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Ohrenfeindt – Motor An!

Il est amusant de parfois entrer en contact avec des groupes nationaux, des groupes qui ne fonctionnent que dans un pays ou pour un public particulier. Seuls les plus acharnés (ou les plus germanophiles) d’entre vous connaîtront le groupe OHRENFEINDT originaire d’Hambourg. Nos amis teutons ne font pas dans la dentelle et assènent depuis longtemps maintenant un hard rock classique, presque cliché, contenant tous les gimmicks attendus. Motor An! (« Démarrez le moteur » dans le langue de Molière) constitue en effet le sixième opus des allemands. Ces derniers ne tournent qu’en terres germaniques, en Allemagne et en Suisse quasi exclusivement.

La recette du trio est simplissime : prenez quelques riffs tranchants, ajoutez une section rythmique pachydermique, des guitares au son assez rugueux et un chant bien viril et vous obtiendrez le cocktail OHRENFEINDT (et celui de dizaines d’autres groupes). Le chanteur/basiste Chris Laut mène les débats même si cette fois-ci il a reçu le soutien de ses deux camarades Andi Rohde (batterie) et Pierre “Keule” Blesse (guitare) qui ont eux-aussi contribué à la composition. Les chansons s’enchainent sans temps mort et soyons réalistes, ne cassent pas particulièrement des briques. Le résultat s’avère sympathique, mais tellement cliché, déjà entendu des centaines de fois, que le soufflé finit par tomber rapidement. Les allemands ne sont pas des manchots et savent ce qu’ils font. Le savoir-faire est indéniable et Laut mène bien sa barque derrière le micro même si le chant en allemand ne fait pas que des merveilles. Seuls les fans les plus acharnés pourront crier au génie. Un AC/DC ou un AIRBOURNE saura apporter plus de plaisir au final. Le son est propre, Laut a encore une fois travaillé efficacement avec le producteur Olman Viper au sein des Hertzwerk Nullzwei Studios d’Hambourg.

Dans ce genre hard rock classique hyper fréquenté, proposer un travail honnête et solide ne suffit pas. Face aux ténors du genre, il faut pouvoir sortir l’artillerie lourde pour parvenir à émerger de la masse et se faire ainsi une place au soleil. OHRENFEINDT ne démérite pas mais ne propose pas une musique suffisamment attractive et racée pour être compétitif. En concert dans un bar enfumé, entouré de bikers pourquoi pas, sur disque chez soit à la maison, la magie agit nettement moins bien.

Oshyrya (06/10)

 

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AFM Records / 2015

Tracklist (41:33 mn) 01. Zeit Für Rock’n’Roll 02. 1910 03. Die Hoffnung Stirbt Zuletzt 04. Nimm Die Kohle Und Renn 05. Gib Mir Mein Problem Zurück 06. Früh Oder Später 07. Motor An! 08. Aus 09. Für Rock’n’Roll Gebaut 10. Reich Würde Schon Reichen

A.c.o.D – II The Maelstrom

oshy_25102015_AcoAprès nous avoir appâté et fait saliver grâce à leur EP cinq titres, Another Path… (chronique ici), l’année dernière, les marseillais d’A.c.o.D reviennent se rappeler à notre bon souvenir avec cette fois-ci une pièce de choix au menu, leur troisième album baptisé II The Maelstrom. Histoire de capitaliser au maximum sur le travail déjà effectué, vous retrouverez ici ces cinq compositions réarrangées mais enrichies de sept nouvelles pépites de « blended métal ».

Késako me diront les cancres terrés au fond de la salle de classe ? Eh bien comme son nom l’indique, le quintet se plait à mettre en avant cette expression pour qualifier son style, un mélange d’influences diverses autour d’un death métal prédominant. On reprend les mêmes que pour l’EP apéritif avec pour seconder le quintet: l’enregistrement a été confié aux doigts experts de Shawter (DAGOBA) dans son Eagle Black Studio et Damien Rainaud s’est chargé du mastering au Darth Mader Studio de Los Angeles. Faisant bloc autour de Fred au chant et Chris à la guitare, les deux principales forces créatrices du groupe, A.c.o.D affiche une puissance de frappe assez exceptionnelle. Les chansons s’enchaînent comme autant de salves destructrices et ne font pas de quartier. Après un « Another Path » ayant déjà fait ses preuves sur l’EP, « Way of Death » enfonce le clou et montre des musiciens au sommet de leur forme. Ils donnent tout et parviennent à renouveler l’exploit de mélanger violence et mélodie, brutalité et subtilité. Les riffs claquent et tranchant à tout va sans oublier d’accrocher l’oreille presque systématiquement. Quelques breaks très techniques parsèment les compositions et offrent une bouffée d’oxygène pour reprendre son souffle avant le retour des hostilités.

Nos compatriotes n’ont rien à envier à leurs camarades scandinaves et abattent un sacré boulot. Sans les quelques chansons en peu plus basiques et moins intéressantes comme « Words of War » ou « Black Wings » le groupe aurait pu espérer tutoyer les sommets. Cerise sur le gâteau, ils accueillent sur cet album deux invités de marques, l’évident Shawter sur « Unleash the Fools » et surtout Björn « Speed » Strid sur « Ghost Memories ». A croire que ce dernier kiffe particulièrement les groupes français en ce moment après une autre pige pour nos compatriotes de T.A.N.K. sur leur dernier opus. Les similitudes stylistiques et dans l’approche entre A.c.o.D et SOILWORK sautent d’autant plus aux oreilles quand Strid poussent ces gueulantes.

