Les photos promos des israéliens d’HAMMERCULT sont croquignolets tant nos amis affichent une mine plus que patibulaire. Alors ok, il suffit d’écouter leurs albums pour comprendre que nous n’avons pas ici affaire à des enfants de chœurs mais cela continue à m’arracher un sourire à chaque fois. Avec la régularité d’un métronome, ils publient un album tous les dix-huit mois. Après Anthems of the Damned (2012) puis Steelcrusher en janvier 2014 (chronique ici), voici un troisième chapitre de leurs aventures, Built for Wars.
La philosophie du groupe n’a pas changé d’un iota, les israéliens poursuivent leur offensive avec treize nouvelles munitions à leur disposition. Pas de quartier ni de période d’observation, en quatre minute HAMMERCULT a frappé et ne laisse derrière lui que des ruines. Les brûlots s’enchaînent à haute intensité et haute vélocité dans un maelstrom laissant apparaître diverses influences allant du punk au hardcore en passant par le power et le speed métal. Mélangez bien le tout et vous obtiendrez un thrash acéré et sans concession. Les mandales s’enchaînent dans un déferlement de riffs, de rythmes diaboliques et de hurlements divers et variés. Les chœurs virils ne manquent pas non plus à l’appel et ajoutent une dimension guerrière aux différentes chansons présentées ici. Au petit jeu des comparaisons, HAMMERCULT m’évoque un MANOWAR ou en HAMMERFALL en plus agressif, rapide et bourrin. La figure du marteau reste à chaque fois centrale. Mais les israéliens semblent également être à fond dans leur truc et ne lâchent jamais rien. Pas grand-chose à redire sur le fond avec des titres courts et rendre-dedans. Le groupe sait ce qu’il fait et pond des riffs à la chaine. Comme pour Steelcrusher, à la longue, Built for Wars finit par lasser, l’auditeur pourra parfois l’impression de passer dans un long tunnel de plus de quarante minutes. Les compositions finissent par se ressembler et oscillent entre le très moyen et le plutôt bien. Sur la forme cela reste très soigné avec un mixage et un mastering confiés à Tue Madsen et une pochette signée Péter Sallai (SABATON, CIVIL WAR, KATAKLYSM).
Avec Built for Wars, HAMMERCULT enfonce le clou et confirme son statut de challenger sérieux dans la catégorie métal guerrier. Le nouveau guitariste, Yuval Kramer est loin d’être un manchot et la barre est fermement tenue par von Hammer et ben David. Beaucoup plus agressif et violent que MANOWAR ou SABATON, Ils lorgnent de plus en plus vers des groupes franchement extrême comme les britanniques de BOLT THROWER. Les israéliens ont su ainsi rassurer tout le monde sur leur capacité à rebondir le départ d’Aranovich. Sans atteindre des sommets, ce nouvel album remplit correctement son office. La marchandise attendue a été livrée.
Oshyrya (06/10)
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Steamhammer – SPV / 2015
Tracklist (40:49 mn). 01. From Parts Unknown (Intro) 02. Rise Of The Hammer 03. I Live For This Shit 04. Spoils Of War 05. Ready To Roll 06. Raise Some Hell 07. Blackened Blade 08. Let It Roar 09. Ode To Ares (Interlude) 10. Altar Of Pain 11. Blood And Fire 12. Saturday Night Circle Pit Fight 13. Road To Hell
Il n’aura pas fallu très longtemps pour que les allemands d’EAT THE GUN remettent le couvert. Moins de deux ans après Stripped to the Bone (chronique ici), ils reviennent nous voir avec un cinquième album sous le bras, Howlinwood. Avec le recul, la réorientation musicale entamée en 2013 vers une musique plus ancrée rock alternatif a fait du bien en permettant au trio de toucher un public plus large Après treize années de carrière et un beau tableau de chasse, EAT THE GUN semble avoir trouvé son épanouissement artistique.
C’est dingue le boucan que peuvent produire trois types doués et motivés. Dès les premières secondes de la chanson titre « Howlinwood » l’auditeur amateur retrouvera ses petits puisque la continuité avec le précédent s’avère pleinement assurée. Pas de fioritures inutiles ici, depuis le début les allemands développent une musique rafraichissante, un power trio qui distille un rock simple qui doit rapidement être efficace pour convaincre en quelques minutes. Le chant et la guitare d’Hendrik Wippermann mènent la danse et distillent de solides mélodies bien complétées et soutenues par la section rythmique basse / batterie de Peter Bergmüller et Gereon “Gerry” Homann. Les allemands n’ont pas cherché à compliquer leurs chansons, en quelques minutes, la messe est dite, aucune composition ne dépasse les quatre minutes. Chacune a le potentiel pour passer sur les radios rock ou généralistes et plaire au plus grand nombre. Un « How Does It Feel » pourrait faire quelques ravages. Sans être la neuvième merveille du monde, Howlinwood possède un charme certain et on se surprend naturellement à taper du pied en rythme à l’écoute de ces onze nouvelles chansons. Dommage cependant qu’EAT THE GUN semble constamment jouer la sécurité et finisse par perdre de son caractère. Et puis comme pour Stripped to the Bone, ce nouvel album s’avère beaucoup trop court. Le même producteur qu’en 2013 a été reconduit, Stephan ‘Gudze‘ Hinz (H-BLOCKX) a su encore une fois faire du bon travail.
