
Bon alors à l’époque j’avais huit ans et ma seule obsession devait être de mettre la pâté à mon pote à Duck Hunt sur NES. Par contre je n’ai aucun souvenir du film l’Aigle de fer, un nanar sui surfait sur la vague engendrée par Top Gun sorti lui aussi en 1986. Il faut dire que le scénario n’a pas l’air boulversifiant : Ted Masters, un pilote américain est abattu lors d'une mission au Moyen-Orient. Son fils Doug, aidé d'un vétéran de l'US Air Force monte une opération secrète pour le délivrer. Par contre la musique du film apparait être, à posteriori, beaucoup plus intéressante. Elle a fait connaître au grand public un groupe AOR très prometteur à l’époque ADRENALIN.
ADRENALIN est un groupe de rock américain originaire de Détroit. Ils sont sorti un EP, Don't Be Looking Back en 1983 et deux albums, American Heart (1984) et Road of the Gypsy (1986), tous les deux produits par Vini Poncia (KISS). Les deux albums étant publiés par une major, MCA, on aurait pu croire que l’avenir serait radieux pour ADRENALIN. Et pourtant ce fut tout le contraire. Il n’y a quasiment pas eu de promotion pour Road Of The Gypsy et Marc Gilbert, le chanteur, fini par quitter le groupe. Le groupe change de nom pour DC DRIVE et disparait définitivement en 1993. Mais grâce au travail d’archéologues de Yesterrock, nous pouvons redécouvrir cette perle AOR 26 ans plus tard.
Cet album s’ouvre sur la chanson éponyme qui fait partie de la BO du film l’Aigle de Fer. Et d’emblée et il est difficile de ne pas tomber sous le charme et le talent d’ADRENALIN. Le retour au son des années 80 est assez délicieux et les musiciens étaient alors au top de leur créativité. Les mélodies sont superbes, finement ciselées pour avoir le maximum d’impact. La voix de Marc Gilbert est elle aussi magique, très expressive et avec un timbre assez proche parfois d’un Steve Perry (ex-JOURNEY). Les compositions sont assez simples mais toujours fraîches et efficaces. Très ancrée dans son époque, cette musique n’a pas trop mal vieillie et le son se tient bien malgré les années. Comme bien d’autres, ADRENALIN avait le chic pour écrire des chansons enthousiasmantes à même de passer sur les ondes radios outre-Atlantique. Les refrains s’impriment naturellement dans la tête et il est difficile de ne pas fredonner sans sens la mélodie après quelques écoutes. L’utilisation d’un saxophone est très agréable et rafraichissante.
Beaucoup diront que cet album est daté et évoque une époque révolue depuis longtemps. C’est vrai mais en même temps quel plaisir de revivre quelques instants des années 80 à travers la musique d’ADRENALIN. Cette madeleine est très agréable et rend hommage, un quart de siècle plus tard au talent méconnu des américains. Si l’Aigle de fer avait eu le même succès au box-office que Top Gun, ADRENALIN aurait pu faire un malheur. Le destin ne tient souvent pas à grand-chose.
Oshyrya (08/10)
Yesterrock – Universal – GerMusica / 2012
Tracklist (38:34 mn) 01. Road Of The Gypsy 02. Northern Shores 03. Broken Hearted Bound 04. Summer Nights 05. Faraway Eyes 06. The Kid's Got A Will To Live 07. The Pressure's On 08. Michael 09. Photograph (Time Passes On)

Sans trop savoir pourquoi, je sens que cette après-midi avec les italiens d’EVERSIN va être assez longue. Et une première écoute confirme que je n’ai pas tiré le haut du panier et que le tube d’Efferalgan posé à côté de mon bureau va y passer. Le groupe est né eu début des années 2000 sous le nom de FVOCO FATVO. Trois albums sont sortis sous ce nom-là. En 2010, ils signent un contrat d’exclusivité avec Alkemist Fanatix Europe, un agence de management et change leur nom en EVERSIN. De cette nouvelle entité nait un quatrième album, Divina Distopia en 2010 puis un cinquième cette année, Tears On The Face Of God.
