J’ai réceptionné ce skeud début juillet alors oui vous pouvez me faire « Bouh ! » car on peut dire que j’ai pris mon temps. Je mérite même que vous me jetiez des pierres. De toute façon je peux encaisser à présent vu que je me suis pris l’équivalent d’un semi de parpaings sur la gueule durant les longues heures d’écoute de Dirge, le premier album des allemands de Dejected Mass. Un album qui fait suite à deux démos : Thougts on the Edge (2015) et Dejected Mass (en début d'année). Il vous est possible d’écouter tout le matériel de Dejected Mass sur son site ici. Formé en 2013, ce trio façonne un Doom Death Metal bien extrême et ultra lourd. On peut même dire que Dejected Mass fusionne à merveille le Death Metal oldschool primitif, le Doom Metal Extrême ainsi que le Sludge Doom mais celui ultra bourrin et basique comme Primitive Man sait très bien le faire et dont Mr Brute Force a fait la chronique du premier album ici, je vous avais pour ma part également recommandé l’écoute de leur dernier EP dans ma chronique ici.
Nous avons donc à faire sur Dirge à une œuvre très minimaliste et sans fioriture mais avec cependant une esthétique sonore Fuzz Doom voir Drone Doom. Vous voyez le genre de son qui traine avec du gros larsen bien gras ! Dejected Mass peut aussi faire penser aux français de Abjvration (ma chronique ici) mais en bien plus lent et lourd. Il faut d’ailleurs reconnaître que le travail de production est parfait pour le style pratiqué. Tout a été enregistré, mixé et masterisé sur une courte période au "Die Tonmeisterei" un studio de Oldenburg en Allemagne (site ici). Un son gras et ample avec énormément de saturations dans les basses ! Putain que c’est bon ! Tous les morceaux présents sur Dirge ont la même optique : vous tasser toutes les vertèbres jusqu’à ce qu’elles ne fassent plus qu’une seule masse osseuse ! Autant vous dire que le travail de sape réalisé par nos trois bucherons s’étalant sur près de 53 minutes, Dirge va très vite vous exploser les terminaisons nerveuses. Si vous n’avez aucune idée de ce que veut dire le terme Doomed, Dejected Mass s’emploiera à vous le faire sentir à grand renfort de Down-tempo et de riffing patibulaire ! Une condamnation cruelle et fatale ! Il faut ajouter à ce lourd labeur de destruction des Deathgrawls profonds, haineux mais surtout bien callés et propageant des textes sur le misérabilisme, le pessimisme, la mort et la souffrance. Vous obtiendrez alors un cocktail détonnant et extrême bien corrosif !
En gros si vous avez accroché à la musique de groupe comme Primitive Man, Coffinworm, Thou voire Cowards ou Abjvration, Dejected Mass et le propos de Dirge vous comblera très certainement. Ses longues compositions peuvent être ressenties comme monolithiques pour les non initiés mais la qualité de la production ainsi que la force de conviction qui transpire et ressort sur ses six violentes processions, font de Dirge un excellent album de Doom Metal Extrême aux contours Sludge, Drone et Death Metal. En effet la musique pratiqué ici par Frank Kron (batterie), Christian Nann (chant et guitares) et Jan Bletsch (basse) s’adresse avant tout à un publique averti et ne ravira que les extrémistes. Une bonne surprise conçue de manière totalement indépendante en autoproduction. C’est assez con d’ailleurs que ce skeud ne soit disponible qu’en version digitale car il aurait mérité un tirage physique mais bon sait-on jamais, si quelqu’un lit ces lignes peut-être que…
FalculA (8/10)
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Autoproduction / 2016
Tracklist (52:48) : 1. Bonds of Sadness 2. Crave 3. Branch of Freedom 4. Methanol Death 5. Desensitized 6. Worthless Life.
<a data-cke-saved-href="http://dejectedmass.bandcamp.com/album/dirge" href="http://dejectedmass.bandcamp.com/album/dirge">DIRGE by DEJECTED MASS</a>
DIRGE by DEJECTED MASS
Dinosaur Pile-Up est un groupe britannique méritant. Encore confidentiel, ce power-trio a sorti deux albums qui ont rencontré un succès d’estime. Eleven Eleven, qui débarque avec un peu de retard chez nous (car sorti en 2015 en Angleterre), risque bien de changer la donne.
