Archive for the ‘ Chroniques ’ Category

En 2023, The Acacia Strain (TAS pour les intimes) avait pris de court tout le petit monde du Deathcore en sortant deux albums le même jour. Step Into The Light fleurait la bagarre, Failure Will Follow étouffait par sa noirceur poisseuse. L’exercice de style était réussi, ouvrant même la porte de l’Encyclopaedia Metallum à un groupe jusqu’alors pas assez Metal aux yeux des modos puristes. La question était maintenant de savoir ce que nous réservait la bande à Vincent. Le groupe allait-il poursuivre sur sa lancée doomesque ou, au contraire, revenir aux fondamentaux faits de morceaux courts et percutants ?

Why not both ?

Eh oui, le groupe a choisi de ne pas choisir et livre ici une synthèse presque parfaite de ses deux derniers efforts.

De SITL, The Acacia Strain reprend l’enfilade d’uppercuts : morceaux courts taillés pour le live, cassures de rythme, accélérations tonitruantes, breaks brise-nuques et, surtout, un Vincent Bennett au sommet de son art. Il avait déjà annoncé la couleur sur le premier EP de Stolen Gun sorti plus tôt cette année, mais il nous livre là une prestation XXL.

De FWF, en revanche, il reprend le format du pavé en clôture d’album avec un « Eucharist II: Blood Loss » qui n’aurait pas dénoté sur la plaque précédente. L’ajout de chant féminin rappelle « Pillar Of Salt » et son final presque lumineux, tandis que le riff pesant renvoie davantage à « Bog Walker ».

Mais réduire ce treizième album à un simple mix des deux précédents, c’est aller un peu vite en besogne. On notera en effet aussi l’arrivée de Matt Guglielmo à la batterie (également actif chez END), qui apporte encore plus de variations au niveau rythmique (et pourtant, Kevin était déjà plus qu’efficace à ce poste) et, surtout, CE SON ABSOLUMENT TITANESQUE signé Randy LeBoeuf (qui bosse avec le groupe depuis bientôt 10 ans). Les guitares grésillent « juste comme il faut », ni trop, ni trop peu, et les passages clairs bénéficient, eux, de toute la clarté nécessaire pour saisir chaque détail.

Enfin, et surtout, Vincent n’a jamais semblé aussi vulnérable que sur cet album. Par le passé, TAS jouait sur les punchlines edgy, sur une misanthropie surjouée, fanfaronnante, presque adolescente. Ici, l’ado qui espérait choquer par sa grossièreté est remplacé par un adulte désabusé qui a pris conscience que le meilleur moyen de choquer est, simplement, de parler de la vie, de ses facettes négatives et de sa fin sans fard.

En 37:50 (un clin d’œil à son deuxième album ?), The Acacia Strain sort un album viscéral et sombre. Comme le dit si bien Vincent, TAS fait « de la musique fâchée pour des gens qui voudraient être heureux mais n’y parviennent pas ». Et dans ce monde qui tourne de moins en moins rond, il trouvera certainement son public.

9,5/10

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Rise Records / 2025
Tracklist (37:50) 1. Eucharist I: Burnt Offering 2. A Call Beyond 3. Swamp Mentality 4. The Machine That Bleeds 5. Mourning Star 6. I Don’t Think You Are Going to Make It 7. Acolyte of the One 8. Aeonian Wrath 9. Holy Moonlight 10. Sacred Relic 11. World Gone Cold 12. Eucharist II: Blood Loss

On n’arrête plus Misanthrope ! En début d’année, le groupe nous avait déjà ravi avec la sortie de Death Ascent. Cet hommage brillant au death-metal des origines revient régulièrement squatter notre platine. Fort de cette réussite, S.A.S de l’Argilière et ses compères enquillent avec un album célébrant d’autres influences. Il est ici question de thrash, heavy-metal et, on ne se refait pas, de death-metal.

