Archive for the ‘ Chroniques ’ Category

L’année 2015 a été très chargée en terme de sorties plus ou moins réussies. J’ai eu l’occasion de le dire et de le répéter ici où là au grès des articles, chroniques et autre publications tout du long de l’année. Le Doom Metal dans son ensemble a été plus particulièrement impactée par cet état de fait. C’est la raison pour laquelle en ce qui me concerne (et là je parle de manière générale et tous genres confondus), Vous allez encore avoir droit à des chroniques d’albums sortis l’année dernière pendant encore quelques semaines. Pour moi le temps musical n’est définitivement pas calqué que sur l’agenda des sorties de labels. Tout simplement car il est difficile voire impossible pour un être humain normalement constitué d’ingérer autant de matière musicale d’un coup ou que certaines  productions réclament juste un peu plus de temps pour révéler leur réel nature et potenciel…

La dernière production de Majestic Downfall …When Dead rentre dans ces cas de figure puisque elle est sortie initialement en août 2015 au format cd digipack par le biais du label singapourien Pulverised Records Facebook ici et bandcamp là. Pour ce qui est du travail de composition Majestic Downfall agit en duo depuis 2007 composé par Alfonso Sánchez à la batterie et Jacobo Córdova chants, guitares, basse, claviers et batterie. Ce sont deux musiciens mexicains établis aux USA dans la région de Dallas. Cependant Majestic Downfall a un line-up live effectif puisque Jacobo endosse le chant et la basse et qu’ils ont été rejoins en 2012 par un guitariste Fernz puis en 2014 par un second en la personne de Dahern. J’insiste sur cet enchainement de changements puisque cela participe au fait que Majestic Downfall se rendra plus visible pour le live et qu’on les retrouvera d’ailleurs à l’affiche d’une tournée européenne en compagnie de Ataraxie et Ophis dont quelques dates passeront par la France ( news ici).  

La formation a à son actif trois albums ainsi qu’une démo et deux split albums dont un sorti en 2014 en écoute ici en compagnie de The Slow Death dont je vous ai déjà parlé lors d’une chronique l’année dernière ici. Sur ces anciennes productions Majestic Downfall abordait un Doom Death Metal aux tournures Funeral Doom bien exécuté et très mélodiques qui avait tendance à me laisser un peu de marbre, Hamster nous avait d'ailleurs présenté ce groupe lors de sa chronique de The Blood dance son deuxième album ici mais à partir de l'album suivant Three (2013) (en écoute ici) le groupe a su capter mon attention en changeant légèrement de cap puisque Majestic Downfall amène plus de dissonance ainsi que des changements de tempos vraiment bien sentis. En fait il salit son propos qui était un peu trop propret pour moi par l’adjonction de touches Black Metal et de sonorités poisseuses comme on en retrouve dans le Sludge Metal ou dans un genre de Crust à la mode progressive et évolutive dans une veine semblable à Nux Vomica.

…When Dead est taillé dans un bois semblable à Three. Je dirais tout de même qu’il est plus rude et abrupte. Il suffit pour en être convaincu d’écouter le premier mouvement de l’album composé par l’enchaînement des titres « …When Dead » et « Escape My Thought » ou l’entame du brutal et spectral « Doors ». Soyons clairs, Majestic Downfall reste connoté Doom Death Metal mélodique, je dirais même que c’est le fils conducteur de sa musique à l’instar du superbe morceau « The Rain Of The Dead » mais il apporte beaucoup plus de reliefs au paysage qu’il dépeint. Quand Jacobo et Alfonso s’aventurent à présent en territoires Black Metal ce n’est plus sur la pointe des pieds mais en sautant sans complexes avec beaucoup d’élan : ce qui a pour effet d’éclabousser la quasi-totalité de ses compositions de Blastbeats foudroyants ! C’est vraiment très efficace et ultime d’autant plus que les chutes Funeral Doom sont vraiment abruptes et vertigineuses comme sur « The Brick, The Concrete » qui nous plonge dès son début dans une fosse aux parois granitiques nous laissant nul autre choix que de sombrer sous le poids de riffs très lourds et appuyés par des rythmique aux Down-tempo implacables.  On a même parfois vraiment l’impression aux cours de l’album d’être pris dans un tambour de machine à laver : ça secoue grave pour du Funeral Doom et j’ai adoré ça ! Il faut ajouter à cet arsenal la voix de Jacobo qui est très puissante et  suave puisque elle sait se faire hystérique, narrative, chuchotée ou profonde. 