L’affaire débute avec un tube irrésistible. « Eleven eleven » entre dans la tête pour ne plus en sortir. « Red and purple » enchaîne dans la même lignée. L’album est une suite de morceaux évidents qui ne vous lâchent plus par la suite. Autre bon point, le rock alternatif de Dinosaur Pile-Up est très bien exécuté. Mieux encore, on sent tout au long de l’album une sincérité réelle. Eleven Eleven nous transporte dans ces glorieuses nineties où le rock n’était pas encore un gros mot. Les influences sont évidentes, mais jamais redondantes. Helmet, dans une version light, Foo Fighters, Candlebox, Stone Temple Pilots et Nada Surf sont évoqués, mais jamais au détriment de l’identité du groupe. C’est du tout bon, qu’on aimerait entendre plus souvent sur les ondes.
Dinosaur Pile-Up va faire parler de lui. La première partie de la tournée de Royal Republic tombe à point nommé : le public ne peut que succomber au groupe et à ses mélodies imparables. Et si tout se passe bien, la suite devrait rouler toute seule pour cette talentueuse formation.
Nico (7.5/10)
Site Officiel: http://dinosaurpileup.com/
So Recordings / 2016
01.11:11 02.Red And Purple 03.Grim Valentine 04.Friend of Mine 05.Nothing Personal 06. Anxiety Trip 07.Might As Well 08.Gimme Something 09.Bad Penny 10.Crystalline 11.Willow Tree 12.Cross My Heart
La musique des suédois de ROYAL REPUBLIC est à l’image des membres du groupe: sympathique, colorée, bourrée d’énergie et d’humour. Tout a débuté en 2007 à Malmö et depuis le quatuor avance à fond de train pour notre plus grand plaisir. Leur approche rock entre punk & pop ne mettra que quelques secondes à vous donner une pêche d’enfer et vous afficherez en un clin d’œil un très large sourire.
En effet, comme résister aux effets dévastateurs d’un « Baby » endiablé ou encore d’un « Walk » ? On ne peut alors s’empêcher de secouer la tête et taper du pied en rythme. Chaque nouvelle chanson s’avère être une nouvelle pépite rock ultra-mélodique et accrocheuse. Les suédois sont malins et savent varier leur propos, les rythmes et les tonalités mais ils conservent avec talent une énergie folle et communicative. Cette démarche impose un format très court, les titres tournent autour des trois minutes pour maximiser leur impact. Plus long et cela deviendrait trop sucré et écœurant. ROYAL REPUBLIC joue aussi sur un petit côté old school très agréable avec des sonorités venues du passé (« Kung Fu Lovin' ») et un groove diabolique. Weekend Man passe à toute vitesse et contient quasiment que des tubes en puissance. Les riffs et les mélodies qui font mouche en deux secondes ne se comptent plus. Le chant hyper expressif d’Adam Grahn apporte le glaçage final et n’en rend, le tout, que plus savoureux.
Voir des musiciens hyper talentueux, qui connaissent un très gros succès dans de nombreux pays, signés sur une major, faire preuve d’une telle autodérision et d’humour a de quoi redonner foi dans le genre humain. Il suffit de voir leurs clips vidéos pour s’en convaincre. Sur disque c’est bien mais sur scène c’est encore mieux, une fiesta d’enfer assurée par nos quatre suédois. ROYAL REPUBLIC frappe fort et apporte une touche de légèreté salvatrice dans le contexte actuel. A écouter sans limite pour soigner tous les coups de mou qui pourraient survenir.
Oshyrya (8,5/10)
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Vertigo – Universal / 2016
Tracklist (39:56 mn) 01. . Here I Come (There You Go) 02. Walk! 03. When I See You Dance With Another 04. People Say That I'm Over The Top 05. Kung Fu Lovin' 06. Weekend-Man 07. My Way 08. Follow The Sun 09. Uh Huh 10. Any Given Sunday 11. Baby 12. High Times 13. American Dream