Archive for the ‘ Chroniques ’ Category

Newman – The Elegance Machine

oshy_25092015_NewmaAvec une grande régularité, tous les deux ans dernièrement, le chanteur et compositeur Steve Newman se rappelle au bon, souvenir des fans de Hard FM à travers son groupe NEWMAN. Après Under Southern Skies en 2011 (chronique ici) puis Siren en 2013 (chronique ) voici The Elegance Machine. Sous nos radars, il mène une très honorable carrière en tournant régulièrement chez lui outre-Atlantique ou en Grande-Bretagne. Ce nouvel opus rassemble tous les titres composés depuis deux ans dans une totale continuité mélodique et stylistique avec le passé récent.

L’évolution est subtile, afin de ne pas se laisser distancer, NEWMAN laisse apparaitre des influences plus modernes tout en durcissant légèrement le ton. Je vous rassure, la musique proposée ne risque quand même pas d’effrayer votre grand-mère tant la mélodie prime sur tout le reste. C’est propre, gentillet et apporte quelques petites satisfactions aux fans de l’artiste. Signalons quand même que cette petite touche de modernité et un son parfois un peu plus hard apporte un vrai plus et évite à ce disque le destin pas très glorieux de ses ainés. L’ennui pointe son nez beaucoup plus tard, la première moitié s’avère sympathique. Vous ne sauterez pas de joie et d’enthousiasme mais saluons quand même le progrès. Pour mener à bien ce nouveau projet, Steve Newman continue de se réserver la part du lion au niveau composition et production. NEWMAN n’a finalement de groupe que le nom. Il est ici accompagné de son, fidèle lieutenant Rob McEwen à la batterie et quelques amis pour assurer des chœurs. « The Elegance Machine », « Halo » ou encore « Illuminate » passe bien le test avec quelques autres chansons. Pour le reste, l’album oscille entre le passable et le très moyen.

NEWMAN a trouvé son public et mène son petit bonhomme de chemin sans s’inquiéter des critiques ou des tendances contemporaines. Sa musique s’avère être surannée et, bien que sympathique, seuls les aficionados s’intéresseront à ce The Elegance Machine. Le défaut récurrent signalé lors de nos précédentes chroniques persistent, difficile de maintenir longtemps un intérêt sincère pour la musique proposée.

Oshyrya (06/10)

 

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AOR Heaven / 2015

Tracklist (55:24 mn) 01. The Suit (Skyscraper) 02. The Elegance Machine 03. Don t Stay Lonely 04. Illuminate 05. Confess 06. Halo 07. Prayer For Apollo 08. She Walks In Silence 09. One Good Reason 10. Pretender Surrender 11. Send Us Salvation 12. Scars

Grave – Out Of Respect For The Dead

Blabla les vieilles casseroles blablabla la meilleure soupe…

Eh oui, je suis tombé si bas que je commence maintenant mes chroniques par un proverbe. En même temps, que voulez-vous encore dire de plus au sujet de ces vieux briscards, les seuls du Big 4 suédois à encore conserver leur crédibilité après la disparition de Dismember, l’éclatement d’Entombed et la routine d’Unleashed. Ce Big 4 est mort. Il n’en reste qu’un. Grave est le Highlander du Death suédois, et il prend un malin plaisir à faire rouler la tête de la concurrence avec un nouvel album en béton massif.

Ola l’explique dans la fiche promo : cet album est « énervé », « pissed off » pour citer ses mots. Et bordel, il a raison. Ça faisait longtemps que Grave ne m’avait pas semblé aussi en forme. Sur les sorties précédentes, malgré la force de frappe, le groupe donnait parfois l’impression d’être en roue libre. Efficace, mais convenu. Ici, Ola et sa bande retrouvent une énergie inattendue, avec quelques morceaux dévastateurs. La combinaison « riff bulldozer – groove – batterie » se rappelle à notre bon souvenir et fait voler les tignasses… jusqu’à ce que Grave se hasarde dans le mid-tempo. Un choix risqué.

