Archive for the ‘ Chroniques ’ Category

Eric Johson – EJ

Eric Johnson est redevenu quelque peu confidentiel depuis quelques temps. L'époque où Tones (1986) ou Ah Via Musicom (1990) avaient réussi à toucher le large public semble bien révolue. Il n'y a donc sans doute plus que les guitaristes qui suivent le virtuose d'Austin aujourd'hui. Il est douteux qu'avec ce EJ, sous-titré Song Explorations on Acoustic Guitar and Piano leur nombre aille en s'élargissant. Car Eric Johnson avec ce nouveau disque propose sans doute ce qu'il y a de moins attractif chez lui : des pièces accoustiques et des ballades. Le tout évidemment accompagné d'une guitare sèche et ponctuellement d'un piano même si une section rythmique apparait sur « November ». Et évidemment on trouve régulièrement Eric Johnson lui-même au micro, ce qui ne réhausse pas franchement la musique, on le sait depuis longtemps. Avec son phrasé candide – voire niais selon les plus médisants –, les ballades d'Eric Johnson ont tendance à devenir franchement insipides. La chose ne rate pas ici malheureusement. Et leur abondance rend le tout encore plus patent. 

Il reste les pièces instrumentales, qui sont généralement les plus grandes réussites d'Eric Johnson. Ce dernier démontre encore une fois sa très grande maitrise technique dans les genres les plus divers. Ici, les parties country sonnent furieusement bien (« The World Is Waiting For The Sunrise ») et le toucher du guitariste s'avère régulièrement somptueux (« Mrs Robinson »). Et même dans une chanson aussi inintéressante que « All Thing You Are », on trouve par exemple une introduction acoustique tout à fait brillante. Il y a tout lieu de parier que les amateurs d'Eric Johnson trouveront là un bon motif de satisfaction. 

Envisagé en tant que tel EJ, est un disque assez joli et plaisant, bien que souffrant de longueurs. On aurait pu sans doute le bonifier mais il aurait alors fallu en changer totalement le concept, à savoir cette exploration musicale pour guitare acoustique et piano. Personnellement j'attends toutefois qu'Eric Johnson passe à autre chose.

Baptiste (pas franchement évaluable)

 

Provogue / Replica – 2016

Tracklist : 01. Mrs. Robinson 02. Water Under the Bridge 03. Wonder 04. Wrapped In a Cloud 05. Once Upon a Time In Texas 06. One Rainy Wish 07. Serinidad 08. Fatherly Downs 09. The World Is Waiting for the Sunrise 10. November 11. All Things You Are 12. Scarborough Fair 13. Song for Irene

Korn – The Serenity Of Suffering

Korn fait partie de ces groupes qui ont bercé mon adolescence. Je me souviens avoir passé des heures à écouter les deux albums en boucle dans le bus, jusqu’à ce que la K7 soit foutue, et ensuite avoir fait chier mes parents pour qu’ils me paient des K7 vierges pour refaire une copie des albums. Je me souviens de chaque morceau, je connais encore les rythmiques par cœur, et quand je repense à ces albums, je repense à cette époque, à l’école, aux potes, aux échanges de K7, au premier album de SOAD, à la nuit blanche pour mater le concert Family Values sur MTV (ouais, quand MTV passait encore de la musique à la téloche)… Le bon vieux temps, en somme. Et ce bon vieux temps, je me le reprends en pleine poire aujourd’hui. Parce que Korn nous propose un album qui fleure bon les 90’s, un retour aux sources fracassant.

L’enchainement « Insane »-« Rotting In Vain » en est le parfait exemple : deux singles imparables, deux morceaux dans la plus pure veine des premiers albums, la prod’ monstrueuse en plus. Même les lignes de « chant » de Jon Davis à la « Twist » sur « Rotting In Vain » y sont ! Ok, c’est de la nostalgie pure et dure, ok, ce virage « retour aux sources » est probablement dicté par une volonté de se tourner à nouveau vers les vieux fans de la première heure qui seraient peut-être plus enclins à mettre la main au portefeuille, mais que c’est bon !

