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oshy_itw_th_pineappl_thie_03Depuis Tightly Unwound en 2008, les britanniques de THE PINEAPPLE THIEF tiennent le joli rythme d’un album tous les deux ans. Après Magnolia (chronique ici) en 2014, un album charnière, leur dixième, voici un nouveau chapitre musical dans leur longue carrière, un onzième opus du nom de Your Wilderness.

A lire les diverses interviews, le processus de composition de ce disque a été très facile et naturel, un vrai travail d’équipe à 6 mains. Cette fluidité s’entend tout au long de l’album, pas de chichi ni de guimauve inutile, THE PINEAPPLE THIEF est allé à l’essentiel. A l’exception de « The Final Thing On My Mind », toutes les chansons se veulent assez courtes et ramassées, tantôt assez douces et atmosphériques, tantôt plus directes, plus rock. Your Wilderness débute sous les meilleurs auspices avec un « In Exile » enchanteur, subtil et accrocheur. Dans la foulée de Magnolia, les britanniques place dès le début la barre très haut et démontrent, si cela était encore nécessaire, leur immense sensibilité. Bruce Soord reste le leader naturel de ce groupe mais Jon Sykes et Steve Kitch prennent également leur part du travail et tout cela pour le meilleur.

Les chansons s’enchainent avec grâce, l’intensité et les motifs musicaux variant inlassablement pour le meilleur. Nous sommes bien ici en présence d’un rock progressif / alternatif à son meilleur. Tout n’est pas extraordinaire, certains titres apparaissent assez passe-partout comme « That Shore » mais le niveau général continue d’évoluer dans la stratosphère. « The Final Thing On My Mind » synthétique bien toutes les qualités de ce disque. Avec des débuts très lents et doux, l’intensité grandit progressivement jusqu’à l’apothéose orchestrale. Le chant se fait discret, l’émotion passe avant tout. Histoire d’enfoncer le clou, THE PINEAPPLE THIEF a fait appel à divers invités sur Your Wilderness: Gavin Harrison (PORCUPINE TREE) apporte une forte contribution en assurant la majorité des parties de batterie. En complément, John Helliwell (SUPERTRAMP), Geoffrey Richardson (CARAVAN) et Darran Charles (GODSTICKS) ont chacun également laissé leurs touches personnelles sur ce disque.

THE PINEAPPLE a-t-il déjà publié un mauvais disque ? Avec Your Wilderness, le trio poursuit son sans faute et offre à ses fans un bel album. Soord a su ouvrir son horizon en multipliant les collaborations ses dernières années et surtout en laissant plus de place à ses camarades. Plus que jamais THE PINEAPPLE THIEF est un groupe et plus seulement l’œuvre d’un seul homme. L’union fait la force disait certains.

Oshyrya (08/10)

 

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Kscope / 2016

Tracklist (41:09 mn) 01. In Exile 02. No Man's Land 03. Tear You Up 04. That Shore 05. Take Your Shot 06. Fend For Yourself 07. The Final Thing On My Mind 08. Where We Stood

Sabaton – The Last Stand

oshy_itw_Sabat_02Nous pouvions avoir confiance en eux et les Suédois ne nous ont pas déçus. Deux ans après Heroes (chronique ici), voici les nouvelles aventures de SABATON. Ce huitième album se nomme The Last Stand et propose dix nouvelles compositions construites qui invoquent toutes des batailles où des soldats se sont battus jusqu’au bout en position de dernier rempart face à l’ennemi. Le spectre historique reste très large, de la bataille des Thermopyles pendant l’antiquité (« Sparta ») à la guerre d’Afghanistan à la fin du XXème siècle ("Hill 3234").

Nos amis ont beau faire la liste de toutes les nouveautés introduites dans ce nouvel album, une chanson de SABATON ressemble à douze kilomètres à une autre chanson de SABATON. Pour le meilleur et pour le pire chacune de ces nouvelles compositions auraient pu se retrouver sur The Art of War (2008), Coat of Arms (2010) ou Carolus Rex (2012) sans que cela ne fasse tâche dans le paysage. On aime ou on déteste mais les Suédois restent droits dans leurs bottes et continuent de tracer encore et encore le même sillon. Si vous aimez le groupe depuis ses débuts, un heavy-metal puissant, mélodique et viril, vous serez aux anges. Mais même les plus courageux pourraient commencer à trouver le temps longs à l’écoute de toutes ces chansons interchangeables. Oui les refrains sont accrocheurs, oui il est parfois difficile de résister à l’entrain de SABATON mais à force, tout perd de son intérêt. Et ce n’est pas l’utilisation de cornemuses sur « Blood of Bannockburn » qui changera fondamentalement les choses. Cela reste de l’ordre de l’anecdotique.

