Erdh est un projet regroupant Nicolas Pingnelain qui s’occupe de tous les instruments et Emmanuel Lévy alias El Worm du groupe Wormfood du chant. En activité depuis 2010 Erdh nous a gratifiés d’un premier album Resilient sorti en 2013. Erdh œuvrait alors dans un registre Metal Gothic avec de grosses guitares teinté d’Ambient Industriel et de Coldwave. Par moments le tout avait un rendu très Dark et proche de ce que peut faire un groupe comme S.U.P. sur certaines de ses compositions. Pour tout vous dire cet album m’est passé sous le nez à l’époque et je ne l’ai découvert que très récemment lors de recherches en vue de cette chronique. Un album rondement mené et assez intéressant auquel je vous conseille de jeter une oreille puisque il est en streaming complet via le Soundcloud du groupe ici.
Erdh nous revient donc en cette rentrée 2015 puisque il nous présente un nouvel Ep Sideremesis qui sera disponible dans les bacs le 19 Octobre prochain. Au registre des nouveautés la formation a signé avec le label français Apathia Records. Une autre chose marquante frappe ici dès les premières minutes de « Sideremesis » et ce sera valable sur la totalité du Ep : l’absence des guitares. Le duo a privilégié l’Ambient Industriel et la Synthpop / Coldwave. C’est un pari audacieux et risqué réalisé par nos deux protagonistes ! Personnellement j’ai adoré ce voyage contemplatif et surtout la batterie très ample et souvent au son très organique. Le chant toujours suave et grave de El Worm sied à merveille au compositions synthétiques et sophistiquées de Nicolas Pingnelain.
Ce fut aussi un réel plaisir pour moi de retrouver l’emprunte sonore du Walnut Groove Studios (Carnival In Coal, Yyrkoon, Wormfood, Infected Society etc…) . Un studio fondé par Axel Wursthorn (la partie instruments du binôme de Carnival In Coal canal historique) , ce Ep y a été mixé et masterisé. Erdh est un habitué du studio puisque il y avait enregistré toutes les lignes vocales de leur premier album Resilient !
J’ai vraiment bien tripé sur le long déroulement de 10 minutes du titre « Sideremesis » aux débuts Ambient avec son vortex où fourmillent tout une tas de bruits Electro / Industriel et son reversement à la quatrième minute, une sublime montée en puissance Synthpop avec de multiples envolées lyriques où le chant est ultime ! « Pink Circuit Firmware 2.0.15 » un titre remixé par Mlada Fronta (une influence de Erdh) est bien cool aussi et clôture en beauté ce EP.
Sideremesis cultive un héritage de musique synthétique des 80s mais avec une esthétique sonore moderne et Ambient. En se sens les personnes ayant accroché au Metal Gothic du premier album risquent d’être un peu déstabilisées car Erdh prend un virage opposé. Ces 4 titres s’adressent donc aux plus ouverts des metalheads ainsi qu’aux éternels nostalgiques des 80s. Personnellement j’ai adoré « Sideremesis » et ai juste été frustré par la durée un peu courte des autres titres du EP. Je trouve que Erdh est brillant quand il prend tout son temps ! Ces constats faits deux questions se présentent alors en ce qui concerne l’avenir de ce projet : Erdh va-t-il continuer sur le chemin stylistique emprunté par Sideremesis ou cet Ep n’était qu’une parenthèse et le prochain album de Erdh reprendra les choses là où Resilient les avait laissées ? L’avenir nous le dira ! Affaire à suivre de très près en ce qui me concerne !
Il semble donc que l'imbroglio juridique entre Geoff Tate et ses anciens comparses de Queensrÿche ait débouché sur un accord juridique : Wilton, Jackson et Rockenfileld conservent avec La Torre et Lundgren l'usage du nom du groupe et Tate le droit de jouer en entier les deux concepts albums Operation Mindcrime I et II. Il n'y aura pas « deux » Queensrÿche en activité comme ce fut le cas durant un an, à la sortie de Frequency Unknown et de Queensrÿche. Histoire de capitaliser sur le passé prestigieux de Queensrÿche et de son disque culte, Tate a donc choisi d'intituler son projet musical Operation Mindcrime. « Projet » car il ne s'agit en rien d'un groupe mais d'un projet personnel pour lequel Tate a fait appel à quelques pointures de la scène métal anglo-saxonne (Dave Ellefson, Simon Wright) ainsi qu'à ses collaborateurs habituels, comme Kelly Gray – son inévitable gendre – aux guitares.