The Serenity Of Suffering est une synthèse équilibrée des deux premiers albums de Korn et de Issues (je fais volontairement l’impasse sur Follow The Leader que j’associe davantage aux premières expérimentations du groupe et aux featurings en pagaille), un recueil de morceaux efficaces en diable. Là où Coal Chamber avait échoué dans sa volonté de revenir avec un album de Néo crédible, Korn relève ce défi haut la main. Sans véritable temps mort, Jon Davis et ses acolytes nous ramènent 17 à 20 ans en arrière, quand le Néo était le nouveau roi du Metal. Les protagonistes ont pris du poids et des rides, les fans de l’équipe aussi, mais la magie opère toujours. Korn fait partie de ceux qui ont été à l’origine de ce genre. Il était donc évident que ce groupe faisait partie des rares capables de le ramener à la vie.

Cet album est une Madeleine de Proust, clairement. Si l’on accepte ce postulat de départ, on ne peut que se réjouir de la qualité de cette galette. Et leur pardonner leurs expérimentations les plus étranges. Oui, oui, nous sommes bien en 2016… mais tout au fond de moi, on est de retour en 1996.

Mister Patate (7,5/10)

Facebook officiel

Roadrunner Records / 2016
Tracklist (40:38) 1. Insane 2. Rotting in Vain 3. Black is the Soul 4. The Hating 5. A Different World (Feat. Corey Taylor) 6. Take Me 7. Everything Falls Apart 8. Die Yet Another Night 9. When You're Not There 10. Next In Line 11. Please Come For Me

witchery-majestyVoilà un revenant  un poil inattendu, Witchery, le groupe mêlant Thrash, Death, et Black est de retour avec un sixième album histoire de fêter 20 ans d'existence. Du côté du line up on retrouve le guitariste Jensen (The Haunted), le guitariste Rikard Rimfält (Seance) et le bassiste Sharlee D’Angelo (Arch Enemy), deux nouvelles têtes apparaissent : au micro, Angus Norder (Nekrokraft) et à la batterie Chris Barkensjö ( LIK). C'est bien le problème majeur avec les groupes de stars (au delà du fait que le line up ne garanti pas forcément la qualité), le manque de disponibilité qui fragilise l'édifice. Pour autant Witchery n'a pas perdu de son énergie malgré des péripéties qui auraient sans doute provoqué la cessation totale d'activité chez d'autres. Très vite on constate que les nouvelles additions au line up se sont bien intégrées au paysage.
Des vocalises à la section rytnmique, les nouveaux respectent la signature du groupe. L'album entame énergiquement son périple, et ne va pas baisser la garde, du clin d'oeil à Slayer, à l'inévitable composition qui rappelle furieusement The Haunted  (forcément…), la percutante "The Burning Of Salem", tout est fait pour qu'on ait envie d'y croire. Avec en prime un son qui colle aux murs, et une tendance à être plus direct, plus sauvage en somme. Tout serait aux poils dans un monde de bisounours, mais on connait le parcours chaotique du groupe et les occupations intenses des membres les plus éminents du combo, ce qui à tendance à refourguer Witchery dans l'ombre. Dommage, parce que la mixture Black No Roll, Thrash Death est toujours accrocheuse et efficace et ne s'essoufle pas tout au long de l'album. Et ce d'autant que cet album plus sobre aux compositions ramassées qui vont à l'essentiel, sans une brochette d'invités qui se bousculent, est bien plus consistant que le précédent. Amateurs de metal brut de décoffrage et sans concession, vous devriez jeter une paire d'oreilles du côté des suédois.

Hamster (07.5/10)

www.facebook.com/officialwitchery

Century Media / 2016

Tracklist (37:55) : 01. Lavey-athan 02. Zoroast 03. Netherworld Emperor 04. Nosferatu 05. The Burning Of Salem 06. Gilded Fang 07. Empty Tombs 08. In Warm Blood 09. Escape From Dunwich Valley 10. Feed The Gun 11. Oath Breaker