Rappelons pour les plus jeunes de nos lecteurs que PRAYING MANTIS est un groupe anglais de hard rock et de Heavy metal fondé au milieu des années 1970 par les frères Troy. Le groupe a connu son une période de gloire grâce à l'explosion de la NWOBHM (New Wave of British Heavy Metal) au début des années 1980. Après avoir figuré sur la compilation Metal for Muthas, ils signent sur une major pour un premier album avant que de multiples conflits internes et externes ne finissent par mettre fin à l’aventure. Après la reformation du groupe en 1990 pour une tournée au Japon et devant le succès de celle-ci, les frères Troy décidèrent de ressusciter le groupe. Depuis ils avancent sans faire beaucoup de bruit grâce à leur ténacité. Sans connaître forcément leur musique, beaucoup d’entre vous connaissent la pochette de certains de leurs albums, de superbes illustrations signées de l’immensément talentueux Rodney Matthews.
Ce dernier est encore à la manœuvre pour ce nouvel album des britanniques, le dixième, et rend le premier contact très positif. Six ans après Sanctuary, bien de l’eau a coulé sous les ponts et cet album marque l’arrivée de deux nouveaux camarades de jeu aux côtés de la fratrie, Jaycee Cuijpers (chant) et Hans in’t Zandt (batterie). Nous serons nombreux à penser que ce sang neuf ne peut que faire du bien aux vétérans et l’écoute de ces onze nouvelles chansons ne fait que confirmer cette intuition. Ils ont activement participé à l’élaboration de ce disque ainsi qu’à sa concrétisation en travaillant sur le son et la production. Du côté de la musique, vous devinez qu’aucune révolution n’apparaît à l’ordre du jour. Les britanniques ont fait leur preuve et excellent dans ce hard rock / métal mélodique et déploie encore une fois tout leur talent ici. L’inspiration a été solidement au rendez-vous puisque Legacy offre des compositions riches en matière, affichant souvent entre cinq et six minutes au compteur. Le propos reste toujours très accessible, mélodique avec cette touche old-school qui rappelle le glorieux passé des anglais. Les guitares mènent bien entendu les débats mais quelques touches de claviers ici et là rendent le tout plus digeste et accessible au plus grand nombre. Saluons la performance franchement réussie de Jaycee Cuijpers derrière le micro, il chante avec envie et laisse transpirer de solides convictions. Rien à redire non plus au niveau de la production, du travail bien fait.
Peu donnait cher de la peau des britanniques de PRAYING MANTIS et se montrent sous un jour très positif en cet automne 2015. Les frères Troy n’ont cure des doutes et des critiques et tiennent ferme la barre malgré les tempêtes. Revigoré par l’arrivée de sang frais, de nouveaux musiciens enthousiastes et talentueux, le groupe semble avoir repris de la vigueur et fourbis ses armes pour les années à venir. Les plus anciens parmi nous ne peuvent que se réjouir de ce retour sur le devant de la scène.
Oshyrya (7,5/10)
Site Officiel
Facebook Officiel
Frontiers Records / 2015
Tracklist (56:42 mn) 01. Fight for your Honour 02. The One 03. Believable 04. Tokyo 05. Better Man 06. All I See 07. Eyes of a Child 08. The Runner 09. Against the World 10. Fallen Angel 11. Second time around
Les australiens de BLACK MAJESTY se rappellent à notre bon souvenir avec un nouvel opus sous le bras. L’heureux élu se nomme Cross of Thorns et constitue le sixième chapitre d’une respectable carrière débutée en 2001. Au royaume des aveugles les borgnes sont rois, et le groupe ne compte pas beaucoup de concurrence en ses terres lointaines. En même temps, l’Australie n’est pas la terre la plus féconde pour le Power Metal très allemand dans la forme et l’esprit développé ici. Leur salut viendra de l’Europe et ils n’hésitent pas à régulièrement nous voir en tournée pour se faire connaître du plus grand nombre.
