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Graham Bonnet est en route vers les soixante-dix ans et poursuit toutefois son bonhomme de chemin envers et contre tout. Évidemment tout est devenu plus confidentiel depuis les années 80 et les succès de Rainbow, MSG et Alcatrazz, mais son obstination force le respect. Si l'heure de la retraite n'a pas sonné pour le chanteur britannique à la voix si délicieusement éraillée, la question est de savoir ce qu'il peut bien proposer à ses fans. L'homme n'a produit aucun disque marquant depuis Stand In Line d'Impellitteri (1988) même si on a pu l'apprécier au sein du Taz Taylor Band et on pouvait s'interroger sur sa capacité à encore produire une musique de qualité sous son nom.

La réponse sera assez vite immédiate : elle est positive. Définitivement. D'abord car, malgré les excès de boisson, Graham Bonnet a miraculeusement conservé sa voix si particulière. Mais aussi du fait du très bon line-up qui l'accompagne : Beth-Ami Heavenstone à la basse, Conrado Pesinato aux guitares, l'ex-Alcatrazz Jimmy Waldo aux claviers, et Mark Zonder (Fates Warning) à la batterie jouent parfaitement leur rôle. On remarquera évidemment le retour de Jimmy Waldo avec Graham Bonnet tant il évoque l'époque bénie d'Alcatrazz mais il faut surtout insister sur les superbes parties du nouveau venu Conrado Pesinato aux guitares : grosse technique, très bon touché… il n'y a rien à remettre en cause là. 

Le tout pour des compositions inattendues de qualité ici. Les chansons de The Book sont des brulots de hard rock classique, racé et mélodique, à la croisée évidemment de Rainbow et d'Alcatrazz. Il y a ici de l'énergie mais de la mélodie et de la mélodie et jamais du sirupeux. On remarquera tout particulièrment les titres les plus accrocheurs : « Earth's Child (I Am Your Son) » ou « Rider » au refrain énorme, mais le niveau est globalement soutenu. Certes les clin d'œil musicaux ne sont pas absents tel le début de « Dead Man Walking » qui suggère nettement MSG. Mais The Book se voulant dans le sillage des disques de la période dorée de Graham Bonnet, lorsque Richie Blackmore ou Michael Schender faisait appel à lui, il n'y avait aucune raison d'exclure toute référence. 

Ces références seront d'autant plus évidentes que Graham Bonnet enfonce le clou sur le CD bonus de The Book. Il y a là une bonne partie des hits du Down To Earth de Rainbow, d'Assault Attack de MSG et d'Alcatrazz voire de son premier album solo, Line Up (1981), réinterprétés. L'excercice est devenu banal de nos jours mais il n'est pas du tout désagréable et sera une porte d'entrée intéressante pour beaucoup de néophytes. En tant que bonus à ne pas comparer aux nouveaux titres, qui leur inférieurs, ils sont tout à fait appréciables et ce d'autant plus que les nouvelles chansons de Graham Bonnet ne déméritent pas, loin de là. 

Baptiste (7/10)

 

Frontiers / 2016

Tracklist CD1 : 01. Into The Night 02. Welcome To My Home 03. Earth's Child (I Am Your Son) 04. Rider 05. Dead Man Walking 06. Strangest Day 07. The Dance 08. Where Were You ? 09. The Book 10. Everybody Wants To Go There 11. California Air 

CD 2 (Re-recorded classics) : 01. Eyes Of The World 02. All Night Long 03. Lost In Hollywood 04. Since You Been Gone 05. Night Games 06. S.O.S. 07. Assault Attack 08. Dancer 09. Desert Song 10. Island In The Sun 11. Hiroshima Mon Amour 12. God Blessed Video 13. Will You Be Home Tonight 14. Witchwood 15. Stand In Line 16. Here Comes The Night (Down Without A Fight) 
 

En général, lorsqu'un artiste se lance dans un album solo, c'est pour arpenter quelques sentiers musicaux nouveaux. Pour s'essayer, par exemple, à des démarches de compositions inattendues ou pour rendre hommage à des artistes ou des genres de musicaux qui l'ont influencé. C'est pour cela que j'ai été un peu surpris à l'écoute du disque solo de Kai Hansen, XXX Decades In Metal. Pourtant le chanteur et guitariste hambourgeois ne trompe pas sur la marchandise en intitulant son disque XXX Decades In Metal : pas de blues ou de jazz à l'horizon, mais du heavy metal comme Kai Hansen en fait depuis trente ans et les premiers pas de Helloween. 

Grosso modo, la première partie du disque ressemble beaucoup à du Gamma Ray actuel, c'est à dire avec très peu de prises de risques. À savoir du heavy metal teutonique bien effectué mais sans grand intérêt. Pour épicer le tout, Kai Hansen a fait appel à quelques amis : Tobbias Sammet, Michael Kiske, Ralf Scheepers et s'est même offert le luxe d'inviter Dee Snider. Le résultat est tout à fait audible et s'écoutera même avec plaisir, même si certaines influences sont quand même un peu écrasantes (« Contract Song » qui pompe son riff dans le Judas Priest de Painkiller). On déplorera aussi que les invités ne soient franchement mis à leur valeur : sur le fond la présence de Dee Snider est bien anecdotique et Michael Kiske est très effacé. Tout juste, remarquera-t-on que leurs voix sont plus agréables que celle d'un Kai Hansen depuis longtemps déclinant. 

