
STORM CORROSION où la rencontre tant de fois annoncée et repoussée entre deux géants de scène progressive. A ma droite, Mikael Akerfeldt (actuel chanteur guitariste d'OPETH) et à ma gauche Steven Wilson (chanteur/guitariste du groupe PORCUPINE TREE. Le duo a été formé en 2011 au Royaume-Uni et propose un premier album simplement intitulé Storm Corrosion. Ce genre de projet peut vraiment accoucher du meilleur comme du pire. Les deux hommes ont des backgrounds et des univers assez éloignés ce qui donne une saveur particulière à cet album.
Tout d’abord, il serait présomptueux de qualifier la musique proposée ici de métal, même progressif. Cela reste très calme, pas de riffs acérés ou de rythmique pachydermique ici. Tout est construit autour de subtiles ambiances. Wilson n’a jamais fait dans le trait bourrin et pour Akerfeldt il faut plutôt y voir une continuité avec un Damnation ou le récent Heritage d’OPETH pour le côté psychédélique. Nous avons affaire ici à de l’horlogerie de précision où le moindre élément est longuement calculé, soupesé pour ne pas déséquilibrer l’ensemble. Le travail accompli est d’ailleurs assez impressionnant.
Les atmosphères sont finement ciselées pour offrir à l’auditeur un voyage étonnant. Je me suis immergé avec plaisir et volupté dans cette vague progressive, me laissant porter pour les ambiances, les sonorités vers des horizons inconnus. Nous connaissions le talent individuel des deux artistes mais la fusion de leurs univers se fait avec grâce et naturel. Ils alternent le chant et restent toujours dans la retenue. L’auditeur émerge de ces 48 minutes de musique dans un état d’esprit étrange, comme éveillé d’un songe étrange et désarmant. Finalement, on cherche du sens à tout cela alors qu’il ne s’agit que d’émotions.
La comparaison avec le récent Not the Weapon but the Hand du duo Steve Hogarth et Richard Barbieri (chronique ici) est assez évidente. A chaque fois la qualité est au rendez-vous et on comprend qu’il s’agit là d’êtres d’exception capables d’extérioriser une sensibilité à fleur de peau. Ces 4 grands noms nous offrent deux pépites admirables qui seront la bande son idéale des chaudes journées d’été à venir. Que du bonheur !
[8,5/10] Oshyrya
Site Officiel: http://stormcorrosion.com/
MySpace Officiel: ***
FaceBook Officiel: http://www.facebook.com/pages/Storm-Corrosion
2012, Roadrunner Records
Tracklist (47:52 mn) 01. Drag Ropes 02. Storm Corrosion 03. Hag 04. Happy 05. Lock Howl 06. Ljudet Innan
Après bien des péripéties, voici enfin le sixième album de SABATON. Il est amusant de noter que le précédent opus, Coat of Arms, avait généré un beau débat à l’époque au sein de la rédaction de Métal Chroniques. Notre camarade Clayman avait décortiqué (chronique ici) avec talent l’album et avait fait un constat implacable, SABATON tournait en rond et commençait cruellement à manquer d’inspiration. Ces arguments étaient incontestables et pourtant Coat of Arms avait su, à l’époque, toucher une corde sensible de mon petit cœur de métalleux et j’avais pris mon pied à l’écoute de ces brûlots heavy métal. Le cœur a des raisons que la raison ignore…
Rebelote pour ce Carolus Rex, le même débat risque de faire rage parmi les fans. Cet album était d’autant plus attendu au tournant que les suédois s’étaient fortement compliqué la tâche en changeant 3/5ème du line-up en mars dernier. Les piliers Joakim Brodén et Pär Sundström restaient bien aux commandes du navire mais nombreux étaient ceux qui craignaient que SABATON n’aille se fracasser sur les récifs avec ce nouvel opus.
