Archive for the ‘ Chroniques ’ Category

Kataklysm – Of Ghosts And Gods

Les années passent, et la flamme de Kataklysm s’estompe petit à petit. L’opus précédent marquait déjà un petit relâchement chez Maurizio et ses potes et force est de constater qu’Of Ghosts And Gods est taillé du même bois.

Voilà, 38 mots et je pourrais conclure ici. Je devrais même conclure ici, parce que je vois mal ce que pourrait dire de plus.

En fait, Kataklysm s’est depuis longtemps – et comme beaucoup de groupes – enfermé dans un carcan presque castrateur. S’écarter du son qui a fait la renommée du groupe est impensable. Alors, inévitablement, le groupe est confronté à un risque de tourner en rond, de s’installer dans la routine, de tomber dans la redite. Et là où certains concurrents parviennent à éviter cet écueil en mettant du cœur à l’ouvrage et en conservant une énergie et une hargne intactes, Kataklysm donne l’impression d’un groupe émoussé qui peine même à tenir le rythme d’enfer qu’il s’imposait sur les albums précédents. Of Ghosts And Gods manque cruellement de punch. Of Ghosts And Gods est laborieux. Kataklysm ? Kata-Cliché plutôt.

Another one bites the dust. À mes yeux, Of Ghosts And Gods est l’album de trop pour la bande à Maurizio. Certes, il y a une touche un peu plus mélodique qui pourrait convenir à un certain public, mais la force de frappe de cet album est ridicule lorsqu’on la compare à celles de tout ce que le groupe a sorti, par exemple, entre 2002 et 2006.

Mister Brute Force (3/10)

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Nuclear Blast Records / 2015
Tracklist (46:00) 1. Breaching the Asylum 2. The Black Sheep 3. Marching Through Graveyards 4. Thy Serpent's Tongue 5. Vindication 6. Soul Destroyer 7. Carrying Crosses 8. Shattered 9. Hate Spirit 10. The World Is a Dying Insect

 

Last Minute To Jaffna – Volume II

Décidemment la scène Metal alternative italienne nous réserve toujours son lot de bonnes surprises et de créatures sonores insolites ! Je me souviens avoir déjà été frappé par le génie de nos cousins latins avec un groupe comme The Secret (Facebook officiel ici) dans le courant l’année 2010 et son imposant Solve et Coagula qui mixait Doom Metal / Sludge / Crust / Grindcore et Balck Metal avec maestria ! Last Minute To Jaffna fait aussi dans le crossover puisque il puise pêle-mêle dans  le Rock Progressif et Psychédélique / Le Postcore / Ambient Drone / Noise Rock ainsi que le Stoner  Metal  ou le Sludge Metal.

 
Le groupe est en activité depuis 2005 et ce Volume II qu’il nous a présenté en Mars dernier est son deuxième album. Je vous invite grandement à consulter le Bandcamp officiel du groupe où toutes ses productions sont en streaming complet. Vous vous rendrez alors peut-être compte que Last Minute To Jaffna a sorti peu de skeuds mais que tout ce qu’il a présenté jusqu’alors est de qualité largement supérieure à la moyenne des productions lambda ! Pour sa décharge je me dois aussi de vous signaler son énorme activité scénique puisque il s’est énormément produit et ce avec du joli monde comme Isis, Zu, Capricorns, The Secret (oui ! oui ! ceux dont je parle en intro !!!), Ufomammut (de ceux là  je vais nous en parler juste après), Il Teatro degli Orrori, At The Soundawn, Lair Of The Minotaur, Kehlvin, Destructo Swarmbots, Vanessa Van Basten, The Dead Elephant, Elision, Lento, Rose Kemp, Putiferio, Fine Before You Came, The Orange Man Theory, Slaiver, Incoming Cerebral Overdrive, Zippo, Cani Sciorrì, Right In Sight et pleins d’autres. Je vous mets leur page Vimeo si vous voulez voir ce que la musique de Last Minute To Jaffna donne en live.


La prise de son ainsi que le mixage ont été confiés à l’excellent Lorenzo Stecconi (Ufomammut, Zu, Lento) le mastering étant l’œuvre de Collin Jordan (Yob, Corrections House, Pelican). Autant vous dire que c’est un sans faute du côté du son qui est parfait tant sur les parties saturées et rouleau compresseur que sur les parties plus aériennes ou très acides. En effet on retrouve dans Volume II tout ce qui a fait les gloires de groupes de Postcore du genre canal historique comme Neurosis ou Isis : des spécialiste de  lentes et longues montées en puissances à l’instar du titre d’ouverture « Chapter XV ». Cependant attention car Last Minute To Jaffna n’est pas une pâle et énième copie des illustres icones du Postcore puisque il se démarque en permanence de ses ainés en agrémentant ses compositions de diverses choses comme ces virulentes attaques dans le son Drone Noise et Stoner Doom qui rappellent ce que peut faire Ufomammut. En voici de parfait exemples sur « Chapter DCCXV » et « Chapter XII » (waow‘ce morceau en forme de transe est génial !). Le groupe ne s’impose pas vraiment de limite stylistique et il va même jusqu’à s'aventurer dans des délires expérimentaux comme sur « Chapter DCLXVI » et son Ambient Drone qui se voit percuté de plein fouet par des beats Trip-hop sur sa fin ou le Post Rock désertique et Drone de « Chapter XXVI ».

