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Delain – We Are the Others

Le troisième album, We Are the Others, des néerlandais de DELAIN semble enfin être celui de l’épanouissement. Après l’heureuse surprise de Lucidity (ou pas selon certains cf ici) en 2005 et la confirmation du potentiel avec April Rain, ils semblent enfin sortir de l’ombre du grand frère WITHIN TEMPTATION. Il faut également bien avouer qu’ils sont bien aidés en cela par le coup de mou de leurs compatriotes qui se sont bien pris les pieds dans le tapis via un The Unforgiving très moyen.

DELAIN a souhaité mettre tous les atouts de son côté en travaillant avec Jacob Hellner (RAMMSTEIN, APOCALYPTICA) qui semble avoir réussi à extraire toute la créativité dont les bataves était capable. La majorité des compositions de l’album sont très accrocheuses sans s’éloigner des rivages connus. Les fans seront comblés. Les mélodies sont très belles et les nombreuses interventions des claviers apportent une emphase très agréable. Les guitares ne sont pas en reste et savent être très agressives comme sur le riff d’introduction de « Mother Machine ». DELAIN conserve cette dimension assez sombre, presque gothique dans sa musique. Charlotte Wessels éclabousse à nouveau de sa classe tout l’album. Elle parvient à exprimer beaucoup d’émotions et il est difficile de ne pas tomber sous le charme.

Le disque contient son lot de hit en puissance avec « Get the Devil Out of Me », « We Are the Others » ou encore « Milk and Honey ». On regrettera quand même que les chansons finissent par se ressembler et évoque des compositions des précédents opus. « We are the Others » présente beaucoup trop de similitudes avec un « April Rain » par exemple. Certains me diront qu’il s’agit là de la marque de fabrique de DELAIN mais le groupe aura besoin de se renouveler pour survivre. Siganlons « Where is the Blood », un titre chanté en duo avec Burton C. Bell de FEAR FACTORY. Mélange étonnant tant les univers des deux groupes sont différents mais finalement le résultat est convaincant et impulse une dose supplémentaire d’énergie dans cet album. Par contre cela rappelle étrangement un « What Have You Done » des WITHIN TEMPTATION.

Je ne me pardonnerai pas de conclure cette chronique sans dire un mot sur le superbe artwork de l’album. Ce magnifique dessin est l’œuvre de Glenn Arthur (www.glennarthurart.com), un artiste bourré de talent, et donne vraiment envie d’écouter l’album. Je pourrais passer des heures à regarder cette pochette qui fourmille de très nombreux détails.

Avec We are the Others, DELAIN confirme tout le bien que nous avions pensé d’April Rain. Le groupe poursuit sur sa lancée et enfonce le clou avec l’aide d’un producteur de renom. Attention quand même car les bataves commencent très progressivement à tourner en rond et à exploiter encore et encore les mêmes recettes. Cela passe cette fois-ci mais ils feraient bien d’y faire attention sous peine de suivre le destin de WITHIN TEMPTATION. Ils sont prévenus…

Oshyrya [7,5/10]

 

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Roadrunner Records / 2012

Tracklist (47:49 mn): 01. Mother Machine 02. Electricity 03. We Are The Others 04. Milk and Honey 05. Hit Me With Your Best Shot 06. I Want You 07. Where Is The Blood (feat. Burton C. Bell) 08. Generation Me 09. Babylon 10. Are You Done With Me 11. Get The Devil Out Of Me 12. Not Enough

Liv Kristine – Libertine

Pour ne rien vous cacher, je vois arriver ce nouvel album solo de LIV KRISTINE avec un mélange de d’excitation et d’angoisse. Il faut bien dire, et cela me déchire el cœur de l’avouer, que notre chanteuse norvégienne préférée n’a pas fait que des étincelles en solo, les compositions alternant entre le très moyen et le franchement naze. Mais bon, il faut faire avec et garder un esprit très ouvert. N’oublions surtout pas que ce disque s’adresse plus particulièrement au marché allemand. Il va falloir plaire à la ménagère teutonne qui aime le rock mais pas trop. En tout cas c’est l’objectif que l’on peut lire entre les lignes quand le label met joyeusement en avant que notre amie a chanté les chansons titres des séries Tatort et Schimanski. Oui je sais, certains ont vu leur carrière s’effondrer en France pour moins que cela. Mais oublions ces pensées impures pour nous concentrer sur le quatrième album solo de la norvégienne, Libertine.