Le son est parfait ! Je n’ai pas réussi à savoir comment a été enregistré cet album et j’en viens donc à imaginer que le groupe a dû se démerder seul, par contre, il est stipulé par le label que le mixe ainsi que le mastering ce sont fait au célèbre Necromorbus Studio en Suède par Tore Gunnar Stjerna. On reconnaît bien la patte de Tore et de son studio qui a entre autres bossé pour des formations notables tels que Triblation, Watain, Demonical, Adorior,  Behexen ou Altar of Plagues. Un choix et une opportunité judicieux puisque le résultat met vraiment bien en valeur la musique aux multiples facettes de Majestic Downfall ! 

Je résume. Comme ce que je disais il y a quelques jours à propos du dernier album de Non Opus Dei, Majestic Downfall a su se réinventer et effectuer un changement de cap vital pour lui. Je vais même jusqu’à dire que le Doom Death Metal présenté par Majestic Downfall sur  …When Dead m’a procuré le même « bien être » que le Black Death metal exposé sur Diabel par Non opus Dei (chronique ici). Même si leurs univers musicaux semblent éloignés, les deux formations font preuve d’une intelligence rare et certaine en termes de compositions qui fait réellement plaisir à entendre ! Leurs influences sont digérées et restituées mais toujours enrichies et en apportant souvent un angle original. C’est pourquoi j’encourage à écouter ces groupe et à les soutenir ! Il ne nous reste plus qu’à voir comment Majestic Downfall se comporte en live et si il arrive à restituer les surprenants contrastes mis en exergue dans sa musique… Affaire à suivre de près ( news ici).

FalculA (8,5/10)

 
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Bandcamp Officiel où …When Dead est en full streaming.


Pulverised Records- My Kingdom Music / 2015
Tracklist (53:23) : 01. …When Dead 02. Escape My Thought 03. The Brick, The Concrete 04. Doors  05. The Rain Of The Dead.

Obscura – Akróasis

Depuis Omnivium, bien des choses ont changé dans le camp d’Obscura (ou devrais-je dire le Steffen Kummerer Band) : départ de Christian Münzner et de Hannes Grossmann, arrivée de Tom Geldschläger et de Sebastian Lansner, écriture d’un nouvel album (avec, il semble, un apport non négligeable de Tom Geldschläger), éviction dudit Tom Geldschläger (il est même tout à fait supprimé de l’histoire d’Obscura dans la bio fournie par le label), bitch fight sur FB consécutif à ce départ forcé et arrivée de Rafael Trujillo, un guitariste de jazz… Vous suivez toujours ? Avec de tels changements au sein du groupe, on finirait par se demander comment le groupe a pu pondre Akróasis… mais le fait est là, l’album nous a été envoyé par le label et sortira d’ici quelques semaines. Voyons voir ce que la bête a dans le ventre.

Une chose est sûre : Obscura n’a pas choisi la voie de la facilité.

