Ne nous voilons pas la face, le RHAPSODY OF FIRE version Staropoli n’a cessé de nous décevoir aussi bien en concert que sur album. Sans revenir sur les errements au niveau du line-up (exit Tom Hess et ici Oliver Holzwarth), Dark Wings Of Steel (chronique ici), l’occasion pour les italiens de montrer ce dont ils étaient capables sans l’apport créatif de Turilli, n’a pas vraiment convaincu malgré quelques bonnes choses ici et là. Le claviériste transalpin n’est pas devenu mauvais du jour au lendemain mais force est de constater qu’il souffrent sans son camarade. Le hasard fait bien les choses puisque les deux entités RHAPSODY se suivent de près et sortent leur nouvel opus presque de concert (six mois d’écart).
Autant Turilli n’a pas complétement répondu à nos attentes avec Prometheus Symphonia Ignis Divinus (chronique là) autant il reste quand même bien au-dessus sur le fond et sur la forme à ses anciens camarades. RHAPSODY OF FIRE annonce un retour aux sources avec Into the Legend et pourtant nous restons à des années lumières d’un Legendary Tales (1997) ou d’un Symphony of Enchanted Lands (1998). Après l’intro intro de rigueur, l’album ouvre sur un « Distant Sky » se voulant accrocheur, symbole de ce retour en forme des italiens. Et bien bof, on croirait déjà avoir entendu plusieurs fois un titre très similaire dans la discographie du groupe. Les mélodies ne sont pas géniales et le refrain rate la cible. Alors ok, De Micheli tricote de la guitare avec talent, comme Turilli, mais il manque la touche supplémentaire. RHAPSODY OF FIRE semble faire du surplace et cherche en vain à retrouver son lustre d’antant. « Into the Legend » claque déjà un peu plus sans toutefois parvenir à atteindre les sommets.
Le côté grandiloquent est là, moult chœurs, des claviers en veux-tu en voilà mais le quintet semble se ranger et devenir un groupe de power métal symphonique doué mais beaucoup plus que tant d’autres. Nos amis rentrent dans le rang alors que Turilli continue à jouer une division au-dessus (même si tout n’est pas parfait). Notons qu'Into the Legend voit le son des italiens un peu se durcir, aussi bien dans les rythmes que dans le chant plus hargneux de Lione. Ce dernier propose une bonne prestation mais s’il continuera d’en énerver plus d’un. RHAPSODY souffle le bon et le très moyen, « Winter’s Rain » passe bien mais « A Voice In The Cold Wind » s’avère assez ennuyeux etc… L’album se termine par un dessert roboratif de plus de seize minutes. Encore une fois, des qualités bien variables se côtoient selon les parties, cela reste correct dans l’ensemble.
Pour la première fois je crois, aucune chanson d’un album de RHAPSODY OF FIRE ne parvient vraiment à sortir du lot et à m’accrocher durablement l’oreille. Into the Legend s’écoute sans laisser beaucoup de traces, des erstaz de chansons déjà entendues s’enchaînent et finissent par lasser. La production ne semble pas être non plus au top, il manque l’impact des meilleurs disques contemporains. Turilli continue, à raison là-dessus, à faire confiance à l’école allemande. Contrairement à ce qu’il affirme, cet album ne rentrera pas dans les annales. C’est moyen, très moyen. TURILLI 2 – 0 STAROPOLI
Tracklist (66:47 mn) 01. In Principio 02. Distant Sky 03. Into The Legend 04. Winter’s Rain 05. A Voice In The Cold Wind 06. Valley Of Shadows 07. Shining Star 08. Realms Of Light 09. Rage Of Darkness 10. The Kiss Of Life
Le 11ème album du groupe allemand démarre avec une courte introuction grandiloquente, les violons laissent rapidement la place à des riffs énergiques, Brainstorm démarre sur un tempo soutenu et accrocheur. Pas de mauvaise surprise pour les conduits auditifs, le groupe joue la sécurité avec une formule éprouvée qui a fonctionné en 2014 avec l'album "Firesoul". Une fois encore on ne change pas une équipe qui gagne et c'est de nouveau Achim Koehler dque l'on retrouve aux manettes et qui donne au groupe un son puissant qui ne peut qu'inciter à pousser le volume à 11.
