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White Skull – Under This Flag

Maintenant cela parait presque commun mais en 1995 quand le groupe italien WHITE SKULL a commencé, il y avait peu de chanteuse heavy-metal traditionnel qui pouvait, par un timbre grave et puissant, rivaliser avec leurs collègues masculins. Une des ambassadrices de ce style est sans conteste Federica “Sister” de Boni qui reprend pour cet album sa place au sein du groupe. Les italiens ont connu leur heure de gloire à partir de 1999 et la sortie de Tales From The North chez Nuclear Blast. La suite est un peu plus compliquée avec un lent retour à l’anonymat d’abord chez Frontiers Records puis chez Dragonheart Records. Le départ de de Boni en 2001 et son remplacement par un chanteur n’aura fait que brouiller les cartes. Le passage éclair d’Elisa “Over” de Palma derrière le micro n’aura guère été plus rassurant. Finalement, WHITE SKULL remet tout à plat en décembre 2010 et le retour de de Boni permet d’espérer beaucoup de ce neuvième album, Under This Flag.

Et depuis 1995, la recette n’a pas changé d’un iota. Les italiens continuent à proposer un heavy métal qui tâche, synonyme de bon gros headbanging. Les rythmiques sont puissantes, les soli ravageurs et le timbre de voix râpeux de de Boni fait le reste. Pas de quartiers ! Les refrains sont finement ciselées pour être le plus catchy, le plus facilement mémorisables possibles. A l’image d’un GRAVE DIGGER ou d’un RUNNING WILD de la bonne époque, WHITE SKULL enfonce toutes les portes et tabasse joyeusement l’auditeur. Bien sûr c’est pas très original, toutes les ficelles des grands anciens sont utilisées mais avec talent.

Les compositions s’enchainent naturellement, sans temps mort et on ne voit pas le temps passer. La majorité des titres sont très rapides et font presque systématiquement mouche. Pour son retour, Federica de Boni assure avec classe et reste à l’aise quel que soit le rythme. Ses partenaires ne sont pas en reste et abattent un gros boulot. Soulignons la très bonne qualité de la production de l’album, ce n’est pas si courant pour les groupes italiens. Le son est clair et puissant à souhait. Dommage par contre pour la pochette très très quelconque pour ne pas dire moche.

Sur la longueur Under This Flag s’essouffle un peu mais cela ne remet pas en cause le beau comeback de WHITE SKULL. Les fans de heavy seront comblés et les italiens peuvent espérer retrouver une partie de leur aura grâce à ce disque. Espérons que de nouveaux changements de line-up ne viendront pas à nouveau tout gâcher.

[7,5/10] Oshyrya

 

Site Officiel: http://www.whiteskull.it

MySpace Officiel: http://www.myspace.com/whiteskullband

 

2012, Dragonheart Records / Audioglobe

Tracklist (56:55 mn) 01. Hunted Down 02. Bottled Mind 03. Red Devil 04. Lost Alone 05. Under This Flag 06. A.O.D 07. Prisoners Of War 08. War After War 09. Nightmares 10. Freedom's Not Free 11. You Choose 12. Redemption

Audience: Concert sold-out

Lights: gros moyens mis en œuvre pour METALLICA, dans l’ensemble très efficaces

Son: bof bof

Ambiance: bon enfant mais assez sage tout de même

 

Comme le dira plus tard dans la soirée James Hetfield, METALLICA revient en terre française en ce mois de mai 2012 pour donner son plus gros concert dans le pays. Il aura fallu attendre d'avoir plus de 30 ans de carrière au compteur. L’occasion de l’anniversaire de la sortie, il y 20 ans, du mythique Black album était trop belle. J’ai moi-même découvert le groupe grâce à ce disque (merci Zégut) et j’étais très excité à l’idée de le découvrir en intégralité sur scène. Les Dieux Métal étaient avec nous, il faut beau temps et la température extérieure est agréable malgré un vent parfois glacial.

GOJIRA (set de 30 mn)

Comme prévu, pile à l’heure, les français de GOJIRA ouvrent les hostilités. Ils ne disposent que de 30 mn et 6 chansons pour convaincre. Pari qu’à moitié réussi en ce qui me concerne. Je dois préciser que je connais assez mal le groupe et cette prestation, bien que sérieuse et professionnelle, ne m’a pas convaincue. Le son était assez moyen, la batterie dominait les autres instruments et les guitares délivraient un magma sonore parfois difficilement identifiable. Les compositions sont assez agressives et le chant hurlé en particulier m’a laissé de marbre. Je me suis rapidement ennuyé malgré les efforts de nos compatriotes. Il était évident qu’ils étaient très heureux d’être là et de pouvoir performer devant un public enthousiaste. J’attends d’écouter le nouvel album, l’enfant sauvage, pour me faire une opinion plus définitive.

Setlist:

Oroborus

The Heaviest Matter of the Universe

Backbone

Flying Whales

L'Enfant Sauvage

Vacuity

THE KILLS (set de 40 mn)

Après 15 minutes de pause, le deuxième groupe monte sur scène. Il s’agit du duo THE KILLS. Et là, c’est le drame, l’erreur de casting. Je ne sais pas qui a choisi le groupe mais son garage rock ne s’adapte pas du tout à l’atmosphère de la soirée. On voit débarquer les deux musiciens accompagnés de 4 percussionnistes pour un set soporifique et à côté de la plaque. Je suis loin d’être un très grand fan de MACHINE HEAD mais au moins nous serions restés dans la même thématique que GOJIRA et METALLICA. Donc se déroule devant nos yeux ébahis une chorégraphie étrange avec ces 4 percussionnistes qui se la jouent tambours du bronx, des gimmicks idiots en plus. Malgré cette forte présence rythmique, THE KILLS utilise une boite à rythmes pour la plupart de ses morceaux. La chanteuse s'époumone pour rien, c’est plat… Ecrasé par l'ennui, je décide donc d’aller me sustenter en attendant la fin du supplice. Un bon gros ratage…

Setlist:

J’ai pas et c’est pas vraiment nécessaire

 

METALLICA (set de 2h00)

L’estomac plein (un gros coup de gueule devant l’organisation pitoyable des stands boisson/nourriture. Il m’a fallu 45 mn pour avoir un pauvre sandwich et une boisson. Les vendeurs sont aux fraises et c’est très mal organisé). On attend avec impatience les 4 Horsemen, le public fait la hola en attendant. METALLICA est en retard. Vers 21h20, les écrans s’illuminent enfin et les images du Le Bon, la Brute et le Truand de Sergio Leone défilent. C’est parti pour deux heures de show. Le groupe débarque sur un « Hit the Lights »  endiablé et met d’emblée le Stade de France dans sa poche. Les 4 compères semblent très en forme et s’agitent gaiement sur la scène. Au plus grand plaisir des fans, ils enchainent sur un « Master of Puppets »  du plus bel effet. Les fans sont debouts qu’ils soient sur la pelouse ou dans les gradins. Hetfield est très en voix et délivre comme d’habitude une prestation impressionnante. Déception au niveau du son qui reste franchement moyen. Ok c’est un stade à l’acoustique capricieuse mais vus les moyens du groupe, ils auraient pu faire un effort de ce côté-là. Hammett enchaîne les riffs et le soli ravageurs alors qu’Ulrich martyrise ses fûts avec la précision d’un métronome. Trujillo fait le boulot même si parfois il semble être à côté de la plaque au niveau rythmique.

À notre plus grand plaisir, la setlist est construite à partir des albums précédents le Black Album. Seule exception avec « Hell and Back » extrait du récent Beyond Magnetic. Au bout de 30 minutes arrive le moment tant attendu. Un reportage diffusé sur les trois écrans géants nous font revivre l’enregistrement, la sortie et la tournée qui a suivi la sortie de cet album culte. Sympathique avec un bémol cependant. On voir très peu Jason Newsted sur les photos alors qu’il a lui aussi contribué au succès de ce disque. Ce manque de reconnaissance est un peu dommage. Revenons à la musique alors que METALLICA joue la totalité du Black Album en commençant par la fin. Le public reste très attentif et s’époumone joyeusement à l’écoute de ces pépites. L’ambiance reste bon enfant, assez sage pour un concert de métal.

Les chansons du Black Album s’enchainent sans temps morts. Il faut avouer que l’enthousiasme monte avec l’arrivée des classiques « Nothing Else Matters », « The Unforgiven » ou encore « Sad But True ». Les écrans géants diffusent tantôt des images des musiciens captés en direct tantôt des montage d’images extraites souvent des clips tournées pour ces différents singles. L’apothéose est atteinte avec un « Enter Sandman » attendu par tous. Le public se réveille un peu et donne de plus en plus de la voix. METALLICA en profite pour faire participer le public et Hetfield assure le show avec grande classe. 22h50 et c’est l’heure des rappels. Nous serons gâtés avec trois brûlots : les tranchants « Battery » et « Seek & Destroy » et le superbe « One ». METALLICA fini de coller une claque monstrueuse aux milliers de fans réunis et conclut ainsi une très bonne prestation. Le professionnalisme des 4 américains est remarquable et impose le respect. 

Il est temps de quitter le Stade de France avec un grand sourire, heureux de cette soirée métal. Je finirai quand même sur deux bémols : la qualité du son j’en ai déjà parlé et puis la scénographie. Ok c’est un concert métal mais nos amis ne se sont quand même pas foulés. Les lumières et images sur les écrans sont sympathique mais METALLICA dispose de très gros moyens. Pourtant ils paraissent un peu ridicules avec les quelques feux d’artifice ou la petite pyrotechnie utilisée. Au début de « One » pour simuler les bruits de bataille de l’introduction, des pétards explosent sur scène. C’est assez mal fait et l’effet parait cheap. 2 nacelles sont installées de chaque côté de la scène avec des feux d’artifice et des chalumeaux. Aucun habillage de ces structures, ce n’est pas sérieux. Cela s’arrange sur « One » avec un jeu de lumières et de lasers assez réussi mais c’est tout. Le résultat fait pauvre par rapport à la concurrence. Il suffit de citer RAMMSTEIN pour se rendre compte de la différence. Cela n’enlève rien à la qualité du groupe et de sa prestation mais on aurait pu s’attendre à plus de la part d’un groupe de ce calibre.

Setlist:

The Ecstasy of Gold (Intro Ennio Morricone)

Hit the Lights

Master of Puppets

No Remorse

For Whom the Bell Tolls

Hell and Back

 

The Black Album

The Struggle Within

My Friend of Misery

The God That Failed

Of Wolf and Man

Nothing Else Matters

Through the Never

Don't Tread on Me

Wherever I May Roam

The Unforgiven

Drum Solo (Lars Ulrich)

Holier Than Thou

Sad But True

Bass Solo (Robert Trujillo)

Enter Sandman

 

Encore:

Battery

One

Seek & Destroy

Peut-être lassé de travailler sur des albums instrumentaux, le guitariste finlandais Lars Eric Mattsson propose donc un troisième chapitre à son projet BOOK OF REFLECTIONS (après un premier album éponyme en 2004 et Unfold the Future en 2006). Pour mener à bien cette entreprise et comme pour les deux précédents opus, il s’est entouré d’une nouvelle équipe de chanteurs: Carsten 'Lizard' Schulz (EVIDENCE ONE, ex-DOMAIN) et Markku Kuikka (STATUS MINOR).

Reprenant la recette du premier album, Mattsson propose ici un power métal solide enrichi d’éléments néoclassiques. Le talent et la maîtrise technique ne sont plus à démontrer et le finlandais a assuré toutes les parties de guitares bien sûr mais également les lignes de basses et les claviers. Les majorité des titres sont assez rapides tout en restant mélodiques. Le finlandais a réussi à rester sobre et à part quelques compositions qui pourraient sortir d’un album de Malmsteen période Odyssey. Mattsson se fait alors un peu égoistement plaisir et enchainent les morceaux de bravoures à la six cordes (« Rise Up! » en particulier). Les deux vocalistes ont un timbre de voix assez similaire et assurent de façon très professionnel le boulot. La production de l’album est correct, limpide mais elle manque nettement d’impact de de puissance. Autre chose qui fâche un peu, Relentless Fighter est dénué de chansons fortes, de brûlots capables de générer immédiatement le headbanging du fan. Tout est bien réalisé, bien propre mais le petit supplément d’âme qui fait toute la différence est aux abonnés absents. Il faut écouter encore et encore cet album pour enfin commencer à s’en imprégner et en savourer les multiples subtilités. Je ne suis pas persuadé que les amateurs seront nombreux à accepter de faire cet effort.

En faisant renaître son projet BOOK OF REFLECTIONS, Mattsson fait le pari d’essayer de toucher un public plus large et il dispose pour cela de beaux arguments. Cependant sa musique n’est pas toujours facile d’accès et à une époque où tout doit être catchy et facilement assimilable et risque de rencontrer des difficultés pour pleinement atteindre son objectif. Seuls les plus courageux seront récompensés. Un bon album.

[7,5/10] Oshyrya

 

Site Officiel: ***

MySpace Officiel: http://www.myspace.com/bookofreflections

 

2012, Lion Music

Tracklist (46:58 mn) 01. Until the Day 02. Dance With the Devil 03. Angel Shed a Tear 04. Bleeding Dry 05. Rise Up! 06. Crashing Through 07. Somewhere Else to Be 08. Gates to Oblivion 09. Keep Us Afloat 10. Without My Angel