
Psalms for the Dead vient à peine de sortir qu'il représente déjà un témoignage du passé pour CANDLEMASS. Tout d’abord, le groupe annoncé qu’il s’agissait là de son dernier album studio mais qu’ils continueraient à écumer les scènes du monde entier. Et cerise sur le gâteau, quelques jours avant le sortir de cet album, le groupe précise s’être séparé de son chanteur depuis 2006, Robert Lowe (SOLITUDE AETURNUS), pour son manque de performances en concert. Le mercenaire de toujours, Mats Levén (KRUX, MALMSTEEN) le remplace. Par contre c’est bien Lowe qui officie ici. Les suédois ont quand même une drôle de façon d’envisager l’avenir.
Ce n’est pas après 28 ans de carrière et pour son dernier album que CANDLEMASS va tourner sa veste et nous proposer autre chose qu’un doom lourd et déprimant… Un titre comme « The Sound Of Dying Demons » en est le parfait exemple avec son riff d’introduction que ne renierait pas BLACK SABBATH, son rythme lancinant, des nappes de claviers très 70s et le chant très expressif de Lowe. Malgré l’étiquette doom, la musique proposée reste accessible et le groupe n’hésite pas à proposer des chansons rapides, très attrayantes et catchy comme « Dancing In The Temple (Of The Mad Queen Bee) » ou encore « Prophet ». Les refrains sont très soignés et il est difficile de ne pas siffloter immédiatement le thème principal. Psalms for the Dead est un album sur la présence ou l’absence de temps, sur les départs, les aux revoirs et les adieux. Comme pour boucler la boucle, CANDLEMASS rend hommage, tout au long du disque, à ses modèles et influences que ce soit RAINBOW, DEEP PURPLE, ANGELWITCH ou encore PENTAGRAM. De même, Leif Edling salue le « Black Widow » d’ALICE COOPER sur « Black As Time ». Tout est là, la narration d’introduction, l’atmosphère oppressante, le côté très théâtral, le tout mixé à la sauce CANDLEMASS. C’est assez étrange de constater cela puisqu’il n’est désormais plus en poste mais Robert Lowe offre une très belle prestation, son chant est puissant et il communique beaucoup d’émotions. Mais peut-être n’était-il pas capable de reproduire cette performance sur scène…
Avec Psalms for the Dead, CANDLEMASS ait voulu rappeler à tous l’étendue de son talent et sa capacité à varier les genres et les rythmes. Ils peuvent sonner très modernes où se positionner comme les héritiers des grands anciens. Le disque fait parfois un peu patchwork et perd en homogénéité mais cela reste tout à fait pardonnable face à la qualité des chansons proposées. L’album apparait être un condensé de la carrière des suédois, une très belle carte de visite à même d’encourager les gens à venir les voir live années après années. CANDLEMASS n’a pas choisi la facilité en virant son chanteur mais cela annonce peut-être, à moyen terme, le retour de « Messiah » Marcolin. Affaire à suivre…
Oshyrya [08/10]
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Napalm Records / 2012
Tracklist (50:08 mn) 01. Prophet 02. The Sound Of Dying Demons 03. Dancing In The Temple (Of The Mad Queen Bee) 04. Waterwitch 05. The Lights Of Thebe 06. Psalms For The Dead 07. The Killing Of The Sun 08. Siren Song 09. Black As Time

Comment générer l’hostilité de 80 % de la communauté métal en deux mots ? LINKIN PARK. Sans que je ne comprenne encore complètement pourquoi, ce groupe semble cristalliser le ressentiment de biens des métalleux. Il suffit de lire les commentaires assassins sur Blabbermouth par exemple pour se rendre compte du phénomène. Déjà, l’album précédent avait créé la polémique et divisé profondément. Notre rédaction n’y a d’ailleurs pas échappé, c’est un euphémisme de dire que certains n’ont pas apprécié (cf la chronique ici). Patate développait de nombreux arguments recevables et pourtant j’ai été séduit par A Thousand Suns qui m’a scotché avec ces compositions comme « Waiting For the End » ou « The Catalyst ».
Tout le monde le sait désormais, LINKIN PARK ne fait plus vraiment du métal mais plutôt un rock alternatif très très fortement orienté électro. Les puristes vont hurler, le groupe est effectivement désormais assez loin des riffs tranchants, des rythmiques plombées et du chant agressif d’un Hybrid Theory. Mais franchement, quand je vous l’état de la scène Nu-métal, je me dis que les américains ont eu cent fois raison d’évoluer vers autre chose. LIMP BIZKIT s’auto-parodie lui-même, KORN n’en fini pas de dépérir et les autres ont disparu des écrans radars. Pour être honnête, seul DEFTONES semble avoir encore un avenir. Et LINKIN PARK a su conserver les qualités qui ont fait sa force auparavant : des mélodies ultra accrocheuses, des refrains efficaces au possible et une énergie enthousiasmante. Joe Hahn (platines, effets) a pris l’ascendant sur Brad Delson (guitares) mais le mélange reste tout aussi savoureux.
