Alors que KLONE se lance dans une grande tournée à travers toute la France, les poitevins proposent un disque unplugged histoire d’avoir une nouveauté à proposer en tournée et de varier les plaisirs. Autant cet exercice semblait être le passage obligé de tous les groupes il y a une dizaine d’année de cela, pour le meilleur et pour le pire, autant il est un peu tombé en désuétude depuis. Et pourtant, bien fait, sérieusement préparé, l’acoustique reste une valeur sure, un bel exercice de style. J’aime l’écrire à chaque fois mais voici le véritable juge de paix, si votre chanson est vraiment bonne, elle passera sans encombre sous les fourches caudines de cette expérience.
Sans grande surprise, le dernier opus du groupe, Here Comes the Sun (chronique ici), se taille la part du lion sur ce disque. Pas moins de sept chansons sont ici interprétées dans leur plus simple appareil. Ajoutons à cela deux extraits de The Dreamer’s Hideaway, une reprise et un inédit pour avoir sous les yeux la totalité du menu. Au passage, on peut se demander l’intérêt de la reprise de DEPECHE MODE, cela reste très classique et apparait comme du remplissage un peu stérile. L’écoute de cet unplugged s’avère être une expérience extrêmement plaisante. Enregistré en condition live sur la scène d’un théâtre chaque chanson apparait dans un écrin minimaliste qui magnifie le travail de composition effectué. La maîtrise de KLONE impressionne, en particulier présenté ainsi dans un certain dénuement. Yann Ligner offre une très belle prestation derrière le micro même si on le sent sur un fil ici et là. La réinterprétation de ces chansons a été très bien menée et nous permet de les redécouvrir complétement. Dommage quand même que l’album ne recouvre pas toute la carrière du groupe et qu’ils ne se soient contenter que de piocher dans les deux derniers opus. Rien à redire sur la prise de son, la production reste clair et limpide tout au long de l’album.
Exercice subtil et délicat, l’acoustique peut faire des merveilles s’il est correctement magné. KLONE a tout compris de cet exercice et nous donne à entendre une nouvelle facette de son talent. Rien de révolutionnaire ici mais un travail soigné. Unplugged ravira les fans et constitue également une belle porte d’entrée vers l’univers artistique du groupe.
Tracklist (49:31 mn) 01. Immersion 02. Grim Dance 03. People Are People (Depeche Mode cover) 04. The Silent Field Of Slaves 05. Nebulous 06. Gone Up In Flames 07. Into The Void 08. Fog 09. Come Undone 10. Rocket Smoke 11. Summertime
Les parisiens de KADINJA parviennent afin à donner corps à leur ambition et publie chez Klonosphere / Season of Mist un premier album appelé Ascendancy. Il en a fallu du temps et bien des embûches pour en arriver-là. Formé en 2013, le groupe sort très rapidement un EP en autoproduction histoire de se faire connaître et d’avoir une carte de visite à même de les aider pour démarcher des concerts. Un gros changement de line-up se produit en 2015 mais ne freine pas pour autant le groupe qui reconstitue rapidement ses forces et lance en 2016 un crowfunding réussi sur Ulule.
KADINJA reste un groupe assez jeune qui évolue dans une case que beaucoup qualifie de métal progressif. Pour les vieux cons comme votre serviteur, parlons plutôt de djent tant les franciliens adoptent une démarche beaucoup plus proche d’un PERIPHERY et surtout d’un MESHUGGAH au niveau artistique. Le chant extrême est bien présent, tout comme les démonstrations techniques avec accordage bas des guitares, forte distorsion et Palm mute. C’est un genre maos difficile de ne pas être rapidement lasser devant ces performances difficiles sans doute mais franchement stériles sur la longueur. Sur Ascendancy, KADINJA ne démérite pas mais son manque de caractère et d’originalité risque d’en frapper plus d’un. Cet album est très propre, bien produit mais reste très lisse et ressemble bien trop à tant d’autres disques du même genre.
