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The Great Discord – Duende

Voilà une bien étrange créature musicale… 

Assez étrange et atypique est le parcourt de cette jeune formation suédoise ! Débarquée de nulle part et directement signée chez  Metal Blade, un label conséquent pour ne pas dire majeur dans notre paysage Metal et qui est connu pour ses signatures Metal Extrême et Heavy Metal voire Doom. En effet à première vue The Great Discord additionne les handicapes puisque en plus d’être une toute jeune formation inconnue du publique affilié à Metal Blade, le groupe affiche une front-woman et évolue dans des sphères Metal et Rock Progressif. Autant vous dire que comme Metal Blade, rien ne me prédestinait à m’intéresser à The Great Discord. Non pas que je sois réfractaire  au chant féminin  ou au Progressif dans le Metal, juste que mon expérience m’a appris à  me méfier comme de la peste de l’effet front woman car il s’agit bien souvent de basses manœuvres marketing et racoleuses des labels visant selon moi à jeter en pâture à une meute de metalheads libidineux de la goth pouf ou de la valkyrie pomponnée !

Sauf que là avec The Great Discord point de manœuvres à l’horizon ! Tout est très « artistique » dans la démarche et la musique du groupe. En creusant un peu, vu que j’ai été immédiatement interpelé par leur musique, j’ai appris que sa genèse est l’œuvre d’une rencontre entre la vocaliste/claviériste  Fia Kempe et le batteur Aksel Holmgren. Selon leurs propres dires The Great Discord est le résultat de cette amitié qui remonte à une dizaine d’années maintenant. Les deux musiciens s’étant trouvés énormément de goûts musicaux communs notamment pour le Metal et le Rock Progressif mais aussi pour des sonorités plus extrêmes et avant-gardistes. Par la suite ils ont décidé de concrétiser cette alchimie et de s’adjoindre les services d’autres musiciens : André Axell un guitariste ayant collaboré avec  Aksel Holmgren  au sein de 12 Gauge Dead et Prowess ainsi que le bassiste Rasmus Carlson et un autre guitariste Gustav Almberg
 
A l’écoute du riche Duende leur premier album, on saisit immédiatement que l’on a à faire à de très bons musiciens ! L’album regorge de césures rythmiques ainsi que de nombreuses polyrythmies montrant aussi toute l’importance de Aksel Holmgren au sein de l’effectif et du processus de compositions de The Great Discord. C’est comme le large éventail couvert par la voix grave et très suave de Fia Kempe qui se démarque assez rapidement des voix féminines prédominantes dans le Metal en général. Même si elle ne boude pas quelques incartades en territoire Pop, la demoiselle se montre également experte dans un registre Heavy Metal traditionnel en s’inspirant notamment des gimmicks de King Diamond ou de Messiah Marcolin qui font mouche. De plus Fia Kempe est souvent appuyée par divers chœurs et vocaux extrêmes masculins pour un rendu du meilleur effet ! La musique et très vagabonde et elle aussi rappelle à de nombreuses reprises l’élan théâtral et Dark d'un King Diamond. Les deux guitaristes et le bassiste complètent magistralement ce line-up et font preuve d’une jolie maitrise technique tout du long de l’album ! Ajouté à sa le mixage et mastering de Niels Nielsen qui a façonné une emprunte sonore qui sied à merveille aux compositions diverses, parfois dissonantes et alambiquées de Duende ! 
 
Comme je le disais le spectre musical de Duende et très large et assez difficile à décrire. Je trouve d’ailleurs l’étiquette Progressive Death Pop accolée par le groupe lui-même vraiment parfaite même si elle ne retranscrit pas tout le versant Heavy Traditionnel et Modern Metal récurrent dans la musique du groupe. J’ai adoré des morceaux comme « L’Homme Mauvais », « Self Aeta » mais il y en a bien d’autres que je rapprocherai de l’esprit barrée et progressif de formations comme Beyond Twilight, Shaolin Death Squad ou Darkology. Un très bon premier album de Metal sensible de convenir à un publique large malgré de nombreuses incursions en terres Extrême, Moderne, Progressive et Heavy. Une dernière chose : je vous recommande l’écoute de l’album dans son ensemble et de ne pas vous fier qu’aux titres disponibles sur youtube car ils peuvent être trompeurs. Vous verrez vous serrez vous aussi conquis, j’en suis certain. 

FalculA (8/10)

 
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Metal Blade / 2015
Trackliste (48:24) : 01. The Aging Man 02. Deus Ex Homine 03. Eigengrau 04. L'homme Mauvais 05. Self æta 06. A Discordant Call 07. Woes 08. Angra Mainyu 09. Illuminate 10. Ephemera.

blackmoresnightallouryesterdayscdIl y a un frémissement dans la foule des aficionados du légendaire Ritchie Blackmore. Le guitariste lunatique a en effet confié l'été dernier revouloir jouer du rock, notamment sur scène pour au moins quelques concerts. Une première… depuis quasiment vingt ans ! Depuis Stranger In Us All de Rainbow en fait. Il semble bien que si le groupe soit à peu près constitué, cela soit pour l'année prochaine. Entre-temps, nous avons à nous mettre sous la dent un énième disque de Blackmore's Night, All Our Yesterdays. Autant dire que je n'attendais pas franchement ce dernier de pied ferme, notamment car son prédécesseur était plaisant mais en rien renversant.

