Voilà un revenant un poil inattendu, Witchery, le groupe mêlant Thrash, Death, et Black est de retour avec un sixième album histoire de fêter 20 ans d'existence. Du côté du line up on retrouve le guitariste Jensen (The Haunted), le guitariste Rikard Rimfält (Seance) et le bassiste Sharlee D’Angelo (Arch Enemy), deux nouvelles têtes apparaissent : au micro, Angus Norder (Nekrokraft) et à la batterie Chris Barkensjö ( LIK). C'est bien le problème majeur avec les groupes de stars (au delà du fait que le line up ne garanti pas forcément la qualité), le manque de disponibilité qui fragilise l'édifice. Pour autant Witchery n'a pas perdu de son énergie malgré des péripéties qui auraient sans doute provoqué la cessation totale d'activité chez d'autres. Très vite on constate que les nouvelles additions au line up se sont bien intégrées au paysage.
Des vocalises à la section rytnmique, les nouveaux respectent la signature du groupe. L'album entame énergiquement son périple, et ne va pas baisser la garde, du clin d'oeil à Slayer, à l'inévitable composition qui rappelle furieusement The Haunted (forcément…), la percutante "The Burning Of Salem", tout est fait pour qu'on ait envie d'y croire. Avec en prime un son qui colle aux murs, et une tendance à être plus direct, plus sauvage en somme. Tout serait aux poils dans un monde de bisounours, mais on connait le parcours chaotique du groupe et les occupations intenses des membres les plus éminents du combo, ce qui à tendance à refourguer Witchery dans l'ombre. Dommage, parce que la mixture Black No Roll, Thrash Death est toujours accrocheuse et efficace et ne s'essoufle pas tout au long de l'album. Et ce d'autant que cet album plus sobre aux compositions ramassées qui vont à l'essentiel, sans une brochette d'invités qui se bousculent, est bien plus consistant que le précédent. Amateurs de metal brut de décoffrage et sans concession, vous devriez jeter une paire d'oreilles du côté des suédois.
C’est amusant comme avec le temps et un peu d’expérience, les plus grosses ficelles marketing apparaissent d’emblée comme discutables et donnent l’impression d’être considérés comme des pigeons. En 2015, alors que SERIOUS BLACK se présentait à nous avec un album sous le bras, As Daylight Breaks (chronique ici), jurant ses grands dieux que ce n’était pas qu’un super groupe de circonstance mais un vrai projet soutenu par chacun de ses membres, nous pouvions naïvement croire à cette fable. Mais dès les événements promos qui suivaient, Thomen Stauch (ex-BLIND GUARDIAN) manquait à l’appel et il ne fallait pas être grand clair non plus pour savoir que Roland Grapow (MASTERPLAN, ex-HELLOWEEN) ferais vite de même.
Bref SERIOUS BLACK reste bien le projet de Mario Lochert (EMERGENCY GATE, ex-VISIONS OF ATLANTIS) et il s’entoure de petits camarades selon ses besoins. Pour la cuvée 2016, il est entouré d’Urban Breed (ex-TAD MOROSE, ex-BLOODBOUND), Dominik Sebastian (EDENBRIDGE) et Jan Vacik (ex-DREAMSCAPE) comme en 2015 et de de deux petits nouveaux: Bob Katsionis (FIREWIND) et Alex Holzwarth (ex-RHAPSODY OF FIRE). Tout le monde est bien connu des métalleux amateurs de power / speed mélodique et on peut parier que certains d’entre eux ne sont là que pour faire de l’intérim.
Musicalement parlant, rien de change vraiment depuis As Daylight Breaks. SERIOUS BLACK propose ce qu’il sait faire de mieux, un power métal très mélodique et accrocheur. L’expérience joue en leur faveur et la compétence est évidente dès les premières secondes. Après l’intro grandiloquente de rigueur, les choses sérieuses débutent avec « As Long As I’m Alive ». L’auditeur se retrouve immédiatement en terrain connu tellement ces chansons viennent toutes du même moule, chaque chanson évoquera tel ou tel groupe teuton surtout mais aussi suédois. Cela joue vite, bien, le travail de composition a été fait sérieusement, le professionnalisme de l’ensemble saute aux yeux. Maintenant pour l’originalité, il faudra repasser tant tout cela sonne déjà entendu. Le single « Castor Skies » laisse une impression très positive mais pas de quoi se relever la nuit quand même.
Pour résumer Mirrorworld s’inscrit dans la totale continuité de son prédécesseur et livre la marchandise attendue. Les huit nouvelles compositions font tout de même un peu chiche avec à peine trente-six minutes au compteur. Surtout que la version limitée ajoute sept titres en plus, ce choix a de quoi en étonner plus d’un. Les brûlots archi efficaces manquent quand même à l’appel et montre un groupe moins en verve que sur As Daylight Breaks. Le public se lasse vite, surtout en ce moment.
Tracklist (36:08 mn) 01. Breaking The Surface 02. As Long As I’m Alive 03. Castor Skies 04. Heartbroken Soul 05. Dying Hearts 06. You’re Not Alone 07. Mirrorworld 08. State Of My Despair 09. The Unborn Never Die
En bon label autrichien, Napalm Records se doit de penser aussi à ses marchés nationaux en complément de sa volonté de conquérir le monde et de tailler des croupières aux autres gros labels indépendants (Nuclear Blast zum beispiel…). Dans cette catégorie de groupes qui n’ont véritablement d’intérêt que pour les allemands, autrichiens ou suisses alémaniques, voici KANZLER & SÖHNE. Késako ? un nouveau groupe qui mélange métal et rap, le tout dans la langue de Goethe.
Donc prenez des grosses guitares avec des rythmiques bien lourdes et grasses et ajoutez là-dessus un chant rappé en mode rentre-dedans. Difficile de trouver que cela fait mauvais ménage, les artistes ayant déjà essayé un tel mélange des genres sont légions. Avec quinze titres en quarante-cinq minutes, vous avez compris que chaque chanson se veut courte et directe. Pas besoin de chercher midi à quatorze heure ici, pas d’orchestration, pas de fioriture pour faire joli, c’est brut de décoffrage tout en cherchant à happer l’auditeur par des refrains simples et efficaces. Enfin sur le papier en tout cas car dans la réalité, l’enthousiasme même des plus charitables va être mis à rude épreuve. La musique ne sert que d’écrin pour les paroles et la majorité d’entre nous risquent de rester de glace devant ces mots, engagés sans aucun doute, mais surtout en allemand. Cela ne gêne pas et apporte même un supplément d’âme à un RAMMSTEIN dans un genre indus ou un FINSTERFORST dans un genre folk mais il faut ici constater que la mayonnaise ne prend pas de la même manière. Les diverses compositions ne s’avèrent pas assez accrocheuses par elles-mêmes pour passer cet écueil. Cela tombe bien, Durch die Wände ne nous est surement pas destiné et notre avis importe peu au quatuor et à son label.
Amis germanophones, si vous voulez réviser vos gammes et vous confronter à la langue allemande moderne et contemporaine, KANZLER & SÖHNE pourrait être un groupe intéressant. Cela vous changera d’ALLIGATOAH et des FANTASTISCHEN VIER. Sinon, passez votre chemin, Durch die Wände n’est vraiment pas fait pour vous.