Archive for the ‘ Chroniques ’ Category

Trivium – Silence In The Snow

Je le reconnais, c'est une perte de temps. Trivium aligne les sorties avec un aplomb sans faille et, plus le temps passe, plus le groupe stagne dans sa soupe insipide et vaguement sucrée. Alors, pourquoi s'y intéresser ? Pourquoi perdre mon temps à descendre cet album en flamme ? Parce qu'il fait partie de l'actu, pardi, et même si nous n'avons pas la prétention, loin de là, d'être exhaustifs et de traiter un maximum de sorties, nous pouvons difficilement passer sous silence les gros noms. Même s'ils font de la merde.

Bon, une fois de plus, il faut reconnaître qu'en fait, Trivium ne fait pas vraiment de la merde. Tout l'album est parfaitement calibré, il n'y a pas un pet qui dépasse. Tout semble mesuré, pesé au gramme près. À ce niveau-là, le groupe fait un taf excellent. Son objectif : en mettre plein les oreilles, s'imprimer dans les neurones de l'auditeur, sans effort. Comme de la pop.

Et c'est ça qui me chiffonne. Parce que merde, Matt Heafy est un génie. Et quand on voit tous les efforts déployés par le bougre pour faire rentrer ses albums de Trivium dans la case du Metal easy listening qui se vendra par palettes entières, on a une seule envie : qu'il se sorte les doigts du cul et nous propose enfin du nouveau avec son side-project extrême Mrityu que l'on attend maintenant depuis des années et qui passera aussi entre les mains d'Ihsahn. C'est là qu'on verra toute l'étendue du talent du bougre. D'ici là, il faudra se contenter de subir les albums insipides de Trivium… ou se replonger dans les premiers efforts du groupe qui, s'ils n'étaient peut-être pas aussi vendeurs et destinés à un aussi large public, avaient le mérite d'être un peu plus "sincères" à mes yeux.

Mister Brute Force (2/10)

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Roadrunner Records / 2015
Tracklist (xx:xx) 1. Snøfall 2. Silence in the Snow 3. Blind Leading the Blind 4. Dead and Gone 5. The Ghost That’s Haunting You 6. Pull Me From the Void 7. Until the World Goes Cold 8. Rise Above the Tides 9. The Thing That’s Killing Me 10. Beneath the Sun 11. Breathe in the Flames

 

Deluge – Æther

Les lorrains de Deluge sont de nouveaux venus au sein de la scène Postcore / Black Metal française incarnée par des groupes comme Necroblaspheme (ma récente chronique de Belleville ici) ou Regarde Les Hommes Tomber (chronique du dernier album normalement prévue pour bientôt) puisque ils ont débarqué avec un premier album Æther au sein de l’écurie française Les Acteurs De L’Ombre (facebook ici) en septembre. Il faut dire que je ne connaissais pas la formation et que leur démo Mélas | Khōlé  (2014) m’était passée sous le nez. Autant vous dire qu’au départ je n’avais absolument pas prévu de m’intéresser à Deluge (faute de temps vu que je traitais les deux formations du dessus)  mais aux vues de l’agitation suscitée par cette récente sortie sur le net ainsi que les réseaux sociaux et dépassant largement notre cadre national, je me suis décidé à jeter une oreille attentive à Æther principalement guidé pas ma seule curiosité !

J’ai bien fait car si Deluge ne révolutionne pas le courant consistant à un crossover de Postcore et de Black Metal, il faut quand même lui reconnaître une maitrise technique parfaite de son propos ainsi qu’une mise en forme du genre épatante ! Tout d’abords l’artwork Valnoir – Metastazis (facebook ici) est superbe ! Il faut aussi saluer le processus de prise de son réalisé par le groupe avec l’aide de Christophe Edrich en guise d’ingénieur du son qui a notamment bossé sur les productions de The Ocean, Hacride ou Klone et le mixage/mastering de Joey Sturgis qui s’est quant à lui illustré pour son travail auprès de Oceano, The Acacia Strai ou Born of Osiris.

Le son est énorme et dès l’entame du premier morceau « Avalanche »  ou les titres suivants  avec leurs blastbeats dévastateurs, on s’en prend plein la gueule ! Le groupe nous aménageant  tout de même quelques espaces de relâchements par le biais de Downtempo et d’ambiances athmosphérique bien ficelés comme sur « Melas Khole »  où Deluge à fait appel à un guest au chant de renom puisque il s’agit de Stéphane Paut alias Neige (Alcest). J’ai souvent pensé en écoutant la musique de Deluge à celle des allemands de Downfall Of Gaia (ma chronique du dernier album en date ici) mais dans une version bien plus clean. L’adorateur de musique extrême qu’est votre serviteur aurait aimé plus de pesanteur, de climats poisseux ou malsain comme les allemands savent très bien le faire… Dommage !  

C’est peut être ça qui me dérange un peu au final dans l’aspect général de Æther. Ces ambitions sont louables mais elles sont trop propres et polis pour le style pratiqué. Messieurs un peu de folie !!! Les compositions  tombes de manière trop récurrente dans un schéma : burinage + relâchement + burinage et ainsi de suite. Par contre j’ai beaucoup aimé la seconde moitié de l’album où j’ai eu l’impression que Deluge se faisait plus aventureux par exemple sur les titres « Vide » et « Klartraumer » qui sont très épique et Doom par moments avec ses parties des piano décalées sur le second. Le chant majoritairement d’obédience Hardcore / Postcore, il est percutant et plutôt bien callé pour du chant en français ! C’est un point fort sans nul doute ! Les parties Black Metal sont toutes catchy et très mélodique, certains y verront une force d’autre une faiblesse moi j’ai apprécié ! 

Le tout reste plus que correcte pour un premier album et je suis curieux de savoir ce que le groupe nous proposera à l’avenir. Leur crossover Black Metal Postcore tient la route même si j'aurais aimé plus d'audace ! Malgré mes quelques réserves je pense que soutenir Deluge est  salutaire pour le Metal extrême français car Æther s’ajoute à une belle vitrine déjà bien garnie !

FalculA 7,5/10 


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Les Acteurs De L’Ombre / 2015 
Tracklist (55:33) : 01. Avalanche 02. Appats 03. Melas Khole 04. Naufrage 05. Houle 06. Klartraumer 07. Vide 08. Hypoxie 09. Bruine.

https://www.youtube.com/watch?v=bcofm_hz6ao 

Neal Schon – Vortex

Neal-SchonAlors que Journey est quelque peu secoué par la tourmente occasionnée par les démêlés avec la justice d'un Deen Castronovo inculpé de violence conjugale et autres sordides méfaits, Neal Schon continue de publier des disques solos. Sans doute car Journey est très discret depuis Eclipse (2011) se cantonnant aux prestations live et que Neal Schon a toujours été productif. Mais aussi car le cadre musical de Journey est assez rigide et qu'il ne peut y exprimer toute sa versatilité musicale et, d'une certaine manière, son talent. Car si Neal Schon est un grand guitariste de classic rock, c'est aussi un féru de blues et de jazz, très à l'aise dans le cadre de l'improvisation. Ici, ce Vortex le rappellera encore.

Car si ce Vortex est bourré jusqu'à la gueule de titres – 18 titres –, c'est que dans une veine très jazz rock, il est constitué d'une poignée de riffs et de thèmes et surtout de très nombreuses improvisations à la guitare électrique. Le fait d'avoir fait appel à ses deux ex-compères, Jan Hammer et Steve Smith aux claviers et à la batterie, est très significatif de cette démarche. Même si certaines compositions sortent un peu du lot (« Irish Cream », « Cuban Fly Zone », « Tortured Souls »), c'est surtout la maestria du guitariste qui intéressera ici. Car Neal Schon, outre avoir un style très personnel, sonne somptueusement bien, tant dans l'attaque au médiator que dans les tirés et les liaisons. Qu'il soit lyrique et planant (« Lady M (Our Love Remains) » dédié à sa femme) ou nerveux et véloce (« NS Vortex »), son phrasé est exceptionnellement.

Personnellement je ne me lasse pas de l'écouter exprimer tout ce qu'il a à exprimer à la guitare. Toutefois, il faut être conscient que ce disque ne transcendera par les amateurs exclusifs de Journey ou les afficionados des chansons à trois accords. Et ils auront sans doute tort. 

Baptiste (7/10)

 

Mascot Records / 2015

Tracklist : CD1 : 01. Miles Beyond 02. Awakening 03. Cuban Fly Zone 04. El Matador 05. Eternal Love 06. In a Cloud 07. Irish Cream 08. Lady M (Our love Remains) 09. NS Vortex CD2 :01. Tortured Souls 02. Schon & Hammer Now 03. Airliner NS910 04. Unspoken Faith 05. Twilight – Spellbound 06. Triumph of Love 07. Mom 08. Talk to Me 09. White Light