Archive for the ‘ Chroniques ’ Category

Pvris – White Noise

oshy_30122015_PvriPVRIS (qui se prononce Paris, ne me demandez pas pourquoi) est un groupe rock américain originaire de Lowell dans le Massachusetts. A leur genèse en 2012, ils se présentaient sous la forme d’un quintet et évoluaient dans une veine metalcore. Après des changements de line-up et différentes expérimentations pour définir leur son, ils entrent en studio en tant que trio et modifie leur orientation musicale vers un rock parfois un peu énervé, bourré d’énergie, enrichi allégrement de touches électro et pop. Ils publient un EP éponyme et un EP acoustique avant de signer chez Rise et Velocity Records. Un single « St. Patrick » ainsi qu’une vidéo scellent cet accord. En novembre 2014 sort le premier album que voici, White Noise.

La maitrise des jeunes américains de toutes les ficelles pour pondre des hits surprend à l’écoute de ce disque. Tout à fait dans l’air du temps, PVRIS possède bien des arguments pour faire un carton chez les adolescents du monde entier. Très fédératrices, leurs chansons déploient une belle énergie, elles rentrent dans la tête immédiatement et devront faire danser toute la jeunesse des deux côtés de l’Atlantique. Lyndsey Gunnulfsen au chant offre une très belle prestation et assure ses parties vocales avec conviction. Son chant est hyper mélodique et passe très bien. Les chansons sont formatées, calibrées pour le marché US/UK avec des singles courts, autour des quatre minutes. Au petit jeu des comparaisons, disons que PVRIS s’apparente à un mix entre LINKIN PARK et KATY PERRY. Les compositions de White Noise s’enchaînent avec grâce et naturel même si l’impression d’écouter souvent les mêmes chansons finit par émerger. Rien à dire du côté du son, le disque a été mis affiche un son très professionnel et sans fausse note.

Les ficelles sont grosses et pourtant l’efficacité est indéniable. PVRIS offre un album solide et bien fait, tant au niveau du fond que de la forme. Mais l’absence d’originalité et d’une forte personnalité risque de se payer cher avec le temps. Si les américains ne trouvent pas une identité propre, ils ne connaitront qu’une carrière éphémère. Ils affichent un beau potentiel, souhaitons-leur le meilleur.

Oshyrya (6,5/10)

 

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Rise Records – Velocity Records / 2015

Tracklist (40:19 mn) 01. Smoke 02. St. Patrick 03. My House 04. Holy 05. White Noise 06. Fire 07. Eyelids 08. Mirrors 09. Ghosts 10. Let Them In

Order of 315 – Antipi

oshy_30122015_Ord_o_31La pochette de cet album surprend autant qu’elle interroge. Autant le style de bien des disques s’avère facilement indentifiable autant le mystère reste ici entier. Joli travail graphique signé Raffu (www.designbyraffu.com) qui semble collaboré avec le groupe de ses débuts. ORDER OF 315 est né en 2010 à Paris. Le quatuor propose assez rapidement un premier album, Near-Birth Experience en 2012 qui les voit déjà explorer de nombreux rivages stylistiques. Ils écrivent eux-mêmes que leur base musicale situe quelque part entre le metalcore, le rock progressif, le djent et diverses formes alternatives de métal. Histoire d’englober cette idée, l’étiquette de métal moderne est utilisée.

Cette démarche artistique est assez risquée et nombreux se sont pris les pieds dans le tapis en accouchant d’un gloubi-boulga hétérogène et indigeste. Le premier contact avec ce second opus, Antipi, fait craindre cet écueil. L’immersion dans l’univers d’ORDER OF 315 est loin d’être aisée, pas franchement agréable. Les atmosphères se veulent particulièrement sombres et violentes, le son brut de décoffrage agresse plus qu’il ne caresse, l’auditeur peut craindre des minutes à venir difficiles. Edgar Jabberwocky derrière le micro assène ses textes avec entrain et conviction mais son timbre de voix râpeux peine à vraiment convaincre. Il varie très peu tout au long de l’album et son approche criarde finit par lasser. Au niveau musical, l’éclectisme est de rigueur avec des compositions très déconstruites, des riffs tranchants et syncopés et une section rythmique hypnotique. L’utilisation de quelques effets comme des amples évoquent la scène indus et renforcent le côté froid et synthétique de la musique proposée. Pour tout vous avouer, votre serviteur s’est rapidement senti perdu et a lâché l’affaire à mi-parcours. Pour que l’auditeur puisse profiter du voyage, même si celui-ci de veut périlleux et exigeant, il faut une ligne directrice, un fil d’Ariane même tenu lui permettant de progresser. A l’image de certains groupes djent, ORDER OF 315 veut trop bien faire, trop en mettre et finit par s’isoler. Les titres calibrés autour des quatre minutes auraient pu éviter cet écueil mais ce tunnel semble ne jamais finir. « Drone » conclut Antipi et tout le monde pousse un ouf de soulagement.

