A la lecture de la biographie du groupe on peut affirmer qu’HAMMERED prend son temps. Formé en 2001 par Luca Cicuttin et Andrea Grasso, le groupe vient seulement de voir sortir ces jours-ci son premier album. Les multiples changements de line-up et les difficultés pour se faire financer sur le marché italien ne leur avait permis de ne proposer que deux démos en une décennie. La signature avec Punishment 18 Records inaugure une nouvelle ère pour les transalpins.
HAMMERED propose un power métal somme toute assez classique dont les racines sont à chercher parmi les grands anciens du heavy métal. Ajoutez à cela quelques riffs quasi thrash et des rythmiques très rapides et vous obtenez un album sans grande surprise. Les chansons s’enchainent et laissent assez peu de traces. Quelques harmonies de guitares sont assez efficaces et flattent l’oreille. La paire de guitaristes se défend bien et n’hésite pas à démontrer sa solide maitrise technique. La production est un peu brute mais elle s’avère finalement adapté à la violence des débats et ne vient pas gâcher l’écoute de The Begining. Je serais par contre moins compréhensif pour la prestation d’András Császár derrière le micro. Sa prestation déçoit et il rend l’expérience HAMMERED frustrante. Son chant manque de puissance, sa voix est quelconque et il sonne en décalage avec la musique proposée. Un gros point noir pour moi.
Si HAMMERED était un groupe de jeunots enthousiaste sortant un premier album, on pourrait saluer la performance et mettre les faiblesses de l’album sur le compte d’un manque d’expérience. Après dix ans d’existence on pouvait légitimement attendre mieux. Les compositions sont assez plates, elle manquent de caractère et le chanteur ne me semble pas au niveau de ses camarades. Je ne vais pas m’appesantir sur la reprise du « Wait for Sleep » de DREAM THEATER absolument sans intérêt car trop proche de l’original le talent des américains en moins.
Oshyrya (04/10)
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Punishment 18 Records / 2013
Tracklist (47:14 mn) 01. No Time for Us 02. Space Invaders 03. See You in Hell 04. Master of Your Nightmares 05. Money 06. Bloody Fields 07. From Paradise to Hell 08. The Five Hunters 09. Never Dies 10. Wait for Sleep (Dream Theater cover)
Les italiens d’ODD DIMENSION sont de nouveaux entrants sur la scène metal progressive italienne. L’aventure a commencé en 2001 à Alexandrie. Non vous ne prendrez pas en défaut sur ma culture géographique, je parle bien d’Alexandrie, située dans la région du Piémont à environ 75 kilomètres au sud-est de Turin. Nos amis ne sont pas vraiment des perdreaux de l’année puisqu’ils ont déjà à leur actif un EP, A New Dimension, fin 2005 et un premier album, Symmetrical, qui inaugure leur collaboration avec Scarlet Records à partir d’avril 2011. Une grosse expérience scénique a également nourri ce nouvel opus puisque les transalpins ont accompagné RHAPSODY OF FIRE en tournée en Europe.
ODD DIMENSION s’inscrit dans la tradition du métal progressif à l’américaine dans la foulée d’un DREAM THEATER ou encore d’un REDEMPTION. Cet héritage est particulièrement lourd à porter tant ces groupes sont talentueux et marquent de leur empreinte la scène métal prog mondiale. Mais pas timides, les transalpins tentent leur chance avec toute la bonne volonté du monde. Musicalement, The Last Embrace To Humanity tient la route, le niveau technique affiché est assez impressionnant et ODD DIMENSION n’hésite pas à complexité ses chansons pour répondre au cahier des charges du genre. Les ambiances, les rythmes et les mélodies sont assez variées et ne font pas pâle figure face à la concurrence. Malgré toute la bonne volonté du groupe, les titres manquent quand même souvent d’attrait, de caractère et peinent parfois à convaincre. Le chant de Manuel Candiotto ne me parait pas non plus exempt de toute reproche, son registre manque de conviction et de variété. Il va falloir être patient pour découvrir à chaque écoute des subtilités ici et là, l’album ne se laisse pas apprivoiser facilement. Mentionnons au passage la présence de Michele Luppi (VISION DIVINE, SECRET SPHERE, THAUROROD) en guest sur le titre « 'It's So Late ».
Ce second album d’ODD DIMENSION s’avère être une bonne surprise et il est rafraichissant de constater que les italiens savent aussi sortir du carcan speed métal ou métal symphonique. Les italiens ont sérieusement bossé et peuvent être fiers de leur travail et de cet album. Il manque encore le petit plus qui fait la différence avec les meilleurs mais le potentiel est intéressant.
Oshyrya (07/10)
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Scarlet Records / 2013
Tracklist (49:20 mn) 01. The Unknown King 02. Under My Creed 03. Dissolving Into the Void 04. It's So Late 05. Another Time 06. Fortune and Pain 07. The New Line of Times 08. Far From Desire
Sans faire de bruit, un nouvel album, Memorial Records enchainent les sorties et nous présente le premier album des italiens de THE CIRCLE ENDS HERE. Originaires d’Udine dans le nord-est de l’Italie, le groupe né en 2010 autour de cinq passionnés. Ils font rapidement leurs premières armes sur les scènes locales et proposent un premier EP, Where Time Leaves The Rest, en 2011. Armés de ce disques sous le bras, les transalpins multiplient les concerts et réussissent quelques jolis coups en assurant la premières partie de groupes comme THE DILLINGER ESCAPE PLAN ou THE OCEAN. Les voici qui reviennent avec un tout premier album titré The Division Ahead.
Si on devait ranger le groupe dans une catégorie, le plus simple serait de parler de la scène post-rock/post-métal. Pour être plus clair, la musique est puissante, foncièrement lourde et puissante et se dévoile progressivement à coup de riffs mordant. L’atmosphère générale est assez angoissante et on évolue dans cet album comme dans un marécage froid et hostile. Cela me rappelle Vertikal, le dernier CULT OF LUNA. Les italiens font la preuve d’un vrai talent pour tisser des ambiances glaciales et pesantes. Le chant hurlé, très anxiogène de Johnny Lonack n’arrange rien à l’humeur générale franchement maussade. On pourrait presque parler de sludge tant le propos est parfois écrasant. Pour les plus dépressifs d’entre nous, les différentes compositions s’enchainent naturellement et surtout le disque a la bonne idée d’être très varié. Certains titres plus calmes cassent le rythme et laisse le temps à l’auditeur de souffler. « Porcelain » et « Frail » en sont de bons exemples alors que « Nescience » et « Rift » tabassent sévères. Le chant hurlé et particulièrement désespéré fini par rapidement me lasser mais je dois bien avouer que l’effet est saisissant.
The Division Ahead s’avère être un album solide et inspiré. Sans réellement innover, les italiens de THE CIRCLE ENDS HERE parviennent à confirmer tout le bien que l’on pensait d’eux après un premier EP prometteur. Et l’aventure continue sous de bons auspices puisque le groupe vient de s’embarquer dans une tournée en Europe de l’Est.
Oshyrya (7,5/10)
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Memorial Records / 2013
Tracklist (49:46 mn) 01. Remiss 02. Rift 03. Porcelain 04. Frail 05. Transcend 06. Nescience 07. Lakes 08. Monument