Avec des reprises imparables, Misanthrope ne prend pas de risques mais parvient une fois de plus à frapper fort. Musicalement, c’est bluffant. Jean-Jacques Moréac (basse), Gaël Féret (batterie) et Anthony Scemama (guitares), des musiciens de haut niveau, captent l’essence originelle des morceaux pour en livrer de nouvelles versions survitaminées. C’est flagrant sur l’ultra convaincant « Orion » et les réjouissantes versions de « Alison Hell », « Death squad », « Wake up dead » et « Warthchild ». Le défi de l’album hommage est relevé : nous avons immédiatement envie de réécouter les originaux.

La réappropriation des textes en français est aussi réussie. Un vrai boulot a été fait par S.A.S pour que cet exercice, en général casse-gueule, soit digne des originaux. L’ensemble ne tombe jamais dans le ridicule. Nous pourrons ainsi éructer en concert « Allison d’Enfer » et « Cœur de metal ».

Si, depuis Bâtisseur De Cathédrales : Les Fissures De L’Édifice, Les déclinistes et les rééditions de Immortel et Visionnaire, Misanthrope regarde vers son passé (et celui des autres), il le fait toujours avec compétence et respect du matériel original. Mais ne cachons pas notre impatience : nous attendons la suite de ΑXΩ (Le Magistère De L’Abnégation).

(8,5/10)

Site Officiel : https://www.misanthrope-metal.com/

Holy Records/2025

01. Troops of Doom (Tribute to Sepultura) 02. Wrathchild (Tribute to Iron Maiden) 03. Flag of Hate (Tribute to Kreator) 04. Metal Heart (Tribute to Accept) 05. Alison Hell (Tribute to Annihilator) 06. Orion (Tribute to Metallica) 07. Death Squad (Tribute to Sacred Reich) 08. Don’t Talk to Strangers (Tribute to DIO) 09. Morsüre (Tribute to Morsüre) 10. Wake Up Dead (Tribute to Megadeth) 11. Dead by Dawn (Tribute to Deicide)

Igorrr – Amen

Après une attente aussi longue qu’insupportable, Gautier Serre se décide enfin à donner suite à l’exceptionnel Spirituality and distortion. Depuis cet album, Igorrr, qui a tourné un petit peu partout dans le monde, remporte un succès surprenant. Pourtant, sa musique n’est pas facile d’accès. Cela prouve que le public ne se contente pas de peu et c’est rassurant.

Malheureusement, en quarante-quatre minutes et quatorze secondes, Gautier Serre et ses compagnons n’arrivent pas à renouveler l’exploit du précédent album. Igorrr reste dans le créneau unique qu’il s’est créé : une folie musicale devenue… ordinaire.

Le tout est pourtant composé de façon brillante. La dinguerie et la démesure sont toujours là. Et ce nouvel opus arrive à entremêler avec succès influences orientales, surf, death-black metal, jungle, electro, breakcore et musique baroque, tout en retombant sur ses pattes. C’est un petit exploit en soit. Sur « ADHD », c’est la panacée. Aphex Twin copule avec un joli clavecin et de sublimes chœurs. C’est cohérent tout en dégageant une puissance incroyable.

La seconde partie de Amen (en gros à partir de « Mustard Mucous » et l’intervention d’une flûte à bec) s’énerve un peu plus et fera le bonheur des amateurs de death-metal. Jb Le Bail assure ses vocaux comme un chef. Il est devenu un élément moteur de Igorrr, sur album comme en concert. Sa prestation sur « Infestis » est puissante et restera une référence dans le genre.

Même s’il nous laisse sur notre faim, Amen est un excellent album. Car si l’effet de surprise n’est plus là, il s’inscrira quand même au Panthéon 2025. Igorrr est pétri de talent et propose une œuvre qui plie le game pour cette année.

Nico (8/10)

Site Officiel : https://igorrr.com/

Metal Blade /2025

01. Daemoni 02. Headbutt 03. Limbo 04. Blastbeat Falafel 05. ADHD 06. 2020 07. Mustard Mucous 08. Infestis 09. Ancient Sun 10. Pure Disproportionate Black and White Nihilism 11. Étude n°120 12. Silence