A voir la pochette de ce nouvel EP des allemands de FINSTERFORST, on se dit que le temps est passé et le groupe semble avoir radicalement change son fusil d’épaule. Nous passons des immenses paysages forestiers, hostiles et impitoyables de Rastlos (chronique ici) ou Mach Dich Frei (chronique là) à une ambiance beaucoup plus colorée et festive. Les allemands s’offrent une pause détente et s’amusent entre deux opus plus sérieux. Et ils ont dû se dire que quitte à délirer autant y aller à fond.
Vous trouverez donc ici de nouvelles chansons assez orientées chansons à boire mais qui possèdent les caractéristiques habituelles du groupe comme le chant extrême et la touche folk prononcée. Et puis, en complément, des reprises plus au moins délirantes qui vont de Miley Cyrus à Michael Jackson ou encore des groupes teutons moins connus chez nous comme K.I.Z. Encore une fois cela reste un exercice très amusant et plutôt bien fichu dans l’ensemble. Comme quoi FINSTERFORST compte dans ses rangs de joyeux drilles, ce n’était pas forcément évident à l’écoute de leur style habituel.
#YOLO propose un contenu assez varié et particulièrement copieux avec plus de quarante minutes au compteur. Pas sûr que ces chansons deviennent des piliers des setlists lors des tournée à venir mais prenons-le simplement comme une interlude sympathique avant que les choses sérieuses ne reprennent la main.
Oshyrya (07/10)
Site Officiel
Facebook Officiel
Napalm Records / 2016
Tracklist (41:57 mn) 01. Bottle Gods 02. Auf die Zwölf 03. #YØLØ 04. Hangover 05. Wrecking Ball 06. Beat It 07. Der durch die Scheibeboxxxer 08. Flasche leer 09. Das schlimmste ist, wenn das Bier alle ist 10. Wild Rover
Autant son premier opus récemment réédité, Erntezeit (chronique ici), avait constitué une solide entrée en matière pour les autrichiens de DRESCHER autant le deuxième album représentait un défi beaucoup plus important pour le quintet. Désormais dans une grande écurie, Napalm Records, ils se devaient de concrétiser les espoirs de son label et de confirmer tout son potentiel. Alors ce Steinfeld, évolution ou continuité ?
Le premier contact avec ce disque a de quoi en surprendre plus d’un. Il est d’ailleurs étonnant de voir que ce "A bissl Glick" ait été choisi comme premier single agrémenté d’un clip vidéo. Avec cette première composition, nous sommes loin de ce folk métal presque chanson à boire de premier album. DRESCHER distille avec ce titre une atmosphère beaucoup plus lourde et sombre plus proche d’un CULT OF LUNA que d’un KONTRUST. L’accordéon se fait discret, en simples nappes à l’arrière-plan, avec une solennité et un recueillement inhabituel pour les autrichiens. L’auditeur se demande alors s’il s’agit là d’une expérimentation ou d’une orientation musicale plus durable. Le second titre, « Adrenalin » va apporter la réponse à cette question distillant un son plus traditionnel, rythmiques rapides, accordéon omniprésent, grosses guitares et chant hurlé. Mais l’impression générale s’éclaircit et s’adoucit, le ton se veut plus léger et presque joyeux sous la conduite de l’accordéon. Le refrain est très direct et franchement accrocheur. L’auditeur suit les différentes vagues d’intensité variable au sein de chaque chanson, les violentes accélérations ainsi que les passages plus calmes histoire de reprendre sa respiration.
Dans l’ensemble, par rapport à Erntezeit, Steinfeld est plus sombre, plus lourd et obscure. On retrouve dans les eux albums les deux ingrédients mais les autrichiens donnent l’impression d’avoir voulu densifier leur propos et se montrer plus agressifs. L’évolution est salvatrice car dans un style léger, DRESCHER n’allait pas tenir longtemps. Reconnaissons-le, les autrichiens nous ont surpris, les comparaisons avec des groupes comme KORPIKLAANI s’imposent moins. Cette nouvelle démarche s’inscrit même dans le choix des reprises, exit MAIDEN ou FALCO et cette fois-ci c’est SLAYER avec « Raining Blood » qui se voit folklorisé. Avec ce second album, DRESCHER semble avoir trouvé sa voie et montre un visage bien plus convaincant.
