Depuis 1979, Saint Vitus a donné ses lettres de noblesse au doom américain. Mené d’une main de fer par Dave Chandler (guitares), le groupe a gagné en notoriété dès Born too late avec l’arrivée de Scott « Wino » Weinrich (voix et guitares). Le départ de la relation tumultueuse entre les deux hommes. Nous vous passerons les histoires de split, de rabibochages et autres joyeusetés dignes des « Feux de l’amour ». Sachez juste, à l’heure actuelle, que Wino s’est encore fait dégager pour de sombres histoires de stupéfiants. Live Vol.2 risque bien d’être le dernier album où l’on entend le chanteur.
Saint Vitus nous offre ici un bon aperçu de la tournée qui a fait suite à l’excellent Lillie :F-65. Le groupe n’a plus rien à prouver et propose un show imparable. Fort d’une set-list solide, Saint Vitus joue le jeu de la promo et dégaine trois titres de son dernier album studio (« Let them fall », « The bleeding ground » et « The waste of time »). Le public n’y perd pas au change, ces trois extraits gagnent en puissance et en dynamisme. La voix ne défaille pas, le groupe se fait plaisir. Des torrents de fuzz se déversent ; on se délecte des morceaux tirés de Hallow’s victim et Born too late. La doublette « Dying inside/Born too late » clôt avec brio ce concert bien trop court.
Disponible en édition limitée avec le bootleg Marbles in the moshpit, Live Vol.2 restera le témoignage fidèle de ce qu’est Saint Vitus avec son meilleur vocaliste. Ceci dit, aucune raison de se lamenter ; le groupe vient de réintégrer son premier chanteur Scott Reagers… Et Wino vient de réactiver The obsessed.
01. War Is Our Destiny 02. Look Behind You 03. Let Them Fall 04. The Bleeding Ground 05. Patra (Petra) 06. The Troll 07. The Waste Of Time 08. White Stallions 09. Thirsty And Miserable 10. Dying Inside 11. Born Too Late
FM nous avait déjà le coup il y a quelques années avec son Indiscreet 25 Liveil y a quelques années : surfer sur le souvenir (et la qualité) de son premier album, le fameux Indiscreet. Rebelotte : trente années après, le groupe de Steve Overland propose un nouvel enregistrement de son Indiscreet. On a fait franchement mieux comme idée originale, mais il s'agit peut-être d'une manière pour Overland et les siens de récupérer des royalties qui auraient tendance à leur échapper.
Quoi de neuf sur ce Indiscreet 30 qui mériterait autre chose que des commentaires railleurs ? Un réinterprétation de qualité et surtout subtilement modernisée. Il faut bien admettre que le son et l'interprétation du disque original sonnaient de manière assez datée. Disons franchement que la touche 80' est ici moins présente et c'est loin d'être une mauvaise chose. Le tout est aussi un chouïa plus vigoureux ce qui ne pourra pas pour déplaire.
Mais c'est quand même peu, sachant que les nouvelles versions ne sont pas franchement révolutionnaires non plus. L'autre point fort de Indiscreet 80 est sa setlist : outre les neuf morceaux, on trouve pas moins de 7 bonus tracks ce qui double presque la durée globale. Certes, nombre de ces morceaux étaient archi-connus comme « Let Love Be The Leader », mais il faut bien dire qu'ils sont de très bonne tenue dans l'ensemble. La version de « Shot In The Dark » que le filou d'Ozzy s'était appropriée apparait telle qu'elle fut conçue à l'époque de Wildlife ; c'est un plaisir de la découvrir sans la voix geignarde d'Osbourne.
Au final, on peut dire que cet Indiscreet est supérieur à sa version originale et qu'à défaut de posséder le premier, on peut parfaitement acquérir la version de 2016. C'est sans doute la seule réponse pertinente à la question : quel intérêt à ce Indiscreet 30 ?
Baptiste
Frontiers / 2016
Tracklist : LP original – 1. That Girl 2. Other Side Of Midnight 3. Love Lies Dying 4. I Belong To The Night 5. American Girls 6. Hotwired 7. Face To Face 8. Frozen Heart 9. Heart Of The Matter + bonus tracks – 10. Let Love Be The Leader 11. Running On Empty 12. Rainbow’s End 13. Shot In The Dark 14. Bad That’s Good In You 15. Love & Hate 16. That Girl (Acoustic Version)
Dans la rédaction nous n'avons jamais douté du potentiel des musiciens de Destrage. Le groupe Milanais est capable d'en mettre pein les oreilles, plus que jamais avec cette aisance déconcertante, tout en étant capable de se vautrer sur des passages longs et qui égarent l'auditoire au pire dans l'ennui, au mieux dans la surprise, mais toujours en sacrifiant le moindre semblant de cohérence.
Il est indéniable que le combo fourmille d'idées, mais pour ma part j'ai toujours estimé que le groupe gagnerait en efficacité à faire le tri dans son foutoir auditif. Il semble que ce quatrième album soit le signe que le groupe se concentre enfin sur moins de figures de style, sans pour autant renoncer à ses démonstrations. Le titre éponyme démarre en douceur, étalant avec finesse les influences progressives du groupe, une entrée en matière trompeuse, tant la suite s'avère plus épicée. Le groupe monte en puissance au fil des titres, moins chaotique tout en restant varié, tandis que les milanais se montrent généreux dans l'avalanche de riffs de guitares, accompagnés d'une section rythmique qui cogne. Moins dispersé, le groupe devient plus convaincant et accrocheur. Un titre énergique tel " Symphony Of The Ego " est accrocheur et percutant, en dépit du fait que le chant un poil hystérique devrait effrayer quelques paires d'oreilles sensibles. C'est sans doute Paolo Colavolpe qui devrait susciter le plus de tiraillements entre son chant clair, et son chant hurlé mais pour autant Destrage s'affirme et il fait partie de la signature du groupe. Plus concentré et plus efficace, Destrage délivre un album solide avec du progressif, du core, du djent, tout en restant accessible.
Tracklist (55:50) : 1. A Means to No End 2. Don't Stare at the Edge 3. Symphony of the Ego 4. Silent Consent 5. The Flight 6. Dreamers 7. Ending to a Means 8. Peacefully Lost 9. Not Everything Is Said 10. To Be Tolerated 11. Blah Blah 12. A Promise, a Debt 13. Abandon to Random