Archive for the ‘ Chroniques ’ Category

Death – Leprosy

Duh duh duh
Duh duh duh

Et si vous n'avez pas prononcé ces duh sur le rythme de l'intro de Leprosy alors que la pochette est juste à votre gauche sur cet écran, vous n'êtes pas un fan de Death Metal. Ou vous êtes mort à l'intérieur. Dans les deux cas, je ne peux rien pour vous. Parce que Leprosy est le prototype même de l'album de Death Metal primitif, le vrai, celui qui date d'une époque où ce genre balbutiait encore, où il fallait encore "tout" inventer. Leprosy est sorti en 1988, mais il reste encore à ce jour mon album de Death (le groupe ET le genre) favori.

Tout d'abord parce qu'il est intemporel. Du haut de ses 28 ans, il est toujours aussi efficace, toujours aussi "contemporain". La production n'a pas mal vieilli (on dit merci à tous les groupes qui se sont succédé pendant toutes ces années et ont mis un point d'honneur à singer ce son), et on pourrait parfaitement présenter ceci à un jeune qui découvre le Metal et lui dire que cet album est sorti il y a deux mois. Je parlais de prototype de l'album-type de Death Metal, j'aurais dû plutôt parler de mètre-étalon.

Et puis, lorsque l'on remet les choses dans leur contexte, Leprosy est une sacrée claque ! Comme Retribution, dont je parlais hier, Leprosy contient son lot de pépites imparables : "Leprosy", "Born Dead, "Left To Die", "Pull The Plug", "Open Casket", "Choke On It"… Sur 8 morceaux, nous tenons déjà 6 morceaux cultes du groupe, des titres qui sont devenus des hymnes. Mieux encore : Gruesome s'est inspiré de cet album pour sortir Savage Land et assume toutes les références, tous les clins d'oeil à cet album. Vous connaissez d'autres groupes qui ont rendu hommage à un album, vous ?

Toujours rugueux, avec une légère évolution technique vis-à-vis de Scream Bloody Gore, Leprosy est mon album de Death préféré. Il contient tous les germes d'un genre. La carrière de Chuck allait seulement décoller avec des albums de plus en plus techniques. Perso, je suis resté coincé sur cette pépite. Un indispensable.

Mister Patate (10/10)

Combat Records / 1988 (réédition Relapse Records / 2014)
Tracklist (38:04) 1. Leprosy 2. Born Dead 3. Forgotten Past 4. Left to Die 5. Pull the Plug 6. Open Casket 7. Primitive Ways 8. Choke on It


Biohazard – State Of The World Address

Fin juin, il y a 20 ans, dans les couloirs de mon école. J'attends mon bulletin (moyen, comme d'hab, je ne me suis pas foulé pendant toute l'année), et mon meilleur pote me file une K7. Non, pas une K7 : LA K7, celle qui allait tout déclencher, celle qui m'a accompagné pendant des années, que j'ai usée jusqu'à la corde. Sur cette K7, un peu de Pro-Pain, un peu de B-Thong, un peu de Beastie Boys (époque Ill Communication) et surtout Biohazard, State Of The World Address. LA révélation. Les années ont passé, mais cet album reste encore et toujours une pierre blanche dans le calendrier de ma vie de Metalleux.

Et pourtant, on est loin du Metal, de celui que j'affectionne tant, avec du sang, du blast, du growl d'ours en rut. Biohazard, c'est du hardcore comme on en fait quasi plus. Vous me direz que je raconte n'importe quoi, et vous me citerez une chiée d'obscurs groupes qui, selon vous, portent bien haut l'étendard du NYHC. Mais vous en connaissez beaucoup, des groupes qui ont su pondre un album aussi efficace que celui-ci ? Dès le premier morceau, Biohazard assène un violent uppercut avec le morceau éponyme pour ensuite enchainer sur une chiée de classiques : "Down For Life", "What Makes Us Tick", "Tales From The Hard Side"… Du kiff en barre non-stop, des hymnes HxC qui restent gravés dans ma mémoire vingt ans après. Putain, j'ai chanté "What Makes Us Tick" en traversant tout le site du Hellfest en 2010 alors que Biohazard jouait à l'autre bout du site, et ça m'avait foutu une banane d'enfer.

Ajoutez à cela quelques petits trucs qui rendent cet album un poil différent des concurrents (l'énorme "How It Is" avec Sen Dog de Cypress Hill) et vous avez un album presque mythique à mes yeux. Certains lui préfèrent Urban Discipline, mais on touche ici au subjectif, au vécu. State Of The World Address n'est pas seulement un album de qualité supérieure. C'est la soundtrack de mes 15 ans.

Mister Patate (classic/10)

Facebook officiel

Warner Bros / 1994
Tracklist (57:36) 1. State of The World Address 2. Down For Life 3. What Makes us Tick 4. Tales From The Hard Side 5. How It Is 6. Remember 7. Five Blocks To The Subway 8. Each Day 9. Failed Territory 10. Lack There Of 11. Pride 12. Human Animal 13. Cornered 14. Love Denied

 

Malevolent Creation – Retribution

Parmi tous les albums de Death Metal que j'ai eu la chance d'écouter, il y en a quelques-uns qui, malgré leur âge, restent de purs joyaux à mes yeux. Et de manière assez étonnante, presque tous sont américains. Tomb of The Mutilated, Leprosy, Covenant, Slowly We Rot : de grands classiques, indémodables, indéboulonnables. Et parmi toutes ces pépites, il y en a une que j'affectionne plus particulièrement : Retribution de Malevolent Creation.

Les raisons de cet amour ? Tout d'abord, il y a ce chant. Je le disais encore l'année passée dans ma chronique de leur dernier album : Brett Hoffmann est un des frontmen les plus efficaces du genre. Son timbre transpire la haine, la rancoeur tout en restant intelligible. Quand il crie "Die Motherfucker" pendant "Slaughter Of Innocence", on l'imagine presque avec un sourire sadique sur les lèvres. En 1992, il était déjà au sommet de son art… et il l'est toujours aujourd'hui.

Mais un grand chanteur n'est rien sans des compos efficaces, et à cette époque, Malevolent Creation a pondu quelques-un de ses meilleurs morceaux : "Eve Of the Apocalypse" et son intro au clavier avant la première déferlante, l'énorme "Slaughter Of Innocence" suivi d'un "Coronation Of Our Domain" au mid-tempo ravageur et "Monster". Le travail réalisé à l'époque par le tandem Fasciana-Barrett à la guitare est énorme : barrage de riffs, quelques soli pas trop long et toujours à propos, le tout soutenu par une section rythmique aux petits oignons (bon, la basse est un peu en retrait, mais c'est une constante dans le monde du Death à tendance brutale). Par contre (et c'est assez rare pour le signaler), Retribution ne souffre pas de vrai temps mort : certes, les autres compos sont moins énormes que les quelques hits de cet album, mais aucune ne ressort négativement du lot. Chacune a sa place sur cet album complet et efficace en diable.

Dans une discographie aussi riche que celle de Malevolent Creation, Retribution fait partie des meilleures sorties du groupe : court, efficace, violent, il fait partie, à mes yeux, de ces grands classiques intemporels du Death ricain.

Mister Patate (9/10)

Facebook officiel

R/C Records / 1992
Tracklist (34:09) 1. Eve of the Apocalypse 2. Systematic Execution 3. Slaughter of Innocence 4. Coronation of Our Domain 5. No Flesh Shall Be Spared 6. The Coldest Survive 7. Monster 8. Mindlock 9.Iced