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Alter Bridge – The Last Hero

Le rouleau-compresseur ALTER BRIDGE ne semble pas vouloir s’arrêter et le quatuor rajoute une corde à son arc avec un nouvel album, le cinquième, qu’ils comptent bien utiliser au maximum pour toucher un public toujours plus large et ainsi continuer à empiler les billets verts. Car, ne nous trompons pas, la qualité est souvent au rendez-vous mais le music business met ici en branle tout son savoir-faire et toutes ses forces pour mener le groupe au sommet. Fortress (chronique ici), en 2013, avait fait son effet et enfoncé le clou outre-Atlantique bien sûr mais également en Europe avec de joli succès dans les charts en Allemagne et au Royaume-Uni. La conquête du monde se poursuit. Myles Kennedy et Mark Tremonti sont des stars reconnues et ALTER BRIDGE possède de solides arguments pour continuer sa progression fulgurante.

Première bonne surprise avant même d’écouter le première note de The Last Hero, nous ne sommes pas en présence d’un album vite fait avec neuf ou dix pauvres chansons de trois minutes chacune pour une maigre durée totale de trente-cinq minutes. ALTER BRIDGE a mis les petits plats dans les grands et nous proposent un menu complet et roboratif avec treize nouvelles chansons pour plus de soixante-huit minutes de musique originales. Cela commence comme d’habitude sur les chapeaux de roue avec un « Show Me A Leader » très fort et attrayant. Difficile de résister à ce hard rock ciselé et hyper accrocheur. Les marques de fabrique des américains font immédiatement leurs apparitions: les mélodies vocales, les duels de guitares et les rythmiques pachydermiques. Les chansons s’enchaînent et le résultat est toujours propre, brillant, lumineux. Les mélodies font mouche, les guitares s’en donnent à cœur joie, puissantes et techniques et l’intensité ne baisse pas. Reconnaissons la qualité du travail effectué, aussi bien dans l’écriture que dans la mise en forme de ces treize nouvelles chansons. The Last Hero ressemble aux opus précédents, ALTER BRIDGE n’évolue finalement pas beaucoup et continue d’utiliser la même recette qui fait son succès. Le quatuor a su bien s’entourer avec Michael “Elvis” Baskette (SLASH, TRIVIUM etc) à la production et Ted Jensen au mastering. Le son de ce disque reste limpide tout en développant une très belle énergie.

ALTER BRIDGE reste une machine de guerre rock et on voit difficilement qui pourrait lui résister vu la qualité des disques qui s’enchainent. The Last Hero possède toutes les qualités pour faire un carton un peu partout. C’est efficace, très propre et bien ficelé. Une petite lassitude finit par s’installer mais rien de bien grave. Finalement, le pire ennemi du groupe est sans doute intérieur. Myles Kennedy et Mark Tremonti mènent d’autres projets en parallèle et ils pourraient finir par favoriser leur carrière solo à l’aventure collective. En attendant, ALTER BRIDGE ne peut qu’empiler les succès et les récompenses.

Oshyrya (7,5/10)

 

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Napalm Records / 2016

Tracklist (68:32 mn) 01. Show Me A Leader 02. The Writing On The Wall 03. The Other Side 04. My Champion 05. Poison In Your Vains 06. Cradle To The Grave 07. Losing Patience 08. This Side Of Fate 09. You Will Be Remembered 10.Crows On A Wire 11.Twilight 12. Island Of Fools 13. The Last Hero

Overkill – The Grinding Wheel

Pour les vétérans New Yorkais (37 ans au compteur sans interruption), tous les voyants sont au vert, un line up stable depuis 12 ans, des albums le groupe est fermement ancré dans la catégorie « culte, et increvable et qui n'a rien perdu de son mordant au fil du temps ». Et son 18ème album devrait convaincre sans aucune difficulté majeure les fans du combo. Dès le premier titre, « Green Mean Killing Machine », le groupe ne laisse aucune doute sur l'heure qui va suivre, c'est une avalanche de coups qui pleuvent sur les conduits auditifs.  Pour ceux qui en doutaient encore, le thrash metal administré par un des maîtres du genre, n'a rien d'une promenade de santé. On reconnait tout de suite la patte d'Overkill et son style reconnaissable entre tous,que ce soit la section et guitares ryhtmiques, et bien évidemment le chant si particulier de Bobby Blitz, et ce subtil mélange entre punk et thrash qui frappe avec justesse.
Ce n'est pas aux pionniers du genre qui étaient là avant le Big Four (Anthrax, Metallica, Megadeth et Slayer) qu'on va apprendre à manier le thrash qui tranche dans le vif. Certes, le groupe évolue peu, mais ça ne l'empêche pas d'avoir assez d'inspiration pour mettre en musique dix compos solides et accrocheuses, et qui tiennent la route malgré leurs longueurs. Côté son, avec Andy Sneap aux manettes, le groupe s'est assuré d'avoir une production bétonnée. On retiendra "The Long Road" et sa dimension épique entre deux volée de claques qui collent aux murs, ou l'on entend bien le bassiste (cela n'a rien d'une nouveauté d'ailleurs chez les New Yorkais). Mais que l'on ne se trompe pas, toutes les compos de l'album méritent une écoute attentive, et recèlent toutes des passages irrésistibles ou Overkill fait office de rouleau compresseur. La plupart des vétérans du thrash ne se portent pas si mal, mais pour les fans d'Overkill, cet album va encore les convaincre que c'est l'œuvre du plus grand groupe de thrash metal de l'univers. Pourvu que ça dure.