Etre un poil hors du temps, des effets de mode, de la hype, tout cela n'a pas prise sur Andy B. Franck et ses comparses, le groupe met un point d'honneur à honorer le Heavy Metal à l'allemande, lourd et mélodique. "We Are" ne tarde pas à confirmer que le groupe sait encore livrer des singles qui restent dans le crane.
Mieux encore, Brainstorm ne se contente pas d'un single efficace histoire d'emballer les fans, il accélère la cadence avec des titres percutants, tels "Where Angels Dream" ou "Scar In Your Eyes" très convaincants pour ne citer qu'eux. On pouvait aisément imaginer le groupe vieillir et se montrer de moins en moins inspiré au fil des sorties discographiques, il s'avère que "Memorial Roots" n'est plus qu'un lointain souvenir. Bien sûr le groupe évite les prises de risque, il va de soi qu'Andy ne cherche plus comme par le passé à faire son Rob Halford et à pousser ses cordes vocales à la limite du raisonnable. Mais il est sur que lorsque le groupe applique sa recette dans les meilleures conditions avec un poil d'inspiration, c'est très accrocheur. Voilà un onzième album intense et qui ne se finit pas en eau de boudin comme en témoigne "Sky Among The Cloud " qui frappe fort et juste, avec une touche mélodique plus marquante. Brainstorm nous livre un onzième album très recommandable pour les amateurs du genre.
A noter l'édition limitée contient un DVD d'un concert filmé à Essen lors de la dernière tourne ou le groupe à interprété l'intégralité de l'album "Firesoul".
Tracklist (49 minutes)
1. The World to See 2. How Much Can You Take 3. We Are… 4. Where Angels Dream 5. Scary Creatures 6. Twisted Ways 7. Caressed by the Blackness 8. Scars in Your Eyes 9. Take Me to the Never 10. Sky Among the Clouds
La reformation d'Harem Scarem ne m'avait pas plus que cela emballé. Ni leur réenregistrement de leur fameux second opus, Mood Swing. Ni non plus leur album de reformation, Thirteen. Comme le groupe égrenne la même recette depuis des années, j'ai fait le diagnostic d'une inspiration au plus bas, malgré un savoir faire, lui, élevé. Mais avec ce Live At The Phoenix, enregistré dans le fief de Toronto la question de la créativité du groupe ne se pose pas vraiment. Et Harem Scarem a une très bonne réputation sur scène, donc les a prioris n'ont pas à être négatifs.
Et il est vrai que Live At The Phoenix est globalement bon. D'abord car il est quand même sacrément généreux : avec vingt-deux morceaux, on ne pourra pas dire que toute la carrière du groupe n'est pas couverte. Certes on pourra déplorer qu'il manque un ou deux classiques, comme « Without Love » ou « Honestly », mais dans l'ensemble la setlist est bien trouvée et fait la part belle aux morceaux incontournables, notamment des deux premiers albums. Tout juste aurait-on préféré que le très bon Higher soit défendu ici.
Le son est assez « live » si on me pardonnera cette lapalissade et donc loin d'être parfait, mais c'est sans doute l'effet voulu. On reprochera toutefois un son de guitare rythmique parfois manquant de relief. Et on remarquera que la voix de Harry Hess est parfois plus âpre que sur disque même s'il chante globalement bien.
Le tout est donc franchement agréable pour un amateur du groupe. Il s'agit d'une portée d'entrée intéressante dans la musique du groupe pour les néophytes. Deux raisons de jeter une oreille sur ce Live At The Phoenix.
Baptiste (7/10)
Frontiers / 2015
Tracklist : CD1. 1. Garden Of Eden 2. Hard To Love 3. Saviors Never Cry 4. Dagger 5. Distant Memory 6. The Midnight Hours 7. Mandy 8. Killing Me 9. Slowly Slipping Away 10. Troubled Times.
CD2. 1. Sentimental Blvd. 2. Turn Around 3. Stranger Than Love 4. All I Need; Saints And Sinners; So Blind; Human Nature; Voice Of Reason; Change Comes Around; No Justice.