Chacun risque d’avoir un avis différent mais l’ordre des chansons ne semble pas être des plus heureux. On s’ennuie un peu sur la première moitié du disque avant que les titres les plus convaincants ne viennent sauver les meubles et laisser une impression finale plus positive. Les meilleures compositions restent « The Lost Battalion » et « Shiroyama » qui viennent bien tard. Et vous aurez quasiment constamment l’impression d’avoir déjà entendu telle mélodie ou telle refrain. Du côté de la production, rien à redire avec Peter Tägtgren derrière les manettes aux Abyss Studios.

SABATON continue sa folle chevauchée et son succès semble lui donner raison. Tant qu’ils remplissent des stades, pourquoi changer la recette gagnante. The Last Stand possède son lot de bons moments mais l’impression de recyclage est plus prégnante que jamais. Le 25 juillet dernier, le guitariste Thorbjörn Englund annonce qu’il quitte le groupe. Mais avec Joakim Brodén et Pär Sundström tenant solidement la barre du navire SABATON, cela ne devrait pas changer grand-chose.

Oshyrya (06/10)

 

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Nuclear Blast / 2016

Tracklist (37:12 mn) 01. Sparta 02. Last Dying Breath 03. Blood of Bannockburn 04. Diary of an Unknown Soldier 05. The Lost Battalion 06. Rorke s Drift 07. The Last Stand 08. Hill 3234 09. Shiroyama 10. Winged Hussars 11. The Last Battle

Death – Leprosy

Duh duh duh
Duh duh duh

Et si vous n'avez pas prononcé ces duh sur le rythme de l'intro de Leprosy alors que la pochette est juste à votre gauche sur cet écran, vous n'êtes pas un fan de Death Metal. Ou vous êtes mort à l'intérieur. Dans les deux cas, je ne peux rien pour vous. Parce que Leprosy est le prototype même de l'album de Death Metal primitif, le vrai, celui qui date d'une époque où ce genre balbutiait encore, où il fallait encore "tout" inventer. Leprosy est sorti en 1988, mais il reste encore à ce jour mon album de Death (le groupe ET le genre) favori.

Tout d'abord parce qu'il est intemporel. Du haut de ses 28 ans, il est toujours aussi efficace, toujours aussi "contemporain". La production n'a pas mal vieilli (on dit merci à tous les groupes qui se sont succédé pendant toutes ces années et ont mis un point d'honneur à singer ce son), et on pourrait parfaitement présenter ceci à un jeune qui découvre le Metal et lui dire que cet album est sorti il y a deux mois. Je parlais de prototype de l'album-type de Death Metal, j'aurais dû plutôt parler de mètre-étalon.

Et puis, lorsque l'on remet les choses dans leur contexte, Leprosy est une sacrée claque ! Comme Retribution, dont je parlais hier, Leprosy contient son lot de pépites imparables : "Leprosy", "Born Dead, "Left To Die", "Pull The Plug", "Open Casket", "Choke On It"… Sur 8 morceaux, nous tenons déjà 6 morceaux cultes du groupe, des titres qui sont devenus des hymnes. Mieux encore : Gruesome s'est inspiré de cet album pour sortir Savage Land et assume toutes les références, tous les clins d'oeil à cet album. Vous connaissez d'autres groupes qui ont rendu hommage à un album, vous ?

Toujours rugueux, avec une légère évolution technique vis-à-vis de Scream Bloody Gore, Leprosy est mon album de Death préféré. Il contient tous les germes d'un genre. La carrière de Chuck allait seulement décoller avec des albums de plus en plus techniques. Perso, je suis resté coincé sur cette pépite. Un indispensable.

Mister Patate (10/10)

Combat Records / 1988 (réédition Relapse Records / 2014)
Tracklist (38:04) 1. Leprosy 2. Born Dead 3. Forgotten Past 4. Left to Die 5. Pull the Plug 6. Open Casket 7. Primitive Ways 8. Choke on It