Oshyrya (7,5/10)
Site Officiel
Facebook Officiel
Napalm Records / 2016
Tracklist (39:03 mn) 01. A bissl Glick 02. Adrenalin 03. Unten 04. Guade oide Zeit 05. Regen 06. Es reignt Bluat (Slayer Cover) 07. Olles ok 08. Endlich leben 09. I will di ausbliatn sehn 10 .Der Held
Son label nous présente DRESCHER comme la nouvelle sensation folk metal venue d’Autriche. A lire les documents promo de Napalm Records, le quintet a déjà lancé un gros pavé dans la marre sur la scène européenne et se positionne d’entrée comme un nouveau challenger sérieux. Ils en profitent donc pour rééditer le premier opus, Erntezeit, avec trois titres bonus histoire d’en relever un peu l’intérêt pour les fans de la première heure.
Il est vrai que si vous aimez le métal rugueux, les touches d’accordéon ainsi que les mélodies directes et efficaces, DRESCHER pourrait faire battre votre petit cœur. Ajoutez à cela un chant bourré d’énergie et de conviction et vous obtenez une série de titres parfaitement adapté à l’animation musicale de votre prochaine Oktoberfest. Difficile en effet de ne pas trouver que cela furieusement à un assemblage de chansons à boire dont la simplicité et la fraicheur augmente avec le taux d’alcoolémie des auditeurs. Les chansons se veulent attrayantes, calibrées autour des quatre minutes pour maximiser leur adoption par n’importe quelle foule plus ou moins imbibée. Techniquement parlant, nos amis ne sont pas des manchots et certains soli de guitares plairont aux connaisseurs. L’accordéon est omniprésent et renforce ce côté mélodique et festif. L’utilisation d’un dialecte autrichien apporte un petit côté amusant et folklorique sans que cela ne gêne le moins du monde l’écoute de ces différentes chansons.
La recette ne varie pas beaucoup mais les autrichiens ont fait ici du bon boulot, soigné et plutôt bien inspiré. Un dernier mot sur les trois titres bonus agrémentant cette réédition. Malheureusement il ne s’agit que de trois reprises de MOTORHEAD, FALCO ou encore THE ROLLING STONES. Sur l’album d’origine, ils s’étaient déjà essayés à l’exercice avec une cover d’IRON MAIDEN (« Hallowed Be Thy Name »). Chacune de ces chansons est bien sûr passée à la moulinette folk avec accordéon par exemple et une adaptation des paroles en dialecte local. C’est amusant la première fois et puis tout un chacun risque de rapidement se lasser.
Les autrichiens de DRESCHER ont mis au point leur petit concept, un folk métal chanté en patois, qu’il décline en chanson ou à travers quelques reprises. C’est assez amusant, original au premier abord et puis le soufflé finit par un peu retomber devant le côté assez simple et répétitif de la démarche. Pour un premier album, cela passe sans encombre car les fans découvrent le groupe. Mais pour la suite les autrichiens ont intérêt à se renouveler où la flamme risque de rapidement s’éteindre.
Oshyrya (6,5/10)
Site Officiel
Facebook Officiel
Napalm Records / 2016
Tracklist (56:16 mn) 01. First Blood 02. Der Gscheitling 03. Olles wos mir fehlt 04. Zeit zum Gehen 05. 5 Minuten Ruhm 06. Bled grennt 07. Zeitung von morgen 08. Danke fia nix 09. Dresch Quetschn 10. Geheiligt werde dein Name (Iron Maiden Cover) 11. Ass in Pik (Mötorhead Cover – Bonus Track) 12. Rock me Amadeus (Falco Cover – Bonus Track) 13. Olles schwoarz (Rolling Stones Cover – Bonus