 
A écouter d’urgence : « Chapter XIV » ! Il s'agit d'une pure merveille aux débuts bien nostalgiques puisque évoquant beaucoup le Postpunk/ la Newwave  (bon sang ce début est une tuerie) , s’en suit une belle  montée en puissance typiquement Postcore et des relâchements rock progressifs et shoegazing ! C’est pour moi le point culminant de l’album !  Tout du long de Volume II les vocaux sont très variés et suivent bien les climats changeants des compositions du groupe. Ils peuvent très bien se montrer très agressifs ou Dark entre hurlements et chuchotements et d’un zen suave prenant sur les errances progressives.

 

J’ai passé un très bon moment lors des nombreuses écoutes successives de Volume II ! C’est un signe qui ne trompe pas et cela en fait un compagnon idéale pour accompagner vos songes mais si vous n’êtes pas un contemplatif dans l’âme comme moi, vous risquez de vous faire chier par contre. Donc à vous de voir ! Moi c’est tout vu !


FalculA 8/10 


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Bare Teeth Records – Argonauta Records / 2015
Tracklist (01:10:32) : 01. Chapter XV 02. Chapter DCCXV 03. Chapter XII 04. Chapter DCLXVI 05. Chapter XIII 06. Chapter XIV 07. Chapter XXV 08. Chapter XXVI.

Seyminhol – The Wayward Son

oshy_10082015_SeymonhoPourquoi changer une recette gagnante qui a déjà fait preuve de son efficacité dans le passé ? Telle est la leçon retenue par nos compatriotes de SEYMINHOL qui se rappelle à notre bon souvenir avec un nouvel album. Enfin dirons certains puisque le dernier opus des lorrains date de 2009 avec Ov Asylum. Ce dernier avait pu désorienter plus d’un avec une approche beaucoup plus directe et agressive. Après cinq années de gestation, et un line-up en partie renouvelé grâce à l’intégration de Thomas Das Neves (SYMAKYA, HEAVENLY et AKROMA) à la batterie. Reprenant les bonnes habitudes inaugurées sur Northern Recital (2002) et Septentrion's Walk (2005), SEYMINHOL se lance à nouveau le défi de composer un album concept, cette fois-ci autour d’Hamlet, œuvre de William Shakespeare.

L’enfantement de cet album s’est avéré être un processus très complexe. L’enregistrement s’est déroulé au studio Diabolus in Musica de Nicolas Pélissier (guitares) sur de longs mois, de juillet 2013 à décembre 2014. L’œuvre magistrale du tragédien anglais se voit ici condensée sur 19 avec actes et entractes suivant respectueusement les grands moments de la pièce. Musicalement parlant, le retour aux sources des deux premiers albums des évident. Les lorrains nous offrent un métal mélodique/symphonique racé, à la fois complexe et accrocheur. Mais résumer le disque à cette étiquette serait réducteur tant les touches plus agressives héritées d’Ov Asylum ou des influences plus progressives émergent ici et là.

Les guitares continuent de mener les débats bien soutenues par une solide section rythmique. Les ambiances se voient encore renforcées par de nombreux claviers, des orchestrations subtiles et l’usage d’instruments à cordes ainsi que des chœurs. SEYMINHOL n’a pas eu peur de mettre les petits plats dans les grands pour offrir à son œuvre un bel écrin à sa mesure. Le groupe a su astucieusement varier les ambiances, les atmosphères et les rythmes pour exprimer un vaste panorama d’émotions à même d’immerger l’auditeur dans cette histoire tragique. Le talent et la maîtrise de Kevin Kazek derrière le micro n’est plus à démontrer, il propose ici, comme ses trois petits camarades, une très belle prestation. Les guests sont nombreux et sont venus apporter leur petite pierre à l’édifice. Citons les deux plus connus: Mathieu Morand (AKROMA, ELVARON, LA HORDE) et Joe Amore (NIGHTMARE). Rien à redire non plus du côté du son, la production d’avère solide mais si parfois un peu brut de décoffrage.

Après six années de silence, les français de SEYMINHOL nous reviennent en pleine forme avec sous le bras un très bel album. Dieu sait que cet exerce pouvait être casse gueule et pourtant les lorrains ont su faire face au défi en exprimant une bien belle créativité. Nous en redemandons.

Oshyrya (08/10)

 

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Brennus Music / 2015

Tracklist (55:11 mn) 01. A Night at Elseneur 02. Marcellus’s Ascertaining 03. The Spectre’s Confidence 04. The Oath on the Sword 05. Mantel of Madness 06. The Comedian’s Parade 07. Theater of the Dream 08. The Agony of a King 09. To Die to Sleep 10. Into the Black Chamber 11. The Death of Polonius 12. Shadows of Death 13. Poem for a Maid 14. The Conspiracy 15. Into the Cemetery (feat Jo Amore from Nightmare) 16. A Disguised Corpse 17. The Great Hall of the Castle 18. The Duellist 19. The Last March of a Prince