Comme on le dit souvent dans une saga populaire, l'hiver arrive, et rien de tel qu'un groupe de Funeral Doom culte en provenance de Finlande, pour en fournir la bande sonore.
Skepticism n'est pas du genre à se mêler à la foule, depuis 20 ans il cultive sa rareté sur scène, et cette fois le groupe nous propose un album live particulier. Plus précisement, le groupe nous livre un album studio enregistré en live avec un public restreint. Ce choix plutôt osé permet au groupe de livrer ses nouvelles compos avec un son authentique, sans fioritures. Le groupe relève le challenge haut la main, alors que bien souvent bon nombre de groupes trébuchent lorsqu'il s'agit de présenter de nouveaux titre sur scène, les finalandais ont minutieusement préparé la préstentation de l'album Ordeal. Skepticism n'a pas bouleversé son style, des nappes de claviers, une ambiance apocalyptique, et une allure de mastodonte qui écrabouille tout sur son passage.
Une ambiance de fin du monde, Skepticism avance tel un monstre froid et implacable. La configuration live donne à l'album un poil de chaleur, sans pour autant évacuer la noirceur et la mélancolie des compositions du groupe, le son et les passages mélodiques ont plus d'espace, si l'ambiance est un peu moins étouffante, Skepticism garde intacte sa capacité à frapper à coups de riffs bruts de décoffrages, notamment sur " The Road " qui tranche dans le vif. Le groupe innove sur la forme, sans céder sur le fond, les amateurs du groupe devraient être comblés. Skepticism s'est une nouvelle fois fait attendre, sept ans après Alloy, mais le groupe frappe fort.
Il est assez surprenant de constater le buzz et la hype qui semble entourer chaque nouvelle sortie des Texans de THE SWORD. Cela se renouvelle en ce moment alors que sort le nouvel opus, le cinquième, High Country. Trois années après Apocryphon, (chronique ici), le quartet remet le couvert et propose quinze nouvelles compositions. Nos amis s’inscrivent dans cette vague revival qui se plait à ressusciter des sonorités et des gimmicks ancrées dans les années 70. Votre serviteur commence sérieusement à fatiguer devant le nombre pléthorique de groupes s’étant engouffrés dans la brèche.
Il serait malhonnête de ne pas reconnaître que THE SWORD possède un vrai talent pour composer des titres directs et accrocheurs. Ils ne se perdent pas dans de longues circonvolutions stériles et synthétisent leur propos en deux ou trois minutes. Le style ne vous surprendra pas, sur un base heavy métal vient se greffer des touches plus marquées tantôt stoner, tantôt doom. Malgré ce schéma tristement classique, les texans parviennent à surprendre en n’hésitant pas à multiplier les sonorités ou les mélodies étranges, psychédéliques parfois. Rien que l’intro instrumentale du disque, « Unicorn Farm » risque d’en laisser coi plus d’un. C’est cette touche « bizarre » (« Suffer No Fools ») qui finalement sauve THE SWORD du marasme et lui permet d’un peu se distinguer de la masse. Les musiciens sont bons et font preuve tout au long de l’album d’un joli feeling. Cela change de tous ces groupes qui pondent des disques à la chaine, toujours sur le même modèle. Quand les américains restent sages et appliqués l’ennui monte et l’envie de passer à la plage suivante monte de façon irrépressible (« Early Snow » par exemple). Il serait intéressant d’être une petite souris pour pouvoir se glisser dans le local de répétition du groupe pour assister à la naissance de ces chansons, tantôt sages tantôt un peu folles et barrées. Le côté hypnotique et lancinant qui a fait la patte de THE SWORD est un peu moins présent au profit d’une approche plus directe. Mais l’auditeur s’amusera à chaque découverte, se demandant à chaque fois ce qui l’attend à la prochaine chanson.
Les américains ne font ici rien d’exceptionnel mais ils le font plutôt bien. Les plus nostalgiques et les plus aventureux apprécieront ce mélange des genres, cette démarche de sortir des sentiers battus. Sur la longueur de l’album, l’intérêt finira par s’émousser mais par petite touches de trois ou quatre chansons, High Country réussi à faire son petit effet. Voyez si vous favorisez le verre à moitié vide ou à moitié plein.
Tracklist (50:17 mn) 01. Unicorn Farm 02. Empty Temples 03. High Country 04. Tears Like Diamonds 05. Mist And Shadow 06. Agartha 07. Seriously Mysterious 08. Suffer No Fools 09. Early Snow 10. The Dreamthieves 11. Buzzards 12. Silver Petals 13. Ghost Eye 14. Turned To Dust 15. The Bees Of Spring
En 25 années de carrière, Lofofora a plutôt bien mené sa barque. C'est un groupe exemplaire, toujours exigeant envers lui-même, généreux avec ses fans. Il propose des productions de qualité et véhicule un état d’esprit positif. Mené par le virulent Reuno, le quatuor s’est même, au fil des ans, bonifié. Mature, il est devenu plus mordant qu’à ses débuts. Sur scène, c’est la panacée ; le groupe reste une machine de guerre. Ce que démontre ce dernier album en public, L’épreuve du concert.
Fort d’un dernier opus réussi (L’épreuve du contraire), Lofofara a, comme à son habitude, enchaîné sur une tournée des grands ducs. L’épreuve du concert, témoignage brut, prouve que Lofofora ne joue pas la facilité. La set-list est aventureuse, laissant beaucoup de place aux morceaux récents (« L’innocence », « Mémoire de singes »). Par bonheur, le quatuor ne néglige pas ses classiques (« L’œuf », « Le fond et la forme »). La mixture s'avère parfaite et fait preuve de cohérence. L’interprétation est sans faille ; le groupe n’a jamais aussi bien joué. Revigoré depuis Monstre ordinaire, Lofofora se trouve dans un nouveau cycle dans sa carrière : toujours hargneux, mais plus réfléchi.
Le grand intérêt de ce nouvel opus en public est de ne pas faire doublon avec Double et Lames de fond. Complémentaire, il montre l’évolution d’un groupe auquel nous sommes attaché. Une formation qui n’a jamais renié ses idéaux et qui continue d’être, envers et contre tous, insolemment indépendante.
01. Notre terre 02. L'œuf 03. L'innocence 04. Le fond et la forme 05. Mémoire de singes 06. Trompe la mort 07. Contre les murs 08. Utopiste 09. Elixir 10. Pyromane 11. Le malheur des autres 12. La tsarine 13. Justice pour tous 14. Visceral (version Hot) 15. Autopilote 16. Ilot Amsterdam 17. Double A