Et bien ce All Our Yesterdays l'égale sans problème. Certes, il souffre d'un trop plein de reprises (« I Got You Babe » de Sonny & Cher pas mémorable, « Midnight Shadow » de Mike Olfield beaucoup plus réussi) et le groupe aurait pu se dispenser de se réinterpréter (« Where Are We Going From Here » issu de Ghost Of A Rose bien que joué en version électrique ici). Mais l'ensemble reste de qualité : « Darker Shade Of Black » est un bijou instrumental avec un Blackmore impérial alors que dans la même veine instrumentale « Allan Yn n Fan » laisse une jolie place au… violon dans une voie celtique plaisante. J'apprécie particulièrement « The Other Side » et son ambiance médiévale sur laquelle Candice Night se retrouve très en maîtrise. « Queen's Lament » est interprétée par Blackmore à la guitare acoustique et s'avère absolument superbe, le toucher du maître se révélant somptueux. Même les gros durs pourront être attendris par l'onirique ballade « Earth Wind And Sky » qui voit Candice Night en état de grâce.

L'ensemble n'est pas particulièrement électrique : seule l'auto-reprise de « Where Are We Going From Here » s'avère un peu rock mais cela reste peu. Notons aussi que si « Will o' Wisp » est acoustique, elle est assez rythmée et épique pour attirer l'intérêt. Mais on passera outre à cette remarque car on attend surtout Blackmore avec un stratocaster pour de bon dans le futur. Croisons les doigts pour qu'il tienne promesse. Entre-temps, on goûtera encore avec plaisir la musique de Blackmore's Night.  

Baptiste (8/10)

 

Frontiers / 2015

Tracklist : 1. All Our Yesterdays 2. Allan Yn n Fan 3. Darker Shade Of Black 4. Long Long Time 5. Moonlight Shadow 6. I Got You Babe 7. The Other Side 8. Queen's Lament 9.  Where Are We Going From Here 10. Will o' Wisp 11. Earth Wind And Sky 12. Coming Home

Diemonds – Never Wanna Die

oshy_0510201_DiemoLes canadiens de DIEMONDS mènent déjà depuis plusieurs années une solide carrière dans leur pays et débarquent désormais en Europe prêts à en découdre. L’aventure a débutée en 2006 à Toronto et mettra quelques années à véritablement décoller. Prenant le taureau par les cornes, ils publient en autoproduction un premier EP, In the Rough, en octobre 2008. Cette carte de visite va leur ouvrir des portes et leur permettre de saisir des opportunités pour tourner en Amérique du Nord aux côtés de LA GUNS, FASTER PUSSYCAT ou John Carabi. En 2012, ils signent avec Underground Operations pour sortir dans les bacs leur premier album, The Bad Pack. Après bien des concerts sur toutes les routes possibles et inimaginables, les voici en cheville avec Napalm Records pour se faire connaitre du plus grand nombre.

Pas de chichi, pas de guimauve inutile et écœurante, DIEMONDS est adepte d’un hard rock direct, accrocheur et bourré d’énergie. Et de l’énergie, ils en ont à revendre. Les riffs tranchants, les rythmiques endiablées et les refrains séduisants s’enchainent à haute intensité tout au long de ce Never Wanna Die. La paire de guitariste C.C. Diemond et Daniel Dekay ne ménage pas sa peine et laisse peu de temps mort à l’auditeur pour souffler. Enfin l’épreuve s’avère assez courte puisque le disque ne parvient pas à atteindre les trente-cinq minutes au compteur. Derrière le micro, la chanteuse Priya Panda rivalise avec ses petits camarades et fait des merveilles avec sa voix rock, et puissante. Elle suit les traces d’une Doro Pesch en évoluant dans un genre musical assez similaire. Pour le reste c’est du déjà entendu, la majorité des titres sont bien écrits, efficaces et rapidement accrocheurs. DIEMONDS a su s’inspirer et piocher de bonnes idées chez les groupes phares de la scène rock américaine. Toutes les ficelles du métier sont mises à profit ainsi que les gimmicks qui ont fait leur preuve. Avec l’aide d’un producteur expérimenté et récompensé comme Eric Ratz (MONSTER TRUCK), le quintet possédait tous les atouts pour frapper fort.

Un peu à l’image des finlandais de BATTLE BEAST, les canadiens de DIEMONDS ont su s’inspirer des meilleurs et proposer des chansons efficaces à même de plaire à un grand nombre de métalleux. Pour l’originalité vous repasserez mais reconnaissons que le travail a été réalisé avec sérieux et application. Très agréable sur disque cet album devrait pouvoir faire un malheur sur scène. Avec le soutien de leur label, ils ne devraient pas tarder à venir nous rendre visite.

Oshyrya (07/10)

 

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Napalm Records / 2015

Tracklist (34:17 mn) 01. Never Wanna Die 02. Hell Is Full 03. Over It 04. Ain't That Kinda Girl 05. Secret 06. Better Off Dead 07. Forever Untamed 08. Wild At Heart 09. Meet Your Maker 10. Save Your Life