PROJECT ALCAZAR symbolise la volonté d’un homme, le guitariste américain Chris Steberl, de se faire un nom et d’exprimer sa liberté artistique et sa créativité. Dans le genre virtuose de la guitare, il a suivi le cursus habituel, commençant à un très jeune âge et poursuivant depuis une route longue et semée d’embûche jusqu’au sommet. Après avoir fait partie de multiples groupes, il monte un groupe instrumental du nom d’ALCAZAR. Plusieurs EPs sont publiés ainsi qu’un album, Reasons for a Decade, en 2001 chez Lion Music. La suite passera par une longue collaboration avec un groupe local, THE DIVIDE, avant que la fibre instrumentale ne le reprenne et qu’il s’attaque, après une pause de dix ans, au deuxième chapitre de son PROJECT ALCAZAR, Chasin’ Voodoo toujours chez Lion Music.
Yngwie Malmsteen, Jason Becker et Richie Kotzen font partie de ses guitaristes de référence et cela s’entend. Et il s’agit là déjà d’une belle victoire pour Sterberl qui n’a pas à rougir de sa maîtrise technique face à ces virtuoses. Il « shred » avec naturel et aisance ce qui montre la travail qu’il a su accomplir toutes ces années. Un disque instrumental comme Chasin’ Voodoo n’est pas facile d’accès, il s’agit d’un exercice très particulier qui n’intéresse finalement qu’un public assez réduit. Mais cela, Sterberl n’en a cure et il se fait plaisir avant tout à travers ces dix nouvelles compositions. Sur la forme, rien à redire, il a su s’entourer d’une équipe solide autour de lui pour donner vie à ces chansons. Doug Bryant tient la batterie et Matt Cistone assure les lignes de basse. Pour le reste, Sterberl se charge de toutes les parties de guitares bien sûr et de claviers. L’éclectisme et la variété semblent avoir été le mot d’ordre au moment de composer cet album. Bien sûr, on tombe forcément un peu dans la démonstration technique, cela fait partie du jeu, mais les titres s’avèrent plaisant dans l’ensemble, variés au niveau des atmosphères ou des rythmes. Pas de longueurs excessives, on ne dépasse pas les six minutes, et chacune de ces chansons pourraient avoir une autre vie avec l’adjonction d’une ligne vocale. Signalons la présence d’une reprise de « White Room » de CREAM, un single issu de l'album Wheels of Fire de Cream sorti en 1968.
Chasin’ Voodoo reprend les choses exactement où Reasons for a Decade les avaient laissées. On retrouve cette même patte, ce savoir-faire indéniable pour exprimer une large palette d’expressions et de sentiments à travers la guitare. Chris Steberl impressionne par sa virtuosité et ses qualités de compositeurs. Espérons que ce nouvel opus lui mette à nouveau le pied à l’étrier et l’emmène vers de nouvelles aventures.
Oshyrya (07/10)
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Lion Music / 2016
Tracklist (48:10 mn) 01. Rio Da Duvida 02. Chasin’ Voodoo 03. Crackerjack Style 04. Stranger Ave 05. Cher Chez Moi 06. At Any Rate 07. City of Shadows 08. Wait Up 09. Saliv8 10. White Room
DELAIN s’avère désormais une machine bien huilée, un rouleau compresseur qui cherche à tout renverser et à se faire une place de choix aux côtés des NIGHTWISH et WITHIN TEMPTATION. Après un The Human Contradiction (chronique ici) plus que moyen, ennuyeux et assez peu accrocheur, les bataves étaient attendus au tournant en cette année 2016. Comme bien souvent désormais, histoire de faire monter le buzz et préparer la sortie de l’album plus tard dans l’année, Napalm Records appâte le chaland avec un EP.