EAT THE GUN offre des plaisirs rock simples et ne promet pas la lune. Son enthousiasme et son énergie fait plaisir à entendre et rechargera les batteries des plus blasés. Difficile d’en demander plus à un album de ce genre même si le groupe finit par perdre un peu de son identité pour mieux se fondre dans le moule. Il manque toujours un petit quelque chose pour passer de sympathique à enthousiasmant. L’expérience sera toujours plus convaincante sur scène, leur musique est taillée pour le live.
Oshyrya (07/10)
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Steamhammer – SPV / 2015
Tracklist (36:13 mn). 01. Howlinwood 02. Falling 03. How Does It Feel 04. Blood On Your Hands 05. Old Friend 06. Take It Away 07. Electric Life (feat. John Konesky) 08. Unforgotten 09. Trouble Magnetic 10. The Drudge 11. Anger
Cette rédaction étant surtout composée de brutes appréciant les musiques extrêmes, les membres amateurs de musiques douces et mélodiques ont l’embarras du choix pour assouvir leur passion des beautés AOR et Hard FM. La promesse du jour se nomme ART NATION et se présente à nous avec un premier album sous le bras, Revolution. L’aventure a débuté à 2013 à Göteborg après le départ du chanteur Alexander Strandell de son groupe précédent, DIAMOND DAWN. Ayant bien l’intention de continuer à prendre du plaisir à travers sa passion, il s’entoure des meilleurs musiciens disponibles et se lance à corps perdu dans l’aventure ART NATION. Après la publication de quelques singles, ils se lancent dans grand bain tout en multipliant les apparitions scéniques. Tout s’accélère au début de cette année via la signature d’un contrat avec AOR Heaven. Tout un chacun peut désormais découvrir le groupe grâce à ces douze chansons, de petites pépites à la fois colorées et brillantes.
Les premiers contacts avec la musique des Suédois s’avèrent être très positifs. Difficile de résister à l’énergie et l’enthousiasme affichée tout au long de l’album. En trois ou quatre minutes à chaque fois, ART NATION déploie son savoir-faire et montre l’étendue de la palette à son disposition. Il l’avait déjà prouvé dans le passé mais Strandell rappelle ici à tous qu’il faut compter sur lui dans le paysage AOR scandinave. Son chant reste toujours mélodique et expressif, il assure une prestation sans faille. Musicalement parlant, le quatuor nous ramène au milieu des années 80, certaines sonorités de claviers old-school risquent d’en faire sourire plus d’un (« Don’t Wait for Salvation ») mais l’essentiel est là, des titres accrocheurs, des refrains efficaces et une envie irrésistible de taper du pied et de siffloter les différentes mélodies. Rien de très nouveau ou de révolutionnaire sous le soleil mais un travail sérieux qui met en lumière le potentiel et le talent regroupé au sein d’ART NATION. Pas de longueurs ou de fioritures dégoulinantes ici mais des chansons finalement assez simples qui se déploient en trois à quatre minutes maximum. Presque chaque titre se veut être un single potentiel et pourrait facilement passé en radio en Scandinavie ou de l’autre côté de l’Atlantique. Dans nos contrées, l’intérêt ne restera que poli et très limité. Revolution a été produit et enregistré par Jakob Herrmann aux Top Floor Studios en compagnie de Christoffer Borg. Le mixage et le mastering ont, quant à eux, été confiés Jacob Hansen (AMARANTHE, ENGEL, VOLBEAT…) aux Hansen Studios, situés au Danemark.
Beaucoup tentent leur chance, même dans ce marché de niche de l’AOR et du Hard FM, mais peu parviennent pourtant à toucher la cible et sortir du lot. ART NATION y parvient dès son premier album et devrait combler les nostalgiques de la scène foisonnante des années 80. Rien n’est audacieux ni innovant mais cela reste pourtant très agréable à écouter. Profitons-en !
Oshyrya (7,5/10)
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AOR Heaven / 2015
Tracklist (47:28 mn) 01. Need You To Understand 02. 3000 Beats 03. I want Out 04. Number One 05. Don t Wait For Salvation 06. All The Way 07. Start A Fire 08. Moving On 09. Here I Am 10. Look To The Sky 11. Wage War Against The World 12. All In