Dans la rédaction nous n'avons jamais douté du potentiel des musiciens de Destrage. Le groupe Milanais est capable d'en mettre pein les oreilles, plus que jamais avec cette aisance déconcertante, tout en étant capable de se vautrer sur des passages longs et qui égarent l'auditoire au pire dans l'ennui, au mieux dans la surprise, mais toujours en sacrifiant le moindre semblant de cohérence.
Il est indéniable que le combo fourmille d'idées, mais pour ma part j'ai toujours estimé que le groupe gagnerait en efficacité à faire le tri dans son foutoir auditif. Il semble que ce quatrième album soit le signe que le groupe se concentre enfin sur moins de figures de style, sans pour autant renoncer à ses démonstrations. Le titre éponyme démarre en douceur, étalant avec finesse les influences progressives du groupe, une entrée en matière trompeuse, tant la suite s'avère plus épicée. Le groupe monte en puissance au fil des titres, moins chaotique tout en restant varié, tandis que les milanais se montrent généreux dans l'avalanche de riffs de guitares, accompagnés d'une section rythmique qui cogne. Moins dispersé, le groupe devient plus convaincant et accrocheur. Un titre énergique tel " Symphony Of The Ego " est accrocheur et percutant, en dépit du fait que le chant un poil hystérique devrait effrayer quelques paires d'oreilles sensibles. C'est sans doute Paolo Colavolpe qui devrait susciter le plus de tiraillements entre son chant clair, et son chant hurlé mais pour autant Destrage s'affirme et il fait partie de la signature du groupe. Plus concentré et plus efficace, Destrage délivre un album solide avec du progressif, du core, du djent, tout en restant accessible.
Tracklist (55:50) : 1. A Means to No End 2. Don't Stare at the Edge 3. Symphony of the Ego 4. Silent Consent 5. The Flight 6. Dreamers 7. Ending to a Means 8. Peacefully Lost 9. Not Everything Is Said 10. To Be Tolerated 11. Blah Blah 12. A Promise, a Debt 13. Abandon to Random
Dire que ce nouvel album des grenoblois de NIGHTMARE est attendu au tournant reste un joli euphémisme. Après un changement majeur de line-up, les fans ont de quoi se poser des questions sur la suite des événements et la capacité des musiciens de réagir et rebondir. The Aftermath (chronique ici) publié en 2014 avait fait une très bonne impression et rien ne laissait paraitre els désordres internes qui allaient conduire au départ de Jo et David Amore. Il faudra un an à NIGHTMARE pour se reconstruire avec l’injection de sang neuf en la personne de Maggy Luyten (BEAUTIFUL SIN, BEYOND THE BRIDGE) derrière le micro et Olivier Casula (SANDRAGON, ex-THALIDOMIDE) derrière les fûts. Reconnaissons que les deux petits nouveaux ne sont pas des perdreaux de l’année et possède déjà une sacrée expérience.
Les premières écoutes de Dead Sun ont de quoi rassurer tout un chacun. Yves Campion continue de mener fermement le bateau NIGHTMARE et n’a pas l’intention de changer son fusil d’épaule. Pas de métal folk électronique ici mais encore et toujours un power métal direct et racé. Et j’ajouterai même un peu plus brutal que d’habitude avec une Maggy Luyten qui n’hésite pas à donner de la voix et à frôler régulièrement l’extrême. Pas de chichi ni de fioritures dégoulinantes, cela doit tabasser fort dès les premières secondes. « Infected » rempli parfaitement se rôle et ouvre les hostilités avec un certain panache. Pas de révolution donc mais une continuité assumée avec le passé. Malgré les embûches, NIGHTMARE n’a pas l’intention de ralentir le rythme et de changer sa course vers les sommets. Difficile de faire des comparaisons avec le groupe dans sa formation précédente, essayer de définir si Luyten est plus ou moins fort que Luyten serais particulièrement stérile. La belge montre encore une fois son talent et la musique semble tailler pour elle. Pas de quoi rougir le boulot est fait. Même constat du côté de Casula qui frappe sa batterie comme un mort de faim tout au long du disque avec une belle précision. Les chansons s’avèrent très calibrées, entre quatre et cinq minutes, et laisse de côté le visage plus épique expérimenté dans le passé. Il fallait sans doute pour NIGHTMARE avant tout frapper fort et ne pas chercher à expérimenter. Les bons moments s’enchainent, que ce soit « Infected », « Starry Skies Gone Black », « Ikarus » ou encore « Serpentine ». Signalons sur cette dernière la présence en guest de Kelly Sundown Carpenter (ADAGIO, Ex-plein de trucs).
Un dixième album reste pour tout groupe une belle consécration, ils ne pas si nombreux à atteindre ce jalon. Dead Sun fait honneur à NIGHTMARE et à son passé, tant sur le fond que sur la forme. Tout reste comme toujours très soigné et les grenoblois peuvent reprendre leur marche en avant après quelques longs mois de flottement. Avec le départ de Jo Amore, Yves Campion reste le dernier des mohicans et fait perdurer la tradition. Tant qu’il sera là, NIGHTMARE vivra.
Tracklist (53:28 mn) 01. Infected 02. Of Sleepless mind 03. Tangled In The Roots 04. Red Marble & Gold 05. Ikarus 06. Indifference 07. Dead Sun 08. Seeds Of Agony 09. Inner Sanctum 10. Serpentine 11. Starry Skies Gone Black
Si la discographie de Crippled Black Phoenix alterne le chaud et le froid, force est de constater que le groupe affiche une forme éclatante. Son dernier E.P. New dark age en est la preuve. Justin Greaves et consorts peuvent s’attaquer à des montagnes sans sourciller ; reprendre « Echoes » de Pink Floyd sans se ridiculiser n’est pas donné à tout le monde. C’est donc sur cet état de fait que nous attendions la suite, la bave aux lèvres. Cela tombe bien car Bronze s’avère être le meilleur album de Crippled Black Phoenix.
Après une intro synth-wave évoquant le Vangelis de « Blade Runner », le collectif entre dans le vif du sujet. « Deviant burials » donne le ton. Ici, nous avons affaire à un metal progressif de qualité où toutes les compos s’avèrent passionnantes d’un bout à l’autre. « No fun », solide morceau, muscle le propos et évoque le Tool des grands jours. Si « Rotten memories » calme le jeu, Greaves enchaîne avec un des pics de l’album, « Champions Of Disturbance ». Ce long morceau épique propose un solide songwriting et finit sur quelques surprenantes touches electro. Autre sommet, ce « Turn to stone » hypnotique qui se révèle lourd et aérien à la fois. La suite est un chouïa en deçà, mais la qualité reste de haut niveau.
Crippled Black Phoenix entre définitivement au Panthéon de ces groupes inclassables qui offrent une vision inédite de la musique. En ne s’imposant aucune limite et possédant une qualité d’écriture ébouriffante (« Winning a losing battle ») le groupe devient, comme ce dernier opus, unique et précieux.
01. Dead Imperial Bastard 02. Deviant Burials 03. No Fun 04. Rotten Memories 05. Champions Of Disturbance (Pt 1 & 2) 06. Goodbye Then 07. Turn To Stone 08. Scared And Alone 09. Winning A Losing Battle 10. We Are The Darkeners