Les plus éclairés d’entre vous diront que nous n’avons rien compris et que nous n’avons pas su rentrer dans ce monde, lâcher prise et nous laisser guider par les vagues successives déchainées par ORDER OF 315. Peut-être oui mais l’impression qui perdure à la fin de chaque écoute reste une profonde lassitude et un joli mal de crâne. Et cela gâche franchement le plaisir. Il aurait été agréable que le groupe tienne compte de nous, humble plèbe.

Oshyrya (05/10)

 

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Dooweet Records / 2015

Tracklist (50:20 mn) 01. A Slap On The Wrist 02. Telescope 03. The Feather Factor 04. Abelian 05. Meiosis 06. Rumble Fish 07. Data Warfare 08. Greyscale 09. Densen 10. Unperfect Circles 11. Drone

Stratovarius – Eternal

oshy_29122015_StratovarEtonnant de vois la nouvelle vitalité des finlandais de STRATOVARIUS depuis leur renaissance en 2009 avec Polaris. Depuis qu’ils ne trainent plus le « boulet » Timo Tolkki (qui gâche son talent à travers divers projets souvent médiocres édités par Frontiers), le groupe fait feu de tout bois et sort un nouvel opus tous les deux ans. Et le plus étonnant c’est qu’ils n’ont pas à rougit de ces disques assez réussis, en particulier le dernier, Nemesis (chronique ici) qui contenait quelques belles perles power métal mélodique. Le groupe a trouvé sa stabilité au niveau du line-up et profite à plein de la créativité de de ses piliers Kotipelto (chant) et Johansson (claviers) ainsi que des petits nouveaux Porra (basse) et surtout Kupiainen (guitares). Petite spécificité ici, tout le monde contribué à la composition des chansons (en dehors du batteur Rolf Pilve), Kotipelto a même collaboré, pour certaines d'entre elles, avec son camarade de CAIN’S OFFERING, Jani Liimatainen (ex-SONATA ARCTICA).

On peut tourner l’affaire dans tous les sens, STRATOVARIUS a prouvé son talent et son savoir-faire pour pondre à la chaîne des titres ultra-mélodiques et accrocheurs. Et Kupiainen en particulier montre une maîtrise impressionnante. Après une intro un peu kitsch, « My Eternal Dream » prend son envol avec une guitare tout en maîtrise, des claviers virevoltants et une section rythmique fonçant pied au plancher. « Shine In The Dark » plaira immédiatement aux fans des finlandais et pourrait devenir un des futurs classiques. Son refrain grandiloquent va faire mouche. Kotipelto reste sobre et donc apparaît sous son meilleur jour. Il varie sa prestation et évite trop souvent les montées criardes dans les aigus. Johansson accompagne avec maestria ses camarades et ajoutent ici et là des touches néo-classiques bienvenues. Le groupe a récemment des concerts hommages à son album Visions (1997) et il semble que cela a bien profité au quintet. Certaines chansons ne jureraient pas sur un Episode (1996), Visions ou Destiny (1998). En dehors de la dernière composition, STRATOVARIUS a su rester sobre et n’a pas délayé à l’excès ses idées. En quatre minutes, la messe est dite, c’est très bien ainsi.

L’exception s’avère donc ce « Lost Saga » de plus de onze minutes. Sur une musique de Kupiainen, Kotipelto évoque les vikings et leurs batailles épiques. Toute l’argenterie est de sortie, le quintet a mis les petits plats dans les grands pour ce copieux plat de résistance. Autant ils ont l’habitude de scotcher leur public par l’énergie déployée et un sens imparable de la mélodie autant le défi était tout autre ici. Maintenir l’intérêt sur plus de dix minutes n’est pas une sinécure. STRATOVARIUS s’en sort en variant les plaisirs avec une longue partie instrumentale au centre, tantôt électrique, tantôt acoustique, avant que la cavalcade power métal ne reprenne ses droits. Un joli exercice bien maîtrisé.

Avec Eternal, STRATOVARIUS continue sur sa lancée et ne baisse pas ni d’intensité, ni de qualité. Sans atteindre le niveau d’un Nemesis, ce quinzième opus trouve naturellement sa place aux côtés de Polaris et Elysium. Pas mal après trente et un ans de carrière.

Oshyrya (7,5/10)

 

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EarMUSIC / 2015

Tracklist (54:21 mn) 01. My Eternal Dream 02. Shine In The Dark 03. Rise Above It 04. Lost Without A Trace 05. Feeding The Fire 06. In My Line Of Work 07. Man In The Mirror 08.Few Are Those 09.Fire In Your Eyes 10. Lost Saga