une énergie folle ! Le chant clair de Kobi Farhi est lumineux, un vrai plaisir. Quelle entrée en matière dites donc… Le groupe va clairement fait le choix de proposer des chansons plus directes et catchy. Les titres sont plus courts, plus ramassés ce qui n’empêchent pas les orchestrations les l’utilisation de sonorités du folklore moyen-orientale. ORPHANED LAND propose des refrains immédiatement mémorisables et d’une rare efficacité. Le passé extrême a pratiquement disparu, seule la chanson « Fail » introduit quelques growls mais cela ne dure que quelques minutes. C’est un peu dommage car les israéliens sont très doués pour cela et cette chanson en particulier me fait presque penser à un THERION pour le côté à la fois sombre et épique. Pour atteindre leurs objectifs, les israéliens n’ont pas hésité à y mettre les moyens. Ils n’ont pas hésité à partager l’enregistrement entre leur pays, la Turquie et la Suède. L’utilisation de 40 musiciens classiques dont vingt-cinq chanteurs fait toute la différence et infuse une belle fraîcheur à cet album. Tout sonne juste et véridique.
Autant je trouvais que The Never Ending Way Of ORwarriOR finissait pas s’essoufler sur la fin autant All Is One tient ses promesses jusqu’à la fin. « Our Own Messiah » l’avant dernière chanson a le potentiel de faire un malheur. Ajoutez cela une production aux petits oignons signée Jens Bogren et vous obtenez pratiquement un sans-faute. Amen
Oshyrya (8,5/10)
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Century Media / 2013
Tracklist (54:25 mn) 01. All Is One 02. The Simple Man 03. Brother 04. Let The Truce Be Known 05. Through Fire And Water 06. Fail 07. Freedom 08. Shama'im 09. Ya Benaye 10. Our Own Messiah 11. Children