D’emblée reconnaissons une chose à cet EP, il est conséquent avec plus de trente-six minutes au compteur. Cela ne signifie pas grand-chose si le tout n’est finalement constitué que de bouses mais c’est toujours un plus pour les fans si la qualité suit. Donc en fouillant les entrailles de la bête, nous trouvons deux extraits de Moonbathers à venir, « Suckerpunch » et « Turn The Lights Out » puis des versions live ou alternatives de titres plus anciens. Ce n’est pas un scandale mais nous aurions apprécié une chanson véritablement inédite. Moonbathers s’annonce très très très orchestral, les comparaisons avec un NIGHTWISH ne manqueront pas de fuser. La patte DELAIN se reconnait aisément, le chant de Charlotte Wessels n’étant pas étranger à cet état de fait. « Suckerpunch » s’avère très accorcheur et vous rentrera dans la tête en deux secondes. Nous sommes dans la continuité d’un « April Rain » ou d’un « Get the Devil Out of Me », la dimension orchestrale en plus. Cela fait plaisir d’entendre cela après un The Human Contradiction ennuyeux comme un jour sans pain. « Turn The Lights Out » reste plus lent, attendu et ne rentrera pas dans les annales du groupe.
Le reste de cet EP balance entre le sympathique (les lives) et le sans intérêt (les versions alternatives ou orchestrales). Comme Interlude (chronique là) en 2013, la déception prédomine à l’écoute de cet EP. Plusieurs mois avant la sortie de l’album, pourquoi pas, mais que restera-t-il de Lunar Prelude après la mise en bac de Moonbathers ? Un disque de plus qui prendra la poussière sur votre étagère…
Oshyrya (5,5/10)
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Napalm Records / 2016
Tracklist (36:39 mn) 01. Suckerpunch 02. Turn The Lights Out 03. Don’t Let Go (New Version) 04. Lullaby – (Live 2015) 05. Stardust – (Live 2015) 06. Here Come The Vultures – (Live 2015) 07. Army of Dolls – (Live 2015) 08. Suckerpunch Orchestra
Les Suédois d’ADEPT avancent masqués, ils se déplacent dans l’ombre, invisibles de tous et frappent en fourbe, quand personne ne s’y attend. Ils semblent maîtriser l’art du déguisement dans la pochette de ce disque évoque un groupe de rock progressif arty, une musique calme et planante mettant l’accent sur les ambiances et les atmosphères. En croyant cela, l’auditeur va se mettre le doigt dans l’œil jusqu’au coude. Seuls les plus pointus connaissent ce groupe de post-hardcore fondé en 2004 mais qui compte déjà à son tableau de chasse trois albums et quatre EPs sortis chez Panic & Action.
Pour une première chez Napalm Records, ADEPT a mis les petits plats dans les grands et ils ont sorti toute la panoplie. Vous avez le t-shirt Vans sur les photos promos (il ne faudrait pas louper sa chance d’être sur le Warped Tour US), le chanteur/hurleur tatoué des pieds à la tête… Bref de vraies têtes de vainqueurs ! Je me moque mais c’est évident que les suédois accumulent tous les gimmicks et tous les clichés du genre sur le fond comme sur la forme. Avec le tombereau de groupe tous identiques et clonés qui sortent en permanence, surtout de l’autre côté de l’Atlantique, cela commence à devenir gênant. Nos amis du jour ne manquent sans doute pas de talent, ils démontrent une belle maitrise et un vrai savoir-faire tout au long de ces dix nouvelles chansons mais l’impression de déjà-entendu saute immédiatement à la figure. Oui les compositions claquent, avec des refrains forts et une grosse énergie déployée mais, après avoir déjà goûté des dizaines de fois à cette même potion, les saveurs s’effacent et laisse place à une solide amertume dans la bouche. En fond sonore, ADEPT ne dérange pas, on se surprendra même à reprendre ici et là quelques refrains ou à siffloter une mélodie, mais l’effet s’estompe immédiatement pour laisser un grand vide.
Sleepless n’est pas un album catastrophe, il contient quelques bons moments mais un tel manque d’originalité et de caractère de la part d’ADEPT finit par gâcher tout le plaisir. Si vous êtes très très fan de cette veine post-hardcore ou que vous avez moins de seize ans, en pleine révolte adolescente, pourquoi pas mais sinon passer votre chemin et vous éviterez ainsi de perdre des minutes importantes de votre vie.
Oshyrya (05/10)
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Napalm Records / 2016
Tracklist (42:47 mn) 01. Black Veins 02. Wounds 03. Dark Clouds 04. Carry the Weight 05.Rewind the Tape 06. Down and Out 07. The Choirs of Absolution 08. Lights 09.The Sickness 10.Sleepless