En gros – et c’est le groupe qui le dit, pas moi –, Akróasis se veut une « introduction presque exhaustive au Metal extrême ». Rien que ça. Un point de vue intéressant, mon brave Steffen, mais qui suinte de suffisance. Parce qu’à mes yeux, une introduction presque exhaustive au Metal extrême impliquerait des plans grindcore ou Black Metal, et j’ai beau chercher, je n’en vois pas (idem pour les growls vraiment profonds, on est loin des vocaux à la Cannibal Corpse). Par contre, oui, on est quasiment en présence du « B-A-BA du death technique », avec son lot de plans progressifs et alambiqués, ces cassures de rythme à n’en plus finir, ses lignes de basse parfaitement audibles et apportant un vrai relief au morceau, ses riffs et ses soli supersoniques et exécutés de main de maître. Et c’est bien beau. Bien propre. Et M. Santura a fait un boulot d’orfèvre au niveau de la prod’, ce qui vient encore renforcer le brillant de cet opus.

Et pourtant, malgré toutes ces qualités, certains éléments viennent troubler mon plaisir. « Akróasis » (le morceau), par exemple, et cette structure de début qui n’est pas sans rappeler « Incarnated ». Ou « Ode To The Sun » et son je-ne-sais-quoi qui rappelle la pesanteur d’« Ocean Gateways ». Oui, à certains moments, l’ombre des albums précédents plane sur Akróasis, et c’est d’autant plus dommage que d’autres passages sont à la fois géniaux et novateurs. Par ailleurs (mais c’est une question de goût), l’utilisation de voix « robotisées » n’apporte à mes yeux rien du tout : c’est un gimmick inutile.

Un single efficace en diable, plusieurs moments de bravoure (dont le morceau-fleuve « Weltseele », un quart d'heure de maestria), une production impressionnante qui rend justice à chaque intervenant : Akróasis avait de nombreuses cartes en main pour mater la concurrence. Toutefois, le génie côtoie la redite, et cela m’incite à une certaine sévérité envers un groupe qui, selon lui, « insuffle un nouveau souffle au death metal, au metal progressif et au-delà ». Un peu de modestie aurait été la bienvenue. Akroásis est très bon, meilleur que la grosse majorité de la concurrence, mais ces quelques détails, ces redites me gâchent le plaisir.

Mister Brute Force (7,5/10)

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Relapse Records / 2016
Tracklist (54:01) 1. Sermon of the Seven Suns 2. The Monist 3. Akróasis 4. Ten Sepiroth 5. Ode to the Sun 6. Fractal Dimension 7. Perpetual Infinity 8. Weltseele

 

oshy_10012016_Th_On_HundrDans la famille rap métal je voudrais les londoniens de THE ONE HUNDRED. Nos jeunes amis ont débuté l’aventure en 2012 et accouche mi 2014 d’un premier EP histoire de faire connaître et de diffuser plus largement la musique du groupe. Histoire de faire plaisir à la jeune génération, aux adolescents rebelles contemporains, les britanniques ont mélangé tous les éléments qui fonctionnent : touches de chant extrême, plan typiquement électro, mélodies et refrains accrocheurs et gros riffs.

Mélangez le tout, une louche de SKRILLEX, de LINKIN PARK, de RAGE AGAINST THE MACHINE et du dernier groupe de Deathcore à la mode et vous obtenez Subculture. Après une courte intro, les hostilités commencent pour une petite vingtaine de minutes et cinq morceaux formatés dans un format radio de trois, quatre minutes maximum. Dans l’ensemble très monotone, Subculture peut plaire pour quelques minutes face à l’énergie et la conviction déployées par les jeunes britanniques mais le soufflé retombe rapidement. Les chansons se ressemblent beaucoup et l’auditeur aura l’impression d’écouter un peu les mêmes titres à quelques nuances près. Maintenant reconnaissons que cet EP est taillé pour plaire à la jeunesse outre-Manche, il suffit de voir les dithyrambes d’un KERRANG pour s’en convaincre. Pas sûr que cette musique un peu artificielle survive au passage du temps et nous verrons bien si l’aventure THE ONE HUNDRED parvient à perdurer. Nous nourrissons quelques doutes.

Oshyrya (5,5/10)

 

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UNFD / 2015

Tracklist (19:35 mn) 01. NO FKX 02. Breed 03. Kingsmen 04. Unleashed 05. Tale of Two Cities 06. Downfall