Ah je vous rassure toute de suite, cet album est garanti sans Mylène Farmer dedans. Nous avons échappé au pire et la majorité des chansons prennent plutôt une orientation rock assez bienvenue. Il va falloir être courageux car la première écoute ne laisse pas un sentiment très positif, il faut savoir persévérer pour profiter des charmes de cet album. Autant Skintight offrait des mélodies douces et légères autant Libertine a durci le ton et le tempo. Les comparaisons sont hasardeuses mais les mélodies à la guitare, l’omniprésence de la basse, bref le feeling très rock des compositions comme « Libertine » pourrait évoquer (NDLR: avec 3g d'alcool dans le sang) SKUNK ANANSIE par exemple. Parfois, nous ne sommes pas loin non plus d’un LEAVES EYES et certaines parties évoquent également le passé gothique de la belle. Son attrait pour la France se confirme à nouveau à travers le titre « Paris Paris » et ces quelques mots prononcés dans la langue de Molière. Sur « Vanilla Skin Delight », LIV KRISTINE partage le micro avec Tobias Regner. Moi non plus je ne sais pas qui c’est mais il s’avère que cet « artiste » a remporté la version allemande de A la Recherche de la Nouvelle Star (NDLR: c’est sûr cela change de Nick Holmes…) . Voilà voilà. Sinon l’album a, comme d’habitude, été enregistré au Mastersound Studio avec Alexander Krull derrière les manettes.

LIV KRISTINE tente le pari audacieux de faire cohabiter deux carrières en parallèle. Pour les métalleux elle s’épanouit avec son groupe LEAVES’EYES et pour le grand public allemand elle propose régulièrement des albums solos beaucoup plus accessibles, à même de passer dans les radios généralistes et de plaire au grand public. Pas sûr que les deux publics soient compatibles tant les univers semblent différents. Cet album ne manque pas de qualités mais ne devrait pas remporter beaucoup de suffrages ici.

Oshyrya [6,5/10]

 

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Napalm Records / 2012

Tracklist (40:56 mn): 01. Interlude 02. Solve Me 03. Silence 04. Vanilla Skin Delight 05. Panic 06. Paris Paris 07. Wait for Rain 08. Love Crime 09. Libertine 10. Meet Me in the Red Sky 11. The Man with the Child in His Eyes

The Graviators – Evil Deeds

Alors que l’avenir des parrains du genre, BLACK SABBATH, semble compromis par la maladie des uns et les conflits d’intérêts des autres, la flamme d’un hard rock aux accents doom et stoner typique des années 70 reste vaillante grâce à de nombreux groupes à travers le monde. La Scandinavie en particulier semble être un terreau fertile pour le développement de ce mouvement. Un des derniers rejetons de la scène suédoise s’appelle THE GRAVIATORS. La légende veut que le groupe soit né en 2009 au fin fond d’une forêt dans le sud de la Suède. En décembre 2009, un premier album, éponyme, sort chez Transubstans suivi deux ans plus tard d’un split vinyle avec le groupe BRUTUS. Ils tapent alors dans l’œil des autrichiens de Napalm Records qui les signe pour un deuxième album que voici, Evil Deeds.

Rien qu’à voir la belle pochette proposée et à l’écoute des premières mesures de « Soulstealer », l’auditeur sait que THE GRAVIATORS va lui proposer un voyage dans le passé, pour revivre les plus belles heures de SABBATH et autres PENTAGRAM. Tout ici sent bon la nostalgie et le mimétisme avec les groupes pré-cités est assez impressionnant. On retrouve les mêmes rythmiques syncopées, une basse lancinante et une batterie omniprésente. La recette initiée par les grands anciens a été respectée à la lettre dans ses moindres détails. Un gros travail a été également réalisé au niveau du son pour lui donner la patine des disques de l’époque, l’analogique a été préféré au numérique lors des sessions d’enregistrement… Quelques titres ressortent du lot pour le feeling dégagé et l’efficacité des riffs. On citera par exemple « Soulsteal » ou encore « Häxagram ».

On peut prendre du plaisir à l’écoute d'Evil Deeds mais, une fois passé le côté nostalgique, on se retrouve avec un album pas original pour un sou et qui n’a pas le charme de ses modèles. Le hard rock des années 70 est à la base de notre musique favorite mais reproduire jusqu’à l’écœurement des recettes vieilles de plus de 40 ans me semble être assez stérile. Je vous laisse méditer cette phrase de Pierre Desproges « La nostalgie, c’est comme les coups de soleil: ça fait pas mal pendant, ça fait mal le soir ».

Oshyrya [6,5/10]

 

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Napalm Records / 2012

Tracklist (44:07 mn): 01. Soulstealer 02. Evil Deeds 03. Morning Star 04. The Great Deception 05. Feelin´Low 06. Häxagram 07. Presence 08. A Different Moon 09. Forlorn 10. The Infidel