Les premières notes de Carolus Rex sont assez rassurantes de ce côté-là. La recette n’a pas variée d’un iota, un enchainement de compositions power métal larger than life destinées à tout détruire sur son passage. On revient alors aux critiques formulées précédemment. Si vous espérez des déflagrations digne d’Art of War, vous risquez d’être un peu déçu. Chaque composition est millimétrée, finement ciselée pour faire battre le cœur du fan mais le goût final reste invariablement le même. Les ressemblances avec Coat of Arms sont flagrantes, les sonorités sont les mêmes, la structure des chansons évoluent très peu. Bien sûr Brodén continue à éclabousser de sa classe avec un chant maitrisé de bout en bout tout au long de Carolus Rex. J’ai pris mon pied à l’écoute d’un « The Lion From the North » ou d’un « Carolus Rex » mais je me suis aussi ennuyé à l’écoute de chansons plus quelconques comme « A Lifetime of War » ou « Poltava ». Pour être honnête, nous ne pouvons que regretter le confort dans lequel semble se complaire les suédois. Carolus Rex est un album soigné, la production est excellente mais il lui manque un petit supplément d’âme pour vraiment emporter le morceau. Titre après titre, un sentiment de lassitude s’installe implacablement et gâche un peu notre plaisir.
Pour parler en termes de stratégie militaire si chère aux yeux de Joakim Brodén, SABATON est une division blindée d’une effrayante efficacité, auréolée de nombreuses victoires, mais qui, à force de n’appliquer qu’une seule et même stratégie sur le champ de bataille va finir par se faire annihiler par plus malin qu’elle (c’était ma petite digression World of Tanks).
Oshyrya (07/10)
Site Officiel: http://www.sabaton.net/
MySpace Officiel: http://www.myspace.com/sabaton
Nuclear Blast / 2012
Tracklist (47:52 mn) 01. Dominium Maris Baltici 02. The Lion From the North 03. Gott Mit Uns 04. A Lifetime of War 05. 1 6 4 8 06. The Carolean's Prayer 07. Carolus Rex 08. Killing Ground 09. Poltava 10 Long Live the King 11 Ruina Imperii

Cela vient du fond du cœur mais quel plaisir d’avoir dans les mains un nouvel album d’Oliver Hartmann. A moins que vous ne soyez allergique à toutes la scène métal mélodique, vous connaissez ce nom. Hartmann apparait sur un nombre incalculable d’albums depuis la fin des années 90. Il a connu son heure de gloire en co-fondant (avec Olaf Lenk) le groupe AT VANCE et en multipliant les apparitions, entre autres, dans des albums de FREEDOM CALL, EDGUY, RHAPSODY, AINA, GENIUS et AVANTASIA. Guitariste de formation, il impressionne surtout par son talent de chanteur et de compositeur. Croisons les doigts pour que ce quatrième album solo face à nouveau éclater le grand talent d’Oliver Hartmann.
On est loin ici des albums extrêmement ambitieux comme les projets évoqués ci-dessus. En solo, le teuton et ses compagnons proposent un métal mélodique accessible, très mélodique. Les rivages AOR/Hard FM ne sont souvent pas très loin. L’accent est mis sur l’émotion et la simplicité. On se re fait pas et on sent bien que les membres d’HARTMANN se font plaisir à travers des pépites rock comme un « All My Life » enthousiasmant ou un « You Are the One » enlevé. Les pastilles sucrées se succèdent et apportent du plaisir à l’auditeur. La voix du chanteur allemand continue de faire des merveilles et il éclabousse de sa classe la grande majorité de ces compositions. Sa palette vocale est assez large et il sait alterner avec bonheur une voix chaude et suave et un chant rock puissant. Ne cherchez pas la nouvelle sensation, la grande originalité, tout est ici très classique mais c’est bien, très bien fait et on ne voit pas le temps passer. La production a été mitonnée aux petits oignons et rend hommage à ces chansons. La reprise de « Shout » le tube des britanniques de TEARS for FEARS est amusant mais n’apporte pas grand-chose. HARTMANN aura au moins essayé de varier les plaisir et de rendre cette chanson plus contemporaine, plus rock.
Ne vous fiez pas à cette pochette énigmatique, Oliver Hartmann et ses camarades ne se sont pas lancés dans la musique électronique expérimentale. Loin de vouloir réinventer le genre, les allemands enfoncent le clou et accouchent d’un album solide. Une vraie réussite.
[8,5/10] Oshyrya
Site Officiel: http://www.oliverhartmann.com
MySpace Officiel: http://www.myspace.com/oliverhartmann
2012, Avenue Of Allies / GerMusica Promotion
Tracklist (54:59 mn) 01. All My Life 02. Like a River 03. You Are the One 04. Fool for You 05. After the Love Is Gone 06. Save Me 07. Fall from Grace 08. From a Star 09. Dance on the Wire 10. Shout 11. Time to Face the Truth 12. The Best Is Yet to Come