Hamster (08,5/10)

 

www.facebook.com/OverkillWreckingCrew

wreckingcrew.com

eOne – Nuclear Blast / 2017

Tracklist (60 minutes) : 01. Mean Green Killing Machine 02. Goddamn Trouble 03. Our Finest Hour 04. Shine On 05. The Long Road 06. Let's All Go to Hades 07. Come Heavy 08. Red White And Blue 09. The Wheel 10. The Grinding Wheel

 

Il sera facile de faire du mauvais esprit avec ce nouveau live d'Uli Jon Roth. « Le guitariste allemand cherche à survivre pécuniairement grâce à son ancien groupe et à ses disques cultes »… « On ne peut faire mieux que le légendaire Tokyo Tapes : à quoi bon un ersatz ? »… Etc. Etc. Ces arguments sont loin d'être faux : ce Tokyo Tapes Revisited Live n'a pas beaucoup d'intérêt. Et, évidemment encore une fois, il n'arrive pas à la cheville du disque live qui clotura la première période de Scorpions. Il vaut donc mieux mille fois écouter Tokyo Tapes que ce Tokyo Tapes Revisited Live et ce même si le disque d'Uli Jon Roth a été enregistré dans la même salle japonais que son illustre prédécesseur, le Nakano Sun Plaza Hall.

Et ce d'autant plus que le chanteur ici, au micro, Nathan James – sans honteusement démériter – est assez banal. Ses capacités sont réelles, sa voix est chaude et agréable… mais le grain inimitable de Klaus Meine manque cruellement. On sait à quel point l'alchimie de Scorpions, à toutes les époques de l'histoire du groupe, est liée au chanteur allemand. On ne peut que le constater encore une fois malgré le sérieux de Nathan James qui au moins à l'heureuse idée de ne pas chercher à trop cloner le modèle originel. Cela explique peut-être d'ailleurs le fait que la plupart des musiciens empoignent le micro dont évidemment l'ineffable Uli Jon Roth.  

C'est en effet ce dernier qui est l'objet de toutes les attentions et l'intérêt de ce Tokyo Tapes Revisited Live réside largement dans le jeu du grand guitariste. On ne dira jamais assez à quel point Uli Jon Roth n'a pas eu la carrière à la hauteur de son talent après son départ de Scorpions. Il est vrai que l'homme s'est acharné à tenir aussi le micro, sans doute la pire idée qu'il ait jamais eu. Il récidive d'ailleurs sur « Polar Nights » et « Dark Lady » ici et il n'y a aucun progrès à l'horizon. Trente ans après, on peut donc conclure qu'Uli Jon Roth est un des pires chanteurs que le rock ait connu. 

Mais à la guitare son phrasé racé, son mélange de gammes mineures et de plans bluesy, son lyrisme… tout cela est inimitable. Pas mesquin d'ailleurs, Uli Jon Roth n'est pas seul à la guitare puisqu'il est épaulé par Niklas Turmann et David Klosinski et qu'il leur laisse loisir de jouer à l'unisson avec lui voire d'égrener quelques solos. Les bonhommes ne sont pas des manchots. Comme il y a pas mal de parties de guitares rajoutées par ci et par là par rapport aux morceaux originaux, la chose se justifie parfaitement. Ces développements musicaux et ces improvisations donnent un côté très seventies au live qui lui va très bien, même si les titres deviennent parfois un peu longs.

On remarquera aussi que Tokyo Tapes Revisited Live ne porte pas si bien que cela son nom, car la setlist différe quand même de l'originale. Certes, on retrouve les classiques de l'époque Uli Jon Roth (« In Trance », « Top Of The Bill », « Dark Lady ») et l'album s'ouvre bien sur le fougueux « All Night Long », mais il y a des modifications. Uli Jon Roth a logiquement mis de côté « He's A Woman, She's A Man » qu'il détestait à l'époque et a intégré « Virgin Killer » ou le hendrixien « I've Got to Be Free » par exemple. Un tiers des titres est différent sans compter les rappels qui sont devenus l'occasion d'un hommage non plus aux classiques du rock'n'roll, mais au dieu de Uli Jon Roth : Hendrix. Nous avons donc droit à « All Along The Watchtower » et à « Little Wing » : on pouvait trouver plus original, mais passons.

Tous ces points constituent des arguments pour ne pas écarter trop hâtivement ce Tokyo Tapes Revisited Live. Et à le prendre comme un disque qui ne joue pas sciemment dans la même cour que son aîné et qui l'admet. Prêtons-lui une oreille. Donnons lui sa chance.

Baptiste (7/10)

Warner Music / 2016

Tracklist : 1. All Night Long 2. Longing For Fire 3. Crying Days 4. The Sails Of Charon 5. Sun In My Hand 6. Virgin Killer 7. Kojo No Tsuki 8. We''l Burn The Sky 9. In Trance 10. Rainbow Dream (Prelude) 11. Fly To The Rainbow 12. Top Of The Bill 13. I've Got To Be Free 14. Polar Night 15. Dark Lady 16. Pictured Life 17. Catch Your Train 18. All Along The Watchtower 19. Little Wing