Living Things est un album très solide, beaucoup trop court et pas exempt de défauts, mais j’ai pris mon pied en l’écoutant. Le premier single « Burn It Down » fait mouche et il reste gravé dans ma tête. C’est la même chose pour « Lost in the Echo » ou encore « I’ll Be Gone ». Nous sommes parfois plus proche d’un PRODIGY ou insulte suprême, d’un SKRILLEX. Franchement quelle claque ! A l’écoute d’un « Victimized » on se dit que LINKIN PARK n’a rien perdu de sa rage mais il l’exprime différemment, avec talent. La paire Bennington et Shinoda fait encore des merveilles et illumine avec classe tout l’album.
Il me semble assez triste de brûler aujourd’hui les idoles d’hier. La vague néo est passée et semble désormais vouée aux gémonies. Tout le monde ne jure plus que par cette vague deathcore sans grand intérêt. Plutôt que de disparaître, LINKIN PARK a choisi d’évoluer quitte à laisser une grande partie de son public au bord de la route. Certains diront suicidaire, d’autre courageux mais personnellement j’adhère 100 % à cette démarche.
Oshyrya [8,5/10]
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Warner Bros / 2012
Tracklist (37:04 mn): 01. Lost In The Echo 02. In My Remains 03. Burn It Down 04. Lies Greed Misery 05. I'll Be Gone 06. Castle Of Glass 07. Victimized 08. Roads Untraveled 09. Skin To Bone 10. Until It Breaks 11. Tinfoil 12. Powerless
A l’entame de la rédaction de cette chronique, je suis pour le moins perplexe. J’hésite, ne sachant pas trop à quel saint me vouer. KATATONIA enfonce le clou et confirme plus que jamais son virage vers des cieux toujours aussi troublés et déprimant mais beaucoup moins violent dans leur forme. La parenté avec Watershed d’OPETH par exemple est assez évidente dans l’esprit. Et mon désarroi vient de la ressemblance de Dead End Kings avec son génial prédécesseur Night is the New Day. Faut-il, comme le label, saluer la continuité ou se désoler de ce manque d’ambition et d’inspiration ?
Le grand changement notable pour KATATONIA se situe au niveau du groupe lui-même. Pour ce neuvième opus, Nystrom et Renkse se sont entourés de nouveaux camarades avec l’arrivée du guitariste Per Eriksson et du bassiste Niklas Sandin. Pour le reste, on prend les mêmes et on recommence avec la collaboration de Frank Default qui enrichit avec talents les compositions du groupe de samples à même d’approfondir les ambiances. Car on ne peut que louer le talent des suédois pour offrir des mélodies envoûtantes capables de transmettre énormément d’émotions. La mélancolie du chant de Renkse est poignante et ne peut laisser insensible l’auditeur. Sa maîtrise est impressionnante. A l’image d’un « Forsaker » sur le précédent album, KATATONIA fait preuve d’un immense talent sur « The Parting » ou encore « Dead Letters ». Mais ces deux superbes compositions sont un un l’arbre qui cache la fôret. Sans jamais tomber dans l’insipide, les autres chansons oscille entre l’agréable et le très moyen sans jamais réussir à susciter l’enthousiasme. La présence de Silje Wergeland de THE GATHERING sur « One You Are Looking for is Not Here » est également un des points culminants du disque. Les deux voix se marrie à merveille et apporte une touche de douceur dans l’univers particulièrement déprimant des suédois.
Même s’il n’est pas présenté comme cela, il m’apparait que Night is the New Day et Dead End Kings sont les deux faces d’une même pièce et ces deux albums explorent des horizons assez semblables. C’est un peu triste car en prenant le meilleur de chacun d’eux, nous aurions obtenu un album homogène et absolument fabuleux. Nystrom et Renkse ont un talent fou c’est évident mais avec Dead End Kings, ils semblent s’être contentés de reproduire les recettes du passé. Attention à la crise de foie.
Oshyrya [07/10]
Site Officiel: http://katatonia.com/ & http://deadendkings.com/
Myspace Officiel
Peaceville / 2012
Tracklist (48:46 mn): 01. The Parting 02. The One You Are Looking for is Not Here (with Silje Wergeland) 03. Hypnone 04. The Racing Heart 05. Buildings 06. Leech 07. Ambitions 08. Undo You 09. Lethean 10. First Prayer 11. Dead Letters