Disons-le d'emblée : il y a tromperie sur la marchandise. Car Operation Mindcrime, sur ce premier album, ne marche absolument sur les traces du joyau de métal progressif qu'était Operation Mindcrime. Certes on trouve bien un certain concept album autour de personnages se posant la question de changer le monde. Et on remarque trois introductions qui posent une ambiance d'ailleurs plutôt plaisante sur « Discussion In A Smoked Fill Room » ou « An Ambush Of Sadness ». Pour le reste The Key s'inscrit plutôt dans le sillage des derniers disques solo de Tate et des disques de Queensrÿche comme Dedicated To Chaos ou le médiocre Frequency Unknow. Il s'agit au moins d'une preuve de courage : Tate ne braconne pas sur ses vieilles terres. La question est de savoir si « aller de l'avant » coûte que coûte est si recommandable.
Car, excepté quelques moments d'inspiration réelle comme le single pour une fois « queenrsychien » qu'est « Re-Inventing The Future » ou le duo vocal inattendu avec Mark Daly (The Voodoos) sur « Life Or Death » voire la ballade atmosphérique « Kicking In The Door », le tout n'est pas passionnant. Peut-être que je n'arrive pas à m'habituer aux volontés modernisatrices de Tate (son de guitare très grave, riffs syncopés faisant métal moderne, passages presques « rapés ») et il y a tout à gager que je ne serai pas le seul. Il est vrai que la production pataude du disque ne le bonifie pas. Les refrains pèchent par manque d'inspiration aussi.
The Key n'est en rien une réussite musical, mais au moins dénote-t-il une vraie sincérité chez le chanteur. Et peut-être quelques progrès musicaux par rapport à Frequency Unknown. Il est difficile d'en dire plus de bien.
Baptiste (5,5/10)
Frontiers / 2015
Tracklist : 1. Choices (intro) 2. Burn 3. Re-Inventing The Future 4. Ready To Fly 5. Discussions In A Smoke Filled Room 6. Life or Death? 7. The Stranger 8. Hearing Voice 9. On Queue 10. An Ambush Of Sadness 11. Kicking In The Door 12. The Fall
Dans la vie, Michael Voss est peut-être un garçon charmant, mais musicalement parlant, ce n’est vraiment pas un ami. Aussi bien avec son groupe principal MAD MAX dont les derniers disques n’avaient de peu de valeur ajoutée (chronique ici et là) à mes yeux qu’à travers son projet WOLFPAKK, l’ennui n’est jamais loin. Oui MAD MAX a peut-être connu quelques années de gloire au début des années 80 mais depuis bien de l’eau a coulé sous les ponts. Cette nostalgie finira par lasser même les plus courageux. Histoire de maintenir l’illusion, les voici qui nous présente un album best-of proposant des versions réenregistrées de leurs titres les plus connus de l’époque 1984-87, des emprunts à trois disques : Rollin' Thunder, Stormchild et Night of Passion.
Les mots me manquent pour vous faire comprendre l’enthousiasme qui me saisit à l’écoute de ces chansons. Il s’agissait là peut-être de la crème de la crème trente ans passés (j’en doute) mais en 2015 ces compositions paraissent honnêtes mais franchement fades. C’est plutôt basique aussi bien au niveau des riffs que des mélodies. Si vous êtes fan et nostalgique de cette époque et de ce groupe en particulier vous apprécierez peut-être de retrouver ces chansons dans un nouvel écrin plus moderne au niveau du son et de la production mais les autres risquent de trouver la pilule difficile à avaler. Avec le recul ces chansons de MAD MAX sonne datée et sans grand intérêt. Nous ne sommes pas là en face d’une catastrophe mais difficile de rester concentré sur ces titres sans finir par trouver le temps vraiment long. Si les allemands ont sérieusement l’ambition de toucher un nouveau public et ainsi acquérir de nouveaux fans grâce à cet album, ils prennent vraiment leurs désirs pour des réalités.
La magie MAD MAX si un jour elle a bel et bien existé, a disparu depuis longtemps maintenant. Que ce soit pour leurs albums récents que pour ce best of réenregistré, seuls les plus fervents supporters des allemands pourront y trouver un véritable intérêt. Les autres déclineront poliment.
Tracklist (53:10 mn) (Re-Recorded Classics) 01. Fly Fly Away 02. Losing You 03. Rollin`Thunder 04. Thoughts Of A Dying Man 05. Never Say Never 06. Lonely Is The Hunter 07. Stormchild 08. Heroes Die Lonely 09. Burning The Stage 10. Wait For The Night 11. Night Of Passion 12. Hearts On Fire