II The Maelstrom laisse à chaque écoute une très bonne impression, les marseillais ne cessent de nous épater. L’album est aux petits oignons que ce soit sur la forme ou sur le fond. Depuis Point Zero en 2009, que de chemin parcouru ! Saluons la ténacité et le travail accompli. Souhaitons leurs que tous ces efforts payent et qu’ils puissent rapidement récolter les fruits de ce très bon album.

Oshyrya (7,5/10)

 

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Autoproduction / 2015

Tracklist (52:24 mn) 01. Another Path 02. Way Of Death 03. Abuse Me 04. Ghost Memories (avec Bjorn de SOILWORK) 05. Words Of War 06. Black Wings 07. Rise 08. Cold 09. Death Breath 10. Unleash The Fools (avec Shawter de DAGOBA) 11. Fallen 12. Crimson 13. To The Maelstrom

Queensrÿche – Condition Hüman

Condition-Hüman-200x200Tout semble réglé dans l’univers de Queensrÿche : les trois membres fondateurs du combo de Seattle ont donc obtenu le droit sur le nom de Queensrÿche et Geoff Tate conserve celui de jouer in extenso Operation Mindcrime en concert. Cela ne signifie en rien que l’ex-chanteur de Queensrÿche se place dans la continuité du disque mythique du groupe puisque son premier album se veut résolument moderne. Ce n’est pas la voie empruntée par Michael Wilton, Eddie Jackson et Scott Rockenfield associés à Todd La Torre et Parker Lundgren (rescapé de l’époque Tate), comme on avait pu le constater sur le disque précédent du groupe, Queensrÿche, qui se voulait un retour au style posé dans les années 80. Le disque était bon mais souffrait de deux défauts : il était trop court et la production n’était pas à la hauteur des attentes. Mais il recelait quelques excellents titres qui montraient que ce n’était sans doute pas à Geoff Tate de prendre le relais de Chris DeGarmo comme principal compositeur du groupe.

Des défauts réglés

Ici, sur Condition Hüman, ces deux défauts ont été écartés puisque le disque est d’une longueur tout à fait satisfaisante (54 minutes) et est très bien produit. Pour finir il est sans doute supérieur à son prédécesseur en terme de qualité de composition. Non qu’il soit parfait car il recèle quelques titres corrects mais un peu quelconques comme « All There Was » ou même « Arrow Of Time » qui ouvre de manière bien banale le disque du fait de ses influences à la Maiden trop manifestes. Mais cela ne doit pas occulter les chansons totalement réussies. Dans un genre heavy et puissant, citons « Guardian » dont le break est excellent et qui a donné logiquement lieu à un clip. Ou aussi le superbe « Hellfire » sur lequel les somptueuses vocalises de La Torre se font moins proches de celles de Tate et rappellent parfois un peu celles d’Halford. Après une ouverture agressive, le groupe ralentit doucement le rythme en proposant trois morceaux plus mid-tempo et d’ailleurs un peu plus « modernisants » (« Selfish Lives » ou « Eyes9 »), mais d’une modernisation respectueuse du style originel du groupe. Toute référence aux tentatives de l’ancien chanteur de Queensrÿche serait évidemment fortuite…

Un sommet sans doute en fin de disque

Le sommet du disque est selon moi atteint sur la fin du disque. Deux ballades s’avèrent totalement magiques : « Bulletproof » voit un La Torre absolument impérial et « Just Us » est gorgée d’émotion au diable. Certes La Torre chante définitivement « à la manière de », mais le résultat est impressionnant. Citons aussi un morceau de haute tenue : « Hourglass » dans une veine plus nettement progressive mais qui est une vraie réussite. Le clou attendu est la pièce la plus ambitieuse qui finit l’album : « The Aftermath » enchaîné à « Condition Hüman » pour presque 9 minutes de suite. Sans atteindre les sommets de « Suite Sister Mary », c’est une très belle réussite sur laquelle brille – signalons encore une fois – La Torre.

Au final, on peut dire que Michael Wilton (principal compositeur et qui aurait dû l’être depuis longtemps) a bien travaillé, il est vrai aidé par les très belles prestations des autres membres du groupe. Scott Rockenfield n’avait plus joué de la batterie avec tant de fougue depuis bien vingt ans ! Condition Hüman est un disque de Queensrÿche certes respectueux d’une identité très endommagée il y a encore peu, mais de très bonne tenue car il ne se montre par pour autant totalement conservateur. Et surtout il prouve une réelle fraîcheur qui indique bien que les musiciens prennent de nouveau plaisir à être ensemble et à jouer la musique qui leur correspond.

Baptiste (8/10)

Century Media / 2015

Tracklist : 01. Arrow Of Time 02. Guardian 03. Hellfire 04. Toxic Remedy 05. Selfish Lives 06. Eye9 07. Bulletproof 08. Hourglass 09. Just Us 10. All There Was 11. The Aftermath 12. Condition Hüman