En bon label autrichien, Napalm Records se doit de penser aussi à ses marchés nationaux en complément de sa volonté de conquérir le monde et de tailler des croupières aux autres gros labels indépendants (Nuclear Blast zum beispiel…). Dans cette catégorie de groupes qui n’ont véritablement d’intérêt que pour les allemands, autrichiens ou suisses alémaniques, voici KANZLER & SÖHNE. Késako ? un nouveau groupe qui mélange métal et rap, le tout dans la langue de Goethe.
Donc prenez des grosses guitares avec des rythmiques bien lourdes et grasses et ajoutez là-dessus un chant rappé en mode rentre-dedans. Difficile de trouver que cela fait mauvais ménage, les artistes ayant déjà essayé un tel mélange des genres sont légions. Avec quinze titres en quarante-cinq minutes, vous avez compris que chaque chanson se veut courte et directe. Pas besoin de chercher midi à quatorze heure ici, pas d’orchestration, pas de fioriture pour faire joli, c’est brut de décoffrage tout en cherchant à happer l’auditeur par des refrains simples et efficaces. Enfin sur le papier en tout cas car dans la réalité, l’enthousiasme même des plus charitables va être mis à rude épreuve. La musique ne sert que d’écrin pour les paroles et la majorité d’entre nous risquent de rester de glace devant ces mots, engagés sans aucun doute, mais surtout en allemand. Cela ne gêne pas et apporte même un supplément d’âme à un RAMMSTEIN dans un genre indus ou un FINSTERFORST dans un genre folk mais il faut ici constater que la mayonnaise ne prend pas de la même manière. Les diverses compositions ne s’avèrent pas assez accrocheuses par elles-mêmes pour passer cet écueil. Cela tombe bien, Durch die Wände ne nous est surement pas destiné et notre avis importe peu au quatuor et à son label.
Amis germanophones, si vous voulez réviser vos gammes et vous confronter à la langue allemande moderne et contemporaine, KANZLER & SÖHNE pourrait être un groupe intéressant. Cela vous changera d’ALLIGATOAH et des FANTASTISCHEN VIER. Sinon, passez votre chemin, Durch die Wände n’est vraiment pas fait pour vous.
Oshyrya (05/10)
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Napalm Records / 2016
Tracklist (45:58 mn) 01. Lauf los 02. Schmerz 03. Durch die Wände 04. Ignorant 05. Scheiß Drauf 06. Haut 07. Brenn 08. Parasit 09. Lass ficken 10. Mehr 11. Wahnsinn 12. Leben 13. Schmerz (feat. Hanybal) 14. Hammer (Bonus Track) 15. Abgefuckt (Bonus Track)
Ecouter un album et en faire la chronique reste avant tout une histoire d’envie. Et franchement, ce nouvel album d’EDEN’S CURSE ne donne pas du tout envie de s’y plonger à cause de cette pochette cheap et un peu racoleuse. Pourtant, votre serviteur avait beaucoup apprécié l’opus précédent, Symphony Of Sin (chronique ici) qui déjà ne brillait pas par sa grande classe visuelle. Enfin bon, une fois cette mauvaise humeur passée, il était temps de se confronter à ce cinquième chapitre de leur œuvre, Cardinal.
Par charité chrétienne j’utilise le pluriel mais en réalité il s’agit bien de son œuvre, puisque Paul Logue reste le dernier des mohicans et la grande tradition du changement de line-up a encore une fois été respectée. Voici donc les apparitions de John Clelland (CODE OF SILENCE) derrière les fûts et de Christian "Chrism" Pulkkinen (SIMULACRUM, ADAMANTRA) aux claviers. Au moins le chanteur, Nikola Mijic n’a pas changé. Il a fallu deux ans de travail pour accoucher de ce disque. Cependant, les fans avaient pu patienter avec un double album live, Live With The Curse, sorti en 2015. Comme sur Symphony Of Sin, exit le Power Metal brutal et un peu cliché, le label parle désormais de métal mélodique. Oui cela joue plutôt vite et bien, les claviers sont nombreux, ainsi que les chœurs et cela apporte un côté Hard FM sympathique. Le timbre de voix de Mikic y fait également beaucoup. Mais on devine que les vieux fans ont de quoi faire la gueule. Cardinal est plutôt un album long avec pas moins de onze nouvelles chansons et plus d’une heure de musique au compteur. Cela devient de plus en plus rare de dépasser els quarante minutes de rigueur. EDEN’S CURSE prend à chaque fois le temps de développer son propos et les différentes lignes mélodiques. Cela donne des compositions assez longues, quatre voir souvent cinq minutes à minima. « Sell Your Soul » fait son petit effet tout comme « Unconditional », un titre hyper mélodique et tout doux en duo avec Liv Kristine (ex-LEAVES’ EYES). Pas de quoi sauter au plafond mais c’est un plaisir de réentendre la belle depuis son départ forcée de son groupe. L’épique « Jéricho » clôt les débats avec une belle efficacité.
