Jusqu'a présent le groupe Criminal (melting pot Thrash Death, anglo chilien et basque) n'avait pas accédé aux premiers rangs de l'impitoyable enfer du rock. On peut dire que depuis 1991, le groupe lustrait son statut de groupe culte un poil exotique. Le septième effort du groupe confirme le tournant plus agressif qu'on pouvait constater sur l'album précédent " Akelarre " (2011), les tatonnements du côté du death mélodique que l'on pouvait percevoir sur l'album "White Hell", font partie du passé. En revanche, le bon vieux temps est une référence indépassable pour le groupe qui puise ses racines dans le Death / Thrash de la fin des années 80 / début des années 90. Histoire de coller une production authentique, le groupe est allé enregistrer son album chez le bassiste Danny Biggin dans le Suffolk avec une approche directe et brut de décoffrage. Pas de production moderne, pas de samples ou de bidouilles électroniques. Du côté des compos, Criminal s'est une fois encore astreint à la sobriété, pour plus d'efficacité. Sur les 11 titres, 10 ne franchissent pas la barre des 4 minutes. La tonalité générale de l'album rappellera aux plus anciens Beneath the Remains et Arise de Sepultura. Des références plutôt relevées, dommage en revanche que "Down Driven" ait un air de famille très proche de "Desperate Cry " du groupe brésilien… (à la deuxième minute ça intrigue, le riff à 2:29 pour être plus précis). Malgré cette familiarité, on retient de cet album une énergie punk communicative délivrée par un groupe expérimenté, auquel il manque encore un poil de personnalité pour figurer en bonne place aux premières loges.
Metal Blade / 2016
Tracklist (43 minutes) 01. Intro 02. Down Driven 03. False Flag Attack 04. Shock Doctrine 05. The Needle And Knife 06. Scream Of Consciousness 07. Summoning The Apocalypse 08. The One Who Speaks At Night 09. Animals To Gods 10. Deep In The Rot 11. Wasted Youth 12. Carne Molida
Pour son troisième album qui débarque dans les bacs deux ans après " Cursed Redeemer ", le groupe suédois de Death Metal en provenance de Gothenburg n'a pas changé sa recette. Il le démontre d'entrée de jeu avec le titre en ouverture, le groupe à beau venir de la patrie du Death melodique, ce n'est toujours pas la tasse de thé du combo qui privilégie un Death énergique et un poil technique, qui rentre dans le lard sans alourdir son propos avec des intros pompeuses (à l'exception du dernier titre, ou Miasmal lache en intro de la guitare acoustique, rapidement pulvérisée). Miasmal frappe vite, et juste,variant le propos, ajustant parfois le tir vers un Thrash un poil plus lent, pour moins sauter sur nos conduits auditifs par la suite.
On retrouve ce côté Motorhead, punk et Death Metal à la sauce suédoise à la Entombed / Dismember, notamment sur le titre survitaminé " Deception " ou le groupe fonce à tombeau ouvert. Vous êtes prévenus, ils ne freinent pour personne, pas de limitation de vitesse, mais toutefois ils peuvent freiner pour laisser la place à une ambiance qui ne respire pas la joie de vivre ( " The Pilgrimage ", "Perseverance " ) avant de reprendre le pilonnage sans merci des esgourdes ( "Key To Eternity"). Un Death Metal brut de décoffrage pour l'essentiel, avec un son abrasif (l'album à été mixé aux studios Fredman ou sont passées quelques vieilles gloires locales, comme At The Gates), mais qui ne néglige pas quelques solis de guitare de haute volée (notamment sur le morceau " The Pilgrimage "), sans oublier les virées Thrash à fond la caisse (Venomous Harvest ). Une fois encore la seule limite qu'on pourrait reprocher au groupe c'est un chanteur dont le registre limité pourrait en faire tiquer quelques uns. Mais au delà de ça, le groupe se montre une fois encore accrocheur et efficace, et devrait susciter de l'intérêt auprès des amateurs du Death metal à la suédoise, ou des adorateurs d'Amon Amarth. Miasmal confirme qu'il fait partie des groupes à suivre en Suède.
1. Axiom 2. Deception 3. The Pilgrimage 4. Venomous Harvest 5. Perseverance 6. Key to Eternity 7. Earthbound 8. Dark Waters 9. Fear The New Flesh 10. The Shifting Of Stars
C’est à la suite de Oshyrya qui nous parle très bien du Split EP Råångest rassemblant Cult Of Luna et The Old Wind en chronique ici que je me lance dans le décryptage du second album de The Moth Gatherer. C’est étrange car il m’ait souvent arrivé par le passé d’évoquer Cult of Luna et The Moth Gatherer en même temps et il me semble même avoir acheté A Bright Celestial Ligh et Vertikal quasiment dans la foulée puisque ils sont sortis à 2 mois d’intervalle l’un de l’autre dans le courant de l’année 2013. Tout ça pour vous dire qu’en plus de venir du même pays la Suède ces deux formations sont assez proches et ont des univers musicaux communs.
