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Mister Patate
Oct
21
Meshuggah, un groupe qui divise. Visionnaire pour les uns, cliniquement complexe pour les autres, les Suédois ne laissent personne indifférent. La preuve ? Même le site Metal-Archives rechigne à le classer dans le Metal et justifie sa présence sur ses pages par les premiers albums du groupe, catalogués en groove/thrash technique. Personnellement, ces histoires d’étiquette ne m’intéressent pas. Ce qui m’intéresse, c’est le sentiment suscité par la musique, et à ce petit jeu-là, The Violent Sleep Of Reason m’a séduit.
Son prédécesseur, Koloss, m’avait donné l’impression d’un album « light », plus accessible. Cette évolution pouvait laisser entrevoir une volonté du groupe de mettre de l’eau dans son vin, de poursuivre sa mue. Mais il n’en est rien. Sur The Violent Sleep Of Reason, Meshuggah revient à ce qui faisait son charme, à ses dissonances, ses cassures de rythme, ses structures complexes qui suscitent un sentiment continu de tension. Et c’est sous cette forme que Meshuggah est le plus efficace. Oh, on peut leur reprocher leur côté chirurgical et, surtout, un énorme manque de spontanéité. Chaque pièce du puzzle doit être parfaitement fixée à sa voisine pour que l’ensemble tienne bon. Là où certains albums, dans d’autres genres, semblent tenir avec trois bouts de ficelle et un chewing gum tout en gardant une efficacité imparable, Meshuggah fait l’effet d’une horloge atomique.
Après un interlude plus accessible, The Violent Sleep Of Reason fait l’effet d’un « retour aux sources » pour la bande d’Umea. Les parrains du Djent prouvent à nouveau qu’ils ne tolèrent aucune concurrence sur leurs terres. Pendant que 99 % des artistes se contentent de suivre les règles du jeu et de singer leurs idoles, Meshuggah reprend ses manuels, les dépoussière, les restructure et établit lui-même ses règles. Du grand art.
Mister Patate (9/10)
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Nuclear Blast Records / 2016
Tracklist (58:55) 1. Clockworks 2. Born in Dissonance 3. MonstroCity 4. By the Ton 5. Violent Sleep of Reason 6. Ivory Tower 7. Stifled 8. Nostrum 9. Our Rage Won't Die 10. Into Decay
Depuis la sortie d'Heritage, le monde des fans d'Opeth s'est scindé en deux: certains ont accepté l'évolution du groupe de Mikael Åkerfeldt tandis que d'autres ont violement rejeté le virage prog seventies pris par les Suédois. Le suivant, Pale communion, n'a rien fait pour calmer le jeu et a continué à diviser. Surprise, et contre toute attente, Sorceress possède beaucoup d’atouts pour changer la donne.
Désormais chantre du prog-rock au groove seventies, Opeth nous offre avec Sorceress son album le plus abouti dans ce genre. Si ses deux prédécesseurs pouvaient souffrir de quelques carences de composition, il n’en est rien ici. Passé « Persephone » qui joue correctement son rôle d’intro, Sorceress attaque dans le vif du sujet. Le morceau éponyme se révèle comme l’une des meilleures réalisations d’Opeth. Amples et ambitieuses, les cinq minutes et quarante-neuf secondes remplissent amplement le contrat. Mikael Åkerfeldt s’est complètement retrouvé. Il propose un morceau qui est la parfaite synthèse du nouveau et de l’ancien Opeth. « The wilde flowers », taillé pour le live, est un tube imparable ; il possède cette vibration qui manquait tant aux deux précédentes productions. La suite est du même acabit : « Strange brew » nous rappelle les meilleurs moments de Yes ; « Era » clôt l’affaire de manière classique et convaincante. L’incroyable travail de production, poussant les compositions vers le haut, est aussi à retenir.
Sorceress est donc un album rassurant. Il démontre en onze morceaux qu’Opeth a bien fait d’oser, en 2011, ce changement radical de style musical. Opeth est un groupe libre. Il fait avec talent ce que bon lui semble sans demander son reste. L’apanage des grands.
Nico (9/10)
Site Officiel : http://www.opeth.com/
Nuclear Blast/ 2016
01. Persephone 02. Sorceress 03. The Wilde Flowers 04. Will O The Wisp 05. Chrysalis 06. Sorceress 2 07. The Seventh Sojourn 08. Strange Brew 09. A Fleeting Glance 10. Era 11. Persephone (Slight Return)
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Hamster Forever
Oct
18
Le groupe Wovenwar formé sur les cendres d'As I Lay Dying récidive deux ans après son premier album. Sans surprise, le second album du groupe repose sur les mêmes fondations que son prédécesseur, il poursuit sa démarche dépouillée de toute brutalité, pour proposer un metalcore soft et un tantinet fade. Il arrive parfois que le groupe tente de montrer ses muscles à l'instar du titre " Stones Thrown ", mais la plupart du temps le groupe semble préférer fracasser l'auditoire à coups d'édredon. Comme le disait Mister patate, le groupe possède l'avantage d'être cohérent, quant à convaincre les amateurs de metal, c'est une autre paire de manches. L'album se laisse écouter c'est certain, les musiciens n'ont rien de manchots paumés sur la banquise et savent ficeler leurs compositions, mais cela reste un poil trop mou. Trop classique, trop balisé dans les figures imposées du genre pour susciter l'enthousiasme. Mais l'écoute de cet exercice ne fait pas regretter pour autant la disparition d'As I Lay Dying cela dit. C'est toujours ça de pris. Qui sait le moutalcore va peut être trouver son public…
Hamster (06/10)
wovenwar.com
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Metal Blade / 2016
Tracklist (38 minutes) 1. Confession 2. Censorship 3. Honor Is Dead 4. Lines in the Sand 5. World on Fire 6. Compass 7. Stones Thrown 8. Cascade 9. Silhouette 10. Bloodletter 11. 130