Archive for the ‘ Chroniques ’ Category

oshy_02082016_Condi_ReCONDITION RED avait annoncé son retour à travers la publication d’un single, Tomorrow Never Knows (chronique ici), l’année dernière. Mais le plus important restait l’album à venir et que nous avons désormais entre les mains, Illusion of Truth. Treize années de patience ont pu mettre à rude épreuve les nerfs des fans et l’attente est grande. On retrouve les trois mêmes acteurs que pour le premier opus, Alexander King aux claviers, Eddie Sledgehammer à la batterie et bien sûr Lars Eric Mattsson à la guitare, la basse et le chant. Eh oui ce dernier a aussi pris le micro, exit Ella Grussner ou Torgny Stjärnfelt.

Dans son ensemble, la musique proposée par CONDITION RED sonne assez old-school mais elle possède une fraîcheur et une énergie plus que recommandable. Nous sommes de faire face ici à une grosse production mais la créativité de Mattsson & co n’est pas à démontrer. Pas de longueurs excessives, pas de démonstration stérile, seule une chanson, « It's Not a Crime » adopte les canons du rock progressif avec ses dix minutes au compteur. Les claviers sont très présents et apportent une belle touche mélodique. Les guitares ne sont bien sûr pas en reste avec Mattsson aux commandes et celui-ci affiche encore une fois un joli mélange entre technique et simplicité. Il n’oublie pas de faire « groover » la basse à souhait quand cela s’avère nécessaire. Pas de quoi rougir non plus une fois derrière le micro, sa voix reste simple mais il fait le job. Dommage que certains effets soient presque systématiquement appliqués sur ses lignes de chant. Illusion of Truth reste très gentillet, on parle bien ici de rock et encore un rock plutôt calme même si des montées d’adrénaline apparaissent ici et là. La patte Mattsson s’avère être omniprésente et les amateurs seront comblés.

Après une si longue absence, CONDITION RED se rappelle à notre bon souvenir avec talent. Une fois la barrière de la pochette (expédiée en cinq minutes sur Paint surement vu le côté amateur de la chose) passée, vous obtiendrez presque une heure de bon rock progressif. Dans le genre, ce n’est pas l’album su siècle, nous sommes loin des plus grosses machines européennes. Le trio se pose plus comme un artisan talentueux et appliqué.

Oshyrya (07/10)

 

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Lion Music / 2016

Tracklist (58:49 mn) 01. Changing 02. Never Be the Same 03. Let it All Come Out 04. Labyrinth 05. It's Not a Crime 06. All On Our Own 07. Shake Off 08. Everywhere I Look 09. Can't Sell Your Lie 10. Final Beginning

Numenorean – Home

We are all empty and broken in some form or another, so we look for fulfilment through things like money, sex, relationships, drugs, religion, and a variety of other things but, in the end, we ultimately remain void of any true happiness. Perhaps what we are really searching for is the innocence that we once had as a child. However, since we are incapable of ever getting that back, the only place we can perhaps find this comfort once more is in death.

En guise d’intro (et je pense que c’est une première), j’ai donc repris une partie du discours promotionnel proposé par le groupe. Parce qu’au final (sauf la dernière phrase), peut-être ont-ils raison. Peut-être que toutes ces distractions par le biais desquelles nous perdons notre temps sont de vaines tentatives de retrouver, l’espace d’un instant, l’insouciance de la jeunesse. Cela expliquerait ma récente addiction à Pokémon Go. Dès cette accroche, dès ce postulat de départ, Numenorean m’a intrigué au plus haut point, et j’ai encore du mal à croire qu’il s’agit là du premier album de ce groupe.

Parce que Numenorean réussit la prouesse, en 44 minutes et dans le genre très exigeant du Post-Black, à livrer un album qui n’offre pas le moindre répit. Que ce soit dans les passages mélodiques et mélancoliques que n’aurait pas reniés un certain Lifelover ou dans ses envolées Black Metal à la Der Weg Einer Freiheit, les Canadiens nous offrent l’équivalent musical d’un tour sur un rollercoaster émotionnel. Home est viscéral. Il prend aux tripes. Là où tellement de groupes sont dans la démonstration technique, Numenorean parle au cœur de son auditeur, le transporte, le touche. On en ressort vidé, épuisé, comme si Home était une catharsis, un cheminement douloureux mais nécessaire. Face à un tel album, les mots sont vains. Pour le comprendre, il faut l’écouter. Il faut le vivre.

Mister Patate (8/10)

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Season Of Mist Records / 2016
Tracklist (44:00) 1. Home 2. Thirst 3. Shoreless 4. Devour 5. Laid Down

 

Long Distance Calling – TRIPS

oshy_01082016_Lon_Distanc_CalliLONG DISTANCE CALLING reste un groupe assez étonnant à la première écoute, nous sommes assez loin des canons du rock progressif même si tous les éléments sont bien présents. Le quartet allemand ne cessera de surprendre ceux qui les découvrent, comme votre serviteur, grâce à cet album. Notre camarade Nico nous avait mis la puce à l’oreille en 2013 en multipliant les louanges sur leur disque précédent, The Flood Inside (chronique ici), publié en 2013. Cette éclectisme et cette fraîcheur fait plaisir à attendre et reste l’un des points forts du groupe en 2016 avec ce cinquième opus, TRIPS.

Le disque s’ouvre sur un « The Gateway » un peu old school qui évoque un THE ALAN PARSONS PROJECT des meilleures années. Et puis le groupe prend alors une autre orientation à partir de « Reconnect » puis « Rewind » des titres plus classiques avec le chant omniprésent de Petter Carlsen, chanteur norvégien invité pour tenir le micro. Exit Martin Fischer (ex-FEAR MY THOUGHTS) qui officiait en 2013. Nous sommes ici plus proches d’un groupe de rock/métal progressif moderne à la KARNIVOOL ou JOLLY. « Trauma » enfonce le clou avec quatre minutes d’un métal progressif instrumental racé et accrocheur. Les allemands alternent alors titres rapides et chansons plus douces et posées. Ces respirations sont plutôt bienvenues et démontrent tout le savoir-faire des teutons. Ils parviennent à mêler avec grâce puissance et énergie, subtilité et douceur. Ce disque nous invite effectivement à faire un voyage, les paysages se font et se défont, les sentiments émergent et disparaissent. TRIPS se termine avec une longue composition instrumentale de plus de douze minutes, « Flux ». LONG DISTANCE CALLING nous invite alors à une promenade intérieure, une introspection sur notre passé et notre avenir espéré, entre touches vintages et psychédéliques. Réussir à tenir l’auditeur sur un si long instrumental était un sacré pari relevé haut la main par le groupe.

Qu’il est difficile de synthétiser TRIPS tant cet album s’avère riche et touffu. Que vous soyez fan de rock progressif des années 80 ou de la vague plus contemporaine, vous trouverez bien du plaisir à l’écoute de ce disque réussi de la première à la dernière note. LONG DISTANCE CALLING ouvre un champ des possibles et laisse l’auditeur s’y engouffrer. Ce voyage sera passionnant.

Oshyrya (8,5/10)

 

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InsideOut Music / 2016

Tracklist (48:53 mn) 01. Getaway 02. Reconnect 03. Rewind 04. Trauma 05. Lines 06. Presence 07. Momentum 08. Plans 09. Flux