Rien à l’écoute de ce Cross of Thorns ne trahit les origines australiennes du groupe. Ils évoluent dans un moule très classique sans vraiment chercher innover et sortir des sentiers battus. Reconnaissons que BLACK MAJESTY sait y faire et démontre un vrai talent pour pondre des hymnes fédérateurs à la chaîne. Dans l’ensemble le disque est mené tambour battant avec des titres rapides et tranchants, des refrains accrocheurs et quelques soli bien sentis. Difficile de rester insensible face à des brûlots comme « Vlad The Impaler » ou encore « Phoenix ». Quand ils ralentissent le tempo le résultat devient, par contre, nettement moins convaincant. Un « Crossroads » peine à vraiment convaincre se voir rapidement zappé lors des écoutes suivantes. N’attendez aucune surprise sur cet album, l’approche classique reste de rigueur. La reprise du « Out if the Fields » de Gary Moore passe bien, pas d’erreur de goût à signaler. Si vous appréciez DIO, JUDAS PRIEST, HELLOWEEN, ou encore HAMMERFALL, vous pourriez trouver Cross of Thorns à votre goût. Sur la forme rien à redire, le son a été confié aux bons offices de Roland Grapow (MASTERPLAN, ex-HELLOWEEN).
Cross Of Thorns a été soigné et s’avère être un travail sérieux et appliqué. Gageons que les australiens ont eu à cœur de donner encore une fois le meilleur puisque le disque est dédié à Dirk Illing, un ami de longue date du groupe récemment disparu. Il s’était chargé de toutes les pochettes d’album précédentes. Sa mémoire est honorée et les fans d’hymnes guerriers seraient bien avisés de laisser sa chance à cet album.
Oshyrya (07/10)
Site Officiel
Facebook Officiel
Pride & Joy Music / 2015
Tracklist (47:15 mn) 01. Phoenix 02. Anneliese 03. Vlad The Impaler 04. Crossroads 05. Out In The Fields (Gary Moore Cover) 06. Misery 07. Make Believe 08. One Life 09. Emptiness Ideal 10. Escape
Pour paraphraser un ami, STAHLMANN c’est naze, le pire cliché du métal commercial made in Germany. Il ne va pas par le dos de la cuillère mais les derniers opus des allemands peinent à nous donner des arguments pour défendre le contrainte. Que ce soit Quecksilber (chronique ici) ou Adamant (chronique là), cette rédaction et en particulier votre serviteur n’a pas vraiment pris son pied. Et finalement STAHLMANN aurait bien tort de se priver car ils ne se foulent pas vraiment et continue de rencontrer le succès de l’autre côté du Rhin. Ah oui c’est sûr que chez nous, ce dance/métal/indus n’a pas vraiment le vent en poupe. Le groupe et son label a tout compris, ils jouent autant sur la musique, facile et immédiatement consommable, que sur le look entre cuir, codes homosexuels et valeurs métro sexuelles.
On reprend exactement les mêmes ingrédients que précédemment et on ajoute ici et là quelques légères modifications. A la fin, l’impression d’écouter depuis trois albums des versions alternatives d’une unique chanson prend de plus en plus de corps et d’épaisseur. Vous prenez des boucles bien électro, un rythme rapide, martial, ajoutez-y une voix grave et monocorde ainsi qu’un refrain simplissime et vous aurez percé tous les secrets de fabrication de STAHLMANN. Ah c’est sûr on sent l’expérience et le solide savoir-faire mais à la longue, au bout de deux ou trois titres, l’ennui ferme s’installe. En boite de nuit pourquoi pas mais tranquille à la maison, l’intérêt disparait à la vitesse grand V. Les titres sont courts, trois ou quatre minutes maximum pour passer facilement en radio et faciliter le boulot des DJ. Les défenseurs de la Neue Deutsche Härte doivent se désoler devant cet ersatz des parrains du genre comme OOMPH. L’ombre des RAMMSTEIN plane également lourdement sur CO2.
Si comme votre serviteur vous n’êtes pas insensible à cette catégorie musicale, passez votre chemin concernant un STAHLMANN finalement assez fade. Pour étancher votre soif, préférez les valeurs sûres mentionnées ci-dessous ou encore les plus contemporains MONO INC.
Oshyrya (4,5/10)
Site Officiel
Facebook Officiel
AFM Records / 2015
Tracklist (37:32 mn) 01. Feindflug 02. Plasma 03. Deutschland tanzt 04. Die Klinge 05. Sadist 06. Friss mich 07. Spiegelbild 08. Wenn Engel tanzen 09. Der letzte Tag 10. Nimm meine Hand