The Moth Gatherer a débuté son aventure courant 2008 sous l’impulsion de Victor Wegeborn (guitares, chants et programing) et Alex Stjernfeldt (basse et chants) qui souhaitaient à l’époque expérimenter un nouveau son progressif, atmosphérique et emprunt de mélancolie. Ils ont été rejoint peu de temps après par Svante Karlsson un batteur et ont entamé un long processus de compositions qui a abouti en 2010 à démarer les sessions d’enregistrement de leur premier album A Bright Celestial Ligh (en écoute ici) très bien accueilli par la critique qui sortira sur le label polonais Agonia Records trois années plus tard. Ce premier effort reçut un très bon accueil et distillait un envoutant alliage de Doom Metal, de Sludge et de Postcore enrobé de tournures Postrock, atmosphériques ainsi que d’expérimentations Ambient ou Electro. En 2014 le trio est rejoint par un second guitariste Ronny Westphal pour les épauler dans l’objectif de se produire en live.
Avant toute chose je voulais vous dire que j’ai été immédiatement interpellé par la pochette de ce dernier album ! Il s’agit d’une superbe œuvre d’un artiste peintre nommé SCG (instagram ici et facebook là) qui est vraiment très beau. Le travail artistique ne s’arrête pas là puisque une autre artiste peintre suédoise EJG ( facebook ici) a été mise à contribution pour élaborer six illustrations du livret intérieur en rapport avec les six compositions de l’album. Tout ceci fait preuve d’une démarche cohérente et très suave en mettant formidablement bien dans l’ambiance afin de provoquer chez l’auditeur ce sentiment d’évasion qui colle si bien à la musique du concept édifié par The Moth Gatherer. Comme pour le premier album The Earth Is The Sky sort sur Agonia Records et a suscité une très longue période de compositions et d’enregistrements. Il s’est déroulé sur près de deux années ainsi que par l’intermédiaire de plusieurs studios pour les prises de son, le groupe nous explique d’ailleurs que ce processus de composition ne s’est jamais réellement arrêté entre les deux albums.
Pour en revenir à ce que je disais en préambule à cette chronique, un autre point commun rapproche cet album du Split EP Råångest rassemblant Cult Of Luna et The Old Wind, il s’agit du son car il a été mixé et masterisé par Daniel Lidén ayant également bossé sur l’identité sonore de The Old Wind ainsi que pour d’autres formations comme Dozer, Switchblade ou Terra Tenebrosa. Autant vous dire que l’album a une superbe production ample et puissante juste comme il le faut et qui regorge néanmoins de subtiles et délicieux arrangements atmosphériques ou électroniques. Il est aussi rempli de contributions ou invités puisque on retrouve David Johansson de Kongh, Wacian de Code, The Cuckoo de Terra Tenebrosa ainsi que Thomas Jäger de Monolord.
L’album s’ouvre sur une composition typique pour The Moth Gatherer « Pale Explosion », vous comprendrez là encore aisément le rapprochement que je fais avec la musique de Cult Of Luna (surtout sur leur album Vertikal). En effet les deux formations exposent une même lourdeur, puissance au niveau des riffs ou des rythmiques lentes qui sont proches du Doom Metal ainsi qu’une effervescence d’effets Industriel Electro aux claviers chargés de couleurs très Cold Wave. Comme lui, il peut se montré chaotique et d’une force d’attraction peu commune cependant et c’est extrêmement bien illustré sur ce morceau, The Moth Gatherer arbore des contours bien plus mélodiques ainsi que certaines fulgurances harmonique souvent proche de la bonne Pop Rock froide comme ce phrasé en vocaux claire à 01:15. Sur « Attacus Atlas » qui évolue là encore sur des rythmiques pachydermiques et des atmosphères Cold Wave, ce sont les ressors rythmiques qui sont d’une fulgurance rare et imposent une dynamique ultime ! J’ai aussi adoré ce titre pour ces vocaux vraiment dark et presque Black Death pour leur style Postcore / Sludge, on retrouvera également sur les deux dernier morceaux que sont « The Black Antlers » et le très long ultra atmosphérique « In Awe Before The Rapture » (wow on dirait presque du My Dying Brise par moments) ces vocaux très Dark. Tout est très bon ici et même quand The Moth Gatherer se lance dans un morceau entièrement instrumental comme « Probing The Descent of Man » ou entièrement Ambient Electro comme « Dyatlov Pass », il fait mouche et reste très attractif !
Comme vous pouvez dès à présent le percevoir à ce niveau de ma chronique dans la teneur de mon propos : j’ai énormément apprécié l’invitation au voyage que le groupe expose tout du long des six longue compositions de The Earth Is The Sky. Bon, il est vrai que j’étais déjà assez fan au départ mais là il faut avouer que The Moth Gatherer se surpasse à tous les niveaux et nous assène une œuvre conséquente, contemplative, puissante, très sombre, remplie d’émotions et expérimentale à la fois. Un coup de maître et très certainement pour moi dores et déjà un album incontournable de l’année en matière de Postcore Sludge progressif et atmosphérique. Il n’y a pas à dire : le travail et l’abnégation paie toujours à l’arrivée !
Agonia Records / 2016
Tracklist (48:55) : 01. Pale Explosion 02. Attacus Atlas 03. Probing The Descent of Man 04. Dyatlov Pass 05. The Black Antlers 06. In Awe Before The Rapture.