Quoi de mieux pour un groupe que de ce rappeler au bon souvenir de ses fans juste avant de se lancer dans une tournée ? Les Australiens de MAMMOTH MAMMOTH l’ont bien compris et proposent un EP à la pochette étrangement séduisante avant de partir sur les routes aves MY SLEEPING KARMA et GREENLEAF. Ils avaient déjà frappé forts l’année dernière avec un Vol. IV – Hammered Again (chronique ici) aussi puissant qu’inspiré.
Avec Mammoth Bloody Mammoth, les amateurs pourront se mettre sous la dent deux nouveaux titres, un reprise et une réinterprétation d’un classique du groupe. Pas de quoi se jeter par terre de bonheur sur le papier mais pas de scandale non plus avec du matériel original et inédit. La recette n’a pas changé d’un iota sur « Taste Your Blood » et « Drugs ». Prenez un riff lourd et couillu et construisez votre chanson tout autour. La rythmique se doit d’être au diapason, on ne fait pas dans la dentelle chez nos amis, ainsi que le chant. Ce dernier n’est pas extraordinaire, très râpeux et assez basique mais cela ne jure pas dans le paysage. Après un premier titre assez lent, MAMMOTH MAMMOTH passe la seconde et accélère le rythme sur un « Drugs » franchement punk. Pour le reste, le menu se compsera de « Kick Out The Jams » des MC5 et d’une version modernisée de « Dead Sea », nonus Track japonais sur Volume III:Hell's Likely. Et cela tient plus de remplissage que d’autre chose mais nous avons déjà entendu bien pire.
Les fans seront contents de ce Mammoth Bloody Mammoth qui apporte un peu de nouveautés. Les deux nouvelles chansons ne sont pas fabuleuses, cela sent les chutes de studio du disque précédent, mais au contraire d’autres artistes (euh… DORO au hasard ?), les australiens ne se moquent pas de leur public. Grâce leur soit rendue rien que pour cela.
S’il y a bien un style qui a toujours le vent en poupe, c’est bien le stoner-rock. Même notre beau pays n’y échappe pas. Pas une semaine ne passe sans voir un groupe se former et revendiquer son appartenance au genre. Headcharger, leader hexagonal, étant en baisse flagrante de régime, nous pouvions nous demander qui pourrait prendre la relève. Goatfather, avec son premier album Hipster fister, est un sacré prétendant au trône.
Dès les premiers accords, on sent qu’on tient quelque chose. Goatfather nous a concocté une recette imparable à base de compos massives, de riffs casse-nuque et de mélodies imparables. L’inaugural « Thirty-Three (Seconds To Hell) » nous présente un groupe qui, la bave aux lèvres, a envie d’en découdre. La suite est du même tonneau : les sept autres brûlots frappent juste et fort. Les musiciens jouent carré, sans fioriture, c’est du tout bon. Valeur ajoutée : le chant de Yann (guitariste/chanteur), impressionnant et puissant. Imaginez une sorte de Philip Anselmo, jeune et sobre (oui, ça existe). Le niveau général est décidément élevé.
Hipster fister est une réussite complète. Monstre de groove heavy-stoner, Goatfather est un groupe talentueux qui fera sa place au sein d’une scène fournie et encombrée. Il suffit d’écouter le dantesque « The Devil Made Me Smoke His Bong », placé en fin de parcours, pour s’en convaincre.
01. Thirty-Three (Seconds To Hell) 02. As The Crow Cries 03. Rebel Ways 04. Hipster Fister 05. A Road Paved With Corpses 06. Devil Inside – 07. The Betrayer – 08. The Devil Made Me Smoke His Bong
Le groupe Nord Américain poursuit sur sa lancée, et livre son second album deux ans après "The Wreckage of Stars". La recette du groupe prend racine dans un alliage qui combine Death Metal et du Metal Progressif. "For Red Cloud" donne d'entrée jeu la tonalité générale de l'album. Les compositions alternent Death Metal musclé et Metal Progressif aux tendances atmosphériques. Il en va de même pour le chant tour à tout clair, puis brutal (généralement dans un registre Death, et parfois Black tel sur le titre "Transmit To Disconnect"). Le groupe maitrise son sujet, sur le plan technique et de l'exécution, difficile de prendre Black Crown Initiate en défaut. Et pourtant, il va de soi que la formule n'est pas franchement novatrice, et il faut bien avouer que le groupe n'apporte pas grand chose de plus au delà du savoir faire évident.
Le groupe rappelle parfois Opeth qui n'aurait pas renié ses racines Death, ou un Spawn Of Possession qui se serait tourné vers le progressif. Cela dit "Selves We Cannot Forgive" est un album qui déroule des compos fluides et accrocheuses et qui évite de trop tirer la corde en longueur. Au chapitre des récriminations, n'étant pas amateur des voix un poil trafiquées, je dois admettre que le chant clair de Andy Thomas est un peu trop chargé en effets et c'est parfois un tantinet agaçant. En revanche dès que James Dorton prend le relais dans les vocalises brutales, cela passe mieux. Wes Hauch dont les talents à la guitare éclaboussent l'album devrait se faire une place au soleil parmi les shredders à suivre. La section rythmique suit sans en faire des tonnes, et pourtant on entend le bassiste ! Le second album de Black Crown Initiate est solide et devrait pouvoir trouver preneur parmi les amateurs du genre. Affaire à suivre.
Tracklist (51 minutes)
1. For Red Cloud 2. Sorrowpsalm 3. Again 4. Belie the Machine 5. Selves We Cannot Forgive 6. Transmit to Disconnect 7. Matriarch 8. Vicious Lives