Les parisiens cochent toutes les cases avec l’alternance chant clair et hurlé, breaks en pagaille mais ils donnent également l’impression de tourner dans le vide sans trop savoir ou aller artistiquement parlant. Toutes les compositions sont sérieuses et appliquées mais aucune ne ressort vraiment et l’auditeur peine à mémoriser tel ou tel passage une fois l’écoute terminée. Philippe Charny Dewandre s’égosille avec entrain mais à trop vouloir en faire, KADINJA s’est égaré. Il suffit d’écouter un « Dominique » qui aurait pu être intéressant avec ce clin-d’œil mais qui tombe rapidement à plat et se transforme en un joyeux gloubi-boulga de breaks, de distorsions et de rythmiques désarticulées. Chapeau pour la performance technique mais musicalement parlant, le soufflé tombe à plat.
Dès que l’on sort des parrains suédois du genre, cette scène djent est loin d’avoir engendré des merveilles ces dernières années. L’expérimentation ne sert à rien si les musiciens en oublient au passage de conserver un certain fil conducteur dans leur démarche. On se retrouve devant un patchwork sans queue ni tête apparente et qui va en épuiser plus d’un. KADINJA a trop voulu en faire et épater la galerie. Résultat, Ascendancy passe à côté malgré de très bonnes bases. Vraiment dommage.
Tracklist (48:12 mn) 01. Stone of Mourning 02. Glhf (ft. Rick Graham) 03. Episteme 04. Episteme Part II 05. 'Til the Ground Disappears 06. A November Day 07. Dominique 08. Ropes of You 09. Bittersweet Guilt 10. Seven (the Stick Figures)
Cinq ans après le quatrième album du groupe, Evocation livre un successeur à un " Illusions of Grandeur ". L'album à l'époque avait surtout marqué les esprits par les désillusions suscitées par des compositions qui montrait que les suédois s'égaraient en se prenaent de passion pour Amon Amarth, le folklore en moins Le groupe est passé par la case changement de personnel, en échappant de peu à l'extinction, Simon Exner à la guitare et le bassiste Gustaf Jorde arrivent, Per Møller Jensen vient filer un coup de main à la batterie à l'occasion de l'enregistrement de l'album, tandis les frères Kenttäkumpun (guitare et batterie) s'en vont. Deux piliers membres fondateurs partis, bon nombre de groupes auraient pu baisser les bras dans ce contexte.
A l'écoute de " The Shadow Archetype ", il semble bien que le groupe se reprenne en main. Evocation démarre en douceur, " Condemned To The Grave " assure l'essentiel, sans tout fracasser, les suédois accélérent le tempo sur " Modus Operandi " et son antienne Death Mélodique à la Dark Tranquility. " Children Of Stone " déroule, en variant les rythmes, le groupe est convaincant, mais on se méfie encore un poil. L'influence des collègues vikings ventrus est moins pesante, même si au détour d'une composition, on retrouve des riffs similaires, notamment sur le titre " The Coroner ", ou l'on retrouve de nouveau les influences de Dark tranquility.
Signe qu'il a retrouvé ses marques, le titre éponyme de l'album est en revanche plus proche d'un Entombed d'autrefois, qui fleure bon le Death Metal à l'ancienne avec des vocalises rugueuses à souhait, encadrées par un rythme de pachyderme. On reste en revanche dubitatif au sujet de cette longuette intro acoustique qui ne sert qu'a passer le plat du titre le plus percutant de l'album, "Survival Of The Sickest" ou le groupe làche les coups à un train d'enfer, la seconde partie de l'album est une boite à claques ou Evocation ne ménage pas ses efforts pour frapper et attendrir la viande. "Imperium Fall " est un rouleau compresseur à l'ancienne, brut de décoffrage, efficace. Le groupe termine l'album en beauté avec un titre qui écrabouille tout sur son passage. Le groupe revient de loin et propose un effort plus convaincant et accrocheur, ce n'est sans doute pas en 2017 que l'on verra les fans d'Evocation lancer une pétition pour demander au groupe de ne pas sortir son album.
Tracklist (38 minutes)1. Into Ruins 2. Condemned to the Grave 3.Modus Operandi 4.Children of Stone 5.The Coroner 6.The Shadow Archetype 7.Blind Obedience 8. Survival of the Sickest 9. Sulphur and Blood 10. Imperium Fall 11. Dark Day Sunrise.