Je ne sais pas si vous avez remarqué mais depuis quelques mois dans nos colonnes nous traitons de très bonnes sorties Doom Death Metal (j’utilise cette étiquette mais ça brasse large du Doom Death Melodic au Funeral Doom en passant par des trucs Dark Metal ou des crossovers de Sludge et de Doom). En effet après les jolies réussites des historiques de Paradise Lost (chronique ici), Barren Earth (chronique ici) ou Shape Of Despair (chronique ici) et de jeunes loups ou plus discrets 0 E X Í S T (chronique ici), Oceanwake (chronique ici), Valborg (chronique ici), The Slow Death (chronique ici) ou Usnea (chronique ici). Vous allez voir que les choses ne vont pas aller en s’arrangeant si vous ne supportez pas l’ambiance crépusculaire, les longs trémolos, les riffs pachydermiques aux downtempos mortuaires et leurs grognements infâmes car votre serviteur ainsi que Hamster vous prédisent des horizons tout aussi funèbres, contemplatifs et moribonds pour les mois à venir avec d’autres sorties ou ré éditions très attendues par les connaisseurs. Je n’en dis pas plus et passe à la chronique du jour…
Pour le moment voici venu le tour d’une jeune formation américaine d’Oakland qui a déboulé comme un chien dans un jeu de quilles en Octobre 2013 avec un premier album To Sail Black Waters (cessez toutes affaires courantes et jetez vous sur ce streaming intégral ici pour saisir le génie de leurs compositions) via l’excellent structure qu’est Kolony Records (Be’lakor, De Profundis, Persefone ou Tragodia). Ce premier effort studio était en fait leur démo ce qui a fait à l’époque encore plus mal aux dents aux observateurs assidus de la scène Doom Death Metal dont je fais partie. Tout était optimal chez ces américains dont j'avais fait mon espoir 2013 c’est vous dire le traumatisme que ces quartes titres m’ont laissé ! Moderne dans l'approche de certains riffings mais tout en gardant le savoir-faire d'une certaine tradition Doom Death Metal à l'instar des My dying Bride, Swallow The Sun ou Morgion.
C’est à la mi-Mai que Secrets Of The Sky nous est revenu et ce avec de l’artillerie lourde comme nous allons le voir ! Si vous suivez un temps soit peu le fil des news, on vous avait prévenu il y a quelque semaines en arrière (news ici) (news là). Nos dark doomsters mélancoliquo modern changent de braqué et signent avec le gros Metal Blade Records ! Pathway a été enregistré, mixé et masteristé au Trident Studios, oui ceux de la mythique Bay Area (Exodus, Machine Head, Testament, Sadus ou encore Ted Nugent) ! On peut dire qu’ils n’ont pas fait les choses à moitié !!! La production est énorme et dans la droite lignée de ce qui avait été fait sur le premier opus !
Les références à leur premier skeud ne s’arrêtent pas là puisque du côté de la musique et des compositions, Secrets Of The Sky reprend ses travaux là où il les avait laissés en 2013 ! J’en veux pour preuve l’entame de la seconde plage « Three Swords » qui est le prolongement direct de la fin du dernier morceau du premier album « Black Waters » ! Omniscient dans tout et je dis bien TOUT ce qu’il entreprend : des parties mélancoliques « Three Swords » « Another Light » où il peut faire penser à certains plans progressifs prisés par Katatonia ou Anathema , aux parties bien agressives et dark assez musclées « Fosforos », « Eternal Wolves » où il peut évoquer 0 E X Í S T dont je vous ai parlé encore récemment ou des groupes de Doom Death Metal implacables et majestueux comme ceux que j’ai mentionné plus haut. Les vocaux sont tous très convaincants comme ce que je disais pour 0 E X Í S T, c’est également un atout majeur de la musique de Secrets Of The Sky. Ils sont très variés, envoutants, agressifs, profonds et remplis de convictions. En fin de comptes 0 E X Í S T et Secrets Of The Sky partagent beaucoup de points communs même si ils cultivent chacun une identité musicale propre et des univers différents !
Tout sur ce Pathway est tiré au cordeau et taillé pareil à une pierre précieuse : majestueuse et aux angles saillants ! Le montage de l’album et très intéressant et s’avère judicieux car il privilégie des compositions un tantinet moins longues qu’auparavant (7 à 8 minutes en moyenne contre 10) ainsi qu’une alternance de plages Ambient entre chaque morceau. Ce qui confère à cet album une emphase climatique et cinématique qui peut faire penser à ce que font nos compatriotes de Hypno5e par exemple. Un album exceptionnel et qui comble empalement toutes mes attentes ! Du bel ouvrage hautement recommandé à tout metalhead qui passerait par là !
FalculA 9/10
Metal Blade Records / 2015
Tracklist (45:32) : 01. I 02. Three Swords 03. II 04. Angel in Vines 05. Another Light 06. III 07. IV 08. Garden of Prayers 09. V 10. Fosforos 11. VI 12. Eternal Wolves 13. VII.
Butcher Babies. Voilà un nom qui n'a pas soulevé de bataille rangée dans la rédaction. Des groupes qui font référence à la boucherie dans leur patronyme, on doit en compter des dizaines à travers la planète. Mais c'était sans compter un des célibataires de la rédaction qui n'a pas manqué de mentionner la présence de deux chanteuses. Une brune et une blonde. Alors qu'on allait joyeusement se lancer dans des clichés peu glorieux, un retour aux fondamentaux s'impose. Carla Harvey et Heidi Shepherd veulent botter le cul d'une scène metal si dominée par la gente masculine que le moindre groupe ayant une représentation féminine crée l'évènement sans avoir sorti une seule note. Pour autant le tableau nous est plutôt familier, des influences revendiquées, des racines thrash, Slayer, Pantera, Slipknot, auxquelles on ajoutera une pincée de metal industriel à la sauce Fear Factory. Ajoutez une passion pour les films d'horreurs et le décor est planté.
Les Français de Kronos font partie de ces nombreuses formations actives depuis des années mais qui, pour diverses raisons, n’ont pas eu la chance de se faire une place au soleil. Il aura donc fallu un bon paquet d’années avant qu’ils ne se rappellent avec notre bon souvenir. Au menu : un nouveau chanteur, un nouveau batteur, un nouveau label (Unique Leader Records, pourvoyeur de gros son de qualité). Beaucoup de changements, donc… Kronos aura-t-il su les digérer ?