Depuis deux albums maintenant, le contraste est fort entre les visuels Power Métal et la réalité de la musique proposée. Bizarre que EDEN’S CURSE continue d’user et d’abuser de ces visuels pas très subtils qui jurent de plus en plus avec l’orientation mélodique qu’ils déploient depuis quelques années. Cela finira par leur jouer des tours. Dans l’ensemble Cardinal affiche de belles dispositions mais peine à égaler Symphony Of Sin. Nous sommes d’évidence en ton en dessous.
Oshyrya (07/10)
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AFM Records / 2016
Tracklist (62:22 mn) 01. Prophets Of Doom 02. Sell Your Soul 03. The Great Pretender 04. Messiah Complex 05. Find My Way 06. Kingdom Of Solitude 07. Utopian Dreams 08. This Is Our Moment 09. Rome's On Fire 10. Unconditional (feat. Liv Kristine) 11. Saints & Sinners 12. Jericho
Deux ans après Black Power Flower (chronique ici), voici que le chanteur, guitariste et batteur Brant Bjork est de retour avec sept nouvelles chansons et donc un nouvel album sous le bras. Contre vents et marées, le fondateur de KYUSS continue son bout de chemin et alimente régulièrement ses fans de nouvelles chansons, toujours dans cette veine Desert Rock attendue.
Tao Of The Devil s’inscrit dans la continuité de Black Power Flower et de tous les disques précédents d’ailleurs. Exit THE LOW DESERT PUNK BAND (en tout cas sur l'affiche) cette fois-ci mais ce changement reste plus cosmétique qu’autre chose. La feuille de marijuana est toujours bien présente sur le visuel de la pochette, ouf nous sommes rassurés. Il parait que ce disque est plus orienté chansons, plus groovy et plus orienté seventies que ses prédécesseurs. Si le label le dit, nous les croyons sur parole même si l’écoute de ces sept nouvelle compositions peine à confirmer ces propos. Sans être un spécialiste de ce genre musical cela apparait comme bonnet blanc, blanc bonnet par rapport à Black Power Flower ou Gods & Goddesses. Gros riffs, bien lents et gros, mélodies accrocheuses et racines seventies évidentes. Difficile de ne pas penser que la majorité de ses chansons soient nées de jam entre Brant Bjork et ses camarades de jeu, autour d’un riff ou d’une rythmique. Le savoir-faire est évident même si, à moins d’être un fan incommensurable de cette scène, une certaine lassitude pointe rapidement le bout de son nez. Les compositions se ressemblent quand même furieusement, il faut attendre quelques changements de rythmes ici et là, comme sur « Luvin’ » pour trouver une once de variété dans le propos artistique proposé. « Dave’s War » s’avère être le plat de résistance de ce disque avec plus de dix minutes au compteur. Cela se présente comme un joli pot-pourri du savoir-faire de l’américain et laisse à chaque écoute une très bonne impression.
Avec Tao of the Devil, Brant Bjork livre la marchandise attendue et le disque s’écoute sans déplaisir mais sans enthousiasme non plus tant chacune des chansons est attendue et anticipée. Ses retrouvailles avec John Garcia au sein de VISTA CHINO s’était avérée beaucoup plus convaincante. On verra bien ce que l’avenir nous réserve.
Oshyrya (06/10)
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Napalm Records / 2016
Tracklist (40:00 mn) 01. The Gree Heen 02. Humble Pie 03. Stackt 04. Luvin' 05. Biker No. 2 06. Dave's War 07. Tao Of The Devil