La deuxième partie du est plus intéressante. D'abord grâce à un titre épique très enlevé, comme « Fire And Ice » qui voit apparaître la voix de Clémentine Delauney de Visions Of Atlantis et des passages au chant presque black metal. Kai Hansen n'est pas du genre à faire appel aux voix féminines et la nouveauté est à remarquer. La chose va se reproduire sur la fin de du disque puisqu'on réentendra la chanteuse sur deux autres morceaux ; elle y chante franchement bien. Ces autres morceaux montrent une facette légèrement inattendue de Kai Hansen, puisque son heavy metal très traditionnel, se matine d'ambiances plus modernes, discrètes mais réelles. Cela sonne dans l'ensemble plutôt bien et l'on appréciera après un début de disque un peu étouffant de classicisme… mais cela ne durera pas sempiternellement. Les fans « conservateurs » se réconcilieront avec la dernière chanson : le speed flamboyant de « Follow The Sun » renvoie aux meilleurs moments du Gamma Ray post Scheepers. Nous voici rassurés ! 

Pour conclure, ce XXX Decades in Metal est globalement un objet pour les fans et pas un disque aventureux. Il se calera très bien entre deux réalisations de Gamma Ray. On ne peut franchement en attendre plus. 

Baptiste (6/10)

 

earMusic / 2016

Tracklist : 01. Born Free 02. Enemies Of Fun (featuring Ralf Scheepers & Piet Sielck) 03. Contract Sun (featuring Dee Snider & Steve McT as The Manger) 04. Making Headlines (featuring Tobias Sammet) 05. Stranger In Time (featuring Michael Kiske, Frank Beck, Tobias Sammet & Roland Grapow – guitar solo) 06. Fire And Ice (featuring Clémentine Delauney, Marcus Bischoff, Richard Sjunnesson & Michael Weikath – guitar solo) 07. Left Behind (featuring Alexander Dietz & Clémentine Delauney) 08. All Or Nothing (featuring Clémentine Delauney) 09. Burning Bridges (featuring Eike Freese) 10. Follow The Sun 
 

Symphonity – King Of Persia

Amis trentenaires, cet album est fait pour vous. En tout cas vous trouverez ici tous les ingrédients qui vous rappelleront votre folle jeunesse où vous écoutiez à tue-tête du speed / heavy métal mélodique à la SONATA ARCTICA, STRATOVARIUS, RHAPSODY, THUNDERSTONE… Limb Music se rappelle ainsi à notre bon souvenir même si le label est loin des fastes d’antan, quand il sortait de nouveaux groupes de qualité quasiment tous les mois. La pochette est signée Andreas Marschall (BLIND GUARDIAN, KREATOR, RUNNING WILD, HAMMERFALL, etc.) et enfin King Of Persia a été mixé et masterisé par Sascha Paeth et Miro à Wolfsburg en Allemagne. Ça y est, vous êtes de retour vingt ans en arrière ?

Le candidat du jour se nomme SYMPHONITY et rassemble des musiciens tchèques, slovaques et allemands. Ils sont assez peu connus en dehors de leurs deux chanteurs, Olaf Hayer (AINA, LUCA TURILLI, CHRYZTYNE, DIONYSUS, TREASURE SEEKER…) et Herbie Langhans (AVANTASIA, SINBREED). Ils comptent déjà deux albums à leur actif avant celui-ci : Goddess of Revenge (paru en 2003 sous le nom de NEMESIS) puis Voice from the Silence (2008). Les nombreux changements de line-up et la disparition tragique du précédent bassiste en 2012 expliquent ces longues périodes de silence pour le groupe qui peine donc à fidéliser son public et doit donc se rappeler à chaque fois au bon souvenir des fans.

Musicalement parlant, il n’y a pas tromperie sur la marchandise, nous sommes bien en présence d’un speed / heavy-metal mélodique assez classique, virevoltant, accrocheur et bien exécuté. Il faut reconnaître que SYMPHONITY sait y faire pour pondre des compositions immédiatement attractives et diablement familières. Les guitares sont à la fête même si les claviers ne sont pas oubliés et apportent une supplément mélodique à chaque chanson. Les sources d’inspiration sont évidentes et c’est assez amusant de retrouver des chansons ainsi calibrées alors que la mode s’en est allée depuis bien des années maintenant. Réécouter également la voix d’Olaf Hayer s’avère également un vrai plaisir. Ce dernier avait le vent en poupe au tournant des années 2000 avant de disparaitre des radars. Il avait fait des merveilles sur les premiers LUCA TURILLI.

King of Persia ne surprend pas du tout mais les fans des groupes mentionnés ci-dessus pourront prendre un certain plaisir à écouter cet album même si beaucoup sont passé à autre chose au niveau métal. Difficile quand même de résister à de jolis brûlots comme « The Choice » ou « In The Name Of God ». Sinon, le disque oscille entre le moyen et le sympathique. La production générale est tout à fait honnête mais il manque quand même un supplément d’énergie et de puissance pour rivaliser avec les meilleurs. Si vous êtes un peu nostalgique du début des années 2000 et continuez à écouter les disques phares de cette époque, SYMPHONITY saura faire palpiter votre petit cœur. Sinon, le côté un peu suranné risque de vous laisser de marbre.

Oshyrya (07/10)

 

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Limb Music / 2016

Tracklist (53:27 mn) 01. King Of Persia 02. The Choice 03. In The Name Of God 04. Flying 05. A Farewell That Wasn't Meant To Be 06. Children Of The Light 07. Siren Call 08. Live To Tell The Tale 09. Unwelcome 10. Out Of This World