Mais un choix payant. Quand Grave met une touche de Doom dans son Death, quand il adopte des rythmiques lourdes à la Bolt Thrower ou à l’Asphyx, le groupe gagne encore en efficacité. Prenez ce final, « Grotesque Glory », ce n’est pas une charge de cavalerie. C’est une colonne de panzers qui vient éradiquer les éventuels survivants des assauts précédents. C’est lourd. Très lourd. C’est implacable. C’est ça, le Death Metal qu’on aime.

À la fois familier et surprenant, Out Of Respect For The Dead est un doigt d’honneur adressé à la concurrence. « On a 24 ans de carrière, on est aussi vieux que vos pères, mais on vous bouffe encore au petit déjeuner », semble gueuler Ola avec ce nouvel album. Comme Malevolent Creation (qui sort son album deux semaines avant et fête ses 25 ans), Grave livre un album dévastateur. Un dernier baroud d’honneur avant la retraite ? Seul le temps nous le dira, mais je ne vois pas pourquoi ces groupes s’arrêteraient en si bon chemin…

Mister Brute Force (9/10)

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Century Media Records / 2015
Tracklist (48:20) 1. Intro / Mass Grave Mass 2. Flesh Before My Eyes 3. Plain Pine Box 4. Out of Respect for the Dead 5. The Ominous 'They' 6. Redeemed Through Hate 7. Deified 8. Trail of Ungodly Trades 9. Grotesque Glory

Malevolent Creation – Dead Man’s Path

Putain, 25 ans au compteur, et toujours la même hargne, toujours la même énergie, toujours la même haine. J’en connais beaucoup, des jeunes groupes qui devraient s’inspirer des vieux tauliers de Malevolent Creation. Parce que malgré ces 25 ans de carrière, Malevolent Creation reste toujours aussi affûté.

En guise de mise en bouche, le groupe nous balance le titre éponyme, presque atypique, mid-tempo, avec un Bret Hoffmann qui opte davantage pour un registre presque « spoken word ». Même après 25 ans, Malevolent Creation sait encore nous surprendre… mais c’est pour mieux nous prendre en traître et enchaîner sur un Death Metal plus classique mais mortellement efficace.

Le groupe le reconnait lui-même : il connait ses limites et n’entre pas dans le concours de « qui aura la plus grosse ». Leur recette, ils la connaissent sur le bout des doigts, ils savent où mettre le doigt pour faire  le plus mal possible. Ne cherchez donc pas vraiment d’innovation sur cet album, elles ne sont de toute façon pas nécessaires ni souhaitées. Au niveau des guitares, on reconnait la « Fasciana touch », ces riffs qui font mouche, cette petite touche presque thrashy qui vient encore renforcer l’agression sonore (magnifiée par l’excellent boulot de Dan Swanö aux manettes). Au niveau de la section rythmique, on notera le retour de Justin DiPinto (dont le dernier méfait avec le groupe est le redoutable The Will To Kill), et il n’a pas perdu la main. Que ce soit en mid-tempo ou pied au plancher, il impose un rythme dément à l’album. 

Et Bret Hoffmann ? Ce gars est au sommet de son art. Il n’a pas le growl le plus guttural, il n’a pas le débit le plus rapide, mais son timbre suinte la misanthropie, l’agression continue. Certains me traiteront de fou, mais je préfère 100 fois ses prestations (tant sur album qu’en live) que celles d’un Corpsegrinder ou qu’un Glen Benton (pour ne citer qu’eux).

Nous sommes en 2015. Malevolent Creation fait partie de ces mastodontes inoxydables. Les modes passent, le Death Metal de Malevolent Creation reste. Et il fait toujours aussi mal. Dead Man’s Path trouve tout naturellement sa place près des autres classiques du groupe. Vous cherchiez encore un groupe à la discographie sans faille ? Ne cherchez plus.

Mister Brute Force (9/10)

Facebook officiel

Century Media Records / 2015
Tracklist (44:33) 1. Dead Man's Path 2. Soul Razer 3. Imperium (Kill Force Rising) 4. Corporate Weaponry 5. Blood of the Fallen 6. Resistance Is Victory 7. 12th Prophecy 8. Extinction Personified 9. Fragmental Sanity 10. Face Your Fear