Les transalpins annoncent d’entrée la couleur en présenant leur musique comme le son de la guerre. Un beau programme en perspective. Et effectivement on ne peut pas leur enlever un certain talent pour « agresser » l’auditeur via une musique très agressive et tranchante. La guitare mène les débats et enchaine salves sur salves. Le premier titre « For The Glory Of Men », un instrumental, n’est pas désagréable et pose de solides bases au niveau technique. Les choses se gâtent par la suite avec le début du chant. Franchement la performance d’Angelo Ferrante me casse les oreilles du début à la fin. Il en fait des tonnes et le soufflé retombe assez rapidement. A travers cette moulinette, les compositions tournent rapidement en rond, cela gâche franchement le plaisir. La guitare a parfois quelques fulgurances qui sauvent les meubles mais Tears On The Face Of God sonne quand même bien poussif. EVERSIN a souhaité mélanger puissance et technique, une musique à la fois violente et épique mais la mayonnaise ne prend pas. La présence de Tony “Demolition Man“ Dolan (ATOMKRAFT, VENOM, MPIRE of EVIL) au chant sur un titre apporte un léger mieux mais sans jamais vraiment convaincre. Le son de la batterie est très brut et la production en général est assez décevante.
Finalement, je me demande si EVERSIN n’aurait pas mieux fait de proposer un album instrumental à même de faire émerger les qualité techniques et de composition des italiens. Ici le chant n’est pas à la hauteur, Ferrante s’égosille plus qu’il ne chante (« Nuclear Winter » ou « Under The Ocean ») alors que derrière c’est souvent pas trop mal. Difficile de percevoir le vrai potentiel d’EVERSIN dans ces conditions…
Oshyrya (05/10)
FaceBook Officiel
My Kingdom Music / 2012
Tracklist (45:41 mn) 01. For The Glory Of Men 02. Prophet Of Peace 03. Nightblaster 04. Tears On The Face Of God 05. Nuclear Winter 06. Death Inc. 07. The Tale Of A Dying Soldier 08. Under The Ocean

SECRET SPHERE est un groupe de power métal symphonique italien né en 1997 de l’initiative du guitariste Aldo Lonobile. Après quinze ans de carrière, il ne reste plus grand-chose du groupe original à part Lonobile et Andy Buratto à la basse. De clone inspiré de RHAPSODY sur les deux premiers albums, les transalpins ont su petit à petit évoluer et développer leur son tout en réussissant à maintenir un bon niveau d’ensemble. Les deux derniers opus en sont la preuve avec un très bon Sweet Blood Theory en 2008 (chronique ici) et un Archetype agréable en 2010 (chronique ici). La question du chanteur a enfin été reglé avec le départ de Roberto « Ramon » Messina au profit d’un chanteur déjà bien connu dans le landerneau métal italien, Michele Luppi (ex-VISION DIVINE, THAUROROD). Inspiré par des groupes comme SAVATAGE ou encore QUEENSRYCHE, SECRET SPHERE s’est lancé le défi, pour ce septième opus, de proposer un album concept complexe et inspiré. Cet album est construit à partir d’une nouvelle spécialement écrite par Costanza Colombo à la demande de Lonobile.
Portrait of a Dying Heart débute par un long instrumental chargé d’immerger l’auditeur dans l’univers du groupe. Très mélodique, ce premier contact est positif. SECRET SPHERE n’a pas hésité à multiplier dès le début les ambitions, les mélodies et les rythmes. Ils font immédiatement étalage de leur talent et de leur maitrise technique. Pour preuve, quelques passages ici et là me rappelle la face la plus progressive d’un DREAM THEATER… La suite est un peu plus classique et attendue avec un power métal tranchant et franchement efficace. Concept oblige, le côté « visuel » de la musique a été développé pour Portrait of a Dying Heart et les transalpins ont su habilement ajouter chœurs et orchestrations. La résultat est assez enthousiasmant, massif et équilibré. Autant l’album précédent, Archetype, avait manqué de construction et sonnait parfois un peu patchwork autant cette fois il faut saluer le travail de cohérence réalisé. Michele Luppi offre une bonne performance même si il me semble que SECRET SPHERE n’a pas forcément gagné au change après le départ de Messina. Pour la tournée qu’ils avaient partagé avec GAMMA RAY, ils s’étaient adjoint les services d’un Alessandro Conti (RHAPSODY) déjà pétri de talent. Dommage qu’ils n’aient pas pu/su le conserver.
Sans être follement original, SECRET SPHERE a su, avec Portrait of a Dying Heart, intelligemment mélanger tradition et modernité au niveau des sonorités et des orchestrations. Ils ont également su faire cohabiter des compositions classiques et d’autres très ambitieuses et plus complexes au sein d’un même album sans que l’ensemble n’en pâtissent. Sans atteindre les sommets de leurs modèles, les italiens ont compléter le travail attendu, un album à même de plaire au plus grand nombre.
Oshyrya (08/10)
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Scarlet Records / 2012
Tracklist (52:22 mn) : 01. Portrait Of A Dying Heart 02. X 03. Wish & Steadiness 04. Union 05. The Fall 06. Healing 07. Lie To Me 08. Secrets Fear 09. The Rising Of Love 10. Eternity