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Perihelion – Zeng

Fondé sur les cendres du groupe de Black Death Metal hongrois Neokhrome (en activité entre 2001 et 2014), Perihelion façonne un univers musical audacieux et à la croisée des genres entre Postrock, Shoegaze, Rock / Metal Folk, Black Metal, Postpunk, Postcore. Ayant sorti un premier EP  Nap fele néz (2014) et un premier album éponyme Perihelion dans la foulée la même année, le trio hongrois fait preuve d’une belle vivacité sur un lapse de temps assez court. C’est certainement ce qui a facilité leur signature avec le reconnu label français Apathia Records (facebook ici) pour ce second album Zeng qui est sorti en ce mois d’octobre.

Pour ma part, je ne connaissais absolument pas Perihelion ni Neokhrome ce dernier qui a tout de même réalisé trois albums et deux démos. Je suis rentré en contact avec la musique de Perihelion par l’intermédiaire d’une vidéo mise en ligne sur youtube il y a de cela quelques semaines. On peut dire que ce titre « Égrengető » extrait de l’album m’a immédiatement foudroyé avec ses réminiscences Folk, Postpunk, Shoegaze et Black Metal ! La véritable prouesse réalisée  par le groupe sur ce titre est de réussir a évoquer tous ces aspects sans que l’un ne prenne le pas sur les autres, le tout en réussissant à être progressif mais en restant concis et en gardant une certaine efficacité. Est-ce que Perihelion allait me captivé de la même manière sur un album complet ? 

Tout d’abord l’artwork de Costin Chioreanu (site ici et facebook là) est très beau tout en étant assez épuré ! Le son quant à lui est l’œuvre de Gyula Vasvári qui a masterisé et mixé l’album au Audioveesion Studios à Debrecen en Hongrie. Une belle production avec un son de basse qui claque bien comme je les aime :  « un tout » plus que correct. Bon j’aurai encore plus apprécié avec un son de batterie plus en relief, rebondi et légèrement plus en avant mais celui qui nous est présenté fait tout de même l’affaire ! Donc je ne vais pas faire le difficile.  

Autant vous dire que pour ce qui est de mon interrogation de départ concernant Zeng, j’ai été grandement satisfait à sa réception et je peux répondre maintenant par l’affirmative. En effet j’ai constaté lors de ma première écoute que toutes les autres compositions se paraient des mêmes atours et dégageaient la même emphase que le titre de la vidéo ! Les 8 titres de l’album sont de véritables petits bijoux alambiqués mais très bien taillés et l’ensemble garde une certaine cohérence ainsi qu’une grande homogénéité. J’ai même pu constater que Perihelion se montrait encore plus affuté dans le propos purement Folk comme avec les riffing très Pagan de « Felemészt a tér », « Széthulló színek » ou « Végtelen kék » ! Certaines intonations du chant renforcent ce sentiment comme sur « Hajad szél »  mais c’est  le cas à de nombreuses reprises tout du long de Zeng et me les fait instinctivement les rapprocher de leurs compatriotes de Thy Catafalque (hasard du calendrier je suis en train de préparer la chronique du dernier album ici )

L’intonation folk du chant n’est d’ailleurs pas le seul point commun partagé par les deux formations car même si elles n’ont pas choisi le même chemin pour nous l’exposer, elle arbore toutes deux un goût très prononcé pour la progressivité ainsi que pour un avant-gardisme sans borne et très vagabond. Il suffit pour s’en convaincre d’écouter les pièces que sont  « Tündöklés » ou « Űzött ». Les vocaux aussi sont très volages et diversifiés de sorte qu’ils peuvent aussi faire penser à ICS Vortex de Arcturus ou à ceux du Solstafir ancienne période dans leurs moments Black Metal et période actuelle avec un timbre de voix plus claire mais également puissante et rocailleuse. 

Il m’est assez difficile de coller une étiquette à la musique qui nous est présenter ici mais paradoxalement je peux vous dire que Zeng est un très bon album de Metal et qu’il conviendra à un publique très large. Ses qualités son nombreuses mais si il me fallait en retenir une majeure ce serait son accessibilité ! Périhélion est expérimental mais efficace ! Sa musique est traditionnelle mais éclairée tout en sonnant résolument moderne ! Je retrouve ce qu’un groupe comme Myfair m’avait procuré comme sensations dans les années 90 avec son Metal Progressif et Folklorique intemporel (facbook ici). J’ai simplement adoré adoré retrouver ce sentiment ! J’en redemande !

FalculA 8,5/10


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Apathia Records / 2015
Tracklist (34:14) : 01. Tündöklés 02. Vég se hozza el 03. Felemészt a tér 04. Végtelen kék 05. Égrengető 06. Űzött 07. Hajad szél 08. Széthulló színek.

