La sortie de ce neuvième album des vétérans suédois de Centinex prouve que la reformation du groupe en 2014 n'avait rien d'un feu de paille (après une pause longue de huit ans). Rien ne change au fond pour le combo d'Avesta, les pionniers du Death metal suédois font ce qu'on attend d'eux, il va de soi que si vous espériez autre chose vous serez déçus, les hippies pourront toujours aller voir du côté d'Opeth.. En revanche pour les amateurs du style, Centinex est une valeur sûre, un rouleau compresseur qui déboule sans freiner pendant une bonne demie heure, administrant une bonne volée de riffs appuyé par une section rythmique qui pratique un pilonnage ininterrompu.
Il est certain que si vous appréciez les premiers efforts des groupes Dismember, Entombed, Grave ou encore Hypocrisy, "Doomsday Rituals " est fait pour vous. Pas de fioritures, pas de grandes envolées, les solis de guitares sont rares, certes vous pourrez en dénicher vous en trouverez de temps à autre, surgissant de nulle part comme sur le titre rapide " Sentenced To Suffer ", mais le groupe s'acharne avant tout à tout écraser sur son passage. N'attendez pas non plus de la part du groupe de grandes innovations, le groupe déroule son matraquage à la gloire du Death Metal Suédois à l'anciennne, sans doute un poil linéaire, mais il s'avère que la recette est pour le moins solide et accrocheuse. Et puis on ne va pas chercher plus loin. Les amateurs de Stockholm devraient s'en contenter, les autres pourraient trouver la formule barbare et frustrante et trouver que le groupe se contente du confortable minimum syndical. C'est pas faux.
Tracklist (32:10) : 1. Flesh Passion 2. From Intact to Broken 3. Dismemberment Supreme 4. Generation of Flies 5. The Shameful Few 6. Doomsday 7. Exist to Feed 8. Death Decay Murder 9. Sentenced to Suffer 10. Faceless
Annick Giroux est une stakhanoviste du metal. Jugez plutôt : journaliste/globe-trotteuse au sein du magazine Iron Fist, auteur d’un livre de recettes de cuisine (« Hellbent for Cooking: The Heavy Metal Cookbook ») et promotrice du festival « Wings of metal » de Montréal… Rien ne semble l’arrêter. Ce qui explique qu’il ait fallu attendre trois longues années ce nouvel album de Cauchemar, Chapelle ardente.
« Nécromancie » et sa cloche lugubre annoncent le début des hostilités. Musique lente, riffs lourds… pas de doute, Cauchemar nous offre un album de doom dans la plus pure tradition. « Sepolta viva » enfonce le clou ; on s’engouffre encore un peu plus dans les abysses. La voix d’Annick Giroux, vaporeuse et grave, se fond dans l’ensemble avec succès. La suite est tout aussi efficace (« Voyage au bout de la nuit » et ses claviers vintage). Et même si les morceaux sont forgés dans un même moule, on ne s’ennuie pas un seul instant. Mieux, on sent une nette évolution. Le groupe maîtrise désormais bien son propos. Et nous offre un album solide.
Chapelle ardente est un travail sincère, une véritable déclaration d’amour au metal. C’est aussi la preuve que l’on peut faire du doom francophone sans tomber dans le ridicule. Groupe attachant, Cauchemar livre simplement ici son meilleur album.
01. Nécromancie 02. Sepolta viva 03. Funérailles célestes 04. Main de gloire 05. Voyage au bout de la nuit 06. La vallée des rois 07. L'oiseau de feu 08. Étoile d’argent 09. La nuit des âmes
On peut mettre les oublis sur le compte d'une mémoire défaillante, avec l'âge après tout on peut tomber sur Alzheimer, ou plus simplement tomber sur un groupe qui n'a rien de franchement inoubliable. Prenons le cas du groupe allemand Deadlock. Si vous cherchez sur l'encyclopédie du metal vous verrez qu'il en existe 8 autres qui partagent ce nom dont deux en provenance d'Allemagne. Etonnant tout de même cet engouement pour un tel nom ? Le Deadlock qui nous intéresse est un survivant, mais quelle pagaille dans le line up du groupe depuis l'album The Arsonist sorti en 2013 ! Pas moins de 3 membres sur les 6 que compte le groupe sont partis, sans parler des changement de poste en interne. Seul le guitariste Sebastian Reichl est à bord depuis le début (près de 20 ans l'air de rien). Un nouveau batteur, Werner Riedl, un nouveau bassiste, Christian Simmerl, et une nouvelle chanteuse, Margi Gerlitz.
Malgré ces chamboulements, le groupe Deadlock reste fidèle à sa formule, oscillant entre Death metal mélodique et metalcore, tandis que que Margi officie au chant clair toujours au premier plan. Comme d'habitude avec Deadlock, la recette sonne un poil trop calibrée pour faire réellement de l'effet. Adjoindre un chant clair plutôt pop avec un chant mâle renfrognée agrémenté de grosses guitares qui ne débordent pas trop du cadre, histoire d'être "accessible" ne surprend vraiment plus personne de nos jours, à moins d'avoir des compositions vraiment accrocheuses qui vont au delà du savoir faire. Un titre comme "Backstory Wound" rappellera encore un improbable mix entre Avril Lavigne et Soilwork, sans pour autant susciter l'enthousiasme, mais au moins à l'instar du titre " Berserk " ou du final " Welcome Deathrow", il est assez énergique pour attirer un peu l'attention. Un peu léger comme bilan à l'écoute de l'album dont on attend vainement un uppercut, un décollage, qu'il se passe quelque de plus fort que les banalités d'usage… et quand le groupe se lance dans sa réinterprétation de Johannes Brahm avec le titre Ein Deutsches Requiem, en hommage au précédent batteur Tobias Graf (décédé d'un cancer), on reste dubitatif. Le titre est complètement décalé par rapport aux autres compos, alors que sur le plan de l'interprétation le chant lyrique de Margi tient la route. Deadlock laisse encore une fois l'impression qu'il est passé à côté de sa cible, alors qu'il possède les arguments pour convaincre.