Les américains se réclament de l’école métal progressive. Pourquoi pas même si la signification de cette étiquette semble avoir bien changé depuis quelques années. N’imaginez surtout pas un clone de DREAM THEATER ou QUEENSRYCHE, le quatuor du New-Jersey apprécie peut-être ses groupes mais leur propre cocktail possède bien plus d’agressivité et d’acidité. Nous sommes ici plus proche d’un Death mélodique à la SOILWORK et consorts ou du mouvement djent.
TOOTHGRINDER est né en 2010 à Asbury Park dans le New Jersey. L’année suivante, ils font leurs premiers pas discographiques avec Turning of the Tides, en EP enregistré à The Hang Zone. Fin 2012, la suite logique arrive sous d’un second EP, Vibration/Colour/Frequency. Les voici prend à faire le grand saut et à nous montrer de quoi ils sont vraiment capable sur la longueur d’un album complet.
Les chansons proposées se veulent directes et concises, en grande majorité autour des trois minutes. Dès les premières secondes de « The House (That Fear Built) » le ton est donné avec une offensive en règle avec guitares tranchantes, section rythmique furieuse et chant hurlé rempli de rage et de conviction. Reconnaissons que les américains affichent un belle force de frappe et on tout compris quant à la façon d’accrocher l’auditeur. Les compositions possèdent un joli caractère et un charme certain. Le schéma se répète titre après titre, que nouveau coup de boutoir enfonce le clou un point plus loin. La multiplication des breaks n’est pas sans rappeler l’école djent chère à leurs petits camarades de PERIPHERY. Ces deux groupes se ressemblent d’ailleurs beaucoup et les fans des uns devraient apprécier sans modération les autres. Il faudra attendre « I Lie in Rain » pour que TOOTHGRINDER calme (légèrement) le jeu histoire de laisser à l’auditeur l’opportunité de reprendre son souffle. Les hostilités reprennent par la suite jusqu’au titre final, un « Waltz of Madmen » plus posé mais pas moins riche d’émotions et d’énergie.
Avec Nocturnal Masquerade, les américains de TOOTHGRINDER affichent de belles dispositions et montrent de quel bois ils se chauffent. Ils ne manquent pas d’arguments pour se faire plus largement connaître et multiplier les dates de concert dans nos contrées. Contrairement à leurs compatriotes de PERIPHERY, ils ont fait le choix de la concision en ne multipliant pas les chemins de traverse. Leurs chansons deviennent ainsi beaucoup plus digestes et agréables sans dénaturer ni leut technicité ni leur complexité.
Tracklist (42:05 mn) 01. The House (That Fear Built) 02. Lace & Anchor 03. Coeur d'Alene 04. I Lie in Rain 05. Blue 06. The Hour Angle 07. Dance of Damsels 08. Diamonds for Gold 09. Nocturnal Masquerade 10. Dejection/Despondency 11. Schizophrenic Jubilee 12. Waltz of Madmen
Cette tendance Post Hardcore semble faire bien des émules un peu partout et particulièrement en France. Le genre reste assez flou et vous y trouverez des groupes très différents les uns des autres une large palette entre ANNISOKAY et SLEEPING WITH SIRENS. Le genre lui-même reste assez flou dans ses contours, entre touches ultra-techniques type math-rock et brutalité deathcore. Wikipédia définit cela comme « la fusion voix mélodique de l'emo, du style vocal screamo et du breakdown metalcore ». Nous ramassons les copies dans quatre heures… Nouveaux venus sur cette scène Post-Hardcore hexagonale, voici A TIME TO HOPE. Originaire de Montpellier, le quintet a émergé en septembre 2014 et fait ici ses premiers pas discographiques avec un EP cinq titres, Full of Doubts.
La pochette de ce disque est très belle, simple mais d’une grande beauté visuelle dans son dénuement. Cela donne franchement envie d’écouter de quoi son capable nos camarades. En quatre titre complété d’un instrumental (« VII »), A TIME TO HOPE impressionne par sa maîtrise technique et fait naître de jolis espoir autour de lui. Les montpelliérains ne réinventent pas la poudre et appliquent contentieusement la recette des chansons Post-Hardcore de qualité. Bourrées d’énergie et de conviction, les compositions proposées ici font plaisir à entendre. Les rythmiques et les riffs alambiqués sont bien de la partie avec les multiples breaks de rigueur. Derrière le micro, l’alternance chant clair et hurlé s’avère équilibré et maîtrisé. La production reste dans les bons standards, rien à redire de ce côté-là.
A TIME TO HOPE fait le boulot et possède désormais avec Full of Doubts une solide carte de visite pour se faire connaître plus largement du public mais aussi des organisateurs pour décrocher le plus de concerts possible. Pour la suite, nous attendons des montpelliérains qu’ils sortent des sentiers battus et qu’ils nous montrent plus de créativité et de caractère. Sinon, ils seront condamnés à évoluer dans l’ombre des autres.
Etonnant comme parfois les pochettes peuvent s’avérer trompeuses. Alors que je glissais la galette dans mon lecteur CD, je m’attendais à subir dès les premières secondes une agression en règle de mes cages à miel de la part d’un groupe de deathcore ou de hardcore britannique de plus. Et puis non, le riff de guitare de « The Core » qui ouvre cet album sonne entrainant et mélodieux et Dale Radcliffe s’exprime en chant clair. Comme quoi, encore et toujours, l’habit ne fait pas le moine et il ne faut pas hésiter à donner sa chance à tous.
Né en 2005, il faudra quelques années au sextet pour accoucher d’un premier album, To Die For en 2011. Mettant tous les atouts de leurs côtés, ils n’hésitent pas à investir pour enregistrer ce début discographique aux Twilight Hall Studios de BLIND GUARDIAN, aux Orion Studios en Grande-Bretagne ou encore studio d’HELLOWEEN à Tenerife. Fort du soutien de Metal Hammer, jamais timide quand il s’agit de groupes britanniques, et surtout de Bill Byford de SAXON, ils multiplient les apparitions sur scènes en tournées ou en festival les années suivantes. Ayant tapé dans l’œil du label allemand UDR les voici qui publient fin 2015 un EP, Kiss Of An Angel, puis un second album que voici No Place For Heaven.
Les britanniques évoluent dans un registre rock, hard-rock mélodique accrocheur et facilement mémorisable. Les chansons sont calibrées autour des quatre minutes pour obtenir un effet et un impact immédiat. Les guitares s’en donnent à cœur joie en riff ou en soli, les touches de claviers adoucissent le propos et apporte une dimension mélodique supplémentaire. La section rythmique pose de solides bases avant que Dale Radcliffe montre l’étendue de sa palette vocale en alternant l’intensité et l’émotion de de sa performance selon l’atmosphère de la chanson. Pas étonnant de lire que C.O.P. UK a été nourri au sein de ses compatriotes de DEF LEPPARD tant les démarches se ressemblent. On trouve le même travail autour du riff accrocheur et du refrain ou de la mélodie qui s’imprimera rapidement dans l’esprit de chaque auditeur. Sans atteindre le talent ni la vista de ses ainés, reconnaissons que C.O.P. UK possède un certain talent pour pondre des titres efficaces comme « Halo » ou « My Blood » pour taper du pied ou « No Place For Heaven » et « Stranger Than Fiction » pour serrer dans ses bras sa compagne. Les britanniques passent aisément du registre rock enlevé à la ballade et cela fonctionne plutôt bien.
La belle histoire continue pour C.O.P. UK qui poursuit sa progression. Après avoir beaucoup tourné pour leur premier album, ils sont désormais sur un label reconnu et inaugurent de la meilleure des manières la nouvelle année 2016 en tournant en première partie d’HELLOWEEN. Difficile de ne pas trouver cela mérité vu le travail de qualité fourni sur No Place for Heaven même si nous repasserons pour l’originalité.
Tracklist (47:13 mn) 01. The Core 02. My blood 03. Kiss of the angel 04. Take It To The Grave 05. No Place For Heaven 06. Burn Hell 07. Halo 08. Catch Me If You Can 09. No man's land 10. One In A Million 11. Stranger Than Fiction