Horrendous – Anareta

Cela fait presque un an maintenant, à quelques semaines près, que j’ai fait la connaissance de Horrendous. Je vais passer le cap des présentations vu que Mister Brute Force s’était intéressé en brossant très justement le portrait de leur premier album The Chills (sa chronique ici) et que je vous avais fait part de mon admiration pour leur seconde sortie longue durée Ecdysis (ma chronique ici). Je vous renvoie donc à ces deux chroniques en guise d’introduction ! On rentabilise et valorise le travail d’équipe chez Metalchro ! sachez-le !

En plus ça tombe bien car Horrendous est un groupe qui illustre bien le concept de continuité ! De ce fait comme pour les albums précédents il reste fidèle à son label d’origine Dark Descent Records. Horrendous s’est adjoint les services de Brian Smith (site ici) qui a une nouvelle fois réalisé un splendide artwork à couper le souffle ! C’est la même histoire en ce qui concerne la production qui de nouveau a été parfaitement réalisée par les Subterranean Watchtower Studios (facebook ici) qui s’occupe de manière magistrale de la production depuis les balbutiements de la formation sur la démo Sweet Blasphemies (2009). Comme sur The Chills et Ecdysis elle éclipse largement tout ce qui se fait dans le Metal en terme de son ! Puissante et claire avec juste ce qu’il faut de saturations, de rondeurs, de profondeurs et de basses ce qui rend le tout toujours plus Heavy et percutant !

Si le groupe opte toujours pour une démarche résolument progressive avec ses compositions alambiquées « Ozymandias », il a néanmoins délaissé les arrangements (claviers et chœurs) pour une approche axée sur les guitares. De fait seul quelques arpèges « The Solipsist (Mirrors Gaze) » ou « Sum Of All Failures » et toujours énormément de lead guitares et de solos typiquements Heavy Metal (NWOBHM) comme sur « Sirea » ou « Polaris » persistent ainsi que les accroches rythmique orientée Thrash Metal et Death Metal Oldschool « The Nihilist » ou « Acolytes » mais il y en a sur chaque morceau de l'album. La musique garde donc toute sa majesté et son éloquence même si Horrendous a choisi de travailler de manière plus brute ses structures ! Il se hisse sans vergogne au dessus de formations tel que Gruesome par exemple qui se borne à calquer leurs plans sur Death (le groupe). Nos américain eux prennent de la hauteur et aidé par son talent certain pour la mélodie se créent leur propre identité en envoyant par la même valdinguer tous ses rivaux ! C’est tellement géniale comme musique que peu à peu au fil des écoutes toutes les références vintages s’effacent et font palce à une réelle modernité ! Horrendous rend homage et évoque ; il est vrai mais à sa sauce et au XXIème siècle !   

Les vocalises de Damian Herring et Matt Knox les deux guitaristes chanteurs de Horrendous  évoquent toujours autant les registres de John Tardy ( Obituary), Martin van Drunen (Asphyx) ou Chuck Schuldiner (Death). Le jeu de batterie toujours très dynamique de Jamie Knox n’est pas en reste et est omniscient sur la  totalité des morceaux !

Horrendous sort de très bons albums comme il enfile des perles ! Le temps pour lui n’est plus à incarner une révélation ni même à faire l’élève assidue et appliqué qui rentre bien dans le rang. Comme son nom l’indique Anareta (terme grec en astronomie) hisse le groupe bien au dessus de la mêlée et impose le groupe comme un leader, un meneur qui n’a plus rien à prouver. Il se paye même le luxe de ne pas choisir entre la masse de formations Metal progressif très (trop ?) arrangé ou celle plus Oldschool et trace lui-même sa route en dehors de toute compromission ! Cela mérite la reconnaissance et ça passe par une note hors norme pour l’ensemble de sa jeune carrière sans aucun faux pas !

FalculA 10/10


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Bandcamp Officiel où Anareta est en streaming intégral


Dark Descent Records – Clawhammer PR / 2015 
Tracklist (44:16) : 1. The Nihilist 2. Ozymandias 3. Siderea 4. Polaris 5. Acolytes 6. Sum of All Failures 7. Stillborn Gods 8. The Solipsist (Mirrors Gaze).

Je vous ai parlé de Cruciamentum lors de la chronique du dernier album d’Indesinence le génial III (chronique ici). Il s’agit d’une jeune formation de Death Metal Oldschool britannique initiée par le guitariste chanteur Dan Lowndes connu pour son activité au sein de Imindain, le statut de ce groupe de Doom Death Metal  n’est pas très clair et leur dernière sortie date un peu maintenant (2009). Pour ce qui est de Cruciamentum il s’est entouré de fines gâchettes du Metal extrême britannique puisque en plus du batteur Dani Ben-Haim qui jouait encore il y a peu au sein de Indesinence et officie également dans Adorior et Grave Miasma, on retrouve aussi le guitariste Roland C. du cultissime groupe australien Deströyer666 qui comme Dani officie dans Grave Miasma ainsi que le bassiste Richard Brass qu’on retrouve dans Atavist, Wodensthrone et qui est passé par bon nombres de formations comme le renommé Winterfylleth (Pagan Black Metal) dont il était le guitariste chanteur de 2007 à 2009. 

Je tenais à être précis au risque d’être un peu lourdingue afin de vous signifier à quel point Cruciamentum regorge de musiciens qui ont tous un lourd passif et c’est ce qui explique à mon humble avis le très bon accueil que lui a réservé le publique lors de la sortie de leur démo Convocation of Crawling Chaos (2009). C’est aussi une des raison du grand intérêt porté à leur seconde réalisation le EP Engulfed in Desolation (2011) ainsi que le fait qu’ils se retrouvent en contrat avec le label canadien Profound Lore Records pour ce premier album le dénommé  Charnel Passages !

Tout d’abord j’ai grandement apprécié le sublime artwork, une illustration de l’artiste chilien Daniel Desecrator (site ici) ainsi que la production du son qui cette fois-ci d’après ce que j’ai compris est l’œuvre intégrale de Greg Chandler (leader de Esoteric et qui a notamment bossé sur les dernières productions de Lychgate, Indesinence) au Priory Recording Studio (facebook ici). Par le passé on le retrouvait à divers moments du processus de production (prise de son batterie ou mastering) mais jamais de manière intégrale. Le son de l’album s’en ressent automatiquement et même si on peu regretter le côté raw et malsain de la démo Convocation of Crawling Chaos ou l’effet rouleau compresseur et abyssal du EP Engulfed in Desolation, force est de constater que cette production actuelle plus claire et affinée s’avère judicieuse et sied à merveille aux nouvelles compositions épiques, ambiancées, techniques, mélodieuses  et percutantes de Charnel Passages

En étant plus saillante elle permet de mettre en valeurs l’incroyable technicité et mélodicité dont font preuve tous les musiciens de Cruciamentum et nous permet d’entrevoir une face du groupe qui était déjà présente par le passé mais moins mise en exergue par la production. De fait même si le groupe s’inscrit toujours dans une démarche Death Oldschool comme le pratiquent des formations comme Grave Miasma, Disma ou Desecresy, il m’a aussi fait beaucoup penser au Death Metal ultime, saillant et virtuose des américains de Deteriorot (facebook ici) ou des finlandais de Adramelech (facebook ici). C’est prégnant sur des titres comme  « Necrophagous Communion », « Rites To The Abduction Of Essenceou », « Dissolution Of Mortal Perception », « Piety Carved From Flesh » ou « Tongues Of Nightshade » avec leurs passages très bourrin d’efficacité, rigoureux rythmiquement et techniquement sans oublier leurs solos d’hallucinés ! 

On peut aussi penser à certaines formations contemporaines en écoutant Cruciamentum tels que Morbus Chron (qui a splité récemment d’ailleurs chronique de Nico ici), Horrendous (dont la chronique arrive sous peu) ou Execration (que Mister Brute Force nous a chroniqué cette année ici) qui évoluent dans un Death Metal Oldschool mais se qui montre un peu plus progressives dans leur démarche. En effet Cruciamentum prend généralement son temps et installe un climat épique et contrasté par le biais de longues compositions ambiancées où quelques discrets claviers « The Conquered Sun (The Dying Light Beyond Morpheus Realms) », « Dissolution Of Mortal Perceptionain » ainsi que de nombreuses lead guitares ou furtifs arpèges acoustiques comme sur « Collapse ». 

Pour un premier album Cruciamentum frappe très fort et nous récite un Death Metal homogène et cohérent aux codes immuables mais en le conjuguant de manière efficace sur plusieurs formes toutes plus ultimes les unes que les autres ! Un album qui satisfera autant l’amateur d’extrémisme musical que l’esthète et rien que pour cette prouesse on met une très bonne note !

FalculA (8,5/10)


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Bandcamp de Profound Lore Records où Charnel Passages est en streaming intégral 


Profound Lore Records / 2015 
Tracklist (44:47) : 01. The Conquered Sun (The Dying Light Beyond Morpheus Realms) 02. Necrophagous Communion 03. Tongues Of Nightshade 04. Rites To The Abduction Of Essence 05. Piety Carved From Flesh 06. Dissolution Of Mortal Perception 07. Collapse.

https://www.youtube.com/watch?v=YbqL1xtj7jY