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Cut up – Wherever They May Rot

Les bouchers suédois récidivent deux ans après un sanglant " Forensic Nightmares". Les amateurs de Death metal qui tâche ne seront pas déçus s'ils recherchent une bonne dose d'agression qui tranche dans le vif et qui disperse façon puzzle. Une fois encore, le combo n'est pas du genre à trainer en besogne pour lancer les hostilités, et l'album ne tarde pas à coller au mur et à cogner dans le tas. On trouvera bien de temps en temps un soli de guitare mélodique de haute volée (notamment sur "Behead The Dead" ou " Master Dissector" ), mais ce qui retient l'attention c'est le déluge de coups qui pleuvent sans s'arrêter, et si d'aventure le groupe ralentit, c'est pour mieux vous sauter à la gorge par la suite… Et le titre éponyme de l'album est exemplaire de ce point de vue " Wherever They May Rot ",  est un moment de furie ultime asséné à toute vitesse. Et n'allez pas vous imaginer que l'ensemble s'essouffle sur la durée, la tracklist ne fait pas de quartier, un " Cranium Crusher "  en fin d'album dévale à toute vitesse, tandis que la conclusion apportée avec " Raped By The Blade "  ne concède qu'une minute d'intro avant de pilonner les conduits auditifs.
Du métal de la mort qui vous roule dessus et qui ne s'arrêtera pas pour faire un constat de décès en somme. Les plus blasés pourront rechigner sur le manque d'originalité et sur le déterrage de vieilles recettes du Death metal suédois (" In The Aftermath" qui fleure bon le Entombe d'antan), il n'empèche que le savoir-faire du quatuor prend le dessus avec cette dizaine de compositions sans temps mort. Le métronome Tobias Gustafsson (God Macabre, Nifelheim en tournée) livre une prestation impeccable, ainsi que ses comparses Erik Rundqvist (ex Vomitory) à la basse et aux rugueuses vocalises d'outre tombe (ou de tuyau crevé), sans oublier Andreas Björnson et Anders Bertilsson (ex The Project Hate MCMXCIX) aux guitares.  En l'espace de 38 minutes, le groupe va à l'essentiel, et ne devrait pas laisser insensibles les petits coeurs des amateurs de boucherie à la suédoise. Cut up livre avec ce deuxième album une confirmation énergique et accrocheuse. 

Hamster (08/10)

www.facebook.com/cutupofficial

Metal Blade records / 2017

Tracklist (38:16) : 01. From Ear To Ear, 02. Necrophagic Madness, 03. Behead The Dead, 04. Wherever They May Rot 05. Vermin Funeral, 06. By Hatred Bound, 07. Psychosurgery, 08. In The Aftermath, 09. Master Dissector, 10. Cranium Crusher 11. Raped By The Blade

 

Cela fit sans doute plus crédible et sérieux de dire qu’un groupe est originaire de Melbourne ou Sidney que de Melun et pourtant le groupe SCORES s’en fiche et ne manque pas d’ambition dans le domaine rock n’roll pêchu des années 70. Ils sont tous très jeunes te mènent maintenant leur barque depuis quelques années sur les flots tumultueux de la scène française. Mais avant d’espérer atteindre la reconnaissance et les sommets des charts, il faut savoir faire ses armes. Après un premier EP, On The Road, paru en 2014, le quintet remet le couvert en 2016 avec The Gate to Leave et ses quatre nouvelles chansons.

On ne va pas se mentir, l’écoute de cet EP ne bouleversera pas votre vie, SCORES est encore en phase d’apprentissage et de construction et cela s’entend nettement. Leurs chansons restent plutôt bien réalisées et sympathiques mais elles apparaissent également d’une naïveté assez impressionnante. Et puis cela manquez nettement de caractère et d’originalité, nos amis peinent à se trouver une identité et jouent la facilité. Ces nouvelles chansons s’avèrent pataudes et l’ennui pointe trop rapidement le bout de son nez face à des riffs et des mélodies déjà entendues des centaines de fois sous une forme ou une autre. Et puis le chant n’est pas extraordinaire, derrière son micro, Benjamin Blot-André manque de puissance et nous la joue plus rock alternatif/punk que rock 70s de leurs idoles LED ZEPPELIN, BLACK SABBATH ou AEROSMITH.

SCORES affichent sa jeunesse et son inexpérience mais également un potentiel en devenir. Je me suis passablement ennuyer à l’écoute de ce The Gate to Leave mais il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain. Ils affichent une jolie maîtrise technique et un certain sens de la mélodie. Maintenant un sacré chemin reste à parcourir avant d’être vraiment convaincant.

Oshyrya (05/10)

 

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Autoproduction – Spiral Productions / 2016

Tracklist (15:08 mn) 01. Good Night 02.Leave Me Now 03. What About Your Dreams 04. That's The Girl

H-One – Cygne II

Le visuel qui orne la pochette de cet album donne le ton et laisse deviner que le groupe en question ne va pas nous raconter des histoires de sorciers et de dragons. La lecture des paroles et la présence du logo des Sea Shepherd confirment que H-ONE a des choses à dire, bien des maux de notre époque contemporaine à dénoncer.

Le trio s’est formé en 2005 autour d’une fratrie à Toulouse. Avec l’ajout d’un bassiste pour la scène, les voici armé pour se construire leur identité musicale et se faire un nom en enregistrant des démos et en multipliant les concerts. Ils franchissent le Rubicon en 2016 et publient un premier album, Cygne II, qui reprend le propos là où leur dernière maquette Cygne l’avait laissé. L’enregistrement s’est déroulé au studio Antistatic et David Castel s’est chargé du mixage.

Les deux frangins ne font pas dans la dentelle et leur colère face aux problèmes environnementaux éclate dès les premières mesures de « Salt War » qui ouvre le disque. Un riff râpeux et tranchant déchire les enceintes alors qu’Alan éructe dans le micro. Comme l’oiseau illustré sur la pochette, l’auditeur va devoir se dépêtrer de ce mazout musical, lourd, collant et potentiellement mortel. Les rythmes sont plutôt lent et H-ONE semble prendre un certain plaisir à développer sous nos yeux un métal sludge poisseux et assez peu digeste il faut bien le dire. H-ONE tente des choses comme sur un « Home » où différentes séquences s’enchaînent, des périodes de calme cassant un peu la routine. Le propos se veut très simple, presque basique, histoire de marteler encore plus fort le message du groupe. Les textes dénoncent le mode de vie sur Terre, le comportement humain et ses conséquences. Sur la longueur, nos amis peinent à convaincre tant il semble s’être enfermés dans un schéma unique qui finira par lasser même les plus courageux. S’enquiller la totalité de Cygne II d’une traite n’est pas une partie de plaisir et l’intérêt risque de progressivement se dégonfler à mesure que l’on progresse au sein de l’album. Il faut attendre « Mother » pour enfin entendre H-ONE passer la seconde et nous secouer les neurones endormis. Le disque se termine par un « Final Track » étrange, classique dans sa première moitié avant qu’une seconde partie en mode ghost montre un tout autre visage avec guitare acoustique et chant clair. Mystère et boule de gomme.

H-ONE est un groupe engagé et sa cause est tout à fait respectable. Les toulousains ont trouvé dans la musique le médium pour exprimer leur rage et leur frustrations face aux comportements de leurs semblables. Au niveau musical par contre, la mayonnaise s’avère moins convaincante avec une musique assez vite lassante. Cygne II reste globalement une déception.

Oshyrya (06/10)

 

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Wax Production / 2016

Tracklist (44:53 mn) 01. Salt War, 02. Home, 03. Pray For My Name, 04. Mother, 05. Headcharger, 06. Moved